Présidence de la FEI : Trois visions d'avenir pour un tournant historique des sports équestres.
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Samuel Benibre
11/4/20263 min read
À l'approche de l'Assemblée Générale de la Fédération Équestre Internationale en décembre, le monde du cheval s'apprête à tourner une page majeure. Avec la fin du mandat d'Ingmar De Vos, trois candidats d'expérience sollicitent le suffrage des fédérations nationales. Au-delà des personnalités, l'enjeu réel réside dans la capacité des instances mondiales à guider la discipline face aux défis modernes.
Un calendrier électoral inédit sous le signe du pluralisme
Pour la première fois depuis plusieurs échéances électorales, le choix proposé aux 136 fédérations nationales membres de la FEI ne s'articule pas autour d'une candidature unique, mais bien autour de trois figures aguerries de l'institution. Les candidatures de Mark Samuel (Canada, ancien vice-président de la FEI), de Sabrina Ibáñez (El Salvador, secrétaire générale de la FEI depuis 2014) et de Jack Huang (Taipei chinois, vice-président de la FEI et président du Groupe régional VIII) témoignent d'une vitalité démocratique bienvenue au sein des instances dirigeantes.
Chacun de ces trois profils apporte une expertise reconnue et une connaissance intime des rouages de la maison mère basée à Lausanne. Que ce soit sous l'angle de la gestion opérationnelle, du développement international de la pratique ou de la stratégie financière, ce trio de candidats reflète la diversité géographique et institutionnelle qui fait la force de la communauté équestre mondiale.
L'urgence des grands chantiers : Qu'attendre du futur mandat ?
Loin des querelles de personnes, la véritable question que se posent les cavaliers, entraîneurs, propriétaires et passionnés sur le terrain est simple : quel cap le futur président impulsera-t-il pour répondre aux mutations profondes du sport ?
Plusieurs dossiers prioritaires attendent déjà le ou la futur(e) élu(e) :
La préservation de la "Licence Sociale d'Opérer" : C'est incontestablement le défi numéro un. Dans un contexte où le regard de la société civile sur le bien-être animal n'a jamais été aussi exigeant, la FEI doit continuer de prouver que l'éthique, la transparence et le respect absolu de l'athlète équidé demeurent au-dessus des enjeux compétitifs et économiques. La capacité du futur exécutif à dialoguer avec le monde scientifique, la presse et le grand public sera déterminante.
L'inclusion et le développement mondial : Alors que les sports équestres restent historiquement très ancrés sur le continent européen et en Amérique du Nord, l'un des rôles de la gouvernance mondiale est d'accompagner l'émergence des nations équestres en Asie, en Amérique latine, en Afrique et au Moyen-Orient, tout en veillant à l'équité des circuits de qualification olympique et paralympique.
L'attractivité et la pérennité aux Jeux Olympiques : À l'approche des grands rendez-vous olympiques (notamment Los Angeles 2028), la FEI doit maintenir l'attractivité de ses disciplines historiques auprès des jeunes générations et du Comité International Olympique (CIO), en garantissant un spectacle lisible, moderne et irréprochable sur le plan de l'intégrité sportive.
Un élan de continuité ou le début d'une nouvelle ère ?
La présence de trois personnalités issues du sérail institutionnel peut s'analyser de deux façons complémentaires. D'un côté, elle garantit une stabilité précieuse et une maîtrise immédiate des dossiers complexes sans temps de latence au sommet de la pyramide. De l'autre, elle interroge sur la capacité de l'organisation à intégrer de nouvelles perspectives issues du terrain ou d'acteurs indépendants.
Le processus électoral, étayé par la publication des manifestes et la tenue de sessions de présentation devant les fédérations, a permis de poser des bases de discussion saines. Plus qu'un simple choix de nom sur un bulletin de vote, ce scrutin de décembre sera révélateur de la maturité d'une filière prête à se projeter dans les décennies à venir avec responsabilité, sérénité et ambition.
