On the Road to Aachen #15 – Sanne De Jong "Tout est possible lorsque l'on croit en son cheval."

Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !

JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !

Samuel Benibre

8/8/202625 min read

Des Championnats du monde des jeunes chevaux aux Jeux olympiques de Paris, en passant par les Championnats d'Europe, Sanne de Jong et Enjoy ont franchi ensemble toutes les étapes du haut niveau. Leur histoire est celle d'un duo construit dans la durée, façonné par des années de travail, de patience et une confiance mutuelle devenue presque instinctive. À quelques jours des Championnats du monde FEI d'Aix-la-Chapelle 2026, la cavalière néerlandaise revient sur son parcours, sa complicité unique avec sa jument née à la maison, l'évolution du concours complet moderne et les ambitions de l'équipe orange sur l'un des rendez-vous les plus prestigieux de la planète équestre.

©Collection Privée

Pour commencer cette interview, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs et nous expliquer ce que représente, pour vous, le fait de défendre une nouvelle fois les couleurs des Pays-Bas lors des Championnats du monde FEI d'Aix-la-Chapelle ?

Je m'appelle Sanne de Jong, j'ai 31 ans et je suis cavalière de concours complet pour les Pays-Bas.

Je suis extrêmement heureuse et fière de pouvoir représenter une nouvelle fois mon pays lors des Championnats du monde, d'autant plus avec un cheval né à la maison. C'est quelque chose de très spécial.

Chaque championnat est un immense privilège, mais participer à une échéance de cette importance avec une jument que nous avons vue grandir depuis le premier jour donne forcément une dimension encore plus particulière à cette aventure.

Vous connaissez déjà les plus grandes échéances internationales, des Championnats d'Europe jusqu'aux Jeux olympiques de Paris. Qu'est-ce qui différencie, selon vous, un Championnat du monde de ces autres compétitions, tant sur le plan émotionnel que mental ?

J'ai déjà participé aux Championnats du monde de Pratoni, mais cette édition était entièrement consacrée au concours complet.

À Aix-la-Chapelle, ce sera complètement différent.

Nous allons évoluer dans ce qui est, à mes yeux, le véritable cœur des sports équestres.

Voir les six disciplines réunies au même endroit crée une atmosphère totalement unique. On ressent toute la richesse de notre sport et cela rend cette compétition encore plus exceptionnelle.

J'ai vraiment hâte de vivre cette expérience.

À Aix-la-Chapelle, vous serez une nouvelle fois associée à Enjoy, une jument qui vous accompagne depuis de nombreuses années. Comment votre relation a-t-elle évolué au fil des saisons et qu'est-ce qui la rend si particulière à vos yeux ?

Enjoy est une jument qui donne toujours cent pour cent... et souvent même davantage.

Je mesure chaque jour la chance que j'ai de pouvoir compter sur une partenaire comme elle.

Au fil des années, elle m'a permis de vivre des expériences extraordinaires, et j'espère sincèrement qu'Aix-la-Chapelle viendra s'ajouter à cette longue liste de souvenirs inoubliables.

Ce qui la rend vraiment exceptionnelle, c'est son engagement total. À chaque fois qu'elle entre sur un terrain de concours, elle donne absolument tout ce qu'elle possède.

Des Championnats du monde des jeunes chevaux aux Jeux olympiques, en passant désormais par un nouveau Championnat du monde, Enjoy vous accompagne depuis presque toutes les étapes de votre carrière. Qu'a-t-elle changé chez vous, en tant que cavalière mais aussi en tant que personne ?

Je crois qu'Enjoy m'a appris une chose essentielle : ne jamais abandonner.

Elle m'a également appris à garder l'esprit ouvert.

On peut apprendre de tout le monde, de chaque cheval, de chaque expérience, mais il est tout aussi important de rester fidèle à soi-même et à sa propre façon de travailler.

Nous avons traversé toutes les étapes ensemble.

Nous avons grandi côte à côte, aussi bien sportivement que personnellement, et je pense que cette aventure commune m'a énormément fait évoluer.

En repensant aux Jeux olympiques de Paris 2024, quel enseignement vous a le plus marquée dans votre préparation pour Aix-la-Chapelle ?

Les Jeux olympiques m'ont surtout appris qu'il ne fallait pas chercher à en faire toujours plus.

En tant que cavaliers, nous avons l'habitude d'avoir des journées très chargées, de monter plusieurs chevaux, de gérer l'entraînement, les soins, les élèves ou encore l'organisation de l'écurie.

Puis, lorsque l'on arrive sur un championnat, tout change d'un coup.

On ne s'occupe plus que d'un seul cheval, les journées sont beaucoup plus calmes, mais on ressent malgré tout cette envie de continuer à faire autant qu'à la maison.

Avec l'expérience, j'ai compris qu'il fallait accepter ce changement de rythme. Il est important de rester fidèle à sa routine, sans chercher à compenser ou à en faire davantage simplement parce que l'enjeu est plus grand.

Le concours complet est souvent présenté comme la discipline où la relation entre le cheval et son cavalier est la plus forte. Comment définiriez-vous la confiance, et comment la construisez-vous chaque jour avec Enjoy ?

Je pense pouvoir dire qu'Enjoy et moi partageons une relation vraiment particulière.

Nous avons toujours été ensemble et nous avons traversé toutes les étapes de notre carrière côte à côte.

Une telle confiance ne se construit pas en quelques semaines. Elle demande des années de travail, de patience et de moments partagés.

Bien sûr, cette relation passe par le travail monté, mais aussi par tout ce qui se déroule en dehors des séances d'entraînement.

J'aime passer énormément de temps à panser mes chevaux, à m'occuper d'eux et simplement à être avec eux.

Je suis convaincue que tous ces petits moments du quotidien renforcent notre complicité et rendent notre partenariat encore plus solide lorsque nous entrons sur un terrain de concours.

Vous avez évolué aussi bien en saut d'obstacles qu'en concours complet. En quoi cette double expérience a-t-elle enrichi votre équitation ?

Je continue d'ailleurs encore aujourd'hui à faire beaucoup de saut d'obstacles, même si je me consacre principalement aux jeunes chevaux.

Je les récupère lorsqu'ils viennent juste d'être débourrés et je les accompagne progressivement jusqu'au niveau 1,30 m ou 1,35 m, avant de passer le relais.

C'est une partie de mon métier que j'adore.

J'aime tout le processus de formation, depuis les premiers parcours jusqu'au moment où ils sont prêts à poursuivre leur carrière.

Et, finalement, je crois qu'ils m'apprennent autant que je leur apprends.

Cette expérience est également très utile pour le concours complet.

Après un cross, le parcours de saut d'obstacles demande toujours une approche un peu différente.

Le fait de se sentir parfaitement à l'aise sur de gros parcours permet d'aborder cette dernière épreuve avec davantage de confiance.

Le cross d'Aix-la-Chapelle s'annonce particulièrement exigeant. Selon vous, quelles qualités permettront aux prétendants aux médailles de faire la différence ?

Nous nous attendons tous à un cross très technique.

Dans ce type de championnat, je pense que les chevaux les plus faciles à monter et les cavaliers capables de conserver une parfaite qualité d'équitation tout au long du parcours auront un véritable avantage.

La maniabilité, la précision et la fluidité seront probablement les éléments qui permettront de réaliser les parcours les plus rapides tout en restant sans pénalité.

Ce sont ces détails qui feront la différence avant la dernière journée de compétition.

Le concours complet a énormément évolué au cours de la dernière décennie. Quels changements vous paraissent les plus marquants, et pensez-vous qu'ils aient fait progresser la discipline ?

Je trouve que le dressage et le saut d'obstacles ont aujourd'hui beaucoup plus d'influence sur le classement final qu'auparavant.

Parallèlement, les parcours de cross sont devenus plus techniques, demandant davantage de précision dans la monte plutôt qu'une simple démonstration de courage.

Personnellement, cela me plaît beaucoup.

Ayant grandi avec une solide formation en saut d'obstacles, j'apprécie cette évolution, car elle met davantage en valeur la finesse de l'équitation et la qualité du partenariat entre le cheval et son cavalier.

Le public ne voit souvent que les quelques minutes passées sur un carré de dressage, un parcours de saut d'obstacles ou un cross. Quelle partie de la préparation d'un championnat aimeriez-vous que les passionnés découvrent davantage ?

Je crois que ce que les gens devraient voir davantage, c'est tout le chemin qui mène jusqu'à un championnat comme celui-ci.

Ce sont des années de travail, de patience et de persévérance qui permettent d'arriver au départ d'une telle compétition.

Évidemment, les quelques minutes en piste sont très importantes, mais elles ne représentent qu'une infime partie de l'aventure.

Ce qui rend ce sport si particulier, c'est tout le temps que nous passons auprès de ces animaux extraordinaires.

La relation qui se construit entre un cheval et son cavalier est quelque chose de très précieux.

Au fond, c'est elle qui donne tout son sens à notre quotidien.

Chaque cavalier connaît des victoires mémorables, mais aussi des périodes plus compliquées. Avec le recul, quel revers vous a le plus fait progresser ?

Je pense que chaque épreuve difficile nous apprend quelque chose de différent.

Il n'existe pas une seule expérience qui change tout, mais une multitude de moments qui nous obligent à évoluer.

Dans ces périodes-là, il faut simplement garder la tête froide, continuer à travailler et surtout s'entourer des bonnes personnes.

Avoir des proches capables de vous soutenir lorsque les choses deviennent plus compliquées est probablement l'un des éléments les plus importants d'une carrière.

Ce sont souvent ces moments difficiles qui nous rendent plus solides pour la suite.

Lorsque les résultats ne sont pas à la hauteur de vos attentes, comment parvenez-vous à retrouver confiance, aussi bien en vous qu'en vos chevaux ?

Dans ces moments-là, j'essaie d'abord de prendre un peu de recul.

Je prends le temps d'analyser la situation et de réfléchir à tout ce que nous avons déjà accompli.

Personnellement, il y a une chose qui m'aide énormément : regarder des vidéos de nos meilleurs parcours.

Revoir ces bons moments me rappelle que nous sommes capables de le faire.

Cela redonne confiance, permet de retrouver des sensations positives et aide à repartir dans la bonne direction.

L'équipe néerlandaise de concours complet s'est progressivement imposée parmi les meilleures nations mondiales. Qu'est-ce qui fait la force de cette génération de cavaliers, et que représente pour vous le fait de porter la veste orange ?

Représenter son pays est toujours un immense honneur.

J'aime profondément porter les couleurs des Pays-Bas.

Nous avons la chance de faire partie d'une génération qui progresse constamment et qui travaille avec beaucoup d'ambition.

Pouvoir contribuer à cette dynamique et défendre les couleurs orange lors d'un championnat du monde est une immense fierté.

Si vous deviez décrire Enjoy en seulement trois mots, lesquels choisiriez-vous… et pourquoi ?

Je dirais qu'elle est courageuse, fidèle… et pleine de caractère.

En concours, elle ferait absolument tout pour obtenir le meilleur résultat possible.

Elle donne tout ce qu'elle a, sans jamais renoncer.

À la maison, en revanche, elle a ses propres idées et son petit caractère bien affirmé.

On pourrait presque dire que c'est son monde… et que nous vivons tous dedans !

Mais, honnêtement, après tout ce qu'elle a accompli, je pense qu'elle a bien mérité ce privilège.

Lorsque vous vous trouvez dans la boîte de départ d'un Championnat du monde, que se passe-t-il dans votre tête pendant les dernières secondes avant le compte à rebours ?

À ce moment-là, je pense surtout à Enjoy.

Je sais que nous allons toutes les deux donner le meilleur de nous-mêmes, alors il est important de rester aussi détendue que possible.

Je ne veux surtout pas trop réfléchir.

L'idée est simplement de rester concentrée, de faire confiance à tout le travail accompli en amont et de monter comme nous le faisons tous les jours.

Au fond, lorsque l'on arrive à ce niveau de compétition, il faut accepter de laisser parler les automatismes et profiter pleinement de l'instant.

Enfin, lorsque les gens repenseront à votre partenariat avec Enjoy dans quelques années, qu'aimeriez-vous qu'ils retiennent, non pas de vos résultats, mais de l'histoire que vous avez construite ensemble ?

J'aimerais qu'ils retiennent qu'absolument tout est possible.

Avec Enjoy, nous sommes parties de presque rien.

Ensemble, nous avons participé à deux Championnats du monde des jeunes chevaux, deux Championnats d'Europe, deux Championnats du monde Seniors, puis aux Jeux olympiques.

Au départ, peu de personnes auraient probablement imaginé qu'elle irait aussi loin.

Au-delà de toutes ces compétitions, ce que je retiendrai toujours, c'est notre quotidien.

J'aime simplement passer chaque journée avec elle.

Nos promenades en forêt ou sur la plage restent sans doute parmi mes moments préférés.

Ce sont ces instants, bien plus encore que les résultats, qui rendent notre aventure si particulière.

Parce qu'au final, notre histoire ne se résume pas aux performances réalisées sur les terrains de concours, mais à toutes les années que nous avons partagées ensemble, à grandir côte à côte et à construire une relation fondée sur une confiance absolue. C'est ce dont j'aimerais que les gens se souviennent avant tout.

©Collection Privée

ENGLISH VERSION !


As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.

In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.

These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.

From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.

On the Road to Aachen #15 – Sanne De Jong

Anything is possible when you believe in your horse.”

From the World Breeding Eventing Championships to the Paris Olympic Games, by way of the European Championships, Sanne de Jong and Enjoy have crossed every stage of the top level together. Their story is one of a long-term partnership, shaped by years of work, patience, and a mutual trust that has become almost instinctive. A few days before the FEI World Championships 2026 in Aachen, the Dutch rider looks back on her career, her unique bond with her home-bred mare, the evolution of modern eventing, and the ambitions of the orange team at one of the most prestigious events on the equestrian calendar.

©Collection Privée

To start this interview, could you introduce yourself to our readers and explain what it means to you to represent the Netherlands once again at the FEI World Championships in Aachen?

My name is Sanne de Jong, I am 31 years old, and I am an eventing rider for the Netherlands. I am extremely happy and proud to represent my country once again at the World Championships, especially with a home-bred horse. It is something very special. Every championship is an immense privilege, but taking part in an event of this magnitude with a mare we have watched grow since day one naturally adds an even more special dimension to the journey.

You are already familiar with the biggest international events, from the European Championships to the Paris Olympic Games. What, in your opinion, sets a World Championship apart from these other competitions, both emotionally and mentally?

I previously competed at the World Championships in Pratoni, but that edition was dedicated exclusively to eventing. In Aachen, it will be completely different. We will be competing in what is, in my eyes, the true heart of equestrian sports. Seeing all six disciplines gathered in one place creates a totally unique atmosphere. You feel the full richness of our sport, and that makes this competition even more exceptional. I really cannot wait to experience it.

In Aachen, you will once again be paired with Enjoy, a mare who has been by your side for many years. How has your relationship evolved over the seasons, and what makes it so special to you?

Enjoy is a mare who always gives a hundred percent... and often even more. Every day, I measure how lucky I am to be able to count on a partner like her. Over the years, she has allowed me to experience extraordinary moments, and I sincerely hope Aachen will add to that long list of unforgettable memories. What makes her truly exceptional is her absolute commitment. Every time she steps into a competition arena, she gives everything she has.

From the World Breeding Championships for Young Horses to the Olympic Games, and now to a new World Championship, Enjoy has accompanied you through almost every stage of your career. How has she changed you, as a rider but also as a person?

I think Enjoy taught me one essential thing: never give up. She also taught me to keep an open mind. You can learn from everyone, from every horse, from every experience, but it is just as important to stay true to yourself and your own way of working. We went through every stage together. We grew up side by side, both sportingly and personally, and I think this shared journey has shaped me immensely.

Looking back at the Paris 2024 Olympic Games, what key takeaway stood out most in your preparation for Aachen?

The Olympic Games above all taught me that you shouldn't try to do too much. As riders, we are used to very busy days—riding multiple horses, managing training, care, students, or stable management. Then, when you arrive at a championship, everything changes suddenly. You only focus on one horse, the days are much calmer, yet you still feel that urge to keep doing as much as you do at home. With experience, I realized you have to accept this change of pace. It is important to stick to your routine without trying to compensate or do extra simply because the stakes are higher.

Eventing is often described as the discipline where the relationship between horse and rider is strongest. How would you define trust, and how do you build it daily with Enjoy?

I think I can say that Enjoy and I share a truly special relationship. We have always been together, and we have navigated every step of our career side by side. Such trust isn't built in a few weeks. It takes years of work, patience, and shared moments. Of course, this relationship is forged through riding, but also through everything that happens outside of training sessions. I love spending a lot of time grooming my horses, taking care of them, and simply being with them. I am convinced that all these small everyday moments strengthen our bond and make our partnership even stronger when we enter the competition arena.

You have competed in show jumping as well as eventing. How has this dual background enriched your riding?

In fact, I still do a lot of show jumping today, even though I focus mainly on young horses. I take them on right after they are backed and guide them progressively up to the 1.30m or 1.35m level before handing over the reins. It is a part of my job that I absolutely love. I enjoy the entire training process, from their very first rounds to the moment they are ready to pursue their career. And in the end, I think they learn as much from me as I learn from them. This experience is also very useful for eventing. After a cross-country run, the show jumping course always requires a slightly different approach. Feeling completely comfortable over big courses allows you to tackle that final test with far more confidence.

The Aachen cross-country course promises to be particularly demanding. In your view, what qualities will allow medal contenders to make the difference?

We are all expecting a very technical cross-country course. In this type of championship, I think the most rideable horses and the riders capable of maintaining flawless riding quality throughout the course will hold a real advantage. Rideability, precision, and fluidity will likely be the key elements to producing clear and fast rounds. Those details will make all the difference before the final day of competition.

Eventing has evolved tremendously over the last decade. Which changes seem most striking to you, and do you think they have helped the discipline progress?

I feel that dressage and show jumping now have a much bigger impact on the final standings than they used to. At the same time, cross-country courses have become more technical, demanding greater precision in riding rather than a pure display of bravery. Personally, I really like that. Having grown up with a solid background in show jumping, I appreciate this evolution because it highlights the finesse of riding and the quality of the partnership between horse and rider.

The public often only sees the few minutes spent on a dressage arena, a show jumping course, or a cross-country track. What part of preparing for a championship would you like equestrian enthusiasts to discover more?

I think what people should see more of is the whole path that leads up to a championship like this. It takes years of work, patience, and perseverance to reach the start box of such a competition. Of course, those few minutes in the arena are very important, but they represent only a tiny fraction of the adventure. What makes this sport so special is all the time we spend alongside these extraordinary animals. The bond built between a horse and its rider is something very precious. Ultimately, that is what gives true meaning to our daily lives.

Every rider experiences memorable victories, but also tougher periods. Looking back, which setback made you progress the most?

I think every difficult moment teaches us something different. There isn't a single experience that changes everything, but rather a multitude of moments that force us to evolve. In those periods, you simply have to keep a cool head, keep working, and above all surround yourself with the right people. Having loved ones capable of supporting you when things get tougher is probably one of the most important aspects of a career. It is often those hard moments that make us stronger for what lies ahead.

When results fall short of your expectations, how do you manage to regain confidence, both in yourself and in your horses?

In those moments, I first try to step back a little. I take the time to analyze the situation and reflect on everything we have already accomplished. Personally, there is one thing that helps me enormously: watching videos of our best rounds. Reliving those good moments reminds me that we are capable of doing it. It restores confidence, brings back positive feelings, and helps set us back in the right direction.

Representing your country is always a huge honor. I deeply love wearing the Dutch colors. We are fortunate to be part of a generation that is constantly progressing and working with great ambition. Being able to contribute to this momentum and defend the orange colors at a World Championship is a source of immense pride.

If you had to describe Enjoy in just three words, which ones would you choose... and why?

I would say she is brave, loyal... and full of character. At competitions, she would do absolutely anything to achieve the best result possible. She gives everything she has, without ever giving up. At home, on the other hand, she has her own ideas and her strong little personality. You could almost say it's her world... and we are all just living in it! But honestly, after everything she has achieved, I think she has well earned that privilege.

When you are in the start box of a World Championship, what goes through your mind during the last few seconds before the countdown?

In those moments, I mostly think about Enjoy. I know we are both going to give our absolute best, so it is important to stay as relaxed as possible. Above all, I don't want to overthink. The goal is simply to stay focused, trust all the work done beforehand, and ride just like we do every day. Ultimately, when you reach this level of competition, you have to let muscle memory take over and fully enjoy the moment.

Finally, when people look back on your partnership with Enjoy in a few years, what would you like them to remember—not about your results, but about the story you built together?

I would like them to remember that absolutely anything is possible. With Enjoy, we started from almost nothing. Together, we competed in two World Breeding Championships for Young Horses, two European Championships, two Senior World Championships, and then the Olympic Games. In the beginning, very few people would have imagined she would go this far. Beyond all these competitions, what I will always hold onto is our daily life. I simply love spending every day with her. Our hacks in the forest or on the beach remain without a doubt among my favorite moments. Those moments, far more than the results, are what make our journey so special. Because in the end, our story isn't just about performances in competition arenas, but about all the years we shared together, growing side by side and building a relationship based on absolute trust. That is what I would love for people to remember above all.

Versión En Español

A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.

En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.

Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.

Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.

On the Road to Aachen #15 – Sanne De Jong

"Todo es posible cuando crees en tu caballo."

Desde los Campeonatos Mundiales de Caballos Jóvenes hasta los Juegos Olímpicos de París, pasando por los Campeonatos de Europa, Sanne de Jong y Enjoy han recorrido juntas todas las etapas de la alta competición. Su historia es la de un binomio construido a largo plazo, forjado por años de trabajo, paciencia y una confianza mutua que se ha vuelto casi instintiva. A pocos días del Campeonato Mundial FEI de Aquisgrán 2026, la amazona neerlandesa repasa su trayectoria, su complicidad única con su yegua criada en casa, la evolución del concurso completo moderno y las ambiciones del equipo naranja en una de las citas más prestigiosas del planeta hípico.

©Collection Privée

Para comenzar esta entrevista, ¿podría presentarse a nuestros lectores y explicarnos qué representa para usted defender una vez más los colores de los Países Bajos en el Campeonato Mundial FEI de Aquisgrán?

Me llamo Sanne de Jong, tengo 31 años y soy amazona de concurso completo para los Países Bajos. Estoy extremadamente feliz y orgullosa de poder representar nuevamente a mi país en un Campeonato Mundial, y más aún con un caballo criado en nuestra propia casa. Es algo verdaderamente especial. Cada campeonato es un privilegio inmenso, pero participar en una cita de esta importancia con una yegua a la que hemos visto crecer desde el primer día aporta, sin duda, una dimensión aún más entrañable a esta aventura.

Usted ya conoce las mayores citas internacionales, desde los Campeonatos de Europa hasta los Juegos Olímpicos de París. ¿Qué diferencia, a su juicio, a un Campeonato Mundial de estas otras competiciones, tanto a nivel emocional como mental?

Ya participé en el Campeonato Mundial de Pratoni, pero aquella edición estaba dedicada íntegramente al concurso completo. En Aquisgrán será completamente diferente. Vamos a competir en lo que es, desde mi punto de vista, el verdadero corazón de los deportes ecuestres. Ver las seis disciplinas reunidas en el mismo lugar crea una atmósfera totalmente única. Se respira toda la riqueza de nuestro deporte y eso hace que esta competición sea aún más excepcional. Tengo muchísimas ganas de vivir esta experiencia.

En Aquisgrán volverá a formar binomio con Enjoy, una yegua que la acompaña desde hace muchos años. ¿Cómo ha evolucionado su relación a lo largo de las temporadas y qué la hace tan especial para usted?

Enjoy es una yegua que siempre da el cien por cien... y a menudo incluso más. Soy consciente cada día de la suerte que tengo al poder contar con una compañera como ella. A lo largo de los años me ha permitido vivir experiencias extraordinarias, y espero sinceramente que Aquisgrán se sume a esa larga lista de recuerdos inolvidables. Lo que la hace realmente excepcional es su entrega total. Cada vez que entra en una pista de concurso, lo da absolutamente todo.

Desde los Campeonatos Mundiales de Caballos Jóvenes hasta los Juegos Olímpicos, y pasando ahora por un nuevo Campeonato Mundial, Enjoy la ha acompañado en casi todas las etapas de su carrera. ¿Qué ha cambiado en usted, tanto como amazona como persona?

Creo que Enjoy me ha enseñado una lección fundamental: no rendirse jamás. También me ha enseñado a mantener la mente abierta. Se puede aprender de todo el mundo, de cada caballo, de cada experiencia, pero es igual de importante ser fiel a uno mismo y a la propia manera de trabajar. Hemos atravesado todas las etapas juntas. Hemos crecido lado a lado, tanto en lo deportivo como en lo personal, y creo que esta aventura compartida me ha hecho evolucionar enormemente.

Echando la vista atrás hacia los Juegos Olímpicos de París 2024, ¿qué aprendizaje es el que más la ha marcado en su preparación para Aquisgrán?

Los Juegos Olímpicos me enseñaron sobre todo que no hay que intentar hacer siempre de más. Como jinetes y amazonas, estamos acostumbrados a tener jornadas muy cargadas: montar varios caballos, gestionar el entrenamiento, los cuidados, los alumnos o la organización de la cuadra. Luego, cuando llegas a un campeonato, todo cambia de golpe. Solo te ocupas de un caballo, los días son mucho más tranquilos, pero aun así sientes ese impulso de seguir haciendo tanto como en casa. Con la experiencia he entendido que hay que aceptar ese cambio de ritmo. Es importante mantener la rutina habitual, sin buscar compensar ni hacer de más simplemente porque la exigencia sea mayor.

El concurso completo se presenta a menudo como la disciplina donde la relación entre el caballo y su jinete es más fuerte. ¿Cómo definiría la confianza y cómo la construye día a día con Enjoy?

Creo que puedo decir que Enjoy y yo compartimos una relación realmente especial. Siempre hemos estado juntas y hemos recorrido cada escalón de nuestra carrera lado a lado. Una confianza así no se construye en pocas semanas. Exige años de trabajo, paciencia y momentos compartidos. Por supuesto, esta relación se trabaja sobre la montura, pero también en todo lo que ocurre fuera de los entrenamientos. Me encanta pasar mucho tiempo cepillando a mis caballos, cuidándolos y simplemente estando con ellos. Estoy convencida de que todos esos pequeños momentos del día a día refuerzan nuestra complicidad y hacen que nuestra alianza sea aún más sólida cuando entramos en la pista.

Usted ha competido tanto en salto de obstáculos como en concurso completo. ¿De qué manera ha enriquecido su equitación esta doble experiencia?

De hecho, hoy en día sigo haciendo mucho salto de obstáculos, aunque me dedico principalmente a los caballos jóvenes. Los recibo justo después de ser desbravados y los acompaño progresivamente hasta el nivel de 1,30 m o 1,35 m antes de ceder el relevo. Es una parte de mi trabajo que me apasiona. Me encanta todo el proceso de formación, desde los primeros recorridos hasta el momento en que están listos para continuar su carrera. Y, al final, creo que ellos me enseñan a mí tanto como yo a ellos. Esta experiencia resulta también muy útil para el concurso completo. Tras el campo a través, el recorrido de salto de obstáculos exige siempre un planteamiento un poco diferente. El hecho de sentirse completamente cómoda sobre recorridos grandes permite afrontar esta última prueba con mucha más confianza.

El cross de Aquisgrán se prevé especialmente exigente. A su juicio, ¿qué cualidades permitirán marcar la diferencia a los aspirantes a las medallas?

Todos esperamos un recorrido de cross muy técnico. En este tipo de campeonatos, creo que los caballos más fáciles de conducir y los jinetes capaces de mantener una calidad de equitación impecable a lo largo de todo el trazado tendrán una verdadera ventaja. La manejabilidad, la precisión y la fluidez serán probablemente los elementos que permitan realizar los recorridos más rápidos manteniendo el marcador a cero. Son esos detalles los que marcarán la diferencia antes del último día de competición.

El concurso completo ha evolucionado enormemente en la última década. ¿Qué cambios le parecen los más significativos y cree que han hecho progresar a la disciplina?

Encuentro que el doma y el salto de obstáculos tienen hoy mucha más influencia en la clasificación final que antes. Paralelamente, los recorridos de cross se han vuelto más técnicos, exigiendo mayor precisión en la monta en lugar de ser una pura demostración de valentía. Personalmente, esto me gusta mucho. Al haber crecido con una sólida base en salto de obstáculos, aprecio esta evolución porque pone más en valor la finura de la equitación y la calidad de la compenetración entre el caballo y su jinete.

El público a menudo solo ve los pocos minutos invertidos en un cuadrilátero de doma, un recorrido de salto o un cross. ¿Qué parte de la preparación de un campeonato le gustaría que los aficionados descubrieran más a fondo?

Creo que lo que la gente debería ver más es todo el camino que conduce hasta un campeonato como este. Son años de trabajo, paciencia y perseverancia los que permiten estar en la línea de salida de una competición así. Por supuesto, los pocos minutos en pista son muy importantes, pero solo representan una fracción diminuta de la aventura. Lo que hace que este deporte sea tan especial es todo el tiempo que pasamos junto a estos animales extraordinarios. El vínculo que se crea entre un caballo y su jinete es algo valiosísimo. En el fondo, es lo que da todo el sentido a nuestro día a día.

Todo deportista conoce victorias memorables, pero también etapas más complicadas. Con el tiempo, ¿qué revés la ha hecho progresar más?

Creo que cada momento difícil nos enseña algo diferente. No existe una sola experiencia que lo cambie todo, sino una multitud de momentos que nos obligan a evolucionar. En esas etapas simplemente hay que mantener la cabeza fría, seguir trabajando y, sobre todo, rodearse de las personas adecuadas. Contar con personas cercanas capaces de apoyarte cuando las cosas se complican es probablemente uno de los pilares más importantes de una carrera. A menudo son esos momentos difíciles los que nos hacen más fuertes para el futuro.

Cuando los resultados no están a la altura de sus expectativas, ¿cómo logra recuperar la confianza, tanto en usted misma como en sus caballos?

Representar a tu país es siempre un honor inmenso. Amo profundamente defender los colores de los Países Bajos. Tenemos la suerte de formar parte de una generación que avanza constantemente y que trabaja con muchísima ambición. Poder contribuir a esta dinámica y defender los colores naranjas en un campeonato del mundo es un orgullo enorme.

Si tuviera que describir a Enjoy en solo tres palabras, ¿cuáles elegiría... y por qué?

Diría que es valiente, leal… y con mucho carácter. En concurso, haría absolutamente cualquier cosa por conseguir el mejor resultado posible. Lo da todo sin rendirse jamás. En casa, en cambio, tiene sus propias ideas y su personalidad bien marcada. ¡Casi se podría decir que es su mundo... y que los demás solo vivimos en él! Pero, sinceramente, después de todo lo que ha logrado, creo que se ha ganado de sobra ese privilegio.

Cuando se encuentra en el cajón de salida de un Campeonato Mundial, ¿qué pasa por su cabeza durante los últimos segundos antes de la cuenta atrás?

En ese momento pienso sobre todo en Enjoy. Sé que las dos vamos a dar lo mejor de nosotras mismas, así que lo importante es mantenerse lo más relajada posible. Sobre todo no quiero pensar demasiado. La idea es simplemente mantenerse concentrada, confiar en todo el trabajo realizado previamente y montar como lo hacemos cada día. En el fondo, cuando se llega a este nivel de competición, hay que dejar hablar a los automatismos y disfrutar plenamente del momento.

Para terminar, cuando la gente recuerde su trayectoria con Enjoy dentro de unos años, ¿qué le gustaría que retuvieran, no de sus resultados, sino de la historia que han construido juntas?

Me gustaría que recordaran que absolutamente todo es posible. Con Enjoy empezamos casi desde cero. Juntas participamos en dos Campeonatos Mundiales de Caballos Jóvenes, dos Campeonatos de Europa, dos Campeonatos Mundiales Seniors y, finalmente, en los Juegos Olímpicos. Al principio, muy pocas personas habrían imaginado que llegaría tan lejos. Más allá de todas estas competiciones, lo que yo guardaré siempre es nuestro día a día. Me encanta simplemente pasar cada jornada con ella. Nuestros paseos por el bosque o por la playa siguen siendo, sin duda, de mis momentos favoritos. Son esos instantes, mucho más que los resultados, los que hacen que nuestra aventura sea tan especial. Porque, al final, nuestra historia no se reduce a los rendimientos en las pistas de concurso, sino a todos los años que hemos compartido juntas, creciendo lado a lado y construyendo una relación basada en una confianza absoluta. Eso es de lo que me gustaría que la gente se acordara por encima de todo.

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