Antonia Tirli Degl’Innocenti : Quand le souffle du cheval s'imprime sur la toile.
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Samuel Benibre
10/31/20263 min read

Rencontrée au cœur de l'effervescence d'Equita’Lyon, l'artiste peintre animalier Antonia Tirli Degl’Innocenti façonne des œuvres où la matière et l'émotion se rencontrent. Entre souvenirs d'enfance, exigence du haut niveau et rapport au monde moderne, plongée dans l'atelier d'une passionnée.
L’évidence d’une vocation
Il y a des passions qui s'enracinent si tôt qu'elles finissent par dictée le cours d'une vie. Pour Antonia Tirli Degl’Innocenti, le cheval et la peinture forment une équation indissociable, presque originelle.
« Je ne suis pas uniquement dans l'animalier avec une spécificité équine, donc je m'intéresse un petit peu à tous les animaux, mais j'ai vraiment l'amour des chevaux depuis que je suis toute petite », confie-t-elle avec une simplicité désarmante. De cette affection viscérale est né un parcours artistique guidé par l'instinct. « Je suis peintre animalier de façon officielle depuis six ans. En revanche, j'ai toujours peint : j'ai eu ma première boîte de peinture à cinq ans et je n'ai jamais arrêté. »
Une aisance précoce qui lui permet aujourd’hui de composer ses toiles avec une fluidité remarquable. Trouver les bonnes teintes, marier les matières ? Pour elle, c'est devenu une seconde nature. Quant au temps nécessaire pour donner vie à une œuvre, la réponse fuse, teintée d'une pointe d'humour : « C'est très différent en fonction des sujets, évidemment, s'il s'agit d'un portrait ou d'un cheval en mouvement. Mais je me plais à dire que ça prend les années que j'ai prises pour maîtriser ma technique ! »
La noblesse du sport et l'intimité des particuliers
À Equita’Lyon, les visiteurs s'attardent longuement devant ses toiles mettant en scène des athlètes équins d'exception. Un choix de sujets qui relève autant de l'admiration que du respect : « Évidemment, étant amoureuse des chevaux et des cavaliers, je prends beaucoup de plaisir à peindre les chevaux de haut niveau. Parce qu'ils nous procurent beaucoup de plaisir à regarder, je connais le travail des cavaliers, l'implication et tout le sacrifice qu'il y a autour. C'est toujours un grand plaisir de les peindre, ce sont très souvent des chevaux merveilleux et magnifiques. »
Pourtant, la démarche de l'artiste ne s'arrête pas aux portes des écuries d'élite. L'exercice se révèle tout aussi captivant lorsqu'il s'agit de prêter ses pinceaux au cheval de tout un chacun. « J'ai beaucoup de plaisir quoi qu'il en soit à peindre les animaux des particuliers également. Même si c'est un vrai challenge à chaque fois, parce qu'il faut que j'arrive à capter la sensibilité et l'émotion que l'animal procure à son propriétaire — et ça, ça ne trompe pas. C'est un vrai défi, mais quel que soit le travail que je fais, j'ai toujours un grand plaisir à le réaliser. »
Entre consécration et réalité du terrain
L'année s'annonce d'ailleurs sous les meilleurs auspices pour l'artiste, portée par une actualité prestigieuse. « J'ai déjà un bel objectif qui est atteint puisque j'expose au Grand Palais en février, où j'ai été sélectionnée pour le Salon Art Capital. C'est une reconnaissance que j'avais déjà eue il y a quatre ans, et cela me fait extrêmement plaisir d'y retourner cette année. » Pour la suite, ses souhaits se tournent vers la pérennité de son art : de nouvelles toiles, des clients comblés et la poursuite de créations originales qui continuent de l'animer.
Interrogée sur l'impact du numérique et de l'ère des réseaux sociaux sur son métier, Antonia Tirli Degl’Innocenti livre un regard nuancé mais résolument optimiste. Si les plateformes en ligne facilitent grandement la mise en relation avec des amateurs de chevaux aux quatre coins du globe et favorisent un partage quotidien, le contact humain reste irremplaçable à ses yeux :
« Les expositions en vrai, il n'y a rien de tel pour moi, c'est ce qui me rend le plus heureuse, parce que j'ai un vrai échange. J'ai une histoire à raconter pour chaque tableau, et je peux raconter ces histoires aux personnes qui viennent les voir. Le contact et les retours des gens en présentiel, c'est essentiel. »
Une façon élégante de rappeler que, derrière chaque coup de pinceau, il y a avant tout une rencontre.
