On the Road to Aachen #13 – Kyle Timm "La patience est probablement la qualité la plus importante de notre métier."

Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !

JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !

Samuel Benibre

8/7/202642 min read

La route vers les Championnats du monde FEI d'Aix-la-Chapelle 2026 est faite de parcours très différents. Certains cavaliers arrivent par les grandes écuries internationales, d'autres construisent patiemment leur propre système, année après année, cheval après cheval.

C'est précisément le cas du Canadien Kyle Timm. Installé en France depuis plusieurs années, le cavalier a bâti sa carrière autour d'une philosophie rarement démentie : prendre le temps de former les chevaux, respecter leur évolution et privilégier le long terme à la recherche de résultats immédiats.

À Aachen, il s'élancera avec Casino Calvin, un cheval qu'il connaît parfaitement et dont il a su apprivoiser le caractère aussi talentueux que complexe. Ensemble, ils représenteront le Canada avec une ambition collective forte : rapprocher leur nation d'une qualification olympique pour Los Angeles 2028.

Dans ce nouvel épisode de notre série « On the Road to Aachen », Kyle Timm revient sur son parcours atypique, sa vision de la formation des chevaux de haut niveau, sa relation avec Casino Calvin et l'importance de construire une carrière sur la confiance plutôt que sur la précipitation.

©Collection Privée

Kyle, pour commencer, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs, nous parler de votre piquet actuel et des ambitions qui vous animent à l'approche des Championnats du monde d'Aix-la-Chapelle avec Casino Calvin ?

Je suis cavalier canadien, même si cela fait maintenant sept ans que je vis en France. Avant cela, j'ai également eu la chance de travailler et de vivre aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, en Allemagne ainsi qu'aux Pays-Bas. Tous ces pays m'ont énormément apporté, aussi bien humainement que sportivement, et ont contribué à façonner le cavalier que je suis aujourd'hui.

Ce qui me passionne avant tout, c'est la formation des chevaux. Lorsque cela est possible, j'aime les accompagner depuis leurs premières années jusqu'au plus haut niveau international. C'est une approche qui demande énormément de temps, mais qui procure aussi une immense satisfaction.

Aujourd'hui, je travaille avec un effectif très varié, composé aussi bien de jeunes chevaux de quatre ans que de chevaux évoluant déjà sur les CSI5*. L'un de mes chevaux de Grand Prix actuels, par exemple, est à mes côtés depuis l'âge de trois ans. Cela illustre parfaitement notre philosophie : construire des carrières sur plusieurs années plutôt que rechercher des résultats immédiats.

À l'approche d'Aachen, cette vision à long terme prend tout son sens. Participer à un Championnat du monde est une étape majeure, mais elle est surtout le résultat de nombreuses années de travail patient et réfléchi.

Casino Calvin sera votre partenaire lors de ces Championnats du monde. C'est un cheval reconnu pour son immense talent, mais également pour sa sensibilité. Comment êtes-vous parvenu à construire une relation de confiance suffisamment forte pour un rendez-vous aussi important ?

Casino possède un caractère extrêmement particulier.

C'est un cheval très intelligent, mais également très complexe. Il aime tester son cavalier, il apprécie avoir l'impression de décider par lui-même et peut parfois devenir nerveux... jusqu'à se faire peur à lui-même.

Très tôt, j'ai compris qu'avec lui, il fallait une ligne de conduite extrêmement claire.

Depuis le premier jour, il n'a toujours existé qu'une seule direction possible : avancer.

Que ce soit devant un obstacle, où il fallait parfois réduire les difficultés pour lui permettre de comprendre, ou simplement lors d'une promenade en forêt lorsqu'un objet l'inquiétait, je n'ai jamais accepté qu'il fasse demi-tour.

S'il fallait deux heures pour franchir un passage qui lui faisait peur, alors nous y consacrions deux heures.

Mais il devait réussir du premier passage, sans cercle, sans deuxième tentative et sans revenir en arrière.

Au départ, cette méthode demandait énormément de patience.

Aujourd'hui, après plusieurs années ensemble, Casino a progressivement appris que ma décision était toujours la bonne.

Je pense qu'il me fait désormais davantage confiance qu'à son propre instinct, qui reste naturellement très méfiant.

C'est cette confiance construite au quotidien qui nous permet aujourd'hui d'aborder un championnat comme Aachen.

Vous avez grandi près de Calgary avant de vous installer durablement en Europe. Comment ce parcours entre deux continents influence-t-il aujourd'hui votre façon de préparer un championnat comme Aachen ?

Je ne dirais pas que ma préparation est véritablement nord-américaine ou européenne.

Avec le temps, j'ai plutôt construit ma propre méthode, un équilibre personnel entre les deux approches.

Chaque système possède de vraies qualités.

Mais, au final, leur efficacité dépend énormément du cheval que l'on monte : de son modèle, de son caractère, de son niveau de confiance et de sa façon de fonctionner.

Chaque cheval demande une approche différente.

En revanche, je suis convaincu d'une chose : je ne serais jamais arrivé au niveau où je me trouve aujourd'hui sans mon expérience européenne.

L'Europe offre une densité de concours nationaux et internationaux absolument exceptionnelle.

Pouvoir évoluer régulièrement dans ce contexte permet d'acquérir une expérience qui est aujourd'hui beaucoup plus difficile à obtenir en Amérique du Nord.

C'est cette accumulation d'expériences qui m'a permis de continuer à progresser année après année.

Le stade du Soers est réputé pour son immense piste en herbe et son atmosphère impressionnante. Comment préparez-vous mentalement Casino Calvin pour un environnement aussi particulier ?

Depuis plusieurs mois, toute notre préparation poursuit un objectif très simple : arriver à Aachen avec un cheval qui déborde de confiance.

C'est la raison pour laquelle nous avons volontairement limité les très grosses échéances au cours des trois ou quatre derniers mois.

Cette stratégie peut sembler risquée, mais je pense qu'elle correspond parfaitement à Casino.

C'est un cheval qui fonctionne énormément sur son état d'esprit.

Lorsqu'il est persuadé qu'il peut réussir, il donne absolument tout ce qu'il possède.

À l'inverse, si nous arrivions à Aachen avec le souvenir d'une compétition particulièrement difficile, je ne suis pas certain que cela nous placerait dans les meilleures dispositions.

Bien sûr, il s'agit de mon tout premier championnat, et je suis conscient que cette expérience va énormément m'apprendre.

Je suis persuadé qu'après Aachen, je disposerai déjà de nouvelles idées sur la meilleure manière de préparer ce type d'échéance à l'avenir.

Vous avez remporté le Championnat du Canada au Royal Horse Show de Toronto avec Atomica des Sequoias Z. En quoi cette victoire a-t-elle influencé votre préparation vers cette saison 2026 ?

Ce titre a représenté une très belle manière de conclure la saison 2025.

C'était évidemment une immense satisfaction sportive, mais aussi un véritable encouragement pour toute l'équipe.

Je ne peux pas dire que cette victoire ait profondément modifié notre plan de préparation pour 2026.

En revanche, elle nous a apporté une confiance supplémentaire.

Et, dans notre sport, la confiance change énormément de choses.

Lorsque l'on aborde une nouvelle saison avec davantage de certitudes, on travaille plus sereinement, on ose davantage et l'on regarde naturellement les objectifs avec beaucoup plus d'optimisme.

C'est exactement ce que cette victoire nous a apporté.

Représenter le Canada sur la scène mondiale constitue une étape majeure dans une carrière. Quels sont vos principaux objectifs pour ces Championnats du monde, à la fois sur le plan individuel et collectif ?

Sans la moindre hésitation, notre priorité est l'équipe.

Notre objectif est clair : tout faire pour permettre au Canada de poursuivre sa route vers une qualification pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.

C'est vraiment ce qui occupe toutes mes pensées à l'approche de ces Championnats du monde.

À titre personnel, je ne réfléchis presque pas au résultat individuel.

Je préfère rester concentré sur les trois premières journées de compétition et faire tout ce qui est en mon pouvoir pour aider l'équipe canadienne à se retrouver dans la meilleure position possible avant la finale.

Si chacun apporte sa contribution au bon moment, alors nous aurons déjà accompli une grande partie de notre mission.

Pour moi, c'est ce qui compte le plus aujourd'hui.

Ces derniers mois, nous avons notamment vu My Stormbird rejoindre les écuries de Nina Mallevaey. Pouvez-vous nous raconter l'histoire de cette collaboration et ce qu'elle révèle de votre philosophie dans le développement des chevaux ?

L'histoire de My Stormbird est assez simple.

L'an dernier, j'ai eu l'opportunité d'essayer cette jument et j'ai immédiatement pensé à Nina Mallevaey, avec qui je suis très proche.

Je l'ai appelée pour lui parler de cette opportunité et, finalement, nous avons décidé d'acheter la jument ensemble.

Aujourd'hui encore, nous ne savons pas exactement quelle sera la suite de son parcours.

Pendant plusieurs mois, mon programme de concours correspondait parfaitement à ce dont elle avait besoin. Elle a pu acquérir de l'expérience sur le circuit national ainsi qu'au cours de plusieurs tournées en Espagne.

Aujourd'hui, c'est au tour de Nina de lui offrir un programme qui nous semble idéal pour poursuivre sa progression.

Dans quelques mois, avec la famille Rein, nous prendrons le temps de faire le point afin de décider de la meilleure orientation pour son avenir.

Au fond, ma philosophie reste toujours la même : placer chaque cheval dans le contexte où il pourra exprimer tout son potentiel.

J'ai énormément apprécié monter Storm et je serais évidemment très heureux de la retrouver un jour.

Mais voir les progrès qu'elle réalise aujourd'hui avec Nina me procure tout autant de satisfaction.

C'est exactement ce que nous recherchons lorsque nous construisons un cheval.

Cette philosophie se retrouve également avec Izaro de l'Abbaye ou d'autres jeunes chevaux que vous développez. Que représente pour vous cette dimension de "constructeur" de chevaux ?

J'aime profondément construire des chevaux avec d'autres cavaliers.

Évidemment, comme tout compétiteur, j'ai envie d'évoluer au plus haut niveau et de monter les meilleures épreuves possibles.

Mais produire un cheval et le voir ensuite réussir, parfois sous la selle d'un autre cavalier, me procure exactement le même plaisir.

Pour moi, l'objectif n'a jamais été de conserver absolument tous les chevaux jusqu'au plus haut niveau.

Ce qui compte avant tout, c'est qu'ils puissent évoluer dans l'environnement qui leur permettra de donner le meilleur d'eux-mêmes.

Si cela signifie qu'un autre cavalier leur correspond davantage à un moment donné, alors j'en suis sincèrement heureux.

C'est cette passion du développement qui anime toute notre structure.

Votre effectif comprend aujourd'hui plusieurs chevaux capables d'évoluer au plus haut niveau, notamment Atomica des Sequoias Z, Glamour du Chanu et Casino Calvin. Comment répartissez-vous les objectifs entre eux tout au long de la saison ?

Nous avons aujourd'hui la chance de disposer d'un groupe de chevaux très intéressant, allant des jeunes de huit ans jusqu'aux chevaux de CSI5*.

L'idée est toujours de choisir les concours qui correspondent le mieux à chacun, afin qu'ils puissent acquérir l'expérience nécessaire avant d'aborder progressivement les plus grandes échéances.

Mais il existe une règle qui ne change jamais dans notre fonctionnement : ne jamais en demander trop aux chevaux.

Je suis profondément convaincu que préserver leur santé est plus important que rechercher un résultat rapide.

Si l'on accepte d'avancer progressivement, tout en gardant les chevaux en bonne santé, on finit presque toujours par aller beaucoup plus loin.

Cette année, Glamour du Chanu a d'ailleurs pris une place très importante en venant épauler Casino Calvin sur le circuit CSI5*.

De son côté, Atomica des Sequoias Z a volontairement bénéficié d'un programme un peu plus léger depuis la tournée de Floride.

Même à douze ans, je continue à chercher de nouvelles pistes pour lui permettre de progresser encore.

Je crois qu'un cheval peut toujours évoluer, quel que soit son âge.

Vous êtes reconnu pour votre capacité à détecter et former de futurs chevaux de Grand Prix. En quoi cette expérience influence-t-elle votre manière de gérer aujourd'hui vos chevaux de très haut niveau ?

Lorsque l'on travaille régulièrement avec des chevaux de trois, quatre ou cinq ans avant de les accompagner jusqu'au niveau CSI5*, notre regard sur la progression change complètement.

On comprend rapidement qu'il n'existe aucun raccourci.

Tout demande du temps.

La patience devient probablement la qualité la plus importante de notre métier.

Il faut également avoir confiance dans son système de travail.

Il arrive qu'un cheval vous donne d'excellentes sensations à six ou sept ans sans réussir pour autant à enchaîner les parcours sans faute.

À ce moment-là, beaucoup de personnes commencent à penser que ce cheval n'a peut-être pas le niveau.

Pour ma part, je préfère continuer à croire au potentiel que j'avais identifié lorsqu'il était jeune.

Si votre système est cohérent, ces périodes font simplement partie du processus.

Très souvent, les chevaux qui semblaient ordinaires à sept ans deviennent les véritables stars à neuf ou dix ans.

C'est précisément ce qui rend ce métier aussi passionnant.

Malgré votre présence régulière sur les CSI5* et les Coupes des Nations, vous continuez à monter personnellement vos jeunes chevaux de quatre, cinq et six ans. Pourquoi est-il si important, à vos yeux, de rester impliqué à chaque étape de leur formation ?

La principale raison est très simple : rien ne remplacera jamais les sensations que l'on ressent lorsque l'on est soi-même en selle.

On peut évidemment observer un cheval depuis le bord de la piste ou faire confiance à une excellente équipe, mais il existe des détails que seul le cavalier peut réellement percevoir.

On ressent immédiatement si un cheval est totalement en confiance, s'il est physiquement à l'aise ou si, au contraire, quelque chose mérite davantage d'attention.

C'est précisément ce qui permet de savoir à quel moment il est possible de lui demander un peu plus… ou, au contraire, quand il est préférable d'attendre.

Cette frontière est extrêmement délicate.

Une ou deux mauvaises expériences peuvent parfois laisser des traces durables dans la tête d'un cheval, voire compromettre une partie de sa carrière.

Mon objectif est justement de ne jamais manquer ces moments importants.

Bien sûr, cela ne garantit pas que tous les chevaux atteindront un jour le niveau CSI5*, mais je veux pouvoir regarder chacun d'entre eux en sachant que je ne lui ai jamais demandé plus que ce qu'il était capable de donner.

Aujourd'hui, je pense malheureusement que beaucoup de chevaux sont poussés trop vite, notamment entre cinq et neuf ans.

À mon sens, certains très bons chevaux disparaissent du haut niveau non pas parce qu'ils manquent de qualité, mais simplement parce qu'ils n'étaient pas encore prêts, ni physiquement ni mentalement, à répondre aux exigences qu'on leur imposait.

Mark Rein et Tara Dow-Rein vous accompagnent depuis plusieurs années avec des chevaux comme Casino Calvin ou Atomica des Sequoias Z. Quelle importance accordez-vous à cette relation de confiance dans votre projet sportif ?

Pour être honnête, c'est probablement l'élément le plus important de toute notre organisation.

Avant de rencontrer Tara, Mark ainsi que leurs filles Cassidy et Carly, nous avions déjà produit plusieurs excellents chevaux, comme Enjoy de la Mûre, Vagabon des Forêts, Bentley de Sury ou encore Cocaine du Val.

Le problème était toujours le même.

Lorsque ces chevaux arrivaient à un certain niveau, je n'avais tout simplement pas les moyens financiers de les conserver suffisamment longtemps pour les emmener jusqu'aux CSI5*.

Ils étaient donc vendus à des cavaliers qui pouvaient leur offrir cette opportunité.

Avec la famille Rein, les choses ont complètement changé.

Je me souviens très bien de Glamour du Chanu.

Lorsqu'il avait huit ans, nous arrivions justement au moment où, habituellement, j'aurais probablement dû le vendre.

Mark et Tara m'ont alors appelé pour me proposer de construire cette aventure ensemble et de lui donner le temps dont il avait besoin pour exprimer pleinement son potentiel.

Je leur en serai toujours reconnaissant.

Aujourd'hui, voir Glamour se classer en Grand Prix CSI5* après avoir effectué toute sa carrière à mes côtés est une immense satisfaction.

C'est exactement le type de projet auquel je crois.

Vous semblez également très attaché à voir vos chevaux réussir avec d'autres cavaliers lorsque cela sert leur progression. Pourquoi cette philosophie vous tient-elle autant à cœur ?

Je n'ai jamais considéré qu'un cheval devait absolument rester toute sa carrière sous ma selle.

Évidemment, j'aime évoluer au plus haut niveau.

Mais ce qui me passionne avant tout, c'est de voir les chevaux atteindre leur véritable potentiel.

Si cela passe par un autre cavalier, alors j'en suis sincèrement heureux.

On peut prendre l'exemple de notre collaboration avec Nina Mallevaey.

Lorsque je vois My Stormbird ou Izaro de l'Abbaye progresser avec elle, cela me procure énormément de plaisir.

Je ne ressens aucune frustration.

Au contraire, je trouve extrêmement gratifiant de voir qu'un cheval que nous avons construit continue d'évoluer dans la bonne direction.

Finalement, ce qui compte le plus, ce n'est pas de gagner personnellement avec chaque cheval.

C'est de les voir réussir là où ils seront les meilleurs.

Vous insistez souvent sur le rôle des propriétaires, mais également sur celui des éleveurs. Pourquoi occupent-ils une place si importante dans votre philosophie ?

Je pense que l'on oublie parfois à quel point les éleveurs jouent un rôle essentiel dans notre sport.

Ce sont eux qui détectent les jeunes chevaux, qui les connaissent depuis leur naissance et qui acceptent ensuite de faire confiance à un cavalier pour les accompagner.

Très souvent, ce sont eux qui m'appellent lorsqu'ils pensent avoir un poulain particulièrement prometteur.

Ils me confient leur travail avec une confiance incroyable, et ensemble nous essayons de construire un véritable projet sportif.

J'accorde énormément de valeur à cette relation.

Les éleveurs connaissent leurs chevaux mieux que personne.

En réunissant leur expérience et la nôtre, nous essayons de créer les meilleures conditions possibles pour permettre à ces jeunes chevaux d'atteindre un jour le plus haut niveau.

Pour moi, c'est une collaboration absolument unique.

Installé aujourd'hui au Haras de Fourches, près de Fontainebleau, qu'avez-vous retenu du système français d'élevage et de formation des chevaux ?

J'ai construit ma carrière autour de Fontainebleau, où j'ai eu la chance de travailler aux côtés d'Édouard Couperie, Adeline Wirth et Éric Nègre.

Pendant plusieurs années, j'ai loué des écuries chez eux, et ils m'ont véritablement appris tout ce qui m'a permis de développer ma carrière en France.

Au fil des années, je suis devenu un immense admirateur de l'élevage français.

Si je devais choisir un stud-book aujourd'hui, ce serait sans hésitation celui-là.

J'apprécie énormément le caractère des chevaux français, leur envie naturelle de travailler et leur incroyable capacité à progresser avec l'âge.

Chaque année, on voit apparaître sur les CSI5* des chevaux français de douze ou treize ans qui étaient encore relativement inconnus quelques saisons auparavant.

Je pense que cela est directement lié à la qualité de l'élevage français et à la patience dont font preuve les éleveurs.

Une autre chose que j'apprécie énormément en France est la manière dont les chevaux bénéficient de véritables périodes de repos.

Qu'il s'agisse des jeunes chevaux en fin de saison ou des chevaux plus expérimentés pendant l'hiver, ces pauses permettent aux chevaux de récupérer physiquement, mais aussi aux cavaliers de prendre du recul, de repenser leur travail et de repartir avec un nouveau projet pour la saison suivante.

À l'approche des Championnats du monde d'Aix-la-Chapelle, sentez-vous que votre regard sur le très haut niveau a évolué par rapport à vos premières grandes échéances internationales ?

Oui, énormément.

Avec les années, on comprend que le haut niveau ne se résume pas uniquement aux résultats.

Lorsque j'étais plus jeune, je pensais qu'il fallait simplement aller toujours plus vite, participer aux plus grands concours et essayer de gagner le plus possible.

Aujourd'hui, ma vision est complètement différente.

Je mesure davantage l'importance de la préparation, de la patience et de la régularité.

Les chevaux nous apprennent sans cesse quelque chose.

Même après plusieurs saisons en CSI5*, j'ai encore le sentiment d'apprendre chaque semaine.

C'est d'ailleurs ce qui rend ce sport aussi passionnant.

On n'a jamais vraiment terminé sa formation.

Le stade de la Soers est considéré comme l'un des lieux les plus mythiques du saut d'obstacles mondial. Comment prépare-t-on un cheval comme Casino Calvin pour un rendez-vous d'une telle ampleur ?

Finalement, notre préparation restera très proche de celle que nous mettons en place pour les autres grands rendez-vous.

Je ne pense pas qu'il faille changer complètement ses habitudes parce que le concours s'appelle Aix-la-Chapelle.

Au contraire.

Les chevaux sont des animaux de routine.

Plus ils retrouvent leurs repères, plus ils sont sereins au moment d'entrer en piste.

Notre priorité sera donc de conserver son équilibre habituel, de le maintenir en pleine confiance et de faire en sorte qu'il arrive au championnat en se sentant physiquement et mentalement au meilleur de sa forme.

Une fois dans le stade, il faudra simplement lui permettre d'exprimer tout ce qu'il sait déjà faire.

Pour conclure, Kyle, qu'est-ce qui ferait de ces Championnats du monde d'Aix-la-Chapelle 2026 une véritable réussite à vos yeux ?

Évidemment, nous aimerions tous obtenir le meilleur résultat possible.

Mais si je devais définir ce qu'est une réussite, ce ne serait pas uniquement une place au classement.

Je veux surtout repartir avec le sentiment que nous avons tout donné.

Que chaque membre de l'équipe canadienne aura apporté sa contribution, que nos chevaux auront terminé le championnat en bonne santé et que nous aurons été capables de représenter notre pays avec fierté.

Si, en plus, nous parvenons à rapprocher le Canada de son objectif olympique pour Los Angeles 2028, alors nous pourrons considérer que nous avons accompli quelque chose d'important.

Au fond, c'est toujours ce qui compte le plus : construire dans la durée, respecter les chevaux et continuer à progresser, saison après saison.

©Collection Privée

ENGLISH VERSION !


As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.

In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.

These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.

From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.

On the Road to Aachen #13 – Kyle Timm

Patience is probably the most important quality in our profession.”

The road to the 2026 FEI World Championships in Aachen is made of very different paths. Some riders arrive through major international stables, while others patiently build their own system year after year, horse after horse.

This is precisely the case for the Canadian rider Kyle Timm. Based in France for several years, he has built his career around a philosophy that is rarely compromised: taking the time to produce horses, respecting their development, and prioritizing the long term over short-term results.

In Aachen, he will enter the arena with Casino Calvin, a horse he knows inside out and whose talented yet complex temperament he has learned to manage. Together, they will represent Canada with a strong collective ambition: bringing their nation one step closer to Olympic qualification for Los Angeles 2028.

In this new episode of our "On the Road to Aachen" series, Kyle Timm reflects on his non-traditional journey, his vision for training high-level horses, his relationship with Casino Calvin, and the importance of building a career on trust rather than rush.

©Collection Privée

Kyle, to start, could you introduce yourself to our readers, tell us about your current string of horses, and outline your ambitions as you approach the World Championships in Aachen with Casino Calvin?

I am a Canadian rider, even though I have lived in France for seven years now. Before that, I also had the chance to work and live in the United States, New Zealand, Germany, and the Netherlands. All these countries gave me so much, both personally and sportingly, and helped shape the rider I am today.

What fascinates me above all is the training and development of horses. Whenever possible, I love guiding them from their early years all the way to the top international level. It’s an approach that takes an immense amount of time, but it also provides immense satisfaction.

Today, I work with a very varied stable, ranging from four-year-old young horses to horses already competing in CSI5* classes. For instance, one of my current Grand Prix horses has been with me since he was three years old. That illustrates our philosophy perfectly: building careers over several years rather than chasing immediate results.

As Aachen approaches, this long-term vision makes total sense. Competing in a World Championship is a major milestone, but above all, it is the result of many years of patient and thoughtful work.

Casino Calvin will be your partner at these World Championships. He is a horse known for his huge talent, but also for his sensitivity. How did you manage to build a strong enough bond of trust for such a major event?

Casino has an extremely unique character. He is a very smart horse, but also a very complex one. He likes to test his rider, enjoys feeling like he is making his own decisions, and can sometimes get nervous… even to the point of scaring himself.

Very early on, I realized that with him, we needed an crystal-clear line of conduct. Since day one, there has only ever been one possible direction: forward.

Whether in front of a jump—where we sometimes had to lower the height to help him understand—or simply on a hack in the forest when an object spooked him, I never accepted him turning around. If it took two hours to cross a spot that frightened him, then we spent two hours on it. But he had to succeed on the first attempt—no circling, no second tries, and no going backward.

At first, this method required an enormous amount of patience. Today, after several years together, Casino has gradually learned that my decision is always the right one. I think he now trusts me more than his own instincts, which remain naturally very suspicious. It is this daily trust that allows us to approach a championship like Aachen today.

You grew up near Calgary before settling in Europe for the long term. How does this background between two continents influence the way you prepare for a championship like Aachen?

I wouldn’t say my preparation is purely North American or European. Over time, I’ve built my own method—a personal balance between the two approaches.

Each system has genuine qualities. But in the end, their effectiveness depends entirely on the horse you are riding: its build, character, level of confidence, and overall way of working. Every horse requires a tailored approach.

However, I am convinced of one thing: I would never have reached the level I am at today without my European experience. Europe offers an exceptional density of national and international shows. Being able to compete regularly in this environment allows you to gain experience that is currently much harder to acquire in North America. This accumulation of experience is what enabled me to keep progressing year after year.

The Soers stadium is famous for its massive grass arena and impressive atmosphere. How are you mentally preparing Casino Calvin for such a unique environment?

For several months now, our whole preparation has had one simple goal: arriving in Aachen with a horse brimming with confidence. That is why we intentionally limited very heavy, intense shows over the last three or four months.

This strategy might seem risky, but I think it suits Casino perfectly. He is a horse that relies heavily on his mindset. When he is convinced he can succeed, he gives everything he has. Conversely, if we arrived in Aachen carrying the weight of a particularly tough show, I'm not sure that would put us in the best position.

Of course, this is my very first championship, and I know this experience will teach me a lot. I am sure that after Aachen, I will already have fresh ideas on how to best prepare for this type of event in the future.

You won the Canadian Championship at the Royal Horse Show in Toronto with Atomica des Sequoias Z. How did that victory influence your preparation heading into this 2026 season?

That title was a wonderful way to cap off the 2025 season. It was obviously a huge sporting satisfaction, but also a real boost for the entire team.

I can't say that this victory radically changed our training plan for 2026. However, it gave us extra confidence. And in our sport, confidence changes everything. When you enter a new season with more certainty, you work more calmly, you dare to do more, and you naturally view your goals with much more optimism. That is exactly what that victory brought us.

Representing Canada on the world stage is a major milestone in a career. What are your main goals for these World Championships, both individually and collectively?

Without a shadow of a doubt, our priority is the team. Our objective is clear: do everything possible to help Canada continue its path toward Olympic qualification for Los Angeles 2028. That is really what occupies all my thoughts as we approach these World Championships.

On a personal level, I hardly think about the individual result. I prefer to stay focused on the first three days of competition and do everything in my power to help the Canadian team get into the best possible position before the final. If everyone contributes at the right moment, then we will have accomplished a huge part of our mission. For me, that is what matters most right now.

In recent months, we saw My Stormbird move to Nina Mallevaey's stables. Can you tell us the story behind this collaboration and what it reveals about your philosophy on developing horses?

The story behind My Stormbird is quite simple. Last year, I had the opportunity to try this mare and immediately thought of Nina Mallevaey, who I am very close with. I called her to talk about the opportunity, and in the end, we decided to buy the mare together.

Even today, we don’t know exactly what the next steps will be. For several months, my show schedule matched exactly what she needed—she gained experience on the national circuit and during several tours in Spain. Now, it's Nina's turn to offer her a program that feels ideal for her continued progression.

In a few months, together with the Rein family, we will take the time to evaluate everything and decide on the best direction for her future. Ultimately, my philosophy remains the same: put every horse in the environment where it can express its full potential. I thoroughly enjoyed riding Storm and would obviously be delighted to ride her again one day. But seeing the progress she is making today with Nina gives me just as much satisfaction. That is exactly what we look for when we develop a horse.

This philosophy can also be seen with Izaro de l'Abbaye or other young horses you are bringing along. What does this role of being a "builder" of horses mean to you?

I deeply love producing horses alongside other riders. Naturally, like any competitor, I want to compete at the highest level and ride in the biggest classes possible. But developing a horse and seeing it succeed later—sometimes under another rider—gives me the exact same pleasure.

For me, the goal has never been to keep every single horse all the way to the top level. What matters above all is that they are in the right environment to give their best. If that means another rider suits them better at a given moment, then I am genuinely happy for them. It is this passion for development that drives our whole setup.

Your lineup currently includes several horses capable of competing at the highest level, notably Atomica des Sequoias Z, Glamour du Chanu, and Casino Calvin. How do you divide the objectives between them throughout the season?

We are fortunate today to have a very exciting group of horses, ranging from eight-year-olds to seasoned CSI5* horses. The idea is always to pick the shows that best suit each one, so they gain the necessary experience before gradually tackling bigger events.

However, there is one non-negotiable rule in how we operate: never ask too much of the horses. I firmly believe that preserving their health is far more important than chasing a quick result. If you accept progressing step by step while keeping the horses sound and healthy, you almost always end up going much further.

This year, Glamour du Chanu took on a major role by supporting Casino Calvin on the CSI5* circuit. Meanwhile, Atomica des Sequoias Z had a intentionally lighter schedule following the Florida tour. Even at twelve years old, I am still looking for new ways to help her improve. I believe a horse can always evolve, regardless of age.

You are recognized for your talent in spotting and producing future Grand Prix horses. How does this experience influence the way you manage your top-level horses today?

When you regularly work with three-, four-, or five-year-olds before guiding them all the way to the CSI5* level, your perspective on progress changes completely. You quickly realize that there are no shortcuts. Everything takes time. Patience becomes probably the single most important quality in our profession.

You also have to trust your system. Sometimes a six- or seven-year-old gives you fantastic feelings without necessarily producing clear rounds. At that point, many people start thinking the horse might not have what it takes. Personally, I prefer to keep believing in the potential I identified when they were younger. If your system is consistent, those phases are simply part of the process. Very often, horses that seemed ordinary at seven become the true superstars at nine or ten. That is precisely what makes this job so exciting.

Despite competing regularly at CSI5 level and Nations Cups, you still personally ride your four-, five-, and six-year-old horses. Why is it so crucial for you to remain hands-on at every stage of their training?

The main reason is very simple: nothing will ever replace the feel you get when you are in the saddle yourself. You can certainly watch a horse from the ringside or rely on a great team, but there are subtle details that only the rider can truly feel.

You immediately feel whether a horse is completely confident, physically comfortable, or if something requires extra attention instead. That is precisely what tells you when you can ask for a little more... or, on the contrary, when it's better to wait.

That line is extremely delicate. One or two bad experiences can sometimes leave lasting scars in a horse's mind, or even compromise part of its career. My goal is precisely never to miss those key moments. Of course, that doesn't guarantee every horse will reach the CSI5* level one day, but I want to be able to look at every single one of them knowing I never asked for more than they were capable of giving.

Today, I unfortunately think many horses are pushed too fast, especially between the ages of five and nine. In my view, some very good horses disappear from the top level not because they lack quality, but simply because they weren't physically or mentally ready to handle the demands placed upon them.

Mark Rein and Tara Dow-Rein have been supporting you for several years with horses like Casino Calvin or Atomica des Sequoias Z. How important is this trust-based relationship to your sporting project?

To be honest, it is probably the single most important element of our entire organization. Before meeting Tara, Mark, and their daughters Cassidy and Carly, we had already produced several excellent horses, such as Enjoy de la Mûre, Vagabon des Forêts, Bentley de Sury, or Cocaine du Val.

The problem was always the same: when those horses reached a certain level, I simply didn't have the financial means to keep them long enough to bring them to the CSI5* level. So they were sold to riders who could offer them that opportunity.

With the Rein family, things changed completely. I remember very clearly with Glamour du Chanu: when he was eight, we reached the moment where, usually, I probably would have had to sell him. Mark and Tara called me to propose building this journey together and giving him all the time he needed to reach his full potential. I will always be grateful to them for that.

Today, seeing Glamour place in CSI5* Grands Prix after doing his entire career by my side brings immense satisfaction. It is exactly the kind of project I believe in.

You also seem very dedicated to seeing your horses succeed with other riders when it serves their progress. Why is this philosophy so close to your heart?

I have never felt that a horse must absolutely spend its whole career under my saddle. Of course, I love competing at the highest level. But what fascinates me above all is seeing horses fulfill their true potential. If that happens with another rider, I am genuinely happy.

Take our collaboration with Nina Mallevaey, for example. When I see My Stormbird or Izaro de l'Abbaye progressing with her, it gives me so much joy. I feel zero frustration. On the contrary, I find it extremely rewarding to see that a horse we produced keeps heading in the right direction. Ultimately, what matters most isn't winning personally with every horse—it's seeing them succeed where they can be at their best.

You often emphasize the role of owners, but also that of breeders. Why do they hold such an important place in your philosophy?

I think people sometimes forget how essential breeders are to our sport. They are the ones who spot young horses, know them from birth, and then agree to trust a rider to guide them.

Very often, they are the ones who call me when they think they have a particularly promising foal. They entrust their work to me with incredible confidence, and together we try to build a real sporting project. I value this relationship immensely. Breeders know their horses better than anyone. By combining their experience with ours, we try to create the best possible conditions for these young horses to reach the top level one day. To me, it is a truly unique partnership.

Now based at Haras de Fourches, near Fontainebleau, what have you learned from the French breeding and training system?

I built my career around Fontainebleau, where I had the chance to work alongside Édouard Couperie, Adeline Wirth, and Éric Nègre. For several years, I rented stables from them, and they truly taught me everything that allowed me to develop my career in France.

Over the years, I have become a massive fan of French breeding. If I had to pick one studbook today, it would be Selle Français without hesitation. I love the character of French horses, their natural work ethic, and their incredible capacity to improve with age. Every year on the CSI5* circuit, you see twelve- or thirteen-year-old French horses pop up that were relatively unknown just a few seasons prior. I think that is directly tied to the quality of French breeding and the patience shown by the breeders.

Another thing I really appreciate in France is how horses get real rest periods. Whether it's young horses at the end of the season or more experienced horses during the winter, these breaks allow them to recover physically, while also giving riders the chance to step back, rethink their work, and start fresh for the next season.

As the 2026 World Championships in Aachen draw near, do you feel your perspective on the elite level has evolved compared to your first major international events?

Yes, immensely. Over the years, you understand that the high level isn't just about results. When I was younger, I thought you just had to go faster, compete at the biggest shows, and try to win as much as possible.

Today, my vision is completely different. I appreciate much more the importance of preparation, patience, and consistency. Horses are constantly teaching us something. Even after several seasons in CSI5*, I still feel like I'm learning every week. That’s what makes this sport so fascinating—you’re never truly done learning.

The Soers stadium is considered one of the most legendary venues in world show jumping. How do you prepare a horse like Casino Calvin for an event of this scale?

Ultimately, our preparation will stay very close to what we do for other major events. I don't think you should completely change your routine just because the show is called Aachen. On the contrary: horses are creatures of habit. The more familiar their routine feels, the calmer they are when stepping into the arena.

Our priority will be to maintain his usual balance, keep his confidence high, and ensure he arrives at the championship feeling physically and mentally at his best. Once inside the stadium, it's just about letting him express what he already knows how to do.

To wrap up, Kyle, what would make these 2026 World Championships in Aachen a true success in your eyes?

Of course, we would all love to get the best result possible. But if I had to define success, it wouldn't just be a spot on the leaderboard.

Above all, I want to leave feeling that we gave it our absolute all. That every member of the Canadian team contributed, that our horses finished the championship in great health, and that we represented our country with pride. If, on top of that, we manage to bring Canada closer to its Olympic goal for Los Angeles 2028, then we can consider that we accomplished something important.

In the end, that is always what matters most: building for the long haul, respecting the horses, and continuing to progress, season after season.

Versión En Español

A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.

En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.

Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.

Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.

On the Road to Aachen #13 – Kyle Timm

"La paciencia es probablemente la cualidad más importante de nuestra profesión."

El camino hacia el Campeonato Mundial FEI de Aquisgrán 2026 está formado por trayectorias muy diversas. Algunos jinetes llegan a través de grandes cuadras internacionales, mientras que otros construyen pacientemente su propio sistema, año tras año, caballo tras caballo.

Este es precisamente el caso del canadiense Kyle Timm. Afincado en Francia desde hace varios años, el jinete ha cimentado su carrera sobre una filosofía firme: tomarse el tiempo necesario para formar a los caballos, respetar su evolución y priorizar el largo plazo sobre la búsqueda de resultados inmediatos.

En Aquisgrán saldrá a la pista con Casino Calvin, un caballo que conoce a la perfección y cuyo carácter, tan talentoso como complejo, ha sabido gestionar. Juntos representarán a Canadá con una fuerte ambición colectiva: acercar a su país a la clasificación olímpica para Los Ángeles 2028.

En este nuevo episodio de nuestra serie «On the Road to Aachen», Kyle Timm repasa su trayectoria poco convencional, su visión sobre la formación de caballos de alto nivel, su relación con Casino Calvin y la importancia de construir una carrera basada en la confianza y no en las prisas.

©Collection Privée

Kyle, para empezar, ¿podría presentarse a nuestros lectores, hablarnos de su cuadra actual y de las ambiciones que le mueven ante la cercanía del Campeonato Mundial de Aquisgrán con Casino Calvin?

Soy un jinete canadiense, aunque hace ya siete años que vivo en Francia. Antes de esto, también tuve la suerte de trabajar y vivir en Estados Unidos, Nueva Zelanda, Alemania y Países Bajos. Todos estos países me han aportado muchísimo, tanto en lo humano como en lo deportivo, y han contribuido a moldear al jinete que soy hoy en día.

Lo que más me apasiona es la formación de los caballos. Siempre que es posible, me gusta acompañarlos desde sus primeros años hasta el más alto nivel internacional. Es un enfoque que exige muchísimo tiempo, pero que también proporciona una inmensa satisfacción.

Hoy trabajo con un conjunto muy variado, formado tanto por caballos jóvenes de cuatro años como por caballos que ya compiten en CSI5*. Uno de mis caballos de Gran Premio actuales, por ejemplo, está conmigo desde los tres años. Esto ilustra perfectamente nuestra filosofía: construir carreras a lo largo de varios años en lugar de buscar resultados inmediatos.

Ante la cercanía de Aquisgrán, esta visión a largo plazo cobra todo su sentido. Participar en un Campeonato Mundial es un hito fundamental, pero es, sobre todo, el fruto de muchos años de trabajo paciente y reflexivo.

Casino Calvin será su compañero en este Campeonato Mundial. Es un caballo reconocido por su inmenso talento, pero también por su sensibilidad. ¿Cómo ha logrado construir una relación de confianza lo suficientemente sólida para una cita de tal magnitud?

Casino tiene un carácter extremadamente particular. Es un caballo muy inteligente, pero también muy complejo. Le gusta poner a prueba a su jinete, prefiere tener la sensación de tomar sus propias decisiones y a veces puede ponerse nervioso... hasta asustarse de sí mismo.

Muy pronto entendí que con él hacía falta una línea de trabajo sumamente clara. Desde el primer día solo ha existido una dirección posible: ir hacia adelante.

Ya fuera ante un obstáculo —donde a veces había que reducir la dificultad para permitirle entender— o simplemente durante un paseo por el bosque cuando algo lo inquietaba, nunca acepté que se diera la vuelta. Si hacían falta dos horas para superar un paso que le daba miedo, le dedicábamos dos horas. Pero tenía que pasarlo al primer intento, sin círculos, sin reintentos y sin dar marcha atrás.

Al principio, este método requería una paciencia enorme. Hoy, tras varios años juntos, Casino ha aprendido progresivamente que mi decisión es siempre la correcta. Creo que ahora confía más en mí que en su propio instinto, que sigue siendo naturalmente muy desconfiado. Es esa confianza construida en el día a día la que nos permite afrontar un campeonato como Aquisgrán.

Usted creció cerca de Calgary antes de instalarse definitivamente en Europa. ¿De qué manera influye hoy este recorrido entre dos continentes en su forma de preparar un campeonato como Aquisgrán?

No diría que mi preparación sea estrictamente norteamericana o europea. Con el tiempo he ido creando mi propio método, un equilibrio personal entre ambos enfoques.

Cada sistema tiene grandes cualidades. Sin embargo, al final, su eficacia depende enormemente del caballo que montas: de su morfología, su carácter, su nivel de confianza y su forma de funcionar. Cada caballo exige un planteamiento diferente.

En cambio, de lo que sí estoy convencido es de que nunca habría llegado al nivel en el que me encuentro hoy sin mi experiencia europea. Europa ofrece una densidad de concursos nacionales e internacionales absolutamente excepcional. Poder competir regularmente en este contexto permite adquirir una experiencia que hoy en día es mucho más difícil de obtener en Norteamérica. Ha sido esta acumulación de vivencias la que me ha permitido seguir progresando año tras año.

El estadio de Soers es famoso por su inmensa pista de hierba y su impresionante atmósfera. ¿Cómo prepara mentalmente a Casino Calvin para un entorno tan exigente?

Desde hace varios meses, toda nuestra preparación persigue un objetivo muy simple: llegar a Aquisgrán con un caballo rebosante de confianza. Por esa razón, hemos limitado deliberadamente los grandes concursos en los últimos tres o cuatro meses.

Esta estrategia puede parecer arriesgada, pero creo que se adapta perfectamente a Casino. Es un caballo que funciona muchísimo según su estado de ánimo. Cuando está convencido de que puede lograrlo, lo da absolutamente todo. Por el contrario, si llegáramos a Aquisgrán con el recuerdo de una competición especialmente difícil, no estoy seguro de que eso nos colocara en las mejores condiciones.

Por supuesto, se trata de mi primer campeonato y soy consciente de que esta experiencia me enseñará muchísimo. Estoy convencido de que, después de Aquisgrán, tendré nuevas ideas sobre la mejor manera de preparar este tipo de citas en el futuro.

Se proclamó Campeón de Canadá en el Royal Horse Show de Toronto con Atomica des Sequoias Z. ¿De qué manera influyó esta victoria en su preparación de cara a esta temporada 2026?

Ese título supuso una manera fantástica de cerrar la temporada 2025. Fue, evidentemente, una gran satisfacción deportiva, pero también un verdadero impulso para todo el equipo.

No puedo decir que esa victoria haya modificado drásticamente nuestro plan de preparación para 2026. Sin embargo, nos aportó un plus de confianza. Y en nuestro deporte, la confianza lo cambia todo. Cuando afrontas una nueva temporada con más certezas, trabajas con mayor serenidad, te atreves a más y miras los objetivos con mucho más optimismo. Eso es exactamente lo que nos brindó ese triunfo.

Representar a Canadá en la escena mundial constituye un paso decisivo en una carrera. ¿Cuáles son sus principales objetivos para este Campeonato Mundial, tanto a nivel individual como colectivo?

Sin la menor duda, nuestra prioridad es el equipo. Nuestro objetivo es claro: hacer todo lo posible para que Canadá continúe su camino hacia la clasificación para los Juegos Olímpicos de Los Ángeles 2028. Eso es realmente lo que ocupa mis pensamientos ante este Campeonato Mundial.

A título personal, apenas pienso en el resultado individual. Prefiero mantener el foco en las tres primeras jornadas de competición y hacer todo lo que esté en mi mano para ayudar al equipo canadiense a situarse en la mejor posición posible antes de la final. Si cada uno aporta su grano de arena en el momento oportuno, habremos cumplido una gran parte de nuestra misión. Para mí, eso es lo que más importa hoy.

En estos últimos meses hemos visto a My Stormbird incorporarse a la cuadra de Nina Mallevaey. ¿Nos puede contar la historia de esta colaboración y lo que revela sobre su filosofía en el desarrollo de los caballos?

La historia de My Stormbird es bastante sencilla. El año pasado tuve la oportunidad de probar a esta yegua e inmediatamente pensé en Nina Mallevaey, con quien me une una gran amistad. La llamé para hablarle de esta oportunidad y, al final, decidimos comprar la yegua juntos.

A día de hoy aún no sabemos exactamente cuál será el siguiente paso. Durante varios meses, mi calendario de concursos se ajustaba perfectamente a lo que ella necesitaba: pudo coger experiencia en el circuito nacional y en varias giras en España. Ahora le toca a Nina ofrecerle un programa que nos parece ideal para que siga evolucionando.

Dentro de unos meses, junto con la familia Rein, nos tomaremos el tiempo de analizar la situación para decidir la mejor orientación para su futuro. En el fondo, mi filosofía sigue siendo la misma: situar a cada caballo en el contexto donde pueda expresar todo su potencial. Disfruté muchísimo montando a Storm y estaría encantado de volver a tenerla algún día, pero ver los avances que realiza hoy con Nina me produce exactamente la misma satisfacción. Eso es precisamente lo que buscamos cuando formamos a un caballo.

Esta filosofía también se refleja con Izaro de l'Abbaye o con otros jóvenes caballos que está desarrollando. ¿Qué representa para usted esta faceta de "constructor" de caballos?

Me apasiona formar caballos en colaboración con otros jinetes. Por supuesto, como cualquier competidor, quiero estar en el máximo nivel y correr las mejores pruebas posibles. Sin embargo, desarrollar un caballo y ver cómo triunfa después —a veces con otro jinete— me produce la misma alegría.

Para mí, el objetivo nunca ha sido conservar absolutamente todos los caballos hasta el nivel más alto. Lo importante es que puedan evolucionar en el entorno que les permita rendir al máximo. Si eso significa que otro jinete les conviene mejor en un momento determinado, me me alegro sinceramente por ellos. Es esta pasión por el desarrollo la que mueve toda nuestra estructura.

Su cuadra cuenta actualmente con varios caballos capaces de rendir al máximo nivel, entre ellos Atomica des Sequoias Z, Glamour du Chanu y Casino Calvin. ¿Cómo distribuye los objetivos entre ellos a lo largo de la temporada?

Hoy tenemos la suerte de contar con un grupo de caballos muy interesante, que va desde jóvenes de ocho años hasta caballos de CSI5*. La idea es elegir siempre los concursos que mejor se adapten a cada uno, de modo que adquieran la experiencia necesaria antes de afrontar progresivamente las grandes citas.

Pero hay una regla inquebrantable en nuestro funcionamiento: nunca exigir de más a los caballos. Estoy profundamente convencido de que preservar su salud es más importante que buscar un resultado rápido. Si se acepta avanzar paso a paso, manteniendo a los caballos sanos, casi siempre se llega mucho más lejos.

Este año, Glamour du Chanu ha asumido un papel muy destacado al respaldar a Casino Calvin en el circuito CSI5*. Por su parte, Atomica des Sequoias Z ha tenido deliberadamente un programa algo más ligero desde la gira de Florida. Incluso con doce años, sigo buscando nuevas vías para permitirle seguir mejorando. Creo que un caballo siempre puede evolucionar, sea cual sea su edad.

Se le reconoce por su capacidad para detectar y formar futuros caballos de Gran Premio. ¿De qué manera influye esta experiencia en su forma de gestionar hoy a sus caballos de primer nivel?

Cuando trabajas habitualmente con caballos de tres, cuatro o cinco años antes de acompañarlos hasta el nivel CSI5*, tu mirada sobre el progreso cambia por completo. Te das cuenta rápidamente de que no existen atajos. Todo requiere tiempo. La paciencia se convierte probablemente en la cualidad más importante de nuestra profesión.

También hay que confiar en el propio sistema de trabajo. A veces, un caballo te transmite sensaciones excelentes a los seis o siete años sin lograr encadenar recorridos sin falta. En ese momento, mucha gente empieza a pensar que tal vez no tenga el nivel. Por mi parte, prefiero seguir creyendo en el potencial que identifiqué cuando era joven. Si tu sistema es coherente, esas fases forman simplemente parte del proceso. Muy a menudo, los caballos que parecían ordinarios a los siete años se convierten en las verdaderas estrellas a los nueve o diez. Eso es precisamente lo que hace que este oficio sea tan apasionante.

A pesar de su presencia constante en concursos CSI5 y Copas de Naciones, sigue montando personalmente a sus caballos jóvenes de cuatro, cinco y seis años. ¿Por qué considera tan importante estar implicado en cada etapa de su formación?

La razón principal es muy simple: nada reemplazará jamás las sensaciones que se sienten cuando estás tú mismo en la montura. Se puede observar a un caballo desde la valla o confiar en un equipo excelente, pero hay detalles sutiles que solo el jinete puede percibir realmente.

Sientes de inmediato si un caballo tiene plena confianza, si se encuentra físicamente cómodo o si, por el contrario, hay algo que requiere más atención. Eso es precisamente lo que permite saber en qué momento se le puede pedir un poco más... o cuándo es preferible esperar.

Esa frontera es extremadamente delicada. Una o dos malas experiencias pueden dejar huellas duraderas en la mente de un caballo o incluso comprometer parte de su carrera. Mi objetivo es justamente no perderme esos momentos clave. Por supuesto, esto no garantiza que todos vayan a llegar algún día al nivel CSI5*, pero quiero poder mirar a cada uno de ellos sabiendo que nunca le pedí más de lo que era capaz de dar.

Hoy en día creo que, lamentablemente, se presiona demasiado rápido a muchos caballos, sobre todo entre los cinco y los nueve años. A mi juicio, algunos caballos buenísimos desaparecen del alto nivel no por falta de calidad, sino simplemente porque aún no estaban preparados, ni física ni mentalmente, para responder a las exigencias que se les imponían.

Mark Rein y Tara Dow-Rein le acompañan desde hace varios años con caballos como Casino Calvin o Atomica des Sequoias Z. ¿Qué importancia le concede a esta relación de confianza en su proyecto deportivo?

Para ser sincero, es probablemente el elemento más importante de toda nuestra organización. Antes de conocer a Tara, a Mark y a sus hijas Cassidy y Carly, ya habíamos formado a varios caballos excelentes, como Enjoy de la Mûre, Vagabon des Forêts, Bentley de Sury o Cocaine du Val.

El problema era siempre el mismo: cuando esos caballos alcanzaban cierto nivel, yo sencillamente no disponía de los recursos financieros para mantenerlos el tiempo suficiente como para llevarlos a los CSI5*. Por lo tanto, se vendían a jinetes que podían brindarles esa oportunidad.

Con la familia Rein, las cosas cambiaron por completo. Recuerdo muy bien el caso de Glamour du Chanu: cuando tenía ocho años, llegamos justo al momento en el que, habitualmente, habría tenido que venderlo. Mark y Tara me llamaron entonces para proponerme construir esta aventura juntos y darle el tiempo que necesitaba para desplegar todo su potencial. Siempre les estaré enormemente agradecido.

Hoy, ver a Glamour clasificarse en Grandes Premios de CSI5* tras haber realizado toda su carrera a mi lado es una inmensa satisfacción. Es exactamente el tipo de proyecto en el que creo.

También se le nota muy a favor de ver triunfar a sus caballos con otros jinetes cuando eso favorece su progresión. ¿Por qué le importa tanto esta filosofía?

Nunca he considerado que un caballo deba permanecer toda su carrera bajo mi montura. Evidentemente, me encanta competir en lo más alto. Pero lo que me apasiona por encima de todo es ver que los caballos alcanzan su verdadero potencial. Si eso pasa por la mano de otro jinete, me alegro de todo corazón.

Podemos tomar como ejemplo nuestra colaboración con Nina Mallevaey. Cuando veo a My Stormbird o a Izaro de l'Abbaye progresar con ella, me da muchísima alegría. No siento ninguna frustración. Al contrario, encuentro muy gratificante comprobar que un caballo que hemos formado sigue evolucionando en la dirección correcta. Al final, lo más importante no es ganar personalmente con cada caballo, sino verlos triunfar allí donde puedan dar lo mejor de sí mismos.

Insiste a menudo en el papel de los propietarios, pero también en el de los criadores. ¿Por qué ocupan un lugar tan relevante en su visión?

Creo que a veces se olvida lo esenciales que son los criadores en nuestro deporte. Son ellos quienes detectan a los caballos jóvenes, los conocen desde su nacimiento y aceptan después confiar en un jinete para acompañarlos.

Muy a menudo son ellos quienes me llaman cuando consideran que tienen un potro especialmente prometedor. Me confían su trabajo con una confianza increíble, y juntos intentamos construir un verdadero proyecto deportivo. Valoro enormemente esa relación. Los criadores conocen a sus caballos mejor que nadie. Al juntar su experiencia y la nuestra, intentamos crear las mejores condiciones posibles para que esos jóvenes caballos alcancen algún día el más alto nivel. Para mí es una colaboración absolutamente única.

Instalado actualmente en el Haras de Fourches, cerca de Fontainebleau, ¿qué ha aprendido del sistema francés de cría y formación de caballos?

He construido mi carrera en torno a Fontainebleau, donde tuve la suerte de trabajar junto a Édouard Couperie, Adeline Wirth y Éric Nègre. Durante varios años alquilé cuadras en sus instalaciones y ellos me enseñaron verdaderamente todo lo que me ha permitido desarrollar mi carrera en Francia.

Con los años me he convertido en un enorme admirador de la cría francesa. Si tuviera que elegir un libro genealógico hoy en día, sería sin duda el Selle Français. Me encanta el carácter de los caballos franceses, su disposición natural para el trabajo y su increíble capacidad para mejorar con la edad. Cada año se ven aparecer en los CSI5* caballos franceses de doce o trece años que eran relativamente desconocidos unas temporadas atrás. Creo que esto se debe directamente a la calidad de la cría francesa y a la paciencia de sus criadores.

Otra cosa que aprecio muchísimo en Francia es el modo en que los caballos disfrutan de verdaderos periodos de descanso. Ya sea con los caballos jóvenes al final de la temporada o con los más experimentados durante el invierno, estas pausas les permiten recuperarse físicamente, y a los jinetes tomar distancia, replantear su trabajo y volver a arrancar con un nuevo proyecto para la siguiente temporada.

Ante la proximidad del Campeonato Mundial de Aquisgrán 2026, ¿siente que su mirada sobre el alto nivel ha cambiado en comparación con sus primeras grandes citas internacionales?

Sí, muchísimo. Con los años comprendes que la élite no se reduce únicamente a los resultados. Cuando era más joven, pensaba que simplemente había que ir cada vez más rápido, correr los concursos más grandes e intentar ganar lo máximo posible.

Hoy mi visión es completamente diferente. Valoro mucho más la importancia de la preparación, la paciencia y la regularidad. Los caballos no dejan de enseñarnos cosas. Incluso tras varias temporadas en CSI5*, sigo sintiendo que aprendo cada semana. Eso es precisamente lo que hace que este deporte sea tan apasionante: nunca terminas del todo tu formación.

El estadio de Soers está considerado como uno de los escenarios más míticos del salto de obstáculos mundial. ¿Cómo se prepara a un caballo como Casino Calvin para una cita de semejante envergadura?

En el fondo, nuestra preparación será muy similar a la que aplicamos para las demás grandes citas. No creo que haya que cambiar radicalmente los hábitos solo porque el concurso se llame Aquisgrán. Al contrario: los caballos son animales de rutinas. Cuanto más mantienen sus referencias, más tranquilos entran en pista.

Nuestra prioridad será conservar su equilibrio habitual, mantenerlo con plena confianza y procurar que llegue al campeonato sintiéndose física y mentalmente en su mejor forma. Una vez en el estadio, solo habrá que permitirle expresar todo lo que ya sabe hacer.

Para terminar, Kyle, ¿qué haría que este Campeonato Mundial de Aquisgrán 2026 fuera un verdadero éxito a sus ojos?

Por supuesto, a todos nos gustaría obtener el mejor resultado posible. Pero si tuviera que definir qué es un éxito, no sería únicamente un puesto en la clasificación.

Quiero, sobre todo, marcharme con la sensación de que lo hemos dado todo; de que cada miembro del equipo canadiense habrá aportado su contribución, de que nuestros caballos habrán terminado el campeonato con buena salud y de que habremos sabido representar a nuestro país con orgullo. Si, además, logramos acercar a Canadá a su objetivo olímpico para Los Ángeles 2028, podremos considerar que hemos logrado algo importante.

En el fondo, eso es siempre lo que más cuenta: construir a largo plazo, respetar a los caballos y seguir progresando, temporada tras temporada.

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