On the Road to Aachen #14 – Rodrigo Díaz "Chaque parcours nous a rapprochés un peu plus."
Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !
JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !
Samuel Benibre
8/8/202634 min read
Après avoir donné la parole à plusieurs des plus grands noms du saut d'obstacles mondial, Le Mag'Équestre poursuit sa série « On the Road to Aachen », consacrée aux cavaliers qui s'apprêtent à prendre le départ des Championnats du monde FEI 2026. À quelques jours du rendez-vous le plus attendu de la saison, nous partons à la rencontre de Rodrigo Díaz, figure incontournable du saut d'obstacles colombien. Olympien, représentant fidèle de son pays depuis plus de vingt ans et désormais associé à Cochiloco PS, il s'apprête à vivre un moment unique : fouler la mythique piste en herbe du Soers pour ses premiers Championnats du monde à Aix-la-Chapelle. Dans cet entretien exclusif, il revient sur son enfance, la naissance de son partenariat avec Cochiloco, l'importance de représenter la Colombie et les valeurs qui guident encore aujourd'hui son équitation.

©Hannes Logemann
Concourir à Aix-la-Chapelle représente le sommet absolu pour n'importe quel cavalier de saut d'obstacles au monde. En tant que représentant de la Colombie sur l'une des pistes en herbe les plus légendaires du sport équestre, que ressent-on au moment de franchir ce tunnel pour entrer dans le stade de la Soers ?
Aix-la-Chapelle a toujours été un rêve pour moi. J'ai eu la chance d'y aller en tant qu'enfant en 1989 ; c'était l'un des tout premiers grands concours que je voyais en direct. L'atmosphère, l'histoire et le niveau de compétition m'ont marqué à jamais. Depuis ce jour-là, j'ai toujours rêvé de pouvoir y monter un jour.
J'ai aussi toujours rêvé de participer à un Championnat du Monde. Cette année, j'ai l'impression que ces deux rêves se réalisent en même temps : représenter la Colombie aux Championnats du Monde, et le faire à Aix-la-Chapelle.
Franchir ce tunnel pour entrer dans le stade sera un moment d'une immense émotion. Ce sera un honneur de porter le drapeau colombien dans un lieu aussi mythique, mais ce sera aussi un instant très spécial pour le petit garçon qui regardait cette piste il y a tant d'années et qui rêvait d'y être un jour.
Votre hongre de 11 ans, Cochiloco PS, était auparavant monté par l'Olympien espagnol Armando Trapote avant que vous ne repreniez les rênes début 2026. Comment votre couple a-t-il évolué au cours de vos premiers mois ensemble en Europe ?
Dès le premier instant où j'ai essayé Cochiloco, j'ai ressenti quelque chose de très particulier. La connexion a été quasi immédiate, comme si nous nous connaissions déjà dans une autre vie.
Le véritable défi tenait au manque de temps. Je l'ai récupéré directement des écuries d'Armando et nous devions former un couple rapidement tout en préparant un objectif très ambitieux. Nous n'avions que quelques mois pour nous comprendre, instaurer la confiance et être prêts à concourir au plus haut niveau.
Cochiloco a un caractère bien à lui. Ce n'est pas un cheval facile, mais il a un cœur énorme. C'est un grand cheval avec une amplitude gigantesque et une puissance incroyable, tout en restant extrêmement agile. Il est capable de tourner comme un petit cheval ; parfois, il en devient presque trop agile !
Le plus important pour moi, c'est le sentiment que je peux toujours compter sur lui. C'est un cheval qui donne absolument tout en piste et qui irait au feu pour son cavalier.
Vous avez eu une campagne européenne bien remplie avec Cochiloco PS pour préparer Aix-la-Chapelle, signant de très beaux classements dans les Grands Prix de Hagen, Maubeuge et Wuustwezel. Comment ces parcours 3* vous ont-ils aidé à régler votre communication et à apprivoiser son immense foulée ?
Ces concours ont été extrêmement importants car chaque semaine nous en apprenait un peu plus l'un sur l'autre. Cochiloco possède une foulée immense et énormément de force : la clé était donc d'apprendre à communiquer avec lui et à trouver notre rythme commun.
L'une des qualités que j'apprécie le plus chez lui, c'est sa régularité. C'est un cheval capable de répéter les performances dans des Grands Prix très exigeants. À Hagen, Wuustwezel et Maubeuge, nous avons fait face à des parcours sélectifs, et chaque expérience nous a permis de nous connecter davantage.
Pour ma part, monter un cheval avec une grande foulée naturelle est quelque chose que j'aime particulièrement, car cela correspond à mon équitation. Quand vous associez cette foulée à la puissance de Cochiloco, vous avez le sentiment que tout devient possible.
Le Grand Prix final à Maubeuge a été un tournant. C'était notre dernière opportunité d'obtenir le MER (Qualifications Minimales Exigées), je savais donc que je devais monter avec un état d'esprit différent. Il fallait que je lui fasse une confiance totale, que je prenne plus de risques et que je le laisse exprimer toute sa force. La connexion ce jour-là était incroyable, et le fait d'imprimer un rythme plus soutenu l'a en réalité aidé à encore mieux sauter.
En représentant la Colombie sur le circuit international — des Jeux Olympiques de Londres aux Jeux Panaméricains et Bolivariens —, vous avez été le pilier du drapeau national sur plusieurs continents. Comment la responsabilité de porter le saut d'obstacles sud-américain sur les plus grandes pistes européennes nourrit-elle votre motivation ?
Représenter la Colombie a toujours été un honneur immense. Chaque fois que je porte les couleurs colombiennes, je ressens la responsabilité de porter mon pays au plus haut.
La Colombie est une nation en plein développement dans le saut d'obstacles. Elle possède un potentiel incroyable, même s'il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour s'imposer durablement au sommet international. Pouvoir courir en Europe et sur des concours comme Aix-la-Chapelle est aussi un moyen de montrer ce dont les cavaliers colombiens sont capables.
Ma motivation vient de plusieurs sources : l'amour pur de ce sport, les gens qui me soutiennent, ma famille, et ce désir profond de porter le nom de la Colombie le plus haut possible.
La piste principale d'Aix-la-Chapelle est gigantesque, et les parcours de Frank Rothenberger sont réputés pour exiger un galop exceptionnel, de la trajectoire et une précision technique ultime sur des hauteurs maximales. Comment Cochiloco PS s'adapte-t-il aux grands terrains en herbe par rapport aux pistes en sable plus réduites ?
Cochiloco possède des qualités qui, selon moi, conviennent parfaitement à une grande piste comme Aix-la-Chapelle. Il a une amplitude énorme, beaucoup de trajectoire et de la puissance, mais ce qui le rend spécial, c'est que malgré sa taille, il est extrêmement agile.
Il n'a pas encore couru sur beaucoup de grands terrains en herbe, mais cette année nous avons travaillé sur cette surface en Italie, et il s'y sent tout aussi à l'aise que sur le sable.
Les obstacles fixes et les éléments naturels peuvent être un défi pour beaucoup de chevaux, nous nous sommes donc préparés spécifiquement à ces situations. Nous nous sommes entraînés en Belgique sur des obstacles similaires — pas exactement identiques à ceux d'Aix, mais suffisamment proches pour lui montrer ces éléments et développer sa confiance.
Je crois que le facteur clé reste la confiance. Quand le cheval vous fait confiance et comprend ce que vous lui demandez, la taille de la piste devient une opportunité plutôt qu'une contrainte.
S'adapter à un nouveau cheval qui possède déjà une expérience du haut niveau exige un équilibre subtil entre le respect de ses habitudes et l'intégration de votre propre système. Comment avez-vous adapté votre équitation au rythme naturel de Cochiloco PS ?
Je n'ai pas eu le sentiment de devoir changer radicalement mon style de monte, car j'ai toujours cru en une équitation la plus douce possible. Cependant, avec Cochiloco, j'ai appris que je devais être encore plus doux. Plus je suis calme et relâché, mieux il répond.
Le plus grand ajustement n'a pas été de le changer lui, mais de m'adapter à lui. Cochiloco est un cheval très sensible qui peut être imprévisible si quelque chose attire son attention. Cela fait partie de sa personnalité, et je ne pense pas que ce soit une chose à corriger. Au contraire, je dois rester totalement concentré du moment où je me mets en selle jusqu'à celui où je descends. Ces 40 minutes ensemble ressemblent presque à de la méditation : nous sommes seuls au monde, et tout le reste disparaît.
Armando le connaissait incroyablement bien, et j'ai eu la chance de bénéficier de ses conseils. J'utilise toujours le même mors qu'il utilisait, et il y a plusieurs détails qu'Armando m'a transmis et que je continue de faire aujourd'hui, tout simplement parce qu'ils fonctionnent avec Cochiloco.
Le double de bidet et la rivière d'Aix-la-Chapelle sont des tests classiques qui piègent de nombreux couples. Comment prépare-t-on un cheval mentalement et physiquement à ces obstacles mythiques ?
Sur le plan technique, bien sûr, il faut s'entraîner. Nous avons travaillé les rivières et répété des configurations similaires en Belgique pour que Cochiloco se familiarise avec ce type de questions.
Mais je pense que la préparation la plus importante est mentale. À ce niveau, tout repose sur la confiance que le cheval a envers son cavalier. Quand un cheval vous fait totalement confiance, il franchit des obstacles qui pourraient autrement lui paraître intimidants.
Avant chaque épreuve importante, j'aime regarder des vidéos de mes bons parcours. Je me visualise en train de monter le tour, encore et encore. J'ai toujours un plan en tête, mais le sport de haut niveau exige aussi une grande capacité d'adaptation. Parfois, les choses ne se passent pas comme prévu, et il faut garder un esprit ouvert. Savoir réajuster dans l'instant est tout aussi important que le plan initial.
Le saut d'obstacles colombien a une riche tradition de talents de classe mondiale. Quelles qualités uniques les cavaliers colombiens apportent-ils sur le circuit international, et comment voyez-vous évoluer le sport dans votre pays ?
Les cavaliers colombiens sont extrêmement résilients. Nous savons que si nous voulons rivaliser au plus haut niveau, nous devons nous mesurer aux meilleurs en Europe et en Amérique du Nord. C'est pourquoi tant de cavaliers colombiens sont prêts à quitter leur chez-eux, à passer des saisons entières à l'étranger et à se challenger à l'international.
Nous apprenons aussi à être débrouillards, car notre sport ne bénéficie pas du même niveau de soutien que dans d'autres nations. Chaque investissement doit compter, ce qui vous apprend à apprécier la moindre opportunité.
En Colombie, je trouve que le sport évolue dans la bonne direction. De grands efforts ont été faits pour élever le niveau en invitant des chefs de piste internationaux et en créant des circuits qui augmentent progressivement la difficulté.
Si je pouvais formuler un vœu, ce serait d'avoir encore plus d'opportunités pour les cavaliers colombiens de concourir à l'international. Rien ne remplace le fait de se mesurer aux meilleurs cavaliers du monde. C'est là que l'on grandit vraiment.

Avec ses 11 ans cette année, Cochiloco PS entre dans la force de l'âge pour les championnats. Quels sont vos objectifs à long terme pour ce couple au-delà d'Aix-la-Chapelle ?
Aix-la-Chapelle est un rêve, mais je ne le vois pas comme une ligne d'arrivée. C'est plutôt le point de départ de ce que j'espère être une longue aventure ensemble.
Mon objectif est de continuer à développer notre complicité et de représenter la Colombie au plus haut niveau pendant de nombreuses années. À plus long terme, j'aimerais beaucoup que nous participions aux Jeux Panaméricains et que nous aidions la Colombie à décrocher sa qualification pour les Jeux Olympiques. Et bien sûr, comme tout cavalier, disputer de nouveaux Jeux Olympiques avec un cheval comme Cochiloco serait un rêve fantastique.
Le saut d'obstacles de haut niveau est un test de patience permanent, surtout lorsqu'on façonne un nouveau couple sous le feu des projecteurs. Que vous a appris cette relation avec Cochiloco PS sur la confiance et la résilience ?
Il y a clairement eu des moments où j'ai douté que nous y arrivions. Avant d'obtenir le MER, nous avons eu trois occasions où nous sommes passés tout près du but. L'une d'entre elles a été particulièrement frustrante car cela s'est joué à quelques fractions de seconde. Après autant de travail et de sacrifices, il est impossible de ne pas se demander si la chance n'est pas en train de nous échapper.
Mais Cochiloco m'a appris quelque chose de très précieux : si vous voulez poursuivre un objectif important, vous devez le faire sans hésiter. Dès que vous commencez à monter de manière défensive ou à vous inquiéter de ce qui pourrait mal tourner, vous avez déjà changé d'état d'esprit. Cochiloco m'a appris à penser différemment : « Et si tout se passait bien ? »
Notre relation a été très intense parce que, même si ma maison est en Colombie, ici en Europe nous sommes juste tous les deux. C'est mon seul cheval sur place, nous passons donc toutes nos journées ensemble. Quand je ne suis pas sur son dos, je le marche en forêt, je le panse, ou je passe tout simplement du temps avec lui.
Au cours d'une carrière de plus de deux décennies — depuis les Jeux Olympiques de Londres 2012 jusqu'à la reconstruction de votre piquet de chevaux en 2026 —, vous avez traversé de nombreux renouveaux. Comment préservez-vous votre concentration et votre passion à travers ces phases inévitables de reconstruction ?
Ma motivation a toujours été guidée par les chevaux eux-mêmes. Qu'il s'agisse d'un jeune cheval au tout début de son apprentissage ou d'un cheval d'expérience prêt pour les plus grandes échéances, chaque partenariat représente un nouveau défi et une nouvelle occasion de progresser.
Ce qui me maintient concentré, c'est le processus. J'aime sincèrement aider un cheval à évoluer et à exprimer tout son potentiel. J'adore particulièrement travailler avec les jeunes chevaux. Je n'aime pas vraiment l'expression « dresser un cheval » au sens de le soumettre, car pour moi, il ne s'agit jamais de briser son mental. Il s'agit de construire la confiance, de créer une complicité et de lui faire comprendre ce sport étape par étape.
Chaque cheval est différent, et c'est ce qui rend ce sport si passionnant. Recommencer à zéro n'a jamais été une marche arrière pour moi. C'est simplement le début d'un autre voyage.
Loin de la pression des concours 5* et des points au classement mondial, quel est le souvenir ou le sentiment fondamental en selle qui vous rappelle pourquoi vous êtes tombé amoureux du saut d'obstacles ?
Honnêtement, je ne me souviens pas d'un moment précis dans ma vie où j'aurais décidé que c'était ce que je voulais faire. Je suis simplement né en aimant les chevaux et ce sport. Cela a toujours fait partie de mon identité.
Ce qui me rappelle chaque jour pourquoi j'aime le saut d'obstacles, c'est cette sensation d'être en totale symbiose avec le cheval. Il y a des moments où tout coule naturellement, où la communication devient presque fluide sans effort. On arrête de penser aux détails techniques, et on a l'impression de bouger dans le même but.
Les résultats, les classements et les championnats sont formidables, mais ce n'est pas la raison pour laquelle je monte. Ce qui m'a toujours inspiré, c'est l'harmonie entre le cheval et son cavalier. Ce sentiment de confiance absolue et de connexion est ce qui me donne envie de me lever et de revenir chaque jour.
Le chef de piste moderne s'est orienté vers des taquets plus légers, des taquets plats très sensibles et des temps accordés très courts, obligeant les cavaliers à prendre plus de risques à grande vitesse. Selon vous, cette évolution a-t-elle rendu le sport plus athlétique et captivant, ou pousse-t-elle les chevaux au-delà de leurs limites naturelles ?
Je pense que le sport a évolué parce que le cheval a évolué. L'élevage moderne a produit des chevaux plus forts, plus athlétiques, plus rapides et naturellement plus respectueux. Par conséquent, les chefs de piste ont dû relever le niveau technique pour continuer à challenger les couples.
Aujourd'hui, le sport exige beaucoup plus de stratégie de la part du cavalier. Il y a quelques années, avoir un cheval puissant suffisions souvent. Aujourd'hui, ce n'est qu'une pièce du puzzle. Il faut de la précision, de la planification, de la capacité d'adaptation et une excellente communication.
Ce que j'apprécie le plus, c'est qu'en parallèle de cette évolution, le bien-être animal s'est considérablement amélioré. Je crois que le sport s'est beaucoup plus centré sur le respect du cheval, et c'est l'un des meilleurs développements auxquels nous ayons assisté. L'exigence technique a poussé les cavaliers à devenir de meilleurs hommes de cheval, et je pense que cela a été très positif.
Un débat grandit autour du calendrier mondial très chargé et des exigences physiques imposées aux meilleurs chevaux qui voyagent entre les continents. Selon vous, comment la FEI et les organisateurs peuvent-ils trouver un juste équilibre entre croissance commerciale et bien-être animal ?
Au plus haut niveau, la plupart des cavaliers gèrent un piquet de plusieurs chevaux de tête tout au long de la saison, il est donc rare qu'un seul cheval enchaîne tous les grands voyages et toutes les échéances. Une planification rigoureuse est une partie essentielle de notre métier.
D'après mon expérience, les chevaux qui voyagent à l'international le font dans d'excellentes conditions. Ils voyagent avec suffisamment de temps pour récupérer avant de sauter, et ils sont constamment surveillés sur les concours. Prises de température, contrôles vétérinaires et protocoles de bien-être sont pris très au sérieux. Si quelque chose ne va pas, le cheval ne prend tout simplement pas le départ.
Bien sûr, il y a toujours de la marge pour s'améliorer, mais je pense que notre sport a fait d'immenses progrès en plaçant la santé du cheval au premier plan. C'est une valeur à laquelle je tiens énormément, et j'espère que cet engagement continuera de se renforcer au rythme de l'évolution du sport.
©Hannes Logemann
ENGLISH VERSION !
As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.
In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.
These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.
From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.
On the Road to Aachen #14 – Rodrigo Díaz
“Every round brought us a little closer.”


After giving a voice to several of the biggest names in world show jumping, Le Mag'Équestre continues its "On the Road to Aachen" series, dedicated to the riders preparing to enter the arena at the 2026 FEI World Championships. A few days before the most anticipated event of the season, we meet Rodrigo Díaz, a cornerstone of Colombian show jumping. An Olympian, a loyal representative of his country for over twenty years, and now paired with Cochiloco PS, he is preparing to experience a unique moment: stepping onto the legendary grass arena of the Soers for his very first World Championships in Aachen. In this exclusive interview, he looks back on his childhood, the birth of his partnership with Cochiloco, the importance of representing Colombia, and the core values that continue to guide his riding today.
©Hannes Logemann
Competing in Aachen represents the ultimate summit for any show jumping rider in the world. As a representative of Colombia on one of the most legendary grass arenas in equestrian sports, how does it feel to pass through that tunnel and enter the Soers stadium?
Aachen has always been a dream for me. I was fortunate enough to go there as a child in 1989; it was one of the very first major shows I ever saw live. The atmosphere, the history, and the level of competition left a mark on me forever. Ever since that day, I always dreamed of riding there one day.
I also always dreamed of competing in a World Championship. This year, it feels like both of those dreams are coming true at the exact same time: representing Colombia at the World Championships, and doing so in Aachen.
Walking through that tunnel into the stadium will be a moment of immense emotion. It will be an honor to carry the Colombian flag in such a legendary venue, but it will also be a very special moment for that little boy who looked at that arena all those years ago and dreamed of being there one day.
Your 11-year-old gelding, Cochiloco PS, was previously ridden by Spanish Olympian Armando Trapote before you took over the reins in early 2026. How has your partnership evolved over your first few months together in Europe?
From the very first moment I tried Cochiloco, I felt something very special. The connection was almost immediate, as if we had already known each other in another life.
The real challenge was the lack of time. I took him over directly from Armando's stables, and we had to form a partnership quickly while preparing for a very ambitious goal. We only had a few months to understand each other, build trust, and get ready to compete at the highest level.
Cochiloco has a personality all his own. He is not an easy horse, but he has a huge heart. He is a big horse with a massive stride and incredible power, while remaining remarkably agile. He can turn like a small horse—sometimes almost too agile!
The most important thing for me is the feeling that I can always count on him. He is a horse that gives absolutely everything in the ring and would go through fire for his rider.
You had a busy European campaign with Cochiloco PS to prepare for Aachen, securing very strong placings in the Grand Prix classes of Hagen, Maubeuge, and Wuustwezel. How did these 3 rounds help you fine-tune your communication and manage his huge stride?
Those shows were extremely important because every single week taught us a little more about each other. Cochiloco has a massive stride and an incredible amount of power, so the key was learning how to communicate with him and find our common rhythm.
One of the qualities I appreciate most about him is his consistency. He is a horse capable of repeating top performances in very demanding Grands Prix. At Hagen, Wuustwezel, and Maubeuge, we faced selective courses, and every experience allowed us to connect even more.
On a personal level, riding a horse with a big natural stride is something I particularly enjoy, as it suits my riding style. When you combine that stride with Cochiloco's power, you feel that anything becomes possible.
The final Grand Prix in Maubeuge was a real turning point. It was our last opportunity to obtain the MER (Minimum Eligibility Requirement), so I knew I had to ride with a different mindset. I had to place total trust in him, take more risks, and let him express all his strength. The connection that day was incredible, and pushing for a more sustained pace actually helped him jump even better.
Representing Colombia on the international stage—from the London Olympic Games to the Pan American and Bolivarian Games—you have been a pillar for your national flag across multiple continents. How does the responsibility of carrying South American show jumping onto the biggest European arenas fuel your motivation?
Representing Colombia has always been an immense honor. Every time I wear the Colombian colors, I feel the responsibility of taking my country to the top.
Colombia is a developing nation in show jumping. It possesses incredible potential, even if there is still a long road ahead to establish ourselves permanently at the international pinnacle. Being able to compete in Europe and at shows like Aachen is also a way to show what Colombian riders are capable of.
My motivation comes from several sources: pure love for the sport, the people who support me, my family, and this deep desire to carry Colombia's name as high as possible.
The main arena in Aachen is massive, and Frank Rothenberger's courses are famous for requiring exceptional canter quality, scope, and ultimate technical precision over maximum heights. How does Cochiloco PS adapt to large grass arenas compared to smaller sand arenas?
Cochiloco possesses qualities that, in my opinion, suit a large arena like Aachen perfectly. He has a huge stride, plenty of scope, and immense power, but what makes him special is that despite his size, he is extremely agile.
He hasn't competed on many large grass arenas yet, but this year we worked on this surface in Italy, and he feels just as comfortable on grass as he does on sand.
Natural obstacles and open water can be a challenge for many horses, so we prepared specifically for those situations. We trained in Belgium on similar obstacles—not exact duplicates of Aachen's, but close enough to introduce those elements to him and build his confidence.
I believe the key factor remains trust. When the horse trusts you and understands what you are asking of him, the size of the arena becomes an opportunity rather than a constraint.
Adapting to a new horse that already has top-level experience requires a subtle balance between respecting his habits and introducing your own system. How did you adapt your riding to Cochiloco PS's natural rhythm?
I didn't feel the need to radically change my riding style, because I have always believed in riding as softly as possible. However, with Cochiloco, I learned that I had to be even softer. The calmer and more relaxed I am, the better he responds.
The biggest adjustment wasn't changing him, but adapting myself to him. Cochiloco is a very sensitive horse who can be unpredictable if something catches his attention. That's part of his personality, and I don't think it's something to correct. On the contrary, I have to stay completely focused from the moment I get into the saddle until the moment I dismount. Those 40 minutes together feel almost like meditation: we are alone in the world, and everything else disappears.
Armando knew him unbelievably well, and I was fortunate to benefit from his advice. I still use the exact same bit that he used, and there are several details Armando passed along that I continue to do today, simply because they work for Cochiloco.
The double combination and the open water in Aachen are classic tests that trap many combinations. How do you prepare a horse mentally and physically for these iconic obstacles?
On a technical level, of course, you have to practice. We worked on water jumps and repeated similar configurations in Belgium so that Cochiloco could get familiar with those types of questions.
But I think the most important preparation is mental. At this level, everything relies on the trust the horse has in its rider. When a horse trusts you completely, it jumps obstacles that might otherwise seem intimidating.
Before every major class, I like to watch videos of my good rounds. I visualize myself riding the course, over and over again. I always have a plan in mind, but top-level sport also demands great adaptability. Sometimes things don't go as planned, and you have to keep an open mind. Knowing how to readjust in the moment is just as important as the initial plan.
Colombian show jumping has a rich tradition of world-class talent. What unique qualities do Colombian riders bring to the international circuit, and how do you see the sport evolving in your country?
Colombian riders are extremely resilient. We know that if we want to compete at the highest level, we have to measure ourselves against the best in Europe and North America. That is why so many Colombian riders are willing to leave home, spend entire seasons abroad, and challenge themselves internationally.
We also learn to be resourceful, because our sport doesn't enjoy the same level of financial support as in other nations. Every investment has to count, which teaches you to appreciate every single opportunity.
In Colombia, I feel the sport is moving in the right direction. Great efforts have been made to raise the standard by inviting international course designers and creating circuits that gradually increase in difficulty.
If I could make one wish, it would be to have even more opportunities for Colombian riders to compete internationally. Nothing replaces measuring yourself against the best riders in the world. That is where you truly grow.
Turning 11 this year, Cochiloco PS is entering the prime age for championships. What are your long-term goals for this partnership beyond Aachen?
Aachen is a dream, but I don't see it as a finish line. It is rather the starting point of what I hope will be a long journey together.
My goal is to continue developing our bond and represent Colombia at the highest level for many years to come. In the longer term, I would love for us to compete in the Pan American Games and help Colombia secure its qualification for the Olympic Games. And of course, like any rider, competing in another Olympic Games with a horse like Cochiloco would be a fantastic dream.
Top-level show jumping is a constant test of patience, especially when building a new partnership in the spotlight. What has this relationship with Cochiloco PS taught you about trust and resilience?
There were definitely moments when I doubted whether we would make it. Before securing the MER, we had three occasions where we came agonizingly close. One of them was particularly frustrating because it came down to just a fraction of a second. After so much hard work and sacrifice, it is impossible not to wonder if luck is slipping away from you.
But Cochiloco taught me something very valuable: if you want to pursue an important goal, you have to do it without hesitation. The moment you start riding defensively or worrying about what could go wrong, you have already shifted your mindset. Cochiloco taught me to think differently: "What if everything goes right?"
Our relationship has been very intense because, even though my home is in Colombia, here in Europe it's just the two of us. He is my only horse here, so we spend all our days together. When I'm not in the saddle, I walk him in the forest, groom him, or simply hang out with him.
Over a career spanning more than two decades—from the London 2012 Olympics to rebuilding your string of horses in 2026—you have gone through many fresh starts. How do you maintain your focus and passion through these inevitable phases of rebuilding?
My motivation has always been driven by the horses themselves. Whether it's a young horse at the very beginning of its training or an experienced horse ready for the biggest events, every partnership represents a new challenge and a new opportunity to improve.
What keeps me focused is the process. I genuinely enjoy helping a horse evolve and express its full potential. I particularly love working with young horses. I don't really like the expression "training a horse" in the sense of submission, because for me, it is never about breaking their spirit. It is about building trust, creating a connection, and helping them understand the sport step by step.
Every horse is different, and that is what makes this sport so exciting. Starting back from scratch has never felt like a step backward to me. It's simply the beginning of another journey.
Away from the pressure of 5 shows and world ranking points, what is the core memory or feeling in the saddle that reminds you why you fell in love with show jumping?
Honestly, I don't remember a specific moment in my life where I decided this was what I wanted to do. I was simply born loving horses and this sport. It has always been part of my identity.
What reminds me every day why I love show jumping is that feeling of complete symbiosis with the horse. There are moments where everything flows naturally, where communication becomes almost effortless. You stop thinking about technical details, and you feel like you are moving together toward the same goal.
Results, rankings, and championships are great, but they aren't the reason why I ride. What has always inspired me is the harmony between horse and rider. That feeling of absolute trust and connection is what makes me want to get up and come back every day.
Modern course design has shifted toward lighter cups, very sensitive flat cups, and tight time allowed, forcing riders to take more risks at higher speeds. In your opinion, has this evolution made the sport more athletic and exciting, or is it pushing horses beyond their natural limits?
I think the sport has evolved because the horse has evolved. Modern breeding has produced stronger, more athletic, faster, and naturally more careful horses. As a result, course designers had to raise the technical level to keep challenging combinations.
Today, the sport demands much more strategy from the rider. A few years ago, having a powerful horse was often enough. Today, that is only one piece of the puzzle. You need precision, planning, adaptability, and excellent communication.
What I appreciate most is that alongside this evolution, animal welfare has improved significantly. I believe the sport has become much more focused on respecting the horse, and that is one of the best developments we have witnessed. The technical demands have pushed riders to become better horsemen, and I think that has been very positive.
There is a growing debate around the dense global calendar and the physical demands placed on top horses traveling across continents. In your view, how can the FEI and organizers find a fair balance between commercial growth and horse welfare?
At the highest level, most riders manage a string of several top horses throughout the season, so it is rare for a single horse to chain together every big trip and every major event. Rigorous planning is an essential part of our profession.
In my experience, horses traveling internationally do so in excellent conditions. They travel with enough time to recover before jumping, and they are constantly monitored at shows. Temperature checks, veterinary inspections, and welfare protocols are taken very seriously. If something isn't right, the horse simply doesn't start.
Of course, there is always room for improvement, but I think our sport has made tremendous progress in placing horse health at the forefront. It is a value I care about deeply, and I hope this commitment continues to strengthen as the sport evolves.
Versión En Español
A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.
En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.
Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.
Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.
On the Road to Aachen #14 – Rodrigo Díaz
"Cada recorrido nos ha acercado un poco más."


Tras dar voz a varios de los nombres más destacados del salto de obstáculos internacional, Le Mag'Équestre prosigue su serie «On the Road to Aachen», dedicada a los jinetes que se preparan para tomar la salida en el Campeonato Mundial FEI 2026. A pocos días de la cita más esperada de la temporada, nos encontramos con Rodrigo Díaz, figura imprescindible del salto colombiano. Olímpico, fiel representante de su país desde hace más de veinte años y ahora formando binomio con Cochiloco PS, se dispone a vivir un momento único: pisar la mítica pista de hierba del Soers en su primer Campeonato Mundial en Aquisgrán. En esta entrevista exclusiva, repasa su infancia, el nacimiento de su alianza con Cochiloco, la importancia de representar a Colombia y los valores que siguen guiando su equitación.
©Hannes Logemann
Competir en Aquisgrán representa la cima absoluta para cualquier jinete de salto de obstáculos del mundo. Como representante de Colombia en una de las pistas de hierba más legendarias del deporte ecuestre, ¿qué se siente al cruzar ese túnel para entrar en el estadio del Soers?
Aquisgrán siempre ha sido un sueño para mí. Tuve la suerte de ir de niño en 1989; fue uno de los primeros grandes concursos que vi en directo. La atmósfera, la historia y el nivel de competición me marcaron para siempre. Desde aquel día, siempre soñé con poder montar allí algún día.
También soñé siempre con participar en un Campeonato Mundial. Este año siento que esos dos sueños se hacen realidad al mismo tiempo: representar a Colombia en un Campeonato Mundial y hacerlo en Aquisgrán.
Cruzar ese túnel para entrar en el estadio será un momento de una emoción inmensa. Será un honor llevar la bandera colombiana en un lugar tan mítico, pero también será un instante muy especial para aquel niño que miraba esa pista hace tantos años y soñaba con estar ahí algún día.
Su caballo castrado de 11 años, Cochiloco PS, fue montado anteriormente por el olímpico español Armando Trapote antes de que usted tomara las riendas a principios de 2026. ¿Cómo ha evolucionado el binomio durante sus primeros meses juntos en Europa?
Desde el primer instante en que probé a Cochiloco sentí algo muy especial. La conexión fue casi inmediata, como si ya nos conociéramos de otra vida.
El verdadero reto era la falta de tiempo. Lo recibí directamente de la cuadra de Armando y debíamos formar un binomio rápidamente mientras preparábamos un objetivo muy ambicioso. Solo teníamos unos pocos meses para entendernos, consolidar la confianza y estar listos para competir al más alto nivel.
Cochiloco tiene un carácter muy suyo. No es un caballo fácil, pero tiene un corazón enorme. Es un caballo grande, con un galope gigantesco y una potencia increíble, manteniendo al mismo tiempo una agilidad sorprendente. Es capaz de girar como un caballo pequeño; ¡a veces resulta casi demasiado ágil!
Lo más importante para mí es la sensación de que siempre puedo contar con él. Es un caballo que lo da absolutamente todo en la pista y que iría al fuego por su jinete.
Ha completado una intensa campaña europea con Cochiloco PS para preparar Aquisgrán, logrando destacadas clasificaciones en los Grandes Premios de Hagen, Maubeuge y Wuustwezel. ¿De qué manera le han ayudado estos recorridos de 3 a ajustar su comunicación y controlar su amplia zancada?
Esos concursos fueron extremadamente importantes porque cada semana aprendíamos un poco más el uno del otro. Cochiloco posee una zancada enorme y muchísimo poder: la clave residía en aprender a comunicarme con él y encontrar nuestro ritmo común.
Una de las cualidades que más aprecio en él es su regularidad. Es un caballo capaz de repetir grandes actuaciones en Grandes Premios muy exigentes. En Hagen, Wuustwezel y Maubeuge nos enfrentamos a recorridos selectivos, y cada experiencia nos permitió conectar aún más.
Por mi parte, montar un caballo con un galope amplio por naturaleza es algo que me gusta especialmente, ya que se adapta a mi estilo de equitación. Cuando combinas esa zancada con la potencia de Cochiloco, sientes que todo se vuelve posible.
El Gran Premio final en Maubeuge supuso un punto de inflexión. Era nuestra última oportunidad para obtener el MER (Requisito Mínimo de Elegibilidad), así que sabía que debía salir a pista con una mentalidad diferente. Tenía que confiar plenamente en él, asumir más riesgos y dejarle expresar toda su fuerza. La conexión ese día fue increíble, y el hecho de imprimir un ritmo más fluido le ayudó, en realidad, a saltar todavía mejor.
Al representar a Colombia en el circuito internacional —desde los Juegos Olímpicos de Londres hasta los Juegos Panamericanos y Bolivarianos—, usted ha sido el pilar de la bandera nacional en varios continentes. ¿Cómo alimenta su motivación la responsabilidad de llevar el salto sudamericano a las mejores pistas europeas?
Representar a Colombia ha sido siempre un honor inmenso. Cada vez que vistió los colores colombianos siento la responsabilidad de llevar a mi país a lo más alto.
Colombia es una nación en pleno desarrollo dentro del salto de obstáculos. Posee un potencial increíble, aunque todavía quede camino por recorrer para consolidarnos de forma permanente en la élite internacional. Poder competir en Europa y en concursos como Aquisgrán es también una forma de mostrar de lo que son capaces los jinetes colombianos.
Mi motivación procede de varias fuentes: el amor puro por este deporte, la gente que me apoya, mi familia y ese deseo profundo de llevar el nombre de Colombia lo más lejos posible.
La pista principal de Aquisgrán es gigantesca, y los recorridos de Frank Rothenberger son famosos por exigir una calidad de galope excepcional, mucha trayectoria y la máxima precisión técnica sobre alturas límite. ¿Cómo se adapta Cochiloco PS a las pistas grandes de hierba en comparación con las de arena más reducidas?
Cochiloco posee cualidades que, en mi opinión, se adaptan perfectamente a una pista grande como la de Aquisgrán. Tiene un galope enorme, mucha trayectoria y potencia, pero lo que lo hace especial es que, a pesar de su tamaño, es extremadamente ágil.
Aún no ha competido en muchas pistas grandes de hierba, pero este año trabajamos sobre esta superficie en Italia y se siente tan cómodo en hierba como en arena.
Los obstáculos naturales y la ría pueden ser un reto para muchos caballos, por lo que nos preparamos específicamente para esas situaciones. Entrenamos en Bélgica sobre obstáculos similares —no idénticos a los de Aquisgrán, pero sí lo bastante parecidos— para enseñarle esos elementos y desarrollar su confianza.
Creo que el factor clave sigue siendo la confianza. Cuando el caballo confía en ti y comprende lo que le pides, el tamaño de la pista se convierte en una oportunidad en lugar de una limitación.
Adaptarse a un nuevo caballo que ya cuenta con experiencia en el alto nivel exige un equilibrio sutil entre respetar sus hábitos e integrar su propio sistema. ¿Cómo ha adaptado su equitación al ritmo natural de Cochiloco PS?
No sentí la necesidad de cambiar radicalmente mi estilo de monta, porque siempre he creído en una equitación lo más suave posible. Sin embargo, con Cochiloco aprendí que debía ser todavía más suave. Cuanto más tranquilo y relajado estoy, mejor responde él.
El mayor ajuste no consistió en cambiarlo a él, sino en adaptarme yo a él. Cochiloco es un caballo muy sensible que puede ser impredecible si algo capta su atención. Eso forma parte de su personalidad y no creo que sea algo que haya que corregir. Al contrario: debo mantener la concentración total desde el momento en que me subo a la montura hasta que me descargo. Esos 40 minutos juntos se parecen casi a la meditación: estamos solos en el mundo y todo lo demás desaparece.
Armando lo conocía increíblemente bien y tuve la suerte de contar con sus consejos. Sigo utilizando la misma embocadura que él usaba, y hay varios detalles que Armando me transmitió y que sigo aplicando hoy, sencillamente porque funcionan con Cochiloco.
El doble combinado y la ría de Aquisgrán son pruebas clásicas que comprometen a muchos binomios. ¿Cómo se prepara a un caballo mental y físicamente para estos obstáculos míticos?
A nivel técnico, por supuesto, hay que entrenar. Trabajamos la ría y repetimos configuraciones similares en Bélgica para que Cochiloco se familiarizara con este tipo de exigencias.
Pero creo que la preparación más importante es la mental. A este nivel, todo se basa en la confianza que el caballo tiene en su jinete. Cuando un caballo confía plenamente en ti, supera obstáculos que de otro modo podrían parecerle intimidantes.
Antes de cada prueba importante, me gusta ver vídeos de mis buenos recorridos. Me visualizo haciendo la pista una y otra vez. Siempre tengo un plan en mente, pero el deporte de alto nivel exige también una gran capacidad de adaptación. A veces las cosas no salen como estaba previsto y hay que mantener la mente abierta. Saber reajustar en el momento es tan importante como el plan inicial.
El salto colombiano cuenta con una rica tradición de talentos de clase mundial. ¿Qué cualidades únicas aportan los jinetes colombianos al circuito internacional y cómo ve la evolución del deporte en su país?
Los jinetes colombianos son extremadamente resilientes. Sabemos que si queremos competir al más alto nivel, debemos medirnos con los mejores en Europa y en Norteamérica. Por eso tantos jinetes colombianos están dispuestos a dejar su hogar, pasar temporadas enteras en el extranjero y ponerse a prueba a nivel internacional.
También aprendemos a ser muy apañados, ya que nuestro deporte no disfruta del mismo nivel de apoyo financiero que en otras naciones. Cada inversión tiene que rendir, lo que te enseña a valorar cada oportunidad.
En Colombia creo que el deporte evoluciona en la dirección correcta. Se han hecho grandes esfuerzos para elevar el nivel invirtiendo en diseñadores de recorridos internacionales y creando circuitos que aumentan progresivamente la dificultad.
Si pudiera pedir un deseo, sería tener aún más oportunidades para que los jinetes colombianos compitan a nivel internacional. Nada sustituye el hecho de medirse contra los mejores jinetes del mundo. Ahí es donde realmente se crece.
Cumpliendo 11 años este año, Cochiloco PS entra en la plena madurez para los campeonatos. ¿Cuáles son sus objetivos a largo plazo para este binomio más allá de Aquisgrán?
Aquisgrán es un sueño, pero no lo veo como una meta final. Es más bien el punto de partida de lo que espero que sea una larga trayectoria juntos.
Mi objetivo es seguir consolidando nuestra complicidad y representar a Colombia al más alto nivel durante muchos años. A más largo plazo, me encantaría que compitiéramos en los Juegos Panamericanos y ayudáramos a Colombia a lograr la clasificación para los Juegos Olímpicos. Y, por supuesto, como cualquier jinete, disputar unos nuevos Juegos Olímpicos con un caballo como Cochiloco sería un sueño fantástico.
El salto de obstáculos de alto nivel es una prueba constante de paciencia, especialmente cuando se construye un nuevo binomio bajo los focos. ¿Qué le ha enseñado esta relación con Cochiloco PS sobre la confianza y la resiliencia?
Sin duda hubo momentos en los que dudé de que lo lográramos. Antes de conseguir el MER, tuvimos tres ocasiones en las que nos quedamos a las puertas. Una de ellas fue especialmente frustrante porque se decidió por unas pocas fracciones de segundo. Tras tanto trabajo y sacrificio, es imposible no preguntarse si la suerte no nos estará esquivando.
Pero Cochiloco me enseñó algo muy valioso: si quieres perseguir un objetivo importante, debes hacerlo sin dudar. En el momento en que empiezas a montar a la defensiva o a preocuparte por lo que podría salir mal, ya has cambiado tu actitud mental. Cochiloco me enseñó a pensar de otra manera: «¿Y si todo sale bien?».
Nuestra relación ha sido muy intensa porque, aunque mi hogar esté en Colombia, aquí en Europa solo estamos los dos. Es mi único caballo aquí, así que pasamos todo el día juntos. Cuando no estoy sobre su lomo, lo paseo por el bosque, lo cepillo o simplemente paso tiempo con él.
A lo largo de una carrera de más de dos décadas —desde los Juegos Olímpicos de Londres 2012 hasta la reconstrucción de su cuadra en 2026—, usted ha atravesado muchas etapas de renovación. ¿Cómo mantiene la concentración y la pasión a través de estas inevitables fases de reconstrucción?
Mi motivación siempre ha estado guiada por los propios caballos. Ya se trate de un caballo joven al inicio de su aprendizaje o de un caballo experimentado listo para las grandes citas, cada binomio representa un nuevo reto y una oportunidad de mejorar.
Lo que me mantiene concentrado es el proceso. Disfruto sinceramente ayudando a un caballo a evolucionar y a expresar todo su potencial. Me apasiona especialmente trabajar con caballos jóvenes. No me gusta mucho la expresión «domar a un caballo» en el sentido de someterlo, porque para mí nunca se trata de quebrantar su espíritu. Se trata de construir confianza, crear complicidad y hacerle comprender este deporte paso a paso.
Cada caballo es diferente, y eso es lo que hace que este deporte sea tan apasionante. Volver a empezar de cero nunca ha sido un paso atrás para mí. Es sencillamente el comienzo de otro viaje.
Lejos de la presión de los concursos 5 y de los puntos del ranking mundial, ¿cuál es el recuerdo o la sensación fundamental sobre la montura que le recuerda por qué se enamoró del salto de obstáculos?
Honestamente, no recuerdo un momento concreto de mi vida en el que decidiera que esto era a lo que quería dedicarme. Sencillamente nací amando a los caballos y a este deporte. Siempre ha formado parte de mi identidad.
Lo que me recuerda cada día por qué me apasiona el salto es esa sensación de estar en total simbiosis con el caballo. Hay momentos en los que todo fluye de manera natural, en los que la comunicación se vuelve casi fluida sin esfuerzo. Dejas de pensar en los detalles técnicos y sientes que os movéis con el mismo propósito.
Los resultados, las clasificaciones y los campeonatos son fantásticos, pero no son la razón por la que monto. Lo que siempre me ha inspirado es la armonía entre el caballo y su jinete. Esa sensación de confianza absoluta y de conexión es lo que me da ganas de levantarme y volver cada día.
El diseño de recorridos moderno ha evolucionado hacia soportes más ligeros, cucharas planas muy sensibles y tiempos concedidos muy ajustados, obligando a los jinetes a asumir más riesgos a mayor velocidad. A su juicio, ¿esta evolución ha hecho que el deporte sea más atlético y emocionante, o está llevando a los caballos más allá de sus límites naturales?
Creo que el deporte ha evolucionado porque el caballo ha evolucionado. La cría moderna ha producido caballos más fuertes, más atléticos, más rápidos y naturalmente más cuidadosos. Por consiguiente, los diseñadores de recorridos han tenido que elevar el nivel técnico para seguir poniendo a prueba a los binomios.
Hoy en día, el deporte exige mucha más estrategia por parte del jinete. Hace unos años, tener un caballo potente solía ser suficiente. Hoy, eso es solo una pieza del puzle. Se necesita precisión, planificación, capacidad de adaptación y una excelente comunicación.
Lo que más aprecio es que, en paralelo a esta evolución, el bienestar animal ha mejorado de forma considerable. Creo que el deporte se ha centrado mucho más en el respeto al caballo, y ese es uno de los mejores avances que hemos presenciado. La exigencia técnica ha llevado a los jinetes a convertirse en mejores hombres de caballo, y creo que eso ha sido muy positivo.
Existe un debate creciente en torno al denso calendario mundial y a las exigencias físicas impuestas a los mejores caballos que viajan entre continentes. En su opinión, ¿cómo pueden la FEI y los organizadores encontrar un equilibrio justo entre el crecimiento comercial y el bienestar animal?
En el más alto nivel, la mayoría de los jinetes gestionan una cuadra con varios caballos principales a lo largo de la temporada, por lo que es raro que un solo caballo encadene todos los grandes viajes y todas las citas clave. Una planificación rigurosa es una parte esencial de nuestro oficio.
Según mi experiencia, los caballos que viajan a nivel internacional lo hacen en condiciones excelentes. Viajan con tiempo suficiente para recuperarse antes de saltar y están constantemente supervisados en los concursos. Las tomas de temperatura, los controles veterinarios y los protocolos de bienestar se toman muy en serio. Si algo no va bien, el caballo sencillamente no sale a pista.
Por supuesto, siempre hay margen de mejora, pero creo que nuestro deporte ha realizado inmensos progresos al situar la salud del caballo en primer plano. Es un valor en el que creo profundamente y espero que este compromiso se siga reforzando a medida que el deporte continúe evolucionando.
