On the Road to Aachen #11 – Ashish Limaye "Représenter l’Inde au plus haut niveau est le plus grand honneur que je puisse recevoir."

Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !

JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !

Samuel Benibre

8/7/202640 min read

L’histoire d’Ashish Limaye est celle d’un parcours construit avec patience, détermination et une immense capacité à croire en ses rêves malgré les obstacles. En devenant en 2025 le premier cavalier indien à décrocher un titre individuel aux Championnats d’Asie de concours complet à Pattaya, il a écrit une nouvelle page de l’histoire de son pays dans une discipline encore en développement en Inde.

Mais derrière cette victoire historique se cache un homme conscient du chemin parcouru, des sacrifices nécessaires pour atteindre le plus haut niveau et des défis qu’un cavalier indien doit relever pour exister sur la scène internationale. Entre les kilomètres parcourus loin de sa famille, les doutes surmontés et les rencontres qui ont changé sa trajectoire, Ashish Limaye a construit son aventure européenne avec humilité.

Aujourd’hui, avec son fidèle partenaire D’Avril du Pinier, il s’apprête à vivre l’un des moments les plus importants de sa carrière : représenter l’Inde aux Championnats du Monde FEI 2026 à Aachen, un rendez-vous mythique où se retrouvent les meilleurs cavaliers et chevaux de la planète. 

Dans cet entretien pour Le Mag’Equestre – “On the Road to Aachen”, Ashish revient sur son parcours, ses ambitions, son regard sur le sport indien et cette aventure exceptionnelle qui l’emmène jusqu’à Aix-la-Chapelle. 

©Collection Privée

Ashish, tout d'abord, félicitations pour votre qualification aux Championnats du monde FEI 2026 à Aix-la-Chapelle. Que signifie pour vous le fait de représenter à nouveau l'Inde sur la scène mondiale ?

Représenter l’Inde sur la scène mondiale est certainement l’un des plus grands honneurs qu’un sportif puisse connaître. À chaque fois que je porte les couleurs de mon pays, je ressens une immense fierté, mais aussi une grande responsabilité.

Nous travaillons énormément pour essayer de faire monter notre drapeau le plus souvent possible, pour montrer que l’Inde peut aussi avoir sa place dans le sport équestre international. Ce n’est pas seulement une réussite personnelle : c’est aussi une manière de donner de la visibilité à notre discipline et de prouver aux jeunes cavaliers indiens que leurs rêves peuvent devenir réalisables.

Lorsque j’ai commencé, participer à un championnat du monde semblait presque inaccessible. Aujourd’hui, être qualifié pour Aachen représente une étape incroyable dans mon parcours. Je mesure pleinement la chance que j’ai d’être là et je veux simplement profiter de chaque instant tout en donnant le meilleur de moi-même pour mon pays.

Vous êtes devenu, en 2025 à Pattaya, le tout premier champion d'Asie en individuel de concours complet représentant l'Inde. Avec le recul, dans quelle mesure cette victoire a-t-elle transformé votre confiance et vos ambitions ?

Cette victoire a évidemment été un moment très spécial dans ma carrière, mais je garde aussi beaucoup de recul par rapport à ce résultat.

Pour être honnête, je n’étais pas forcément dans une position où je pensais repartir avec la médaille d’or. Après le dressage, j’étais troisième, et j’ai finalement progressé au classement parce que certains cavaliers devant moi ont commis des erreurs. Bien sûr, je suis extrêmement reconnaissant d’avoir remporté ce titre, mais je sais aussi à quel point il est difficile de reproduire ce genre de performance.

Cette expérience m’a surtout appris qu’en concours complet, tout peut changer très rapidement. Il faut rester concentré sur ce que l’on contrôle : son cheval, sa préparation, son équitation et son état d’esprit.

Cette médaille m’a donné davantage de confiance, mais elle ne m’a jamais fait penser que tout serait désormais facile. Au contraire, elle m’a rappelé combien il faut continuer à travailler pour progresser et rester compétitif au plus haut niveau.

Lors des Championnats d'Asie, vous avez déclaré que vous vous concentriez uniquement sur la réalisation d'un parcours sans faute, et non sur la médaille d'or. Cet état d'esprit est-il devenu l'un de vos plus grands atouts ?

Je pense que oui. Avec le temps, j’ai appris que l’une des choses les plus importantes dans notre sport est de rester concentré sur ce que l’on peut réellement contrôler.

Le résultat final dépend toujours de nombreux facteurs. On peut préparer son cheval au mieux, travailler énormément et faire tout ce qui est possible, mais on ne peut jamais contrôler ce que feront les autres concurrents.

C’est pourquoi j’essaie toujours de revenir à l’essentiel : réaliser ma meilleure reprise de dressage possible, monter un cross sans faute et produire un bon parcours de saut d’obstacles. Si je fais cela, alors j’aurai donné toutes mes chances à mon couple.

Cette manière de penser m’aide aussi à gérer la pression. Bien sûr, nous avons tous des objectifs et des rêves, mais il faut réussir à transformer cette ambition en énergie positive plutôt qu’en stress.

Votre partenariat avec D'Avril du Pinier s'est rapidement développé cette saison. Qu'est-ce qui vous a convaincu qu'il pouvait devenir votre cheval de championnat ?

Pour être honnête, je n’étais pas totalement convaincu au départ que tout évoluerait aussi rapidement.

Chaque concours, chaque parcours et chaque expérience ensemble nous ont permis de construire davantage de confiance. À chaque sortie, D’Avril m’a surpris par sa qualité, son intelligence et sa volonté de bien faire.

Notre relation s’est développée très vite parce qu’il m’a toujours donné le sentiment qu’il voulait chercher des solutions avec moi. C’est un cheval qui m’a beaucoup appris et qui m’a permis de progresser en tant que cavalier.

Avec lui, chaque étape nous a apporté davantage de confiance. Ce n’est pas seulement une question de performances : c’est aussi la sensation d’avoir construit un véritable partenariat, où le cheval et le cavalier avancent ensemble.


D’Avril du Pinier a déjà prouvé qu’il pouvait être compétitif au niveau quatre étoiles. Quelles sont les qualités qui le rendent apte à participer à un championnat comme celui d’Aix-la-Chapelle ?


Je ne pense pas qu’aujourd’hui, D’Avril ou moi soyons déjà prêts à dire que nous pouvons gagner un championnat du monde. Nous sommes conscients du niveau exceptionnel qui sera présent à Aachen et du nombre de couples incroyables que nous allons affronter.

Mais ce qui rend D’Avril tellement spécial, c’est son honnêteté et son authenticité. C’est un cheval qui donne toujours le maximum, qui essaie de comprendre ce qu’on lui demande et qui possède une immense générosité.

C’est justement cette confiance en lui qui m’a donné envie de viser Aachen et de tenter cette aventure. Au départ, ce n’était absolument pas quelque chose que nous avions planifié. Nous sommes donc déjà extrêmement heureux de faire partie de cette liste aux côtés des meilleurs couples du monde.

Notre objectif sera simplement d’arriver préparés, de donner le meilleur de nous-mêmes et de continuer à apprendre au contact de l’élite mondiale. Je crois profondément que notre moment viendra lorsque nous serons encore plus forts et plus expérimentés.

Après avoir concouru à travers l'Europe au cours des deux dernières saisons, dans quelle mesure ces expériences vous ont-elles aidé, vous et vos chevaux, à vous préparer aux exigences d'un championnat du monde ?

Chaque concours auquel nous participons nous apprend quelque chose, que l’on termine premier ou que l’on rencontre des difficultés. C’est quelque chose que j’ai profondément compris au fil des années : toutes les expériences comptent et contribuent à construire le cavalier que l’on devient.

Les compétitions européennes m’ont énormément apporté, car elles permettent de se confronter régulièrement aux meilleurs cavaliers et aux exigences du plus haut niveau. Le niveau est extrêmement relevé, les détails font la différence et chaque phase du concours complet demande une précision absolue.

Ces expériences m’ont également permis de mieux comprendre mes chevaux, de savoir comment ils réagissent dans différentes situations et comment les préparer mentalement et physiquement pour les grands rendez-vous.

En concours complet, il ne suffit pas d’avoir un bon cheval. Il faut créer une véritable équipe, apprendre à communiquer ensemble et être capable de s’adapter à chaque situation. Toutes ces compétitions en Europe nous ont permis de progresser dans cette direction.

Bien sûr, Aachen sera encore un autre niveau, avec une pression et une atmosphère particulières, mais je pense que tout ce que nous avons vécu jusqu’ici nous a préparés à relever ce défi.

L'Inde a accompli des progrès remarquables en concours complet ces dernières années. Avez-vous le sentiment de porter non seulement vos propres ambitions, mais aussi celles de toute une génération de cavaliers indiens ?

Je n’avais jamais réellement pensé à cette question de cette manière auparavant, mais je sais qu’aujourd’hui beaucoup de jeunes cavaliers en Inde regardent mon parcours et s’inspirent de mon histoire.

Cela représente une grande responsabilité, mais aussi une grande motivation. J’espère simplement continuer à faire les choses correctement, à progresser et à montrer un exemple positif pour ceux qui souhaitent suivre ce chemin.

Le concours complet et plus largement le sport équestre sont encore en développement en Inde. Il y a énormément de potentiel et beaucoup de jeunes passionnés qui souhaitent apprendre et évoluer dans cette discipline.

J’aimerais pouvoir contribuer à leur ouvrir davantage de portes, notamment en leur permettant d’avoir accès plus tôt aux expériences internationales que nous avons nous-mêmes découvertes plus tard dans notre parcours.

Si mon histoire peut leur montrer que c’est possible, qu’avec du travail, de la patience et de la détermination, on peut atteindre des objectifs qui semblaient autrefois impossibles, alors ce sera déjà une immense satisfaction.

Aix-la-Chapelle est considéré comme l'un des sites les plus prestigieux du monde équestre. En tant que personne ayant travaillé dur pour atteindre ce niveau, quelles émotions pensez-vous ressentir à votre arrivée sur place ?

Monter à Aachen est le rêve de tous les cavaliers. C’est un lieu qui possède une histoire immense dans notre sport, un endroit où tous les grands noms de l’équitation mondiale ont écrit une partie de leur histoire.

Et pour être honnête, participer aux Championnats du Monde là-bas est un rêve que je n’aurais même jamais osé imaginer il y a quelques années.

Lorsque j’arriverai sur place, je pense que je ressentirai énormément d’émotions. Il y aura certainement de la fierté, beaucoup de gratitude, mais aussi une grande envie de profiter de chaque moment.

Ce parcours a demandé beaucoup de sacrifices, beaucoup de travail et de patience. Être simplement présent à Aachen représentera déjà une immense réussite.

Bien sûr, lorsque nous serons en compétition, je redeviendrai un sportif avec des objectifs et l’envie de performer. Mais avant tout, je veux apprécier cette opportunité exceptionnelle et mesurer la chance que j’ai de vivre une expérience que beaucoup de cavaliers rêvent de connaître.

Le concours complet exige l'excellence dans trois épreuves totalement différentes. Selon vous, laquelle sera déterminante pour obtenir votre meilleur résultat à Aix-la-Chapelle ?


Chaque phase aura ses propres difficultés et ses propres exigences.

Le dressage sera probablement la partie la plus délicate, car c’est une phase où chaque détail compte énormément. La précision, la connexion avec le cheval et la capacité à présenter une reprise régulière peuvent faire une grande différence au classement.

Le cross sera également un défi majeur. Je pense qu’il comportera beaucoup de lignes techniques qui demanderont de la réflexion, de la confiance et une excellente communication entre le cheval et le cavalier.

En réalité, la clé sera probablement de rester concentrés tout au long des trois jours. Le concours complet récompense les couples capables d’être constants et de gérer chaque situation avec intelligence.

Mon objectif sera avant tout d’aller jusqu’au bout, de terminer avec un cheval heureux et de profiter de cette occasion unique de concourir aux côtés des meilleurs cavaliers du monde.

Si l'on revient sur les Jeux asiatiques de 2023, qui ne se sont pas terminés comme vous l'espériez, puis sur votre revanche avec la médaille d'or aux Championnats d'Asie en 2025, comment ces expériences vous ont-elles façonné sur le plan mental ?


Mes expériences passées m’ont appris une chose essentielle : tout peut arriver dans notre sport.

Peu importe le travail fourni, peu importe la préparation et les efforts réalisés, il y aura toujours des éléments que nous ne pouvons pas contrôler.

Après les Jeux Asiatiques de 2023, cela a été une période difficile pour moi. Mais avec le recul, je pense que ces moments sont aussi ceux qui nous font grandir. Ils nous obligent à réfléchir, à apprendre et à revenir plus forts.

À l’inverse, une victoire comme celle obtenue aux Championnats d’Asie ne doit pas non plus nous faire perdre notre humilité. Une réussite est importante, elle doit être célébrée, mais elle ne signifie jamais que le chemin est terminé.

Pour rester longtemps dans ce sport, il faut accepter les hauts comme les bas. Il faut savoir tirer des enseignements des moments difficiles sans les laisser nous définir, et profiter des succès sans penser qu’ils garantissent les résultats futurs.

C’est cet équilibre mental qui permet, je pense, de continuer à avancer.

Les cavaliers indiens doivent souvent surmonter des défis que de nombreux athlètes européens ne connaissent jamais. Quels obstacles avez-vous personnellement dû surmonter pour atteindre ce niveau ?


Je pense que le plus grand défi pour les cavaliers indiens est souvent la nécessité de rester à l’étranger pour pouvoir bénéficier d’un niveau d’entraînement et de compétition suffisant.

Pour progresser au niveau international, il faut être confronté régulièrement aux meilleurs cavaliers, participer à des concours de haut niveau et évoluer dans un environnement où le sport est déjà très développé.

Pour moi aussi, cela a été l’un des plus grands obstacles : être loin de ma famille, loin de mon pays et devoir construire mon parcours dans un environnement différent.

Ce n’est jamais facile de quitter ses repères. Il faut apprendre à gérer la solitude, les responsabilités et toutes les difficultés quotidiennes qui accompagnent une carrière sportive.

Mais chaque sacrifice a aussi apporté quelque chose. Ces expériences m’ont rendu plus fort, plus indépendant et m’ont permis de grandir aussi bien comme cavalier que comme personne.

Que représente pour vous le fait de savoir que de jeunes cavaliers en Inde s'inspirent désormais de votre parcours et croient qu'il est possible de participer à un championnat du monde ?

Cela représente énormément pour moi, notamment parce que lorsque j’ai commencé mon parcours, je n’avais personne pour réellement me guider et m’expliquer quelle direction prendre.

Je me posais beaucoup de questions : par où commencer ? Comment progresser ? Quelles décisions prendre pour atteindre le niveau international ? Je n’avais pas forcément toutes les réponses, et j’ai dû les trouver moi-même, parfois grâce aux essais, aux erreurs et aux expériences vécues sur le terrain.

Avec le recul, je réalise à quel point il est important d’avoir quelqu’un qui puisse accompagner un jeune cavalier, lui donner des conseils et lui éviter certaines difficultés.

J’espère donc pouvoir apporter cela à la nouvelle génération de cavaliers indiens. Si je peux aider quelques jeunes à avancer plus rapidement, à éviter certaines erreurs que j’ai moi-même rencontrées et à croire davantage en leurs possibilités, alors ce sera quelque chose de très important pour moi.

J’ai eu la chance de rencontrer de bonnes personnes et de monter de bons chevaux tout au long de mon parcours. Ces rencontres ont énormément compté dans ma progression, et j’aimerais pouvoir transmettre à mon tour cette énergie positive.

Au-delà de votre propre résultat, à quoi ressemblerait, selon vous, une réussite pour l'équipe indienne de concours complet à Aix-la-Chapelle ?

Réussir à Aachen serait évidemment quelque chose d’extraordinaire, mais je pense qu’il faut aussi garder une vision réaliste.

Un bon résultat aux Championnats du Monde représenterait un immense changement pour un pays comme l’Inde. Cela donnerait certainement beaucoup plus de visibilité au concours complet et pourrait inspirer toute une génération de cavaliers.

Mais je ne pense pas que nous soyons encore totalement prêts à rivaliser immédiatement avec les nations qui possèdent des décennies d’expérience et des infrastructures extrêmement développées dans cette discipline.

Notre progression est réelle, mais elle demande encore du temps. Il faut continuer à construire, former des cavaliers, développer les chevaux et offrir davantage d’opportunités aux jeunes talents.

Pour moi, le plus important à Aachen sera de montrer que l’Inde a sa place dans le sport équestre international et que nous sommes en train d’écrire le début d’une nouvelle histoire.

Chaque étape compte, et cette participation aux Championnats du Monde est déjà une étape majeure.

Lorsque vous songez aux sacrifices qui ont jalonné ce parcours — les personnes qui vous ont soutenu, les moments difficiles, les années de travail — quel visage vous vient d'abord à l'esprit ?

Il est difficile de citer une seule personne, car cette aventure n’aurait jamais été possible sans le soutien de plusieurs personnes qui ont joué un rôle essentiel dans mon parcours.

Ma femme, Sanyogeeta, a été comme un véritable pilier à chaque étape difficile. Elle a toujours été présente dans les moments de doute, dans les périodes où les choses étaient plus compliquées et où il fallait continuer à avancer malgré les obstacles.

Bien sûr, ma famille a également toujours représenté un soutien immense. Leur confiance et leurs encouragements m’ont permis de poursuivre ce chemin, même lorsque les choses n’étaient pas simples.

Je pense aussi énormément à mon sponsor, M. Jitu Virwani, qui a cru en moi et qui m’a accompagné dans cette aventure. Je me souviens encore de la période qui a suivi les Jeux Asiatiques de 2023, lorsque mentalement ce n’était pas facile pour moi. Il m’a simplement dit : « Ne t’inquiète pas, moi non plus je ne suis pas arrivé ici sans connaître des défaites. »

Ces mots m’ont beaucoup marqué, car ils m’ont rappelé que les difficultés font partie du chemin.

Enfin, je dois également mentionner ma coach et mentor Carola Bierlein, qui a toujours été là lorsque j’avais besoin de conseils ou de soutien.

Dans une carrière sportive, on parle souvent du cavalier et du cheval, mais derrière chaque réussite il y a aussi beaucoup de personnes qui travaillent dans l’ombre.

Si tout se passe à la perfection à Aix-la-Chapelle, quel est ce rêve que vous n'osez presque pas formuler à voix haute ?

Je pense que le succès à Aachen est encore un rêve que je n’ose pas vraiment exprimer trop ouvertement.

Bien sûr, chaque sportif arrive sur une compétition avec des ambitions et l’envie de réaliser la meilleure performance possible. Mais il faut aussi rester humble face à un événement comme les Championnats du Monde.

Aachen réunira les meilleurs couples du monde, des cavaliers qui ont énormément d’expérience et des chevaux exceptionnels. Nous savons donc que le défi sera immense.

Mais simplement être présent à ce niveau représente déjà un rêve que je n’aurais jamais imaginé atteindre.

Si tout se passe parfaitement, si D’Avril et moi réalisons trois bonnes phases et parvenons à montrer notre meilleur niveau, ce sera déjà une immense satisfaction.

Je veux avant tout profiter de cette opportunité, apprendre de cette expérience et continuer à construire notre histoire ensemble.

Les Jeux Olympiques ont toujours représenté un rêve très particulier pour moi.

C’est probablement le genre de rêve qui semble parfois tellement grand qu’on a presque peur de se l’autoriser. Mais en même temps, c’est impossible de ne pas y penser lorsque l’on est sportif.

Les Jeux représentent l’accomplissement ultime pour beaucoup d’athlètes. C’est l’endroit où l’on représente son pays devant le monde entier, avec une dimension émotionnelle et historique incomparable.

Je continue donc à rêver de cet objectif, même si je sais que le chemin pour y parvenir est extrêmement long et difficile.

Mais je crois que les rêves sont aussi ce qui nous pousse à avancer. Ils nous donnent une direction, une motivation pour continuer à travailler chaque jour et à chercher constamment à progresser.

Enfin, lorsque votre carrière touchera à sa fin dans de nombreuses années, comment aimeriez-vous que l'on se souvienne d'Ashish Limaye — non seulement en tant que cavalier, mais aussi en tant que personne ?

Au-delà des résultats, des médailles ou des performances, j’aimerais avant tout que les gens se souviennent de moi comme de quelqu’un qui a donné de l’espoir aux autres.

J’aimerais qu’ils voient mon parcours comme celui d’une personne qui n’a jamais abandonné, qui a commencé avec peu de choses et qui a essayé de saisir chaque opportunité pour avancer.

Je pense que dans la vie comme dans le sport, tout le monde rencontre des obstacles. La différence se fait souvent dans la manière dont on réagit face à ces difficultés.

Si mon histoire peut encourager quelqu’un à croire en ses rêves, à continuer malgré les moments compliqués et à chercher les opportunités qui peuvent l’aider à progresser, alors ce sera probablement ma plus grande réussite.

Je ne veux pas seulement être reconnu comme un cavalier qui a obtenu certains résultats. Je veux être quelqu’un qui a montré qu’avec du travail, de la patience et de la détermination, il est possible d’aller beaucoup plus loin que ce que l’on imaginait au départ.

©Collection Privée

ENGLISH VERSION !


As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.

In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.

These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.

From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.

On the Road to Aachen #11 – Ashish Limaye

“Representing India at the highest level is the greatest honor I could receive.”

Ashish Limaye’s story is one of patience, determination, and an unwavering ability to believe in his dreams despite the odds. By becoming the first Indian rider to win an individual title at the Asian Eventing Championships in Pattaya in 2025, he wrote a new chapter in his country’s sporting history in a discipline still developing in India.

Behind this historic victory lies a man deeply aware of the journey traveled, the sacrifices required to reach the highest level, and the unique challenges an Indian rider faces to stand out on the international stage. Between the miles spent far from home, the doubts overcome, and the pivotal encounters that transformed his path, Ashish Limaye built his European venture with genuine humility.

Today, alongside his trusty partner D’Avril du Pinier, he is preparing for one of the defining moments of his career: representing India at the 2026 FEI World Championships in Aachen—a legendary event where the world's best riders and horses convene.

In this interview for Le Mag’Equestre – “On the Road to Aachen”, Ashish looks back on his journey, his ambitions, his perspective on Indian equestrian sport, and the extraordinary path taking him to Aachen.

©Collection Privée

Ashish, first of all, congratulations on your qualification for the 2026 FEI World Championships in Aachen. What does it mean to you to represent India once again on the world stage?

Representing India on the world stage is certainly one of the greatest honors an athlete can experience. Every time I wear my country's colors, I feel immense pride, but also a great sense of responsibility.

We work incredibly hard to bring our flag to the top as often as possible, to show that India has a rightful place in international equestrian sport. It is not just a personal achievement: it is also a way to bring visibility to our discipline and to prove to young Indian riders that their dreams are reachable.

When I started, competing at a World Championship felt almost impossible. Today, qualifying for Aachen represents an incredible milestone in my journey. I fully appreciate how fortunate I am to be here, and I simply want to cherish every moment while giving my absolute best for my country.

In 2025 in Pattaya, you became the very first individual Asian Champion in eventing representing India. Looking back, how has this victory transformed your confidence and ambitions?

That victory was obviously a very special moment in my career, but I also try to keep things in perspective.

To be honest, I was not necessarily in a position where I expected to walk away with the gold medal. After dressage, I was sitting in third place, and I ultimately moved up because some riders ahead of me made mistakes. Of course, I am extremely grateful to have won that title, but I also know how difficult it is to replicate that kind of performance.

Above all, that experience taught me that in eventing, everything can change very quickly. You have to stay focused on what you can control: your horse, your preparation, your riding, and your mindset.

Winning that medal gave me more confidence, but it never made me think that everything would be easy from then on. On the contrary, it reminded me how much work is required to keep improving and stay competitive at the top level.

During the Asian Championships, you mentioned that you were focusing solely on delivering a clear round rather than chasing the gold medal. Has this mindset become one of your greatest strengths?

I think so. Over time, I’ve learned that one of the most important things in our sport is to stay focused on what you can actually control.

The final result always depends on many factors. You can prepare your horse as best as possible, put in all the hard work, and do everything right, but you can never control what other competitors will do.

That is why I always try to strip things back to the basics: ride my best possible dressage test, jump a clear cross-country round, and deliver a solid show jumping performance. If I do that, I will have given our partnership the best possible chance.

This mindset also helps me manage pressure. Of course, we all have goals and dreams, but you have to channel that ambition into positive energy rather than stress.

Your partnership with D'Avril du Pinier developed rapidly this season. What convinced you that he could become your championship horse?

To be completely honest, I wasn't entirely convinced at the beginning that everything would progress so quickly.

Every competition, every course, and every shared experience allowed us to build more trust. At every outing, D’Avril surprised me with his quality, intelligence, and willingness to do well.

Our relationship developed so fast because he always gave me the feeling that he wanted to find solutions with me. He is a horse that has taught me a lot and helped me grow as a rider.

With him, every step brought us more confidence. It is not just about results; it's about the feeling of having built a true partnership, where horse and rider move forward together.

D’Avril du Pinier has already proven he can be competitive at the 4-star level. What qualities make him suited for a championship like Aachen?

I don’t think D’Avril or I are ready to say today that we can win a World Championship. We are fully aware of the exceptional field that will be present in Aachen and the incredible combinations we will be up against.

What makes D’Avril so special, though, is his honesty and authenticity. He is a horse that always gives 100%, tries to understand what is asked of him, and possesses enormous generosity.

It was precisely this trust in him that made me want to target Aachen and give this adventure a shot. Originally, it wasn't something we had planned at all. So we are already thrilled to be on the entries list alongside the best combinations in the world.

Our goal will simply be to arrive prepared, give our absolute best, and continue learning alongside the global elite. I deeply believe that our time will come when we are even stronger and more experienced.

Having competed across Europe over the past two seasons, how have these experiences helped you and your horses prepare for the demands of a World Championship?

Every event we compete in teaches us something, whether we finish first or face difficulties. That is something I have come to deeply understand over the years: every experience matters and contributes to building the rider you become.

European competitions have given me so much because they force you to regularly measure yourself against top riders and the highest standards. The level is exceptionally high, details make all the difference, and every phase demands absolute precision.

These experiences have also helped me understand my horses better—how they react in different situations and how to prepare them mentally and physically for major events.

In eventing, having a good horse isn’t enough. You have to build a real team, learn to communicate together, and be capable of adapting to any situation. All these competitions in Europe have helped us move in that direction.

Of course, Aachen will be another level altogether, with unique pressure and atmosphere, but I believe everything we’ve experienced so far has prepared us to face this challenge.

India has made remarkable progress in eventing in recent years. Do you feel you are carrying not only your own ambitions, but also those of a whole generation of Indian riders?

I had never really thought about it in those exact terms before, but I know that many young riders in India today follow my path and draw inspiration from my story.

That comes with great responsibility, but also great motivation. I just hope to keep doing things the right way, keep progressing, and set a positive example for those who want to follow this path.

Eventing—and equestrian sport in general—is still growing in India. There is immense potential and many young, passionate riders who want to learn and evolve in the sport.

I would love to help open more doors for them, particularly by giving them access to international experience earlier than we were able to discover it in our own journeys.

If my story can show them that it is possible—that with hard work, patience, and determination, you can reach goals that once seemed impossible—then that will already bring me immense satisfaction.

Aachen is considered one of the most prestigious venues in the equestrian world. Having worked so hard to reach this level, what emotions do you expect to feel when you arrive on site?

Riding at Aachen is every rider’s dream. It is a venue steeped in history, a place where all the great names in global equestrian sport have written parts of their stories.

To be honest, competing at the World Championships there is a dream I wouldn't have even dared to imagine a few years ago.

When I arrive, I think I will feel an overwhelming mix of emotions. Pride, immense gratitude, and a strong desire to savor every moment.

This journey has required many sacrifices, hard work, and patience. Simply being present in Aachen is already a huge achievement.

Of course, once the competition starts, I will be an athlete with goals and a drive to perform. But above all, I want to appreciate this exceptional opportunity and realize how fortunate I am to experience something so many riders dream of.

Eventing demands excellence in three totally different disciplines. In your opinion, which phase will be decisive for achieving your best result in Aachen?

Each phase will bring its own challenges and requirements.

Dressage will likely be the trickiest part because every detail counts so much. Precision, connection with the horse, and the ability to deliver a harmonious, consistent test can make a huge difference in the standings.

Cross-country will also be a major test. I expect many technical lines that will demand quick thinking, confidence, and seamless communication between horse and rider.

In reality, the key will probably be staying focused throughout all three days. Eventing rewards combinations that remain consistent and manage every situation intelligently.

My goal above all will be to complete the competition, finish with a happy horse, and make the most of this unique opportunity to ride alongside the world’s best.

Looking back at the 2023 Asian Games, which didn't end as you had hoped, and then your comeback with gold at the 2025 Asian Championships, how have these experiences shaped you mentally?

My past experiences have taught me one crucial lesson: anything can happen in our sport.

No matter how much work you put in, no matter your preparation and effort, there will always be elements beyond your control.

After the 2023 Asian Games, I went through a difficult period. But looking back, I think those moments are what make us grow. They force you to reflect, learn, and come back stronger.

Conversely, a victory like the one at the Asian Championships shouldn't make you lose your humility either. Success is important and should be celebrated, but it never means the road ends there.

To stay in this sport for the long haul, you have to accept both highs and lows. You have to learn lessons from tough times without letting them define you, and enjoy successes without assuming they guarantee future results.

I believe that mental balance is what allows you to keep moving forward.

Indian riders often have to overcome challenges that many European athletes never face. What personal obstacles did you have to overcome to reach this level?

I think the biggest challenge for Indian riders is often the necessity to live abroad to access a sufficient level of training and competition.

To progress internationally, you need to regularly compete against top riders, participate in high-level events, and immerse yourself in an environment where the sport is deeply established.

For me, that was one of the greatest hurdles: being far from my family, far from my country, and having to build my career in a completely different setting.

Leaving your comfort zone is never easy. You have to learn to manage loneliness, responsibilities, and all the daily challenges that come with an athletic career.

But every sacrifice brought something back. These experiences made me stronger, more independent, and helped me grow as both a rider and a person.

What does it mean to you to know that young riders in India now look up to your journey and believe that reaching a World Championship is achievable?

It means the world to me, especially because when I started my journey, I didn't have anyone to guide me or show me which path to take.

I asked myself so many questions: Where do I start? How do I improve? What decisions should I make to reach the international level? I didn't have all the answers and had to find them myself through trial, error, and real-life experience.

Looking back, I realize how vital it is to have someone who can guide a young rider, offer advice, and help them avoid certain pitfalls.

I hope I can provide that to the next generation of Indian riders. If I can help a few young people move forward faster, avoid mistakes I made, and believe more in their potential, that will be immensely meaningful to me.

I’ve been blessed to meet good people and ride good horses throughout my career. Those encounters played a huge role in my progress, and I want to pass that positive energy along in turn.

Beyond your own result, what would success look like for the Indian eventing team in Aachen?

Achieving success in Aachen would obviously be extraordinary, but I think we also need to maintain a realistic outlook.

A strong result at the World Championships would represent a massive turning point for a country like India. It would bring far more visibility to eventing and could inspire an entire generation of riders.

However, I don't think we are fully ready yet to go head-to-head immediately with nations that possess decades of experience and highly developed infrastructure in this discipline.

Our progress is real, but it still takes time. We must continue to build, train riders, develop horses, and offer more opportunities to young talent.

For me, the most important thing in Aachen will be showing that India belongs in international equestrian sport and that we are writing the opening chapter of a new story. Every step matters, and competing at these World Championships is already a major milestone.

When you think of the sacrifices along the way—the people who supported you, the hard times, the years of labor—whose face comes to mind first?

It's hard to name just one person, because this journey would never have been possible without the support of several people who played essential roles in my path.

My wife, Sanyogeeta, has been a true pillar through every difficult moment. She was always there during periods of doubt, when things were complicated and we had to keep pushing forward despite the obstacles.

Of course, my family has always provided immense support. Their faith and encouragement allowed me to stay on this path even when things weren't easy.

I also think so much of my sponsor, Mr. Jitu Virwani, who believed in me and walked alongside me on this adventure. I still remember the period following the 2023 Asian Games, when I was mentally in a tough spot. He simply told me: "Don't worry, I didn't get to where I am without experiencing defeats either."

Those words stayed with me because they reminded me that hardship is part of the journey.

Lastly, I must mention my coach and mentor, Carola Bierlein, who has always been there whenever I needed advice or guidance.

In sports, people often talk about the rider and the horse, but behind every success, there are many people working in the shadows.

If everything goes perfectly in Aachen, what is the one dream you almost dare not speak out loud?

I think major success in Aachen is still a dream I dare not express too openly.

Of course, every athlete goes into a competition with ambitions and the desire to produce their best possible performance. But you also have to remain humble in the face of an event like the World Championships.

Aachen will bring together the best combinations in the world—riders with immense experience and extraordinary horses. We know the challenge will be massive.

Yet simply being present at this level represents a dream I never imagined reaching. If everything goes perfectly, if D’Avril and I put together three solid phases and show our absolute best, that will already bring immense satisfaction. I want above all to enjoy this opportunity, learn from it, and keep building our story together.

The Olympic Games have also always represented a very special dream for me.

It’s the kind of dream that sometimes feels so big you’re almost afraid to allow yourself to hold it. But at the same time, as an athlete, it's impossible not to think about it.

The Games represent the ultimate pinnacle for many athletes. It is the stage where you represent your country in front of the entire world, with an emotional and historical dimension unlike any other.

So I continue to dream of that goal, even knowing the path to get there is extremely long and hard. But I believe dreams are what keep us moving forward. They give us direction and the motivation to keep working every single day and constantly strive to improve.

Finally, when your career comes to an end many years from now, how would you like Ashish Limaye to be remembered—not only as a rider, but as a person?

Beyond results, medals, or performances, I would above all love for people to remember me as someone who gave hope to others.

I would like them to see my journey as that of someone who never gave up, who started with very little, and who tried to seize every opportunity to move forward.

In life as in sport, everyone faces obstacles. The difference often lies in how you respond to those difficulties.

If my story can encourage someone to believe in their dreams, persevere through tough times, and look for opportunities to grow, then that will probably be my greatest achievement.

I don't just want to be recognized as a rider who obtained certain results. I want to be someone who showed that with hard work, patience, and determination, it is possible to go much further than you ever initially imagined.

Versión En Español

A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.

En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.

Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.

Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.

On the Road to Aachen #11 – Ashish Limaye

"Representar a la India al más alto nivel es el mayor honor que podría recibir."

La historia de Ashish Limaye es la de un camino construido con paciencia, determinación y una inmensa capacidad para creer en los sueños a pesar de los obstáculos. Al convertirse en 2025 en el primer jinete indio en lograr un título individual en el Campeonato de Asia de Concurso Completo en Pattaya, escribió una nueva página en la historia de su país dentro de una disciplina aún en pleno desarrollo en la India.

Detrás de esta victoria histórica se esconde un hombre consciente del camino recorrido, de los sacrificios necesarios para alcanzar el más alto nivel y de los retos que un jinete indio debe superar para consolidarse en la escena internacional. Entre los kilómetros recorridos lejos de su familia, las dudas superadas y los encuentros que cambiaron su trayectoria, Ashish Limaye ha construido su aventura europea con verdadera humildad.

Hoy, junto a su fiel compañero D’Avril du Pinier, se dispone a vivir uno de los momentos más importantes de su carrera: representar a la India en el Campeonato del Mundo FEI 2026 en Aachen, una cita mítica donde se dan cita los mejores jinetes y caballos del planeta.

En esta entrevista para Le Mag’Equestre – “On the Road to Aachen”, Ashish repasa su trayectoria, sus ambiciones, su mirada sobre el deporte hípico indio y esta extraordinaria aventura que lo lleva hasta Aquisgrán.

©Collection Privée

Ashish, en primer lugar, enhorabuena por su clasificación para el Campeonato del Mundo FEI 2026 en Aachen. ¿Qué significa para usted representar nuevamente a la India en la escena mundial?

Representar a la India en la escena mundial es, sin duda, uno de los mayores honores que puede experimentar un deportista. Cada vez que llevo los colores de mi país siento un orgullo inmenso, pero también una gran responsabilidad.

Trabajamos muchísimo para intentar izar nuestra bandera lo más alto posible y demostrar que la India también tiene un lugar en el deporte ecuestre internacional. No es solo un logro personal: es también una forma de dar visibilidad a nuestra disciplina y de demostrar a los jóvenes jinetes indios que sus sueños son alcanzables.

Cuando empecé, participar en un campeonato del mundo parecía casi inalcanzable. Hoy, estar clasificado para Aachen representa un paso increíble en mi trayectoria. Soy plenamente consciente de la suerte que tengo de estar aquí y solo quiero disfrutar de cada momento mientras doy lo mejor de mí por mi país.

En 2025, en Pattaya, se convirtió en el primer campeón de Asia individual de concurso completo representando a la India. Con la perspectiva del tiempo, ¿en qué medida cambió esta victoria su confianza y sus ambiciones?

Esa victoria fue, evidentemente, un momento muy especial en mi carrera, pero también mantengo mucha perspectiva respecto a ese resultado.

Para ser sincero, no estaba necesariamente en una posición en la que pensara salir con la medalla de oro. Tras la doma iba en tercer lugar, y finalmente ascendí en la clasificación porque algunos jinetes que iban por delante cometieron errores. Por supuesto, estoy extremadamente agradecido por haber ganado ese título, pero también sé lo difícil que es repetir este tipo de actuaciones.

Esta experiencia me enseñó, sobre todo, que en el concurso completo todo puede cambiar muy rápido. Hay que mantenerse concentrado en lo que uno controla: el caballo, la preparación, la equitación y la mentalidad.

Esa medalla me dio más confianza, pero nunca me hizo pensar que todo sería fácil a partir de entonces. Al contrario, me recordó cuánto hay que seguir trabajando para progresar y mantenerse competitivo al más alto nivel.

Durante el Campeonato de Asia, declaró que se concentraba únicamente en realizar un recorrido sin faltas y no en la medalla de oro. ¿Se ha convertido esta mentalidad en una de sus mayores fortalezas?

Creo que sí. Con el tiempo he aprendido que una de las cosas más importantes en nuestro deporte es mantenerse enfocado en lo que realmente puedes controlar.

El resultado final siempre depende de muchos factores. Puedes preparar a tu caballo de la mejor manera, trabajar muchísimo y hacer todo lo posible, pero nunca puedes controlar lo que harán los demás competidores.

Por eso siempre intento volver a lo esencial: realizar mi mejor reprise de doma posible, hacer un cross limpio y completar un buen recorrido de salto. Si hago eso, habré dado a mi binomio todas las oportunidades posibles.

Esta forma de pensar también me ayuda a gestionar la presión. Por supuesto que todos tenemos objetivos y sueños, pero hay que saber transformar esa ambición en energía positiva en lugar de estrés.

Su binomio con D'Avril du Pinier se ha desarrollado rápidamente esta temporada. ¿Qué le convenció de que podía convertirse en su caballo de campeonato?

Para ser franco, al principio no estaba del todo convencido de que todo fuera a evolucionar tan rápido.

Cada concurso, cada recorrido y cada experiencia juntos nos han permitido construir más confianza. En cada salida, D’Avril me sorprendió por su calidad, su inteligencia y sus ganas de hacerlo bien.

Nuestra relación se desarrolló muy rápido porque siempre me transmitió la sensación de querer buscar soluciones conmigo. Es un caballo que me ha enseñado mucho y que me ha permitido progresar como jinete.

Con él, cada etapa nos dio más seguridad. No es solo una cuestión de rendimiento: es también la sensación de haber construido una verdadera sociedad, donde caballo y jinete avanzan juntos.

D’Avril du Pinier ya ha demostrado que puede ser competitivo a nivel cuatro estrellas. ¿Qué cualidades tiene para afrontar un campeonato como el de Aachen?

No creo que a día de hoy ni D’Avril ni yo estemos listos para decir que podemos ganar un campeonato del mundo. Somos conscientes del nivel excepcional que habrá en Aachen y de la cantidad de binomios increíbles a los que nos vamos a enfrentar.

Pero lo que hace a D’Avril tan especial es su honestidad y su autenticidad. Es un caballo que siempre lo da todo, que intenta entender lo que se le pide y que posee una enorme generosidad.

Fue precisamente esa confianza en él lo que me impulsó a apuntar a Aachen y probar esta aventura. En un principio, no era algo que tuviéramos planificado. Por eso ya estamos sumamente felices de formar parte de esa lista junto a los mejores binomios del mundo.

Nuestro objetivo será simplemente llegar preparados, dar lo mejor de nosotros mismos y seguir aprendiendo al lado de la élite mundial. Creo profundamente que nuestro momento llegará cuando seamos aún más fuertes y experimentados.

Tras haber competido por Europa en las últimas dos temporadas, ¿en qué medida le han ayudado estas experiencias a usted y a sus caballos a prepararse para la exigencia de un mundial?

Cada concurso en el que participamos nos enseña algo, ya sea terminando en primer lugar o enfrentando dificultades. Es algo que he comprendido profundamente a lo largo de los años: todas las experiencias cuentan y contribuyen a formar al jinete en el que te conviertes.

Las competiciones europeas me han aportado muchísimo, ya que permiten medirse de forma regular con los mejores jinetes y responder a la exigencia del más alto nivel. El nivel es extremadamente alto, los detalles marcan la diferencia y cada fase del concurso completo exige una precisión absoluta.

Estas experiencias también me han permitido entender mejor a mis caballos, saber cómo reaccionan en diferentes situaciones y cómo prepararlos mental y físicamente para los grandes eventos.

En el concurso completo no basta con tener un buen caballo. Hay que crear un verdadero equipo, aprender a comunicarse juntos y ser capaz de adaptarse a cada situación. Todas estas competiciones en Europa nos han permitido avanzar en esa dirección.

Por supuesto, Aachen será otro nivel, con una presión y una atmósfera especiales, pero creo que todo lo que hemos vivido hasta ahora nos ha preparado para asumir este reto.

La India ha logrado progresos notables en concurso completo en los últimos años. ¿Siente que lleva consigo no solo sus propias ambiciones, sino también las de toda una generación de jinetes indios?

Nunca había pensado en esa pregunta exactamente de esa manera, pero sé que hoy en día muchos jóvenes jinetes en la India siguen mi trayectoria y se inspiran en mi historia.

Representa una gran responsabilidad, pero también una enorme motivación. Solo espero seguir haciendo las cosas bien, progresar y ser un ejemplo positivo para quienes desean seguir este camino.

El concurso completo y el deporte ecuestre en general aún están en desarrollo en la India. Hay un enorme potencial y muchos jóvenes apasionados que quieren aprender y evolucionar en esta disciplina.

Me gustaría poder contribuir a abrirles más puertas, especialmente permitiéndoles acceder antes a experiencias internacionales que nosotros descubrimos más tarde en nuestro camino.

Si mi historia puede mostrarles que es posible —que con trabajo, paciencia y determinación se pueden alcanzar metas que antes parecían imposibles—, para mí ya será una satisfacción enorme.

Aachen está considerado uno de los escenarios más prestigiosos del mundo ecuestre. Habiendo trabajado tan duro para llegar a este nivel, ¿qué emociones cree que sentirá al llegar allí?

Montar en Aachen es el sueño de todo jinete. Es un lugar con una historia inmensa en nuestro deporte, un punto donde todos los grandes nombres de la equitación mundial han escrito parte de su trayectoria.

Y siendo sincero, participar en un Campeonato del Mundo allí es un sueño que ni me habría atrevido a imaginar hace unos años.

Cuando llegue allí, creo que sentiré un torbellino de emociones. Habrá orgullo, muchísima gratitud y también un gran deseo de disfrutar de cada instante.

Este camino ha exigido muchos sacrificios, mucho trabajo y paciencia. Estar simplemente presente en Aachen ya supondrá un logro enorme.

Por supuesto, una vez que estemos compitiendo, volveré a ser un deportista con objetivos y ganas de rendir. Pero por encima de todo, quiero valorar esta oportunidad excepcional y ser consciente de la suerte que tengo de vivir una experiencia con la que sueñan tantos jinetes.

El concurso completo exige excelencia en trois disciplinas totalmente diferentes. En su opinión, ¿cuál será determinante para lograr su mejor resultado en Aachen?

Cada fase tendrá sus propias dificultades y exigencias.

La doma será probablemente la parte más delicada, porque es una fase donde cada detalle cuenta muchísimo. La precisión, la conexión con el caballo y la capacidad de presentar un recorrido fluido pueden marcar una gran diferencia en la clasificación.

El cross será también un reto enorme. Creo que incluirá muchas líneas técnicas que requerirán análisis, confianza y una comunicación perfecta entre caballo y jinete.

En realidad, la clave estará probablemente en mantener la concentración a lo largo de los tres días. El concurso completo premia a los binomios capaces de ser constantes y de gestionar cada situación con inteligencia.

Mi objetivo será ante todo llegar hasta el final, terminar con un caballo feliz y aprovechar esta ocasión única de competir junto a los mejores jinetes del mundo.

Si miramos hacia atrás, a los Juegos Asiáticos de 2023, que no terminaron como esperaba, y luego a su revancha con el oro en el Campeonato de Asia de 2025, ¿cómo le han moldeado mentalmente esas experiencias?

Mis experiencias pasadas me han enseñado una lección fundamental: todo puede pasar en nuestro deporte.

Por mucho trabajo que inviertas, por mucha preparación y esfuerzo que hagas, siempre habrá elementos que no podemos controlar.

Tras los Juegos Asiáticos de 2023 pasé por un momento difícil. Pero con el tiempo creo que esos momentos son los que más nos hacen crecer. Nos obligan a reflexionar, a aprender y a volver más fuertes.

Por el contrario, una victoria como la del Campeonato de Asia tampoco debe hacernos perder la humildad. Un logro es importante y hay que celebrarlo, pero nunca significa que el camino haya terminado.

Para mantenerse a largo plazo en este deporte hay que aceptar tanto los altibajos. Hay que saber extraer enseñanzas de los momentos difíciles sin dejar que te definan, y disfrutar de los éxitos sin asumir que garantizan los resultados futuros.

Ese equilibrio mental es lo que permite seguir adelante.

Los jinetes indios a menudo deben superar retos que muchos atletas europeos nunca conocen. ¿Qué obstáculos ha tenido que superar personalmente para alcanzar este nivel?

Creo que el mayor reto para los jinetes indios suele ser la necesidad de residir en el extranjero para tener acceso a un nivel de entrenamiento y competición suficiente.

Para progresar a nivel internacional debes enfrentarte regularmente a los mejores jinetes, participar en concursos de alto nivel y desenvolverte en un entorno donde el deporte está muy desarrollado.

Para mí también fue uno de los mayores obstáculos: estar lejos de mi familia, lejos de mi país y tener que construir mi camino en un entorno diferente.

Nunca es fácil salir de tu zona de confort. Tienes que aprender a gestionar la soledad, las responsabilidades y todas las dificultades diarias que acompañan a una carrera deportiva.

Pero cada sacrificio aportó algo. Estas experiencias me hicieron más fuerte, más independiente y me permitieron crecer tanto como jinete como persona.

¿Qué representa para usted saber que los jóvenes jinetes en la India se inspiran ahora en su trayectoria y creen que es posible llegar a un campeonato del mundo?

Representa muchísimo para mí, sobre todo porque cuando empecé mi camino no tenía a nadie que me guiara realmente o me explicara qué dirección tomar.

Me hacía muchas preguntas: ¿Por dónde empezar? ¿Cómo mejorar? ¿Qué decisiones tomar para alcanzar el nivel internacional? No tenía todas las respuestas y tuve que encontrarlas por mí mismo, a veces a base de ensayo, error y experiencia sobre el terreno.

Mirando hacia atrás, me doy cuenta de lo vital que es tener a alguien que acompañe a un joven jinete, le aconseje y le ayude a evitar ciertos obstáculos.

Por eso espero aportar eso a la nueva generación de jinetes indios. Si puedo ayudar a algunos jóvenes a avanzar más rápido, evitar errores que yo cometí y creer más en sus posibilidades, será algo muy importante para mí.

He tenido la suerte de encontrar buenas personas y montar buenos caballos a lo largo de mi camino. Esos encuentros fueron fundamentales en mi progresión, y me gustaría transmitir esa misma energía positiva.

Más allá de su resultado individual, ¿cómo sería el éxito para el equipo indio de concurso completo en Aachen?

Tener éxito en Aachen sería obviamente algo extraordinario, pero creo que también hay que mantener una visión realista.

Un buen resultado en el Campeonato del Mundo supondría un cambio enorme para un país como la India. Daría mucha más visibilidad al concurso completo y podría inspirar a toda una generación de jinetes.

Sin embargo, no creo que estemos del todo listos para competir de inmediato con naciones que cuentan con décadas de experiencia e infraestructuras sumamente desarrolladas en esta disciplina.

Nuestra progresión es real, pero aún requiere tiempo. Hay que seguir construyendo, formando jinetes, desarrollando caballos y ofreciendo más oportunidades a los jóvenes talentos.

Para mí, lo más importante en Aachen será demostrar que la India tiene su lugar en el deporte ecuestre internacional y que estamos escribiendo el comienzo de una nueva historia. Cada paso cuenta, y estar en este Campeonato del Mundo ya es un hito fundamental.

Cuando piensa en los sacrificios de este camino —las personas que le apoyaron, los momentos difíciles, los años de trabajo—, ¿qué rostro le viene primero a la cabeza?

Es difícil nombrar a una sola persona, porque esta aventura nunca habría sido posible sin el apoyo de varias personas que desempeñaron un papel clave en mi camino.

Mi esposa, Sanyogeeta, ha sido un pilar fundamental en cada momento difícil. Siempre estuvo ahí en los periodos de duda, cuando las cosas se complicaban y había que seguir adelante a pesar de los obstáculos.

Por supuesto, mi familia también ha sido siempre un apoyo inmenso. Su fe y sus ánimos me permitieron continuar por este camino, incluso cuando las cosas no eran sencillas.

También pienso mucho en mi patrocinador, el Sr. Jitu Virwani, quien creyó en mí y me acompañó en esta aventura. Aún recuerdo la etapa posterior a los Juegos Asiáticos de 2023, cuando mentalmente no estaba en un buen momento. Él simplemente me dijo: "No te preocupes, yo tampoco he llegado hasta aquí sin conocer derrotas."

Esas palabras me marcaron mucho, porque me recordaron que las dificultades forman parte del camino.

Por último, debo mencionar a mi entrenadora y mentora Carola Bierlein, que siempre ha estado ahí cuando he necesitado consejo o apoyo.

En el deporte se habla a menudo del jinete y del caballo, pero detrás de cada éxito hay muchas personas trabajando en la sombra.

Si todo sale a la perfección en Aachen, ¿cuál es ese sueño que casi no se atreve a decir en voz alta?

Creo que un gran triunfo en Aachen sigue siendo un sueño que no me atrevo a expresar demasiado abiertamente.

Por supuesto, todo deportista acude a una competición con ambición y el deseo de rendir al máximo. Pero también hay que ser humilde ante un evento como el Campeonato del Mundo.

Aachen reunirá a los mejores binomios del mundo, jinetes con enorme experiencia y caballos excepcionales. Sabemos que el reto será colosal.

Sin embargo, el mero hecho de estar a este nivel ya representa un sueño que nunca imaginé alcanzar. Si todo sale perfecto, si D’Avril y yo completamos tres buenas fases y mostramos nuestro mejor nivel, ya será una satisfacción enorme. Quiero sobre todo disfrutar de esta oportunidad, aprender de la experiencia y seguir construyendo nuestra historia juntos.

Los Juegos Olímpicos también han sido siempre un sueño muy especial para mí.

Es el tipo de sueño que a veces parece tan grande que casi da miedo permitírselo. Pero al mismo tiempo, como deportista, es imposible no pensar en ello.

Los Juegos representan el hito definitivo para muchos atletas. Es el escenario donde representas a tu país ante el mundo entero, con una dimensión emocional e histórica incomparable.

Así que sigo soñando con ese objetivo, aun sabiendo que el camino para llegar allí es extremadamente largo y difícil. Pero creo que los sueños son lo que nos impulsa a avanzar. Nos dan una dirección y la motivación para seguir trabajando cada día y buscar constantemente mejorar.

Por último, cuando su carrera llegue a su fin dentro de muchos años, ¿cómo le gustaría que se recordara a Ashish Limaye —no solo como jinete, sino como persona?

Más allá de los resultados, las medallas o el rendimiento, me gustaría ante todo que la gente me recordara como alguien que dio esperanza a los demás.

Me gustaría que vieran mi trayectoria como la de alguien que nunca se rindió, que empezó con muy poco e intentó aprovechar cada oportunidad para avanzar.

Creo que en la vida, al igual que en el deporte, todo el mundo enfrenta obstáculos. La diferencia suele estar en cómo reaccionas ante esas dificultades.

Si mi historia puede animar a alguien a creer en sus sueños, a seguir adelante a pesar de los momentos complicados y a buscar las oportunidades que le ayuden a crecer, esa será probablemente mi mayor victoria.

No quiero ser reconocido únicamente como un jinete que logró ciertos resultados. Quiero ser alguien que demostró que con trabajo, paciencia y determinación es posible llegar mucho más lejos de lo que uno imaginaba al principio.

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Samuel Benibre