On the Road to Aachen #11 – Joanna Pawlak "Aachen est un rêve qui devient réalité."

Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !

JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !

Samuel Benibre

8/7/202642 min read

Dans le monde du concours complet, certains parcours se construisent autour de grandes victoires, d’autres autour d’une relation exceptionnelle entre un cavalier et ses chevaux. Celui de Joanna Pawlak appartient certainement à cette deuxième catégorie.

À 35 ans, la cavalière polonaise possède déjà une expérience internationale remarquable. Présente aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2021 avec Fantastic Frieda, elle s’apprête désormais à vivre un nouveau moment majeur de sa carrière : les Championnats du Monde FEI 2026 à Aachen, un rendez-vous mythique qui fait rêver tous les cavaliers de la planète.

Mais cette fois, l’histoire sera différente. À Aachen, Joanna découvrira l’atmosphère d’un championnat du monde avec un nouveau partenaire : Armin de Monsieur, un cheval dont l’évolution représente une véritable aventure humaine et sportive. Arrivé dans son écurie alors qu’il n’était encore qu’un jeune cheval destiné à apprendre les bases du sport, il est progressivement devenu un compétiteur de niveau 4 étoiles, capable de rivaliser avec les meilleurs.

Leur relation ne s’est pas construite uniquement autour des performances, mais autour d’une confiance profonde et d’un lien particulier entre une cavalière passionnée par ses chevaux et un partenaire au caractère bien affirmé.

Dans cet entretien pour Le Mag’Equestre – “On the Road to Aachen”, Joanna Pawlak revient sur son parcours, son expérience olympique, son incroyable histoire avec Armin de Monsieur et ses ambitions avant de fouler la mythique piste d’Aachen.

©FEI/Libby Law Photography

Joanna, pour commencer cette interview, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs et nous expliquer ce que représente pour vous le fait de représenter la Pologne aux Championnats du Monde FEI 2026 à Aachen ?

J’ai 35 ans et je suis impliquée dans le monde du cheval depuis l’âge de six ans. Mon histoire avec l’équitation a commencé très jeune. Au départ, je pratiquais principalement le saut d’obstacles et le dressage, mais au fil des années, j’ai découvert le concours complet et je suis progressivement tombée amoureuse de cette discipline.

Ce qui me plaît dans le concours complet, c’est justement cette combinaison unique entre plusieurs qualités : la précision du dressage, le courage et la confiance nécessaires sur le cross, puis la maîtrise technique du saut d’obstacles. C’est un sport extrêmement complet qui demande beaucoup du cavalier comme du cheval.

Avoir aujourd’hui la possibilité de représenter mon pays est toujours un immense honneur. C’est aussi une reconnaissance du travail accompli, des années d’efforts, des sacrifices et de toutes les personnes qui m’ont accompagnée dans cette aventure.

Participer à une compétition aussi prestigieuse que les Championnats du Monde est déjà un rêve qui devient réalité. Et le fait que cet événement ait lieu à Aachen rend cette expérience encore plus spéciale.

Aachen est un lieu légendaire dans notre sport. Tous les cavaliers connaissent son histoire, son atmosphère unique et l’importance qu’il représente dans le monde équestre. Pouvoir y concourir sous les couleurs de la Pologne sera donc un moment que je n’oublierai jamais.

Vous avez déjà participé aux Jeux Olympiques de Tokyo avec Fantastic Frieda. En quoi la préparation d’Aachen est-elle différente de celle de votre première expérience olympique ?

Les Jeux Olympiques de Tokyo ont été une expérience absolument unique dans ma carrière. J’y suis allée avec ma jument principale, Fantastic Frieda, avec qui j’avais construit une relation très forte puisque je la connaissais depuis ses cinq ans.

Tokyo restera toujours un souvenir particulier. C’était un événement immense, mais avec un contexte très différent à cause de la pandémie de Covid-19. Je pense que nous n’avons jamais vraiment pu ressentir complètement l’atmosphère traditionnelle d’un championnat olympique, notamment avec toutes les restrictions autour de l’événement.

Malgré cela, cela reste une expérience incroyable que je n’oublierai jamais.

Aachen représente cependant une nouvelle histoire. Ce seront mes premiers Championnats du Monde et également mon premier championnat de ce niveau avec Armin.

Notre situation est complètement différente. Jusqu’à récemment, Armin était encore en train de découvrir le niveau 4 étoiles. Il était numéro deux dans notre équipe de chevaux et il commençait seulement à montrer tout son potentiel.

La préparation est donc différente, car nous construisons cette aventure ensemble. Nous avançons étape par étape, en apprenant l’un de l’autre et en développant notre confiance.

Mais malgré ces différences, l’excitation est la même. Participer à un événement aussi important reste quelque chose d’exceptionnel et une immense source de motivation.

Les cavaliers de concours complet disent souvent que chaque championnat leur apprend quelque chose de nouveau. Quelle est la plus grande leçon que vous avez tirée de Tokyo ?

Tokyo m’a énormément appris. J’y ai vécu des moments incroyables, mais aussi des moments très difficiles qui m’ont profondément marquée.

J’ai connu la joie immense d’être présente aux Jeux Olympiques, de vivre ce rêve que beaucoup de sportifs poursuivent pendant toute leur carrière. Mais j’ai aussi vécu une situation extrêmement frustrante lorsque mon cheval a perdu un fer au milieu du cross.

À partir de ce moment-là, les choses ont changé. Jusqu’alors, mes compétitions représentaient l’accomplissement de mes rêves, mais cette journée s’est transformée en véritable cauchemar. Mon cheval a commencé à avoir des difficultés, notamment parce qu’il ne voulait plus tourner correctement d’un côté, et finalement nous n’avons pas pu terminer la troisième phase, qui avait pourtant toujours été notre point fort.

Ce fut évidemment un moment difficile à accepter.

Mais avec le recul, je pense que ces expériences sont celles qui nous construisent le plus. Elles nous apprennent à gérer les déceptions, à rester forts mentalement et à continuer à avancer.

Je garde énormément de positif de Tokyo. Cette expérience m’a permis de grandir comme cavalière et comme personne, et elle m’a aidée dans la suite de ma carrière.

Cette année, vous arrivez à Aachen avec Armin de Monsieur, un cheval qui a montré de très belles choses en CCI4, notamment avec une place sur le podium à Sopot. Comment décririez-vous votre partenariat aujourd’hui ?Nous avons eu la chance de participer à des concours absolument extraordinaires.

Notre histoire avec Armin est vraiment une belle aventure.

Il est arrivé chez moi pour la première fois lorsqu’il avait quatre ans. À cette époque, il venait simplement pour être formé et mon rôle était de lui faire découvrir le monde du sport, de lui apprendre les bases et notamment de lui donner confiance à l’obstacle.

À ce moment-là, il était encore très petit. Nous plaisantions même en disant que c’était un poney, car il mesurait à peine un peu plus d’1m50.

Mais malgré sa taille, il montrait déjà des qualités très intéressantes. Il était extrêmement intelligent, il apprenait très rapidement et il possédait cette envie de comprendre et de progresser qui caractérise les bons chevaux de sport.

Il est ensuite revenu chez moi à l’âge de six ans, mais cette fois davantage comme un cheval destiné à aider mes élèves dans leur apprentissage. Sous ma supervision, il a commencé son véritable parcours sportif, en passant progressivement par toutes les étapes du concours complet.

Il a participé aux Championnats de Pologne dans les catégories jeunes cavaliers, juniors et jeunes cavaliers, remportant plusieurs médailles nationales, notamment l’or et l’argent chez les jeunes cavaliers, jusqu’à atteindre le niveau 3 étoiles long.

Nous avons parfois participé ensemble à quelques petites compétitions, mais cela restait occasionnel.

Puis, en 2024, son propriétaire a décidé de le vendre. Entre-temps, j’avais développé un lien très fort avec ce cheval et je ne pouvais pas imaginer qu’il quitte mon écurie. J’ai donc décidé de le racheter, et c’est ainsi que notre véritable aventure ensemble a commencé.

Honnêtement, je pense que nous n’imaginions pas forcément qu’il deviendrait un cheval capable d’évoluer au niveau 4 étoiles.

Notre première saison ensemble a surtout été une période où nous avons appris à nous connaître, avec plusieurs réussites, petites et grandes.

Puis en 2025, Armin nous a vraiment surpris par son évolution. Il a réalisé une saison exceptionnelle : nous avons remporté notre première médaille d’argent aux Championnats de Pologne Seniors, participé aux Coupes des Nations de Strzegom et d’Arville, puis obtenu à la fin de la saison notre qualification pour les Championnats du Monde d’Aachen.

C’est une histoire qui s’est construite naturellement, étape après étape, et je suis très heureuse de pouvoir vivre cette aventure avec lui.


Armin de Monsieur est un étalon, ce qui apporte un caractère et une énergie particuliers. Qu’est-ce qui le rend si spécial à la maison comme en compétition ?


Armin n’est plus un étalon aujourd’hui, mais mentalement, il a clairement gardé cette personnalité !

Malgré sa petite taille, il possède énormément de caractère. C’est un cheval avec beaucoup d’énergie, beaucoup de volonté et surtout un véritable esprit de compétition.

Il aime avoir son mot à dire et il veut souvent être le chef ! Mais derrière ce caractère affirmé se cache aussi un cheval extrêmement intelligent et généreux.

C’est justement ce mélange qui le rend si attachant : il a du tempérament, mais il possède également une grande envie de travailler et de bien faire.

Au vu de vos récents résultats, on a l'impression que vous vous installez progressivement au niveau quatre étoiles. Avez-vous le sentiment que ce couple est encore en phase de progression, ou commencez-vous à en percevoir tout le potentiel ?

Je pense que nous avons clairement réussi à trouver un bon équilibre et surtout à mieux nous comprendre au fil du temps.

Armin est un cheval très complet, avec énormément de qualités dans les trois disciplines. En dressage, il est naturellement très sérieux, appliqué et précis. Il possède une bonne capacité de concentration et il cherche toujours à répondre aux demandes. Bien sûr, il y a encore beaucoup de choses que nous pouvons améliorer dans cette phase, car à ce niveau chaque petit détail peut faire une différence importante.

Sur le cross, il possède des qualités qui me donnent beaucoup de confiance. Il est rapide, agile et extrêmement courageux. Il a une vraie intelligence face aux obstacles et il aime trouver des solutions.

À l’obstacle, malgré sa petite taille, il possède une grande ambition. Il est très précis et il aime cette sensation de devoir réaliser un parcours parfait. Au cours de notre carrière ensemble, nous avons déjà remporté plusieurs épreuves de type derby ainsi que des compétitions de saut d’obstacles chronométrées, ce qui montre aussi son envie de performer dans cette discipline.

Je pense que notre relation continue encore d’évoluer. Nous apprenons toujours l’un de l’autre, mais aujourd’hui nous avons une vraie confiance mutuelle, ce qui est probablement l’élément le plus important pour réussir en concours complet.

Aachen est considéré comme l’un des lieux les plus mythiques et les plus exigeants du concours complet international. Qu’est-ce qui rend cette compétition si différente des autres rendez-vous internationaux ?

Il y a quelques années, j’étais venue à Aachen pour une compétition avec mon ancienne coach, Sandra Auffarth.

Je me souviens très bien de ce moment, car en étant sur place, j’avais regardé l’événement et je m’étais dit : « Participer un jour ici serait un rêve incroyable ».

À l’époque, cela semblait encore très loin.

Aujourd’hui, réussir à me qualifier pour Aachen est quelque chose d’extraordinaire. Je ressens énormément d’excitation et j’ai vraiment hâte d’y être.

Aachen possède une atmosphère particulière. Ce n’est pas simplement une compétition parmi d’autres. C’est un lieu chargé d’histoire, avec une immense tradition équestre et une reconnaissance internationale unique.

Tous les grands cavaliers connaissent Aachen et savent ce que cela représente. Être au départ dans un tel environnement, face aux meilleurs couples du monde, sera forcément un moment très spécial.

Je veux simplement profiter pleinement de cette opportunité, apprécier chaque instant et donner le meilleur de moi-même.

Le cross d’Aachen est toujours l’un des grands sujets de discussion avant la compétition. Lorsque vous reconnaissez le parcours, quelle est la première chose que vous recherchez en tant que cavalière ?

Je sais parfaitement que le concours d’Aachen ne sera pas une compétition facile. Ce sera un véritable défi.

Lorsque je regarde un cross, j’essaie toujours de commencer par analyser mon propre cheval. Chaque cheval possède ses forces et ses points à améliorer, et la clé est de construire une stratégie adaptée à son profil.

Je réfléchis donc beaucoup à la manière dont Armin peut aborder chaque difficulté : quelles lignes correspondent le mieux à ses qualités, où il faudra être particulièrement attentive et comment trouver le meilleur équilibre entre sécurité et performance.

En concours complet, il ne faut jamais seulement penser à aller vite. Il faut prendre les bonnes décisions au bon moment, comprendre son cheval et savoir comment lui donner confiance.

Mon objectif sera de construire un parcours intelligent, qui nous permette d’aller au bout sans faute tout en respectant les qualités et les capacités d’Armin.

Le concours complet demande l’excellence dans trois disciplines totalement différentes. Aujourd’hui, quelle phase représente selon vous le point fort de votre couple avec Armin ?Avant tout, j'aimerais que les gens voient combien Luigi aime réellement son métier.

Je ne pense pas que nous ayons réellement une phase qui soit notre plus grande force.

Ce que j’aime dans notre couple, c’est justement que nous sommes capables d’être compétitifs dans les trois disciplines.

Nous sommes tous les deux courageux, et cela nous aide énormément sur le cross. Armin aime avancer, il a confiance et il possède cette volonté d’aller chercher les solutions.

À l’obstacle, nous aimons les parcours rapides et sans faute. Il a beaucoup de respect pour les barres et il possède une vraie précision, ce qui est une qualité essentielle dans cette phase.

Et en dressage, nous essayons simplement de nous présenter du mieux possible, de montrer notre travail et notre connexion.

Je crois que notre plus grande qualité est peut-être notre équilibre. Nous n’avons pas besoin de compter uniquement sur une phase particulière : nous essayons d’être solides partout.

La Pologne possède une grande tradition en concours complet, et de nombreux jeunes cavaliers suivront votre aventure à Aachen. Ressentez-vous une responsabilité d’inspirer la nouvelle génération de cavaliers polonais ?


Le concours complet est un sport magnifique, avec une histoire et des traditions très fortes.

Je sais que beaucoup de personnes en Pologne suivront notre participation à Aachen et j’espère sincèrement que toute la communauté équestre sera derrière nous et nous encouragera.

Pour moi, représenter mon pays est déjà une immense fierté. Je veux simplement donner le meilleur de moi-même, être à la hauteur de cette confiance et porter les couleurs polonaises avec beaucoup de respect.

Si mon parcours peut également donner envie à de jeunes cavaliers de croire en leurs rêves, de travailler davantage et de poursuivre leurs objectifs, alors ce sera une très belle chose.

Le sport évolue grâce aux générations qui arrivent derrière nous. Nous avons tous été inspirés un jour par quelqu’un, et c’est important de transmettre cette passion.

Votre carrière a connu de grands succès mais aussi des moments difficiles. Quelle importance la résilience a-t-elle dans un sport aussi imprévisible que le concours complet ?


J’ai effectivement connu beaucoup de moments merveilleux, mais aussi des périodes plus difficiles.

Je pense que tous ces moments ont eu leur importance. Les réussites nous donnent de la confiance et de la motivation, tandis que les difficultés nous obligent à réfléchir, à apprendre et à devenir meilleurs.

Chaque expérience a contribué à construire la cavalière que je suis aujourd’hui.

Dans un sport comme le concours complet, il faut accepter que tout ne se passe pas toujours comme prévu. Même avec la meilleure préparation possible, il existe toujours une part d’imprévisible.

La capacité à rebondir est donc essentielle.

Je ne regrette rien de mon parcours. Chaque étape, chaque victoire, chaque difficulté m’a apporté quelque chose et m’a permis d’évoluer.

Aujourd’hui, je regarde tout cela avec beaucoup de reconnaissance, car c’est l’ensemble de ces expériences qui m’a menée jusqu’à Aachen.

Quelle place occupent le bien-être physique et mental du cheval dans votre quotidien d’entraînement et de compétition ?


Pour moi, l’équitation est un sport très particulier, car il repose avant tout sur une relation entre deux êtres vivants. Depuis mon enfance, je suis fascinée par les chevaux et cette passion a toujours été au centre de ma vie.

Avec chaque cheval, j’essaie avant tout de construire une relation et de devenir son partenaire. Je ne veux pas simplement monter un cheval pour obtenir un résultat sportif. Je veux comprendre sa personnalité, savoir comment il fonctionne et créer une véritable confiance mutuelle.

Je pense que mes chevaux apprécient cette approche, car je les considère comme des membres de ma famille. Je n’ai jamais vendu aucun de mes chevaux, ce qui signifie qu’aujourd’hui j’ai plusieurs retraités à l’écurie. Ce sont des chevaux qui ont partagé une partie importante de ma carrière, certains avec lesquels j’ai remporté des médailles, et qui accompagnent désormais les plus jeunes chevaux dans leur découverte du monde équestre.

Je prends soin de mes chevaux parfois plus que de moi-même. Je consacre énormément de temps à leur confort, à leur santé physique et à leur équilibre mental.

Pour moi, un cheval heureux est un cheval qui peut donner le meilleur de lui-même. Je crois profondément que ce que l’on donne aux chevaux nous revient ensuite d’une manière ou d’une autre.

C’est probablement ce qui rend cette relation si belle : ils nous offrent tellement, et notre rôle est de leur apporter en retour tout le respect et l’attention qu’ils méritent.

La préparation d’un cheval pour un championnat est un processus de longue haleine. Quels ont été les principaux axes de travail avec Armin de Monsieur dans les semaines précédant Aachen ?

Nous avons effectué une dernière sortie de préparation lors de la Coupe des Nations d’Avenches, en Suisse, trois semaines avant Aachen.

Armin a réalisé une prestation très correcte en dressage, avec seulement quelques petites erreurs. C’était une reprise qui m’a donné de bonnes sensations et qui nous a permis de confirmer que le travail effectué jusque-là allait dans la bonne direction.

Sur le cross, nous avons volontairement choisi une approche un peu plus calme. L’objectif n’était pas de prendre tous les risques, mais plutôt de lui permettre de retrouver les sensations, de préserver sa confiance et surtout d’éviter toute blessure avant l’échéance principale.

À l’obstacle, j’ai eu d’excellentes sensations. Nous avons réalisé un parcours sans faute, ce qui était très positif pour la suite.

Après ce concours, compte tenu du long déplacement, nous avons prévu une semaine plus légère. Armin a bénéficié de soins de récupération, notamment avec de la physiothérapie, une visite chez le maréchal-ferrant et tout ce qui permet de maintenir son confort et son bien-être.

Nous reprenons maintenant progressivement les derniers préparatifs avant Aachen. Le travail sera principalement axé sur la condition physique, la gymnastique, la précision et les derniers réglages en dressage.

À ce stade, il ne s’agit plus de chercher à tout changer, mais plutôt de consolider ce que nous avons construit et d’arriver à Aachen avec un cheval confiant, en forme et heureux.

Le concours complet est souvent décrit comme un véritable sport de partenariat, car le cheval et le cavalier doivent avoir une confiance absolue l’un envers l’autre. Comment construisez-vous cette relation avec vos chevaux ?

Comme je l’ai expliqué précédemment, les chevaux sont comme une famille pour moi.

Je ne cherche jamais un cheval uniquement parce que je pense qu’il pourra me faire gagner. Je cherche avant tout un partenaire, un compagnon avec lequel je pourrai construire quelque chose.

Je pense que les chevaux arrivent souvent dans notre vie au bon moment. Ils viennent à moi, et ensuite j’essaie de créer un lien avec chacun d’entre eux, en respectant leur personnalité et leur propre rythme.

Parfois, certaines situations peuvent sembler impossibles au départ. Mais avec du temps, de la patience et une vraie relation de confiance, on découvre que beaucoup de choses deviennent réalisables.

Ce que j’aime le plus, c’est justement le quotidien avec eux. J’aime le travail de tous les jours, les petites évolutions, les moments où l’on comprend quelque chose ensemble.

Aujourd’hui, je ne pourrais plus imaginer ma vie sans les chevaux.

Je suis également très heureuse d’avoir réussi, depuis plusieurs années, à rester une cavalière de haut niveau en Pologne et à concourir au niveau international aux côtés des meilleurs. Cela a toujours été mon rêve.

Mais au-delà des résultats, ce qui compte réellement pour moi, c’est cette relation unique que l’on construit avec chaque cheval.

Au-delà du résultat sportif, qu’est-ce qui ferait d’Aachen 2026 un championnat réussi pour vous personnellement ?

J’arrive à Aachen avec un cheval qui n’a encore jamais participé à une compétition aussi prestigieuse.

Pour cette raison, terminer ce championnat et aller au bout de cette expérience représenterait déjà une immense réussite pour nous.

Bien sûr, je vais donner 100 % de moi-même. Je suis une compétitrice et je vais toujours chercher à réaliser la meilleure performance possible.

Mais je veux aussi profiter de cette aventure.

Je veux vivre chaque moment, apprécier l’atmosphère d’Aachen, ressentir cette expérience unique et être pleinement présente dans l’instant.

Il y a des moments dans une carrière où il faut aussi savoir s’arrêter quelques secondes et mesurer le chemin parcouru.

Il y a quelques années, être au départ d’un Championnat du Monde à Aachen semblait être un rêve très lointain. Aujourd’hui, nous y sommes.

Je veux donc profiter de cette chance, apprendre, progresser et construire encore davantage notre histoire avec Armin.

Enfin, lorsque vous sortirez du box de départ à Aachen sous les couleurs polonaises, quelle sera selon vous l’émotion la plus forte ?

Oh mon Dieu… je pense que ma première pensée sera simplement :

« Ça y est, nous y sommes… allons-y ! »

Ce sera certainement un mélange d’émotions très fortes.

Il y aura probablement beaucoup de fierté, beaucoup d’excitation, mais aussi une immense reconnaissance envers toutes les personnes qui m’ont aidée à arriver jusque-là.

Représenter la Pologne dans un lieu aussi mythique qu’Aachen sera un moment très spécial.

Je penserai certainement à tout le chemin parcouru, à toutes les années de travail, aux chevaux qui ont partagé mon histoire, aux personnes qui m’ont soutenue et aux moments difficiles qui m’ont permis de devenir la cavalière que je suis aujourd’hui.

Mais une fois dans le box de départ, il faudra simplement revenir à l’essentiel : faire confiance à Armin, profiter de l’instant et partir pour cette incroyable aventure.

©FEI/Libby Law Photography

ENGLISH VERSION !


As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.

In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.

These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.

From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.

On the Road to Aachen #11 – Joanna Pawlak

“Aachen is a dream come true.”

In the world of eventing, some careers are built around major victories, while others are defined by an exceptional relationship between a rider and their horses. Joanna Pawlak’s path certainly belongs to the second category.

At 35, the Polish rider already boasts a remarkable international track record. Having competed at the Tokyo Olympic Games in 2021 with Fantastic Frieda, she is now preparing for another major milestone in her career: the 2026 FEI World Championships in Aachen—a legendary event that every rider dreams of.

This time, however, the story will be different. In Aachen, Joanna will discover the atmosphere of a World Championship with a new partner: Armin de Monsieur, a horse whose evolution represents a true human and sporting journey. Arriving in her stable when he was just a young horse meant to learn the basics, he gradually developed into a 4-star competitor capable of going head-to-head with the best.

Their relationship was not built solely on performance, but on deep trust and a special bond between a passionate rider and a partner with a strong personality.

In this interview for Le Mag’Equestre – “On the Road to Aachen”, Joanna Pawlak looks back on her career, her Olympic experience, her incredible story with Armin de Monsieur, and her ambitions before stepping onto the legendary Aachen track.

©FEI/Libby Law Photography

Joanna, to start this interview, could you introduce yourself to our readers and explain what representing Poland at the 2026 FEI World Championships in Aachen means to you?

I am 35 years old, and I have been involved in the horse world since I was six. My story with riding started very young. Initially, I focused mainly on show jumping and dressage, but over the years, I discovered eventing and gradually fell in love with the discipline.

What I love about eventing is precisely this unique combination of skills: the precision of dressage, the courage and trust required on cross-country, and the technical mastery of show jumping. It is an extremely complete sport that demands a lot from both rider and horse.

Having the opportunity to represent my country is always a huge honor. It is also a recognition of all the hard work, years of effort, sacrifices, and all the people who have supported me along this journey.

Competing in an event as prestigious as the World Championships is already a dream come true. And the fact that it takes place in Aachen makes the experience even more special.

Aachen is a legendary venue in our sport. Every rider knows its history, its unique atmosphere, and its significance in the equestrian world. To compete there under the Polish flag will be a moment I will never forget.

You previously competed in the Tokyo Olympic Games with Fantastic Frieda. How does preparing for Aachen differ from your first Olympic experience?

The Tokyo Olympic Games were an absolutely unique experience in my career. I went with my main mare, Fantastic Frieda, with whom I had built a very strong bond, as I had known her since she was five.

Tokyo will always remain a special memory. It was a massive event, but in a very different context due to the COVID-19 pandemic. I don't think we were ever fully able to feel the traditional atmosphere of an Olympic championship, especially with all the restrictions surrounding the event. Despite that, it remains an incredible experience I will never forget.

Aachen, however, represents a new story. These will be my first World Championships and also my first championship at this level with Armin.

Our situation is completely different. Until recently, Armin was still discovering the 4-star level. He was number two on our team of horses and was just starting to show his full potential.

The preparation is therefore different, as we are building this adventure together. We are taking it step by step, learning from each other and building our confidence. Despite these differences, the excitement is the same. Taking part in such a major event remains exceptional and a huge source of motivation.

Eventing riders often say that every championship teaches them something new. What was the biggest lesson you took away from Tokyo?

Tokyo taught me a lot. I experienced incredible moments there, but also very difficult ones that deeply marked me.

I knew the immense joy of being present at the Olympic Games, of living out the dream that so many athletes pursue for their entire careers. But I also went through an extremely frustrating situation when my horse lost a shoe in the middle of the cross-country course.

From that moment on, things changed. Up until then, my competitions had been the fulfillment of my dreams, but that day turned into a real nightmare. My horse began struggling, mainly because she no longer wanted to turn properly to one side, and ultimately, we could not finish the third phase—which had always been our strong suit.

Naturally, that was a tough moment to accept.

Looking back, though, I believe those experiences are the ones that shape us the most. They teach us how to manage disappointment, stay mentally tough, and keep moving forward. I take a lot of positives away from Tokyo. The experience helped me grow as a rider and as a person, and it has guided me in the rest of my career.

This year, you come to Aachen with Armin de Monsieur, a horse that has shown great things in CCI4, including a podium finish at Sopot. How would you describe your partnership today?

We have been fortunate enough to compete in some truly extraordinary events.

Our story with Armin is a genuine adventure. He first arrived at my barn when he was four years old. At the time, he was just there to be trained; my role was to introduce him to the sport, teach him the basics, and build his confidence over fences. Back then, he was very small. We even joked that he was a pony because he barely stood over 15 hands high.

Despite his size, he showed very interesting qualities early on. He was extremely intelligent, learned very quickly, and possessed that drive to understand and improve that defines good sport horses.

He returned to my barn as a six-year-old, but this time more as a horse to help my students learn. Under my supervision, he began his true sporting path, stepping up through all the levels of eventing. He competed in the Polish Championships across Junior and Young Rider categories, winning several national medals—including gold and silver in Young Riders—up to the CCI3*-L level.

We occasionally rode in small competitions together, but it remained sporadic.

Then, in 2024, his owner decided to sell him. In the meantime, I had developed a very strong bond with him and couldn't imagine him leaving my barn. So, I decided to buy him, and that’s how our real journey together began.

Honestly, I don't think we expected him to become a horse capable of competing at the 4-star level. Our first season together was mainly about getting to know each other, marked by small and big successes.

Then in 2025, Armin truly surprised us with his progress. He had an exceptional season: we won our first silver medal at the Senior Polish Championships, competed in the Nations Cups in Strzegom and Arville, and secured our qualification for the Aachen World Championships by the end of the season.

It’s a story built naturally, step by step, and I am so happy to live this adventure with him.

Armin de Monsieur is a stallion, which brings a unique character and energy. What makes him so special both at home and in competition?

Armin is actually no longer a stallion today, but mentally, he has clearly kept that personality!

Despite his small stature, he has tons of character. He is a horse with plenty of energy, great determination, and, above all, a real competitive spirit. He likes to have his say and often wants to be the boss! But behind that assertive character lies an extremely intelligent and generous horse.

That combination is precisely what makes him so endearing: he has temperament, but also a great desire to work and do well.

Given your recent results, it feels like you are steadily establishing yourselves at the four-star level. Do you feel this pair is still progressing, or are you starting to see his full potential?

I think we have clearly managed to find a good balance and, above all, understand each other better over time.

Armin is a very complete horse with tremendous qualities across all three disciplines. In dressage, he is naturally very serious, focused, and precise. He has good concentration and always tries to deliver what is asked. Of course, there is still plenty we can improve in this phase, as every detail matters at this level.

On cross-country, he has qualities that give me immense confidence. He is fast, agile, and extremely brave. He has genuine intelligence in front of fences and loves finding solutions.

In show jumping, despite his size, he has huge ambition. He is very precise and loves the feeling of jumping a clear round. Together, we have already won several derby-style events as well as timed show jumping competitions, which shows his drive to perform in this discipline.

I believe our relationship is still evolving. We are always learning from each other, but today we share genuine mutual trust—which is probably the most crucial element to succeed in eventing.

Aachen is considered one of the most iconic and demanding venues in international eventing. What makes this competition so different from other international events?

A few years ago, I visited Aachen for a competition with my former coach, Sandra Auffarth.

I remember that moment vividly; being there, watching the event, I said to myself: "Competing here one day would be an incredible dream." At the time, it felt so far away.

Today, securing my qualification for Aachen feels extraordinary. I feel immense excitement, and I really can't wait to be there.

Aachen has a very special atmosphere. It’s not just another competition. It’s a venue steeped in history, with rich equestrian tradition and unique international prestige. Every great rider knows Aachen and what it represents. Standing at the start in such an environment, facing the best horse-and-rider combinations in the world, will be a deeply special moment.

I simply want to enjoy this opportunity to the fullest, appreciate every second, and give my absolute best.

The cross-country course at Aachen is always one of the big talking points before the competition. When walking the course, what is the first thing you look for as a rider?

I know very well that Aachen will not be an easy competition. It will be a real test.

When I look at a cross-country course, I always start by analyzing my own horse. Every horse has strengths and areas to work on, and the key is to build a strategy tailored to their profile.

So, I think a lot about how Armin can approach each fence: which lines suit his qualities best, where I need to be extra attentive, and how to find the ideal balance between safety and performance.

In eventing, you can never just think about speed. You have to make the right decisions at the right time, understand your horse, and know how to instill confidence. My goal will be to ride a smart round that allows us to finish clear while respecting Armin’s capabilities.

Eventing demands excellence across three totally different disciplines. Today, which phase do you consider the strongest point for your partnership with Armin?

Above all, I would love for people to see how much Luigi truly loves his job!

I don’t think we have one single phase that stands out as our ultimate strength. What I love about our partnership is precisely that we can be competitive in all three disciplines.

We are both brave, which helps us tremendously on cross-country. Armin loves to move forward, he is confident, and he has that drive to find answers.

In show jumping, we love fast, clear rounds. He respects the rails immensely and shows real precision, which is essential in this phase.

And in dressage, we simply try to present ourselves as best as possible, showcasing our work and connection.

I think our greatest quality is our overall balance. We don't rely on just one phase; we try to be solid everywhere.

Poland has a rich tradition in eventing, and many young riders will be following your journey in Aachen. Do you feel a responsibility to inspire the next generation of Polish riders?

Eventing is a magnificent sport with deep history and strong traditions.

I know that many people in Poland will be following our participation in Aachen, and I sincerely hope the whole equestrian community will be behind us, cheering us on.

For me, representing my country is a source of immense pride. I want to give my best, live up to that trust, and wear the Polish colors with great respect.

If my journey can also inspire young riders to believe in their dreams, work harder, and pursue their goals, then that would be wonderful. Sport evolves thanks to the generations coming up behind us. We were all inspired by someone once, and it is vital to pass that passion along.

Your career has seen great successes but also challenging moments. How important is resilience in a sport as unpredictable as eventing?

I have indeed experienced many wonderful moments, but also tougher times.

I believe all those moments played their part. Successes give us confidence and motivation, while difficulties force us to reflect, learn, and grow stronger. Every single experience has helped build the rider I am today.

In a sport like eventing, you have to accept that things won't always go according to plan. Even with the best preparation, there is always an element of the unpredictable. The ability to bounce back is essential.

I have no regrets about my journey. Every step, victory, and obstacle taught me something and allowed me to evolve. Today, I look back on all of it with deep gratitude, because the sum of those experiences is what brought me to Aachen.

What role do physical and mental well-being play in your daily training and competition routine for your horses?

For me, riding is a very unique sport because it is built above all on a relationship between two living beings. Ever since childhood, I’ve been fascinated by horses, and that passion has always been at the core of my life.

With every horse, I try to build a relationship first and become their partner. I don't want to just ride a horse to get a sporting result. I want to understand their personality, know how they work, and build mutual trust.

I believe my horses appreciate this approach because I view them as family members. I have never sold any of my horses, which means I currently have several retirees at the barn. They shared important parts of my career—some helped me win medals—and now they guide the younger horses as they discover the equestrian world.

I take care of my horses sometimes more than I do myself. I dedicate immense time to their comfort, physical health, and mental balance.

To me, a happy horse is a horse that can perform at its absolute best. I deeply believe that what you give to horses comes back to you one way or another. That is probably what makes this relationship so beautiful: they give us so much, and our duty is to offer them all the respect and care they deserve in return.

Preparing a horse for a major championship is a long-term process. What were the main focus areas with Armin de Monsieur in the weeks leading up to Aachen?

We had our final warm-up outing at the Avenches Nations Cup in Switzerland, three weeks before Aachen.

Armin delivered a very solid dressage test with only minor errors. It gave me a great feeling and confirmed that the work we had put in was heading in the right direction.

On cross-country, we intentionally chose a calmer approach. The goal wasn't to take maximum risks, but rather to let him find his rhythm, preserve his confidence, and avoid any injury before the main event.

In show jumping, I had fantastic feelings. We jumped a clear round, which was very positive for what lies ahead.

After that event, given the long journey, we scheduled a lighter week. Armin received recovery care, including physiotherapy, a farrier visit, and everything needed to ensure his comfort and well-being.

Now, we are gradually resuming final preparations before Aachen. The work will focus mainly on fitness, gymnastics, precision, and fine-tuning our dressage test. At this stage, it’s not about changing everything, but rather consolidating what we’ve built and arriving at Aachen with a horse that is confident, fit, and happy.

Eventing is often described as a true partnership sport, where horse and rider must trust each other completely. How do you build this relationship with your horses?

As I mentioned earlier, horses are like family to me.

I never look for a horse simply because I think it can win for me. I look first for a partner—a companion with whom I can build something meaningful.

I think horses often enter our lives at just the right time. They come to me, and then I try to forge a bond with each of them, respecting their unique personality and pace.

Sometimes situations might seem impossible at first. But with time, patience, and true trust, you discover that so much becomes achievable.

What I enjoy most is the daily routine with them: the day-to-day work, small breakthroughs, and those moments when you figure something out together. Today, I couldn't imagine my life without horses.

I am also very happy that I have managed over the years to remain a high-level rider in Poland and compete internationally alongside the best. That was always my dream. But beyond the results, what truly matters to me is this unique bond built with every single horse.

Beyond the sporting results, what would make Aachen 2026 a successful championship for you personally?

I am coming to Aachen with a horse that has never taken part in such a prestigious competition before. For that reason, completing the championship and seeing this experience through would already be a massive achievement for us.

Of course, I will give 100%. I am a competitor and I always aim for the best possible performance. But I also want to enjoy the journey.

I want to live every moment, soak up the atmosphere of Aachen, feel this unique experience, and be fully present in the moment. There are times in a career when you need to pause for a few seconds and appreciate how far you've come.

A few years ago, starting at a World Championship in Aachen felt like a very distant dream. Today, here we are. So I want to make the most of this opportunity, learn, progress, and continue writing our story with Armin.

Finally, when you ride out of the start box at Aachen under the Polish flag, what do you think will be your strongest emotion?

Oh my goodness… I think my first thought will simply be: "Here we go, this is it… let’s do this!"

It will surely be a mix of intense emotions. There will be a lot of pride, excitement, and immense gratitude toward everyone who helped me get here.

Representing Poland at a venue as legendary as Aachen will be a deeply special moment. I’ll definitely think of the long journey, the years of hard work, the horses that have been part of my story, the people who supported me, and the tough times that helped me become the rider I am today.

But once inside the start box, it’s all about returning to basics: trusting Armin, enjoying the moment, and heading out into this incredible adventure.

Versión En Español

A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.

En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.

Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.

Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.

On the Road to Aachen #11 – Joanna Pawlak

"Aquisgrán es un sueño hecho realidad."

En el mundo del concurso completo, algunas trayectorias se construyen a base de grandes victorias, mientras que otras se definen por una relación excepcional entre un jinete y sus caballos. La historia de Joanna Pawlak pertenece sin duda a esta segunda categoría.

A sus 35 años, la amazona polaca cuenta ya con una destacada experiencia internacional. Tras participar en los Juegos Olímpicos de Tokio 2021 con Fantastic Frieda, se prepara ahora para vivir otro momento clave de su carrera: el Campeonato del Mundo FEI 2026 en Aquisgrán (Aachen), una cita mítica con la que sueña cualquier jinete del planeta.

Sin embargo, esta vez la historia será distinta. En Aachen, Joanna descubrirá la atmósfera de un mundial junto a un nuevo compañero: Armin de Monsieur, un caballo cuya evolución representa una verdadera aventura humana y deportiva. Tras llegar a su cuadra siendo solo un joven caballo destinado a aprender las bases del deporte, se ha convertido progresivamente en un competidor de nivel 4 estrellas, capaz de rivalizar con los mejores.

Su relación no se ha consolidado únicamente en torno a los resultados, sino sobre una profunda confianza y un vínculo especial entre una amazona apasionada por sus caballos y un compañero con mucho carácter.

En esta entrevista para Le Mag’Equestre – “On the Road to Aachen”, Joanna Pawlak repasa su trayectoria, su experiencia olímpica, su increíble historia con Armin de Monsieur y sus ambiciones antes de salir a la mítica pista de Aachen.

©FEI/Libby Law Photography

Joanna, para comenzar esta entrevista, ¿podría presentarse a nuestros lectores y explicarnos qué significa para usted representar a Polonia en el Campeonato del Mundo FEI 2026 en Aachen?

Tengo 35 años y llevo inmersa en el mundo del caballo desde los seis. Mi historia con la equitación empezó muy pronto. Al principio practicaba principalmente salto de obstáculos y doma, pero con los años descubrí el concurso completo y me enamoré progresivamente de esta disciplina.

Lo que más me atrae del concurso completo es precisamente esa combinación única de cualidades: la precisión de la doma, el valor y la confianza necesarios en el cross, y la maestría técnica del salto de obstáculos. Es un deporte extremadamente completo que exige muchísimo tanto al jinete como al caballo.

Tener la oportunidad de representar a mi país es siempre un inmenso honor. Es también un reconocimiento al trabajo realizado, a los años de esfuerzo, a los sacrificios y a todas las personas que me han acompañado en esta aventura.

Participar en una competición tan prestigiosa como el Campeonato del Mundo ya es un sueño hecho realidad. Y el hecho de que se celebre en Aachen hace que la experiencia sea aún más especial.

Aachen es un lugar legendario en nuestro deporte. Todos los jinetes conocen su historia, su atmósfera única y la importancia que representa en el mundo ecuestre. Competir allí representando a Polonia será un momento que jamás olvidaré.

Usted ya participó en los Juegos Olímpicos de Tokio con Fantastic Frieda. ¿En qué se diferencia la preparación para Aachen de su primera experiencia olímpica?

Los Juegos Olímpicos de Tokio fueron una experiencia absolutamente única en mi carrera. Fui con mi yegua principal, Fantastic Frieda, con quien había construido un vínculo fortísimo, ya que la conocía desde los cinco años.

Tokio siempre será un recuerdo muy especial. Fue un evento enorme, pero en un contexto muy diferente debido a la pandemia de Covid-19. Creo que nunca pudimos sentir del todo la atmósfera tradicional de un campeonato olímpico, sobre todo con todas las restricciones que rodeaban el evento. A pesar de ello, sigue siendo una experiencia increíble que nunca olvidaré.

Aachen, sin embargo, representa una nueva historia. Será mi primer Campeonato del Mundo y también mi primer campeonato de este nivel con Armin.

Nuestra situación es completamente distinta. Hasta hace poco, Armin todavía estaba descubriendo el nivel 4 estrellas. Era el segundo caballo de nuestro equipo y apenas comenzaba a mostrar todo su potencial.

Por lo tanto, la preparación es diferente porque estamos construyendo esta aventura juntos. Vamos paso a paso, aprendiendo el uno del otro y consolidando nuestra confianza. A pesar de estas diferencias, la emoción es la misma. Formar parte de un evento de esta magnitud sigue siendo algo excepcional y una enorme fuente de motivación.

Los jinetes de concurso completo suelen decir que cada campeonato enseña algo nuevo. ¿Cuál es la lección más importante que se llevó de Tokio?

Tokio me enseñó muchísimo. Viví allí momentos increíbles, pero también situaciones muy difíciles que me marcaron profundamente.

Conocí la inmensa alegría de estar en unos Juegos Olímpicos, de vivir ese sueño que muchos deportistas persiguen durante toda su carrera. Pero también viví una situación extremadamente frustrante cuando mi caballo perdió una herradura a mitad del recorrido de cross.

A partir de ese momento, todo cambió. Hasta entonces, mis competiciones representaban la realización de mis sueños, pero ese día se convirtió en una verdadera pesadilla. Mi caballo empezó a tener dificultades, sobre todo porque ya no quería girar correctamente hacia un lado, y finalmente no pudimos terminar la tercera fase, que siempre había sido nuestro fuerte.

Evidentemente, fue un momento difícil de aceptar.

Sin embargo, viéndolo con perspectiva, creo que esas experiencias son las que más nos forman. Nos enseñan a gestionar las decepciones, a mantener la fortaleza mental y a seguir adelante. Me quedo con muchísimas cosas positivas de Tokio. Esa experiencia me permitió crecer como amazona y como persona, y me ha ayudado en el resto de mi carrera.

Este año llega a Aachen con Armin de Monsieur, un caballo que ha demostrado grandes cualidades en CCI4, incluyendo un podio en Sopot. ¿Cómo describiría su binomio a día de hoy?

Hemos tenido la suerte de competir en concursos absolutamente extraordinarios.

Nuestra historia con Armin es una hermosa aventura. Llegó a mi cuadra por primera vez cuando tenía cuatro años. En aquel momento venía solo para ser desbravado y entrenado; mi papel consistía en introducirlo en el deporte, enseñarle las bases y darle confianza sobre los saltos. En esa época era muy pequeñito; incluso bromeábamos diciendo que era un poni, porque apenas medía un poco más de 1,50 m.

Pero a pesar de su tamaño, ya mostraba cualidades muy interesantes. Era extremadamente inteligente, aprendía muy rápido y tenía esas ganas de comprender y progresar que caracterizan a los buenos caballos de deporte.

Regresó a mi cuadra a los seis años, pero esta vez como un caballo para ayudar a mis alumnos en su aprendizaje. Bajo mi supervisión, inició su verdadera trayectoria deportiva, pasando paulatinamente por todas las etapas del concurso completo. Participó en los Campeonatos de Polonia en categorías Juveniles y Jóvenes Jinetes, ganando varias medallas nacionales —incluyendo el oro y la plata en Jóvenes Jinetes— hasta alcanzar el nivel 3 estrellas largo.

A veces competíamos juntos en pequeños concursos, pero era algo ocasional.

En 2024, su propietario decidió venderlo. Para entonces, yo había desarrollado un vínculo muy fuerte con el caballo y no podía imaginar que abandonara mi cuadra. Así que decidí comprarlo, y ahí comenzó nuestra verdadera aventura juntos.

Sinceramente, no imaginábamos que se convertiría en un caballo capaz de competir a nivel 4 estrellas. Nuestra primera temporada juntos fue sobre todo un periodo de conocimiento mutuo, con pequeños y grandes éxitos.

En 2025, Armin nos sorprendió enormemente con su evolución. Tuvo una temporada excepcional: ganamos nuestra primera medalla de plata en el Campeonato de Polonia Senior, participamos en las Copas de Naciones de Strzegom y Arville y, al final de la temporada, logramos la clasificación para el Campeonato del Mundo de Aachen.

Es una historia que se ha construido de forma natural, paso a paso, y estoy muy feliz de poder vivir esta aventura con él.

Armin de Monsieur es un semental, lo que aporta un carácter y una energía especiales. ¿Qué lo hace tan especial tanto en casa como en competición?

Actualmente Armin ya no es semental, pero mentalmente ¡ha mantenido claramente esa personalidad!

A pesar de su tamaño, tiene muchísimo carácter. Es un caballo con mucha energía, una gran voluntad y, sobre todo, un verdadero espíritu competitivo. Le gusta dar su opinión y ¡a menudo quiere ser el jefe! Pero detrás de ese carácter firme se esconde un caballo extremadamente inteligente y generoso.

Es precisamente esa mezcla lo que lo hace tan entrañable: tiene temperamento, pero también una enorme disposición para trabajar y hacer las cosas bien.

A la luz de sus recientes resultados, da la impresión de que se están asentando progresivamente en el nivel de cuatro estrellas. ¿Siente que este binomio aún está en fase de progresión o empieza a vislumbrar todo su potencial?

Creo que hemos logrado encontrar un buen equilibrio y, sobre todo, entendernos mucho mejor con el tiempo.

Armin es un caballo muy completo, con grandes cualidades en las tres disciplinas. En doma es naturalmente muy serio, aplicado y preciso. Tiene una buena capacidad de concentración y siempre intenta responder a lo que se le pide. Por supuesto, aún hay aspectos que podemos mejorar en esta fase, ya que a este nivel cada pequeño detalle cuenta.

En el cross tiene cualidades que me transmiten mucha confianza. Es rápido, ágil y extremadamente valiente. Muestra una gran inteligencia ante los obstáculos y le encanta buscar soluciones.

En el salto, a pesar de su tamaño, tiene una gran ambición. Es muy preciso y le apasiona la sensación de hacer un recorrido perfecto. Juntos hemos ganado varias pruebas tipo derby y competiciones de salto a cronómetro, lo que demuestra su deseo de rendir en esta disciplina.

Pienso que nuestra relación sigue evolucionando. Siempre aprendemos el uno del otro, pero hoy existe una verdadera confianza mutua, que es probablemente el elemento más importante para triunfar en el concurso completo.

Aachen está considerado uno de los escenarios más míticos y exigentes del concurso completo internacional. ¿Qué hace que esta competición sea tan diferente de otras citas internacionales?

Hace unos años estuve en Aachen para una competición con mi antigua entrenadora, Sandra Auffarth.

Recuerdo muy bien ese momento; estando allí, viendo el evento, me dije a mí misma: "Competir aquí algún día sería un sueño increíble". En aquel momento parecía algo muy lejano.

Hoy, haber logrado la clasificación para Aachen es algo extraordinario. Siento una enorme emoción y tengo muchísimas ganas de estar allí.

Aachen tiene una atmósfera especial. No es simplemente una competición más. Es un lugar cargado de historia, con una tradición ecuestre inmensa y un reconocimiento internacional único. Todos los grandes jinetes conocen Aachen y saben lo que representa. Estar en la línea de salida en un entorno así, frente a los mejores binomios del mundo, será sin duda un momento muy especial.

Solo quiero disfrutar al máximo de esta oportunidad, apreciar cada segundo y dar lo mejor de mí misma.

El cross de Aachen siempre es uno de los temas principales de conversación antes de la prueba. Cuando reconoce el recorrido, ¿qué es lo primero que busca como amazona?

Sé perfectamente que el concurso de Aachen no será una prueba fácil. Será un verdadero reto.

Cuando analizo un cross, siempre empiezo evaluando a mi propio caballo. Cada caballo tiene sus fortalezas y sus puntos a mejorar, y la clave está en diseñar una estrategia adaptada a su perfil.

Por eso pienso mucho en cómo Armin puede afrontar cada dificultad: qué líneas se adaptan mejor a sus cualidades, dónde tendré que prestar especial atención y cómo encontrar el equilibrio perfecto entre seguridad y rendimiento.

En el concurso completo no se puede pensar solo en ir rápido. Hay que tomar las decisiones correctas en el momento adecuado, comprender al caballo y saber transmitirle confianza. Mi objetivo será realizar un recorrido inteligente que nos permita terminar sin faltas, respetando siempre las capacidades de Armin.

El concurso completo exige excelencia en tres disciplinas totalmente diferentes. Hoy en día, ¿qué fase considera que es el punto fuerte de su binomio con Armin?

Antes que nada, ¡me encantaría que la gente viera cuánto le gusta realmente a Luigi su trabajo!

No creo que tengamos una sola fase que sea nuestra mayor fortaleza. Lo que me gusta de nuestro binomio es precisamente que somos capaces de ser competitivos en las tres disciplinas.

Ambos somos valientes, y eso nos ayuda muchísimo en el cross. A Armin le gusta ir hacia adelante, tiene confianza y posee esa voluntad de buscar soluciones.

En el salto nos encantan los recorridos rápidos y sin faltas. Respeta muchísimo las barras y tiene una gran precisión, algo esencial en esta fase.

Y en doma simplemente intentamos presentar la mejor versión posible, mostrando nuestro trabajo y nuestra conexión.

Creo que nuestra mayor cualidad es el equilibrio. No necesitamos depender de una sola fase: intentamos ser sólidos en todo momento.

Polonia cuenta con una gran tradición en concurso completo y muchos jóvenes jinetes seguirán su actuación en Aachen. ¿Siente la responsabilidad de inspirar a la nueva generación de jinetes polacos?

El concurso completo es un deporte magnífico, con una historia y unas tradiciones muy arraigadas.

Sé que mucha gente en Polonia seguirá nuestra participación en Aachen y espero sinceramente que toda la comunidad ecuestre esté apoyándonos.

Para mí, representar a mi país es un orgullo inmenso. Quiero dar lo mejor de mí, estar a la altura de esa confianza y llevar los colores polacos con el máximo respeto.

Si mi trayectoria sirve también para que los jóvenes jinetes crean en sus sueños, trabajen más duro y persigan sus metas, será algo maravilloso. El deporte evoluciona gracias a las generaciones que vienen detrás. Todos fuimos inspirados por alguien en su momento, y es fundamental transmitir esa pasión.

Su carrera ha conocido grandes éxitos pero también momentos difíciles. ¿Qué importancia tiene la resiliencia en un deporte tan impredecible como el concurso completo?

Efectivamente, he vivido momentos maravillosos, pero también etapas más difíciles.

Creo que todos esos momentos han tenido su importancia. Los éxitos nos aportan confianza y motivación, mientras que las dificultades nos obligan a reflexionar, aprender y ser mejores. Cada experiencia ha contribuido a formar la amazona que soy hoy.

En un deporte como el concurso completo hay que aceptar que las cosas no siempre salen como uno planea. Incluso con la mejor preparación posible, siempre existe un margen de imprevisibilidad. Por eso, la capacidad de sobreponerse es fundamental.

No me arrepiento de nada en mi camino. Cada etapa, cada victoria y cada dificultad me ha enseñado algo y me ha permitido evolucionar. Hoy miro todo aquello con enorme gratitud, porque el conjunto de esas experiencias es lo que me ha llevado hasta Aachen.

¿Qué lugar ocupan el bienestar físico y mental del caballo en su rutina diaria de entrenamiento y competición?

Para mí, la equitación es un deporte muy especial porque se basa ante todo en la relación entre dos seres vivos. Desde mi infancia me fascinan los caballos y esa pasión siempre ha sido el centro de mi vida.

Con cada caballo intento construir primero una relación y convertirme en su compañera. No quiero montar a un caballo solo para obtener un resultado deportivo. Quiero entender su personalidad, saber cómo funciona y crear una verdadera confianza mutua.

Creo que mis caballos aprecian este enfoque porque los considero parte de mi familia. Nunca he vendido a ninguno de mis caballos, lo que significa que hoy tengo a varios jubilados en la cuadra. Son caballos que compartieron etapas importantes de mi carrera —con algunos gané medallas— y que ahora acompañan a los más jóvenes en su descubrimiento del mundo ecuestre.

Cuido de mis caballos a veces más que de mí misma. Dedico muchísimo tiempo a su confort, a su salud física y a su equilibrio mental.

Para mí, un caballo feliz es un caballo capaz de dar lo mejor de sí mismo. Creo profundamente que lo que le das a un caballo te vuelve de una forma u otra. Eso es probablemente lo que hace que esta relación sea tan bonita: nos dan tanto que nuestro papel es ofrecerles a cambio todo el respeto y la atención que merecen.

La preparación de un caballo para un campeonato es un proceso a largo plazo. ¿Cuáles han sido los ejes principales de trabajo con Armin de Monsieur en las semanas previas a Aachen?

Hicimos una última salida de preparación en la Copa de Naciones de Avenches (Suiza), tres semanas antes de Aachen.

Armin realizó una prueba de doma muy correcta, con solo algunos pequeños errores. Fue una reprise que me dejó muy buenas sensaciones y nos confirmó que el trabajo realizado iba en la dirección adecuada.

En el cross elegimos deliberadamente un planteamiento más tranquilo. El objetivo no era asumir riesgos innecesarios, sino permitirle recuperar sensaciones, mantener su confianza y, sobre todo, evitar cualquier lesión antes de la cita principal.

En el salto tuve sensaciones excelentes. Hicimos un recorrido sin faltas, lo cual fue muy positivo con vistas a lo que viene.

Tras ese concurso, dado el largo viaje de vuelta, programamos una semana más ligera. Armin recibió cuidados de recuperación: fisioterapia, visita del herrador y todo lo necesario para garantizar su bienestar.

Ahora estamos retomando progresivamente los últimos preparativos antes de Aachen. El trabajo se centra principalmente en la condición física, gimnasia, precisión y los últimos ajustes en doma. A estas alturas ya no se trata de cambiarlo todo, sino de consolidar lo construido y llegar a Aachen con un caballo confiado, en forma y feliz.

El concurso completo se describe a menudo como un verdadero deporte de equipo entre jinete y caballo, donde ambos deben tenerse una confianza absoluta. ¿Cómo construye esa relación con sus caballos?

Como decía antes, los caballos son como mi familia.

Nunca busco un caballo únicamente porque piense que me hará ganar. Busco ante todo un compañero con el que pueda construir algo valioso.

Creo que los caballos suelen llegar a nuestra vida en el momento adecuado. Llegan a mí y luego intento crear un vínculo con cada uno, respetando su personalidad y su propio ritmo.

A veces hay situaciones que al principio parecen imposibles. Pero con tiempo, paciencia y una relación de confianza real, te das cuenta de que muchas cosas se vuelven alcanzables.

Lo que más me gusta es precisamente el día a día con ellos: el trabajo diario, las pequeñas evoluciones, los momentos en los que comprendemos algo juntos. Hoy no podría imaginar mi vida sin los caballos.

También me alegra enormemente haber logrado mantenerme durante años como amazona de alto nivel en Polonia y competir internacionalmente junto a los mejores. Siempre fue mi sueño. Pero más allá de los resultados, lo que realmente me importa es esa relación única que se construye con cada caballo.

Más allá del resultado deportivo, ¿qué haría que Aachen 2026 fuera un campeonato exitoso para usted a nivel personal?

Llego a Aachen con un caballo que nunca ha participado en una competición de este prestigio. Por esa razón, completar este campeonato y llevar hasta el final esta experiencia ya supondría un enorme logro para nosotros.

Por supuesto, voy a dar el 100%. Soy competitiva y siempre busco realizar la mejor actuación posible. Pero también quiero disfrutar de la aventura.

Quiero vivir cada momento, disfrutar de la atmósfera de Aachen, sentir esta experiencia única y estar plenamente presente en el instante. Hay momentos en la carrera de un deportista en los que hay que saber parar unos segundos y valorar el camino recorrido.

Hace unos años, estar en la línea de salida de un Campeonato del Mundo en Aachen parecía un sueño lejano. Hoy estamos aquí. Así que quiero aprovechar esta oportunidad, aprender, progresar y seguir escribiendo nuestra historia con Armin.

Por último, cuando salga del cajón de salida en Aachen representando a Polonia, ¿cuál cree que será la emoción más fuerte?

¡Madre mía! Creo que mi primer pensamiento será simplemente: "¡Ya está, aquí estamos... vamos a por ello!"

Será sin duda una mezcla de emociones muy intensas. Habrá mucho orgullo, muchísima ilusión y también una gratitud inmensa hacia todas las personas que me han ayudado a llegar hasta aquí.

Representar a Polonia en un lugar tan mítico como Aachen será un momento sumamente especial. Pensaré sin duda en todo el camino recorrido, en los años de trabajo, en los caballos que han formado parte de mi historia, en la gente que me ha apoyado y en los momentos difíciles que me han ayudado a ser la amazona que soy hoy.

Pero una vez dentro del cajón de salida, solo quedará volver a lo esencial: confiar en Armin, disfrutar del momento y lanzarnos a esta increíble aventura.

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Samuel Benibre