Equita Masters Hermès Sellier : Martin Fuchs au bout du suspense, Pénélope Leprevost brille en gestionnaire
La presse !
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Samuel Benibre
10/31/20263 min read
Épreuve signature du Longines Equita Lyon, les Equita Masters presented by Hermès Sellier ont tenu toutes leurs promesses sur la Carrière Internationale d'Eurexpo. Au terme d'un scénario haletant où la gestion du chrono s'est imposée en véritable juge de paix, c'est le Suisse Martin Fuchs qui a décroché la victoire. En selle sur le prometteur Fave d’Authuit, le pilote helvétique devance la Française Pénélope Leprevost, auteur d'un parcours remarquable avec le jeune Hileklaire Un Prince, et l'Irlandais Mark McAuley sur Clooney van Spalbeek*Z.
Une première manche sélective et un chrono couperet
Le parcours initial (13 obstacles, 16 efforts à 1,60 m), imaginé par Santiago Varela Ullastres, réservait un test physique et technique d'une exigence rare. Seuls trois duos sont parvenus à signer le sans-faute parfait aux obstacles et dans le temps : Mark McAuley, Martin Fuchs et Petronella Andersson (Odina van Klapscheut). De son côté, Pénélope Leprevost a déroulé une prestation d'une grande précision avec Hileklaire Un Prince, ne concédant qu'un point de temps dépassé pour son tout premier parcours à ce niveau.
Face aux contraintes du tracé, deux couples qualifiés pour le second acte ont fait le choix de la retenue en ne repartant pas : Henrik von Eckermann (Hylanderhof’s Saruschka) et Charlotte Léoni (Vivolenska).
Une seconde manche sous tension : entre exigence du chrono et ressenti en piste
Sur le tracé raccourci de la seconde manche, le temps accordé, extrêmement serré, a forcé chaque cavalier à opérer des arbitrages délicats.
Partis avec quatre points issus du premier tour, plusieurs couples ont magnifiquement rectifié le tir : Marc Dilasser (Make my Day*Z du Gevres, 7e en 50’’96), Daniel Deusser (Navarro van het Eelshof, 6e en 47’’99), Steve Guerdat (Lancelotta, 5e en 46’’59) et Julien Épaillard avec Fini l’Amour (4e en 45’’38).
S'élançant avec son unique point du tour initial, Pénélope Leprevost a fait le choix de privilégier un tracé propre, écopant de deux points de temps supplémentaires (53’’97) pour finir à 3 points. En sortie de piste, la Normande livrait avec beaucoup d'honnêteté et de lucidité son ressenti :
"Hileklaire, c’est mon chouchou depuis toujours. C’était son premier vrai indoor et sa première 1,60 m. Il a un vrai tempérament de guerrier et se bat pour faire sans-faute. Sur la deuxième manche, la gestion du temps était un vrai casse-tête. Si je suis contente du résultat ce soir, je le suis beaucoup moins de mon équitation, parce que j’ai dû beaucoup intervenir et cela manque de fluidité. Mais c’est la première fois qu’il saute 1m60, alors je ne peux être que ravie de sa prestation. Et c’est motivant pour la suite de savoir qu’on a un cheval comme ça."
Cette remise en question spontanée rappelle que l'équitation est un apprentissage permanent. Plutôt que de blâmer son cheval ou de se voiler la face, reconnaître que l'on doit intervenir plus que prévu fait partie du processus. L'important n'est pas de chercher la perfection absolue à chaque foulée, mais de comprendre ce qui a manqué de fluidité pour progresser ensemble.
Une gestion similaire a été adoptée par Mark McAuley, dont les trois points de temps (54’’79) lui offrent la troisième place après une évaluation prudente du rythme :
"C’était une épreuve vraiment palpitante. Le temps accordé dans la deuxième manche était tellement serré que cela rendait les choses vraiment difficiles. J’ai moi-même assez mal évalué le rythme à adopter, mais je suis très, très content de mon cheval et de ce qu’il a réalisé. C’était son premier concours indoor à ce niveau et il a été fantastique."
La victoire de Martin Fuchs : amener à la réflexion plutôt qu'au jugement
Dernier à s'élancer, Martin Fuchs a fait parler son sens de la trajectoire pour s'imposer en 52’’82 avec un seul point de temps dépassé. Le vainqueur s'exprimait à chaud après cette première réussie :
"C’était mon premier 5* avec Fave d’Authuit, alors je suis forcément satisfait. Il a déjà de l’expérience mais on ne se connaît pas encore très bien. J’hésitais à l’engager mais son propriétaire m’y a encouragé. J’ai eu la chance de partir en dernière position, d’autant qu’Henrik von Eckermann m’a bien aidé en regardant le parcours des autres couples et a pu me dire ce que je devais faire. Mon cheval a ensuite été fantastique, très attentif et à l’écoute."
La monte engagée et efficace du cavalier suisse aura, comme souvent, suscité des appréciations variées en bord de piste. Si la recherche de la victoire amène parfois des actions franches et une équitation sous tension, cela ne doit pas devenir un prétexte à la critique stérile ou au jugement couperet. Pointer du doigt sans contextualiser ne fait pas avancer notre sport. C'est en observant ces nuances avec pédagogie et bienveillance que l'on amène chacun — cavaliers, juges et spectateurs — à s'interroger sur l'équilibre subtil entre l'exigence du haut niveau et l'harmonie recherchée avec l'animal.
