On the Road to Aachen #19 – Charley-Ann Barford "Il n'y a pas de mots pour décrire ce que je ressens."
Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !
JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !
Samuel Benibre
8/9/202626 min read
Il est des trajectoires qui dépassent le cadre du sport pour toucher à l'essentiel de la condition humaine. Dans le grand livre des Championnats du Monde d'Aix-la-Chapelle 2026, l'histoire de Charley-Ann Barford s'écrira en lettres d'or, scellant une première historique absolue pour le Zimbabwe. Cavalier de troisième génération née et élevée sur les terres zimbabwéennes, Charley-Ann incarne cette passion brute, façonnée dès le plus jeune âge sur des réformés de courses à l'énergie débordante. Mais derrière le sourire lumineux et la détermination de cette femme de cheval se cache une résilience forgée dans le feu des épreuves les plus sombres. En 2014, en l'espace d'une seule année, le sort lui arrachait ses deux piliers : son fiancé Keegan, emporté dans un accident deux mois avant leur mariage, puis son père Scott, terrassé par le cancer. Seule face au vide, c'est son amour viscéral pour les chevaux qui l'a sauvée du gouffre.
Armée d'un courage immense, d'un pick-up, de trois chiens et de six chevaux, elle a mis le cap sur l'Afrique du Sud pour bâtir, à partir de rien et grâce au soutien de bienveillants propriétaires, les écuries CC Equestrian. Aujourd'hui, forte d'un piquet de 60 chevaux au pays et d'une renaissance personnelle auprès de son époux Roy, Charley-Ann Barford s'apprête à réaliser un exploit logistique et sportif retentissant : traverser les continents, braver un confinement strict de 30 jours pour ses chevaux, surmonter des refus de visas et s'implanter en Europe grâce à un élan de solidarité internationale émouvant. Aux côtés de sa jument de cœur, la combattante Odiena van Berimar, la première cavalière zimbabwéenne de l'histoire des Championnats du Monde s'avance vers le temple de la Soers. Pour Le Mag'Equestre, Charley-Ann se livre avec une authenticité bouleversante sur cette odyssée africaine, sa jument superstar et la fierté d'inscrire son pays sur la carte du saut d'obstacles mondial.

©Collection Privée
Pourriez-vous vous présenter, nous parler de votre jument de tête Odiena van Berimar, et nous expliquer comment s'organise votre piquet de chevaux à deux semaines des Championnats du Monde d'Aix-la-Chapelle ?
Je m'appelle Charley-Ann Barford. Je suis zimbabwéenne de troisième génération, née et élevée au Zimbabwe. J'ai commencé à monter avant même de m'en souvenir, et les chevaux ont toujours été ma passion. Ma mère, ma tante et ma grand-mère m'ont tout appris, en suivant le système du Pony Club britannique. Avec des moyens financiers limités, j'ai grandi en montant tout ce qu'on voulait bien me confier en poney-club : des poneys espiègles et beaucoup de pur-sangs issus des hippodromes, dont certains que j'ai emmenés jusqu'en épreuves à 1,50 m. Je parle anglais, shona et français ; j'adore les chiens, mon jardin, la pêche et la brousse africaine.
En 2014, j'ai vécu des pertes qui ont failli me détruire. En l'espace d'un an, j'ai perdu mon fiancé Keegan — avec qui j'étais depuis 11 ans — dans un accident, deux mois seulement avant notre mariage. Puis j'ai vu mon père, Scott Crockart, s'éteindre d'un cancer à l'âge de 56 ans. Ces deux hommes étaient tout pour moi, et je crois que la seule chose qui m'a sauvée a été ma passion pour les chevaux. N'ayant plus rien à perdre, j'ai chargé mon pick-up avec mes trois chiens et mes six chevaux, et je suis partie en Afrique du Sud pour poursuivre mon rêve. J'ai eu la chance incroyable de recevoir l'aide de la famille Hay, qui a cru en moi et m'a aidée à bâtir CC Equestrian à partir de zéro — nous avons 60 chevaux aux écuries aujourd'hui ! J'ai aussi croisé des propriétaires formidables, notamment Helen Human qui a acheté Odiena pour nous, et j'ai retrouvé l'amour auprès de Roy Barford, mon merveilleux mari que j'ai épousé en avril dernier. J'aime mon pays et je suis si fière d'être la toute première Zimbabwéenne à participer aux Championnats du Monde.
Odiena van Berimar est ma jument de 12 ans par Kannan, que j'ai depuis deux ans. C'est la patronne de l'écurie, nous travaillons tous pour elle ! Elle adore être sale en permanence et a un cœur plus grand que son corps. C'est une vraie guerrière, probablement plus intelligente que nous tous réunis. J'ai aussi la chance d'avoir quatre autres chevaux de 1,40 m / 1,50 m confiés par des sponsors pour m'accompagner en Europe. Ils font pleinement partie de ma préparation car ils me permettent de tourner en concours et de progresser. Ce week-end, je saute Khaleesi, Check me Z, Legend et Comme Elle à l'Azelhof, puis les cinq — avec Odiena — au Sentower Park pour notre ultime répétition avant Aix.
Pour une nation comme le Zimbabwe, concourir sur la scène mondiale est un moment historique. Que ressentez-vous à l'idée de porter le drapeau zimbabwéen dans la mythique arène de la Soers ?
Il n'y a pas de mots pour décrire ce que je ressens, si ce n’est que cela ressemble à un rêve éveillé. Je me réveille chaque matin sans réussir à y croire ! (Rires) J'essaie de ne pas trop y penser pour ne pas me laisser submerger par l'émotion, mais je compte bien savourer chaque seconde le jour J, au moment de franchir ce tunnel vers la piste de la Soers !
Le public européen vous a vue régulièrement en Belgique, en France et en Allemagne ces derniers mois. Quelle logistique titanesque faut-il déployer pour relier l'Afrique australe au circuit européen ?
Cela a été une aventure palpitante, éprouvante et parfois totalement étourdissante qui a débuté en décembre. J'ai d'abord emmené les chevaux par la route jusqu'à Le Cap pour débuter leur résidence à Constantia. Une amie zimbabwéenne, Anthea Erasmus, nous a ouvert sa maison : à moi, mes chevaux, mes grooms et mon chien Mana. Pendant trois mois, nous les avons entretenus avec mes entraîneurs Gerry Flynn et Dominey Alexander. Sans pouvoir sortir en concours, nous avons tout fait pour les garder au sommet de leur forme avant le confinement strict.
Les chevaux ont ensuite déménagé 14 jours sur l'hippodrome de Milnerton pour faire du cardio sur la piste. De là, ils sont entrés en quarantaine stricte : 30 jours fermés en box, sans que je puisse les approcher. Mon groom Verison est resté enfermé avec eux, et l'équipe de physiothérapie d'Equinelibrium venait chaque semaine lui enseigner des exercices de gainage et d'équilibre à réaliser au box pour préserver leur masse musculaire. De mon côté, je suis rentrée à Johannesbourg pour réorganiser l'écurie pendant mon absence. Ma mère Penny, mon mari Roy, Jason Philips, mes grooms et mes clients m'ont soutenue de façon incroyable pour faire tourner l'entreprise.
Je me suis dit que si je faisais ce voyage, je devais me donner à 100 % pour mes chevaux et rester avec eux tout le temps sans rentrer chez moi. Les chevaux ont pris l'avion pour Nairobi, puis Amsterdam, où je les ai récupérés pour les installer en France le 10 avril. Malheureusement, le visa de mon groom a été refusé. C'était un coup très dur pour les chevaux et pour moi, mais aussi une grande tristesse pour Macdonald, un groom zimbabwéen qui avait tellement travaillé pour mériter cette expérience.
J'ai alors lancé un appel à de jeunes cavaliers européens qui étaient venus chez moi en Afrique du Sud... Et la solidarité a été prodigieuse ! Klara Sandberg et sa mère Anna Karin ont envoyé leur camion depuis la Suède pour que je puisse me déplacer sur les concours. Marie-Christine et Bernard Garreau nous ont offert un toit formidable en France. Ana Lucia (du Pérou), Anika (Hollande), Bica (Belgique) et Pauline (Allemagne) m'ont toutes aidée avec les chevaux depuis mon arrivée. Nous sommes partis d'Afrique avec simplement nos selles et nos filets : presque tout le matériel m'a été prêté par des personnes fantastiques en chemin. Leur premier grand concours a été Le Touquet grâce à une wild-card, et j'étais tellement fière de leur comportement après un tel périple. Le public européen m'a accueillie à bras ouverts.
Avec Odiena van Berimar, vous avez affronté de gros parcours à 1,50 m et 1,55 m cet été, notamment à Opglabbeek, Maubeuge et Riesenbeck. Quel regard portez-vous sur la progression de votre jument ?
En arrivant en Europe, il me manquait encore une qualification pour les Championnats du Monde. Je l'ai décrochée dans le Grand Prix 4* à 1,60 m d'Opglabbeek. C'était le tout premier parcours à 1,60 m de notre vie, à Odiena et à moi ! Cette petite jument a enclenché une vitesse supérieure sur ces obstacles gigantesques. Odiena est tout simplement incroyable : à chaque tour, nous apprenons ensemble et nous cherchons à nous améliorer. C'est une star, et elle sera ma star pour toujours.
Au Zimbabwe, où les sports équestres disposent de ressources très modestes, quel soutien recevez-vous de la Fédération (ZZEF) et de la communauté locale ?
Je suis submergée par le soutien de la communauté équestre zimbabwéenne, que les résultats soient bons ou moins bons. La Fédération est très petite et dispose de moyens limités, mais ils ont fait absolument tout ce qui était en leur pouvoir pour m'aider à engager dans les concours au fil du parcours.
Vous êtes perçue comme une figure de proue et un modèle pour la jeune génération en Afrique australe. Comment embrassez-vous ce rôle de mentor ?
Je serai toujours là pour conseiller les jeunes athlètes passionnés par notre sport, d'où qu'ils viennent et quel que soit leur milieu. Je coache beaucoup et j'ai travaillé avec la FEI pour préparer l'équipe Afrique pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse. Je crois profondément à la transmission : parfois, plus vous donnez, plus vous recevez en retour.
On sait à quel point il est difficile pour les petites nations équestres de rivaliser avec les mastodontes du circuit. Quel est votre état d'esprit au moment d'aborder ces épreuves majeures ?
Je me suis qualifiée et je suis la toute première cavalière à représenter le Zimbabwe. Alors même si je n'entrais en piste à Aix-la-Chapelle que pour sauter un seul obstacle, ce serait déjà aller plus loin que quiconque dans l'histoire de mon pays. Sur chaque concours ici, mon unique objectif est de donner le meilleur de moi-même et d'offrir le meilleur parcours possible à chacun de mes chevaux.
Aux côtés d'Odiena, vous vous appuyez sur Khaleesi, Legend ou Comme Elle vd Duvelshoeve Z. Comment gérez-vous le travail au quotidien pour continuer à former des chevaux de Grand Prix ?
Cela demande une somme de travail gigantesque et énormément de déplacements, mais nous avons géré cela d'une main de maître en équipe. Ma philosophie consiste à considérer chaque cheval comme un individu unique et à chercher ce qui fonctionne le mieux pour lui. Ils sont tous si différents ! Plus vous passez de temps avec eux, plus vous trouvez la recette idéale. J'ai d'ailleurs fait naître des poulains d'Odiena et de Check me Z en Afrique du Sud : j'ai des jeunes très prometteurs pour l'avenir.

Vous avez déjà représenté le Zimbabwe aux Jeux Africains à Rabat ou lors de la Coupe des Nations à Steyn City. En quoi l'expérience d'un Championnat du Monde à Aix-la-Chapelle est-elle différente ?
Rien au monde ne peut être comparé à Aix-la-Chapelle... Aix, c'est Aix, tout simplement !
La relève zimbabwéenne progresse sur le circuit régional et le FEI World Jumping Challenge. Quel message souhaitez-vous envoyer aux jeunes riders qui vont vous regarder à la télévision ?
Parfois, il faut être prêt à accomplir des choses que personne d'autre ne ferait ou ne voudrait faire pour arriver là où l'on veut aller. Soyez courageux, travaillez dur, et si vous pensez travailler dur, travaillez encore plus dur ! Apprenez sans cesse des meilleurs et ne vous arrêtez jamais d'apprendre. Soyez déçus après un mauvais parcours — soyez vraiment en colère, mais seulement pendant une demi-heure ! Ensuite, remettez-vous au travail pour corriger ce qui doit l'être en vue du concours suivant.
Entrer dans le stade d'Aix-la-Chapelle devant 40 000 spectateurs est un moment marquant dans une carrière. Comment préparez-vous Odiena mentalement à cette ambiance électrique ?
Odiena va adorer ça ! Elle va s'imaginer que tous ces gens sont là uniquement pour elle ! (Rires) De mon côté, je vais m'efforcer de garder un calme absolu dans ma tête et de rester concentrée sur mon travail pour elle, car elle est extrêmement sensible à mes émotions. Elle sait parfaitement quand les choses deviennent sérieuses.
Quel est l'objectif technique ou tactique ultime que vous vous êtes fixé avec Odiena pour ces parcours de Championnat du Monde ?
Une étape après l'autre. Tout peut arriver et je suis simplement tellement reconnaissante et privilégiée d'être dans cette position aujourd'hui.
Pour conclure, Charley, qu'est-ce qui ferait de ces Championnats du Monde 2026 à Aix-la-Chapelle un succès total à vos yeux et pour le sport zimbabwéen ?
Pour moi, être ici et avoir décroché cette qualification est déjà un succès absolu ! Tout ce qui arrivera à partir de maintenant ne sera que du bonus. Quoi qu'il advienne, Odiena et moi serons portées par un soutien immense. Le simple fait d'écrire l'histoire ensemble est purement magique.
©Aleruiz
ENGLISH VERSION !
As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.
In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.
These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.
From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.
On the Road to Aachen #19 – Charley-Ann Barford
“There are no words to describe what I feel.”


There are career paths that transcend the boundaries of sport to touch upon the essence of the human condition. In the history books of the 2026 World Championships in Aachen, Charley-Ann Barford’s story will be written in gold, sealing an absolute historical first for Zimbabwe. A third-generation rider born and raised on Zimbabwean soil, Charley-Ann embodies that raw passion, forged from the youngest age on off-the-track racehorses brimming with boundless energy. But behind the bright smile and determination of this horsewoman lies a resilience forged in the fire of the darkest trials. In 2014, within a single year, fate stole both of her pillars: her fiancé Keegan, taken in an accident two months before their wedding, and then her father Scott, who succumbed to cancer. Alone in the void, it was her visceral love for horses that saved her from the abyss.
Armed with immense courage, a pick-up truck, three dogs, and six horses, she set course for South Africa to build CC Equestrian stables from scratch through the support of benevolent owners. Today, boasting a string of 60 horses back home and a personal rebirth alongside her husband Roy, Charley-Ann Barford is about to achieve a resounding logistical and sporting feat: crossing continents, braving a strict 30-day quarantine for her horses, overcoming visa rejections, and establishing herself in Europe thanks to a moving wave of international solidarity. Alongside her heart horse, the fighter Odiena van Berimar, the first Zimbabwean rider in the history of the World Championships steps toward the temple of the Soers. For Le Mag'Équestre, Charley-Ann speaks with overwhelming authenticity about this African odyssey, her superstar mare, and the pride of putting her country on the global show jumping map.
©Aleruiz
Could you introduce yourself, tell us about your lead mare Odiena van Berimar, and explain how your string of horses is organized two weeks away from the World Championships in Aachen?
My name is Charley-Ann Barford. I am a third-generation Zimbabwean, born and raised in Zimbabwe. I started riding before I can even remember, and horses have always been my passion. My mother, my aunt, and my grandmother taught me everything, following the British Pony Club system. With limited financial means, I grew up riding anything people were willing to entrust to me at the pony club: cheeky ponies and a lot of thoroughbreds straight off the racetrack, some of which I took all the way up to 1.50m classes. I speak English, Shona, and French; I love dogs, my garden, fishing, and the African bush.
In 2014, I experienced losses that almost destroyed me. Within one year, I lost my fiancé Keegan—whom I had been with for 11 years—in an accident, just two months before our wedding. Then I watched my father, Scott Crockart, pass away from cancer at the age of 56. Those two men were everything to me, and I believe the only thing that saved me was my passion for horses. Having nothing left to lose, I packed my pick-up with my three dogs and six horses, and set off for South Africa to pursue my dream. I was incredibly lucky to receive help from the Hay family, who believed in me and helped me build CC Equestrian from scratch—we have 60 horses at the yard today! I also crossed paths with wonderful owners, notably Helen Human who bought Odiena for us, and I found love again with Roy Barford, my wonderful husband whom I married last April. I love my country and I am so proud to be the very first Zimbabwean to compete in the World Championships.
Odiena van Berimar is my 12-year-old mare by Kannan, whom I’ve had for two years. She is the boss of the yard; we all work for her! She loves being filthy at all times and has a heart bigger than her body. She is a true warrior, probably smarter than all of us combined. I am also fortunate to have four other 1.40m/1.50m horses entrusted by sponsors to accompany me in Europe. They are a vital part of my preparation because they allow me to compete and keep progressing. This weekend, I am jumping Khaleesi, Check me Z, Legend, and Comme Elle at Azelhof, and then all five—including Odiena—at Sentower Park for our final rehearsal before Aachen.
For a nation like Zimbabwe, competing on the world stage is a historical milestone. How do you feel about carrying the Zimbabwean flag into the legendary Soers arena?
There are no words to describe how I feel, other than that it feels like a waking dream. I wake up every morning unable to believe it! (Laughs) I try not to think about it too much so I don't get overwhelmed by emotion, but I fully intend to savor every single second on the big day, the moment I walk through that tunnel onto the Soers arena!
European audiences have seen you regularly in Belgium, France, and Germany over recent months. What titanic logistics does it take to connect Southern Africa to the European circuit?
It has been a thrilling, grueling, and at times completely dizzying adventure that began in December. I first took the horses by road down to Cape Town to start their residency in Constantia. A Zimbabwean friend, Anthea Erasmus, opened her home to us: to me, my horses, my grooms, and my dog Mana. For three months, we kept them fit with my trainers Gerry Flynn and Dominey Alexander. Without being able to go to shows, we did everything to keep them at peak fitness before the strict quarantine.
The horses then moved to Milnerton Racecourse for 14 days to do cardio work on the track. From there, they entered strict quarantine: 30 days locked in stables, without me being able to approach them. My groom Verison stayed locked inside with them, and the physiotherapy team from Equinelibrium came every week to teach him core stability and balance exercises to perform in the box to preserve their muscle mass. On my side, I returned to Johannesburg to reorganize the yard in my absence. My mother Penny, my husband Roy, Jason Philips, my grooms, and my clients supported me incredibly to keep the business running.
I told myself that if I was doing this journey, I had to give 100% to my horses and stay with them the whole time without going home. The horses flew to Nairobi, then Amsterdam, where I picked them up to settle them in France on April 10th. Unfortunately, my groom's visa was rejected. That was a devastating blow for the horses and for me, but also a great sadness for Macdonald, a Zimbabwean groom who had worked so hard to deserve this experience.
I then launched an appeal to young European riders who had come to stay with me in South Africa... And the solidarity was extraordinary! Klara Sandberg and her mother Anna Karin sent their truck from Sweden so I could travel to shows. Marie-Christine and Bernard Garreau offered us a wonderful home in France. Ana Lucia (from Peru), Anika (Holland), Bica (Belgium), and Pauline (Germany) have all helped me with the horses since I arrived. We left Africa with just our saddles and bridles: almost all the equipment was loaned to me by fantastic people along the way. Their first big show was Le Touquet thanks to a wild-card, and I was so proud of how they handled it after such a journey. The European public welcomed me with open arms.
With Odiena van Berimar, you tackled big 1.50m and 1.55m tracks this summer, notably in Opglabbeek, Maubeuge, and Riesenbeck. How do you view your mare's progression?
When I arrived in Europe, I was still missing a qualification score for the World Championships. I earned it in the 4* 1.60m Grand Prix in Opglabbeek. It was the very first 1.60m course of our lives, both for Odiena and for me! That little mare shifted into a higher gear over those gigantic obstacles. Odiena is simply incredible: with every round, we learn together and look for ways to improve. She is a star, and she will be my star forever.
In Zimbabwe, where equestrian sports have very modest resources, what support do you receive from the Federation (ZZEF) and the local community?
I am overwhelmed by the support from the Zimbabwean equestrian community, whether the results are good or less good. The Federation is very small and has limited means, but they have done absolutely everything in their power to help me enter shows all along the way.
You are seen as a figurehead and a role model for the younger generation in Southern Africa. How do you embrace this mentoring role?
I will always be there to advise young athletes who are passionate about our sport, wherever they come from and whatever their background. I coach a lot and I worked with the FEI to prepare Team Africa for the Youth Olympic Games. I deeply believe in giving back: sometimes, the more you give, the more you receive in return.
We know how difficult it is for small equestrian nations to compete with the powerhouses of the circuit. What is your mindset as you approach these major events?
I qualified and I am the very first rider to represent Zimbabwe. So even if I were to step onto the ring in Aachen just to jump a single fence, it would already be going further than anyone in my country's history. At every show here, my sole goal is to give my absolute best and offer the best possible round to each of my horses.
Alongside Odiena, you rely on Khaleesi, Legend, or Comme Elle vd Duvelshoeve Z. How do you manage daily training to keep producing Grand Prix horses?
It takes a massive amount of work and endless traveling, but we have managed it masterfully as a team. My philosophy consists of treating every horse as a unique individual and finding what works best for them. They are all so different! The more time you spend with them, the more you find the perfect recipe. I have actually bred foals out of Odiena and Check me Z back in South Africa: I have very promising young ones for the future.
You have already represented Zimbabwe at the African Games in Rabat and at the Nations Cup in Steyn City. How does the experience of a World Championship in Aachen differ?
Nothing in the world can be compared to Aachen... Aachen is simply Aachen!
The next generation of Zimbabwean riders is making progress on the regional circuit and in the FEI World Jumping Challenge. What message would you like to send to the young riders who will be watching you on TV?
Sometimes, you have to be willing to do things nobody else would do or want to do to get to where you want to go. Be brave, work hard, and if you think you are working hard, work even harder! Never stop learning from the best and never stop learning, period. Be disappointed after a bad round—be really angry, but only for half an hour! Then get back to work to fix what needs fixing for the next show.
Entering the Aachen stadium in front of 40,000 spectators is a milestone in any career. How do you prepare Odiena mentally for this electric atmosphere?
Odiena is going to love it! She will imagine that all those people are there just for her! (Laughs) On my end, I am going to focus on keeping absolute calmness in my mind and staying focused on my job for her, because she is extremely sensitive to my emotions. She knows perfectly well when things get serious.
What is the ultimate technical or tactical goal you have set for yourself and Odiena for these World Championship rounds?
One step at a time. Anything can happen, and I am just so grateful and privileged to be in this position today.
To conclude, Charley, what would make these 2026 World Championships in Aachen a total success in your eyes and for Zimbabwean sport?
For me, just being here and securing this qualification is already an absolute success! Anything that happens from now on is purely a bonus. No matter what happens, Odiena and I will be lifted by immense support. Simply making history together is purely magical.
Versión En Español
A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.
En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.
Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.
Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.
On the Road to Aachen #19 – Charley-Ann Barford
"No hay palabras para describir lo que siento."


Hay trayectorias que trascienden el marco del deporte para tocar la esencia misma de la condición humana. En el gran libro del Campeonato Mundial de Aquisgrán 2026, la historia de Charley-Ann Barford se escribirá con letras de oro, sellando un hito histórico absoluto para Zimbabue. Jinete de tercera generación nacida y criada en tierras zimbabuenses, Charley-Ann encarna esa pasión pura, forjada desde muy joven sobre caballos retirados de las carreras y llenos de una energía desbordante. Pero detrás de la sonrisa luminosa y la determinación de esta mujer de caballo se esconde una resiliencia forjada en el fuego de las pruebas más oscuras. En 2014, en el espacio de un solo año, el destino le arrebató sus dos pilares: su prometido Keegan, fallecido en un accidente dos meses antes de su boda, y su padre Scott, víctima del cáncer. Sola ante el vacío, fue su amor visceral por los caballos lo que la salvó del abismo.
Armada con un valor inmenso, una camioneta, tres perros y seis caballos, puso rumbo a Sudáfrica para construir desde cero, y gracias al apoyo de propietarios generosos, la cuadra CC Equestrian. Hoy, con una base de 60 caballos en su país y un renacer personal junto a su esposo Roy, Charley-Ann Barford se dispone a lograr una hazaña logística y deportiva clamorosa: cruzar continentes, desafiar una estricta cuarentena de 30 días para sus caballos, superar la denegación de visados y establecerse en Europa gracias a un conmovedor impulso de solidaridad internacional. Junto a su yegua del alma, la luchadora Odiena van Berimar, la primera jinete zimbabuense de la historia del Campeonato Mundial se encamina hacia el templo del Soers. Para Le Mag'Équestre, Charley-Ann habla con una autenticidad conmovedora sobre esta odisea africana, su yegua estrella y el orgullo de inscribir a su país en el mapa del salto de obstáculos mundial.
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¿Podría presentarse, hablar de su yegua principal Odiena van Berimar y explicarnos cómo se organiza su cuadra a dos semanas del Campeonato Mundial de Aquisgrán?
Me llamo Charley-Ann Barford. Soy zimbabuense de tercera generación, nacida y criada en Zimbabue. Empecé a montar antes de que pueda recordarlo, y los caballos siempre han sido mi pasión. Mi madre, mi tía y mi abuela me lo enseñaron todo, siguiendo el sistema del Pony Club británico. Con recursos financieros limitados, crecí montando todo lo que me querían confiar en el pony club: ponis traviesos y muchos purasangres salidos de los hipódromos, algunos de los cuales llevé hasta pruebas de 1,50 m. Hablo inglés, shona y francés; me encantan los perros, mi jardín, la pesca y la sabana africana.
En 2014 viví pérdidas que estuvieron a punto de destruirme. En el plazo de un año, perdí a mi prometido Keegan —con quien llevaba 11 años— en un accidente, solo dos meses antes de nuestra boda. Después vi a mi padre, Scott Crockart, fallecer de cáncer a los 56 años. Esos dos hombres lo eran todo para mí, y creo que lo único que me salvó fue mi pasión por los caballos. Sin nada más que perder, cargué mi camioneta con mis tres perros y mis seis caballos y me fui a Sudáfrica para perseguir mi sueño. Tuve la suerte increíble de recibir la ayuda de la familia Hay, que creyó en mí y me ayudó a construir CC Equestrian desde cero: ¡hoy tenemos 60 caballos en la cuadra! También me crucé con propietarios fantásticos, en especial Helen Human, que compró a Odiena para nosotras, y volví a encontrar el amor junto a Roy Barford, mi maravilloso marido con quien me casé el pasado mes de abril. Amo a mi país y estoy muy orgullosa de ser la primerísima zimbabuense en participar en el Campeonato Mundial.
Odiena van Berimar es mi yegua de 12 años por Kannan, a la que tengo desde hace dos años. Es la jefa de la cuadra: ¡todos trabajamos para ella! Le encanta estar sucia todo el tiempo y tiene un corazón más grande que su cuerpo. Es una verdadera guerrera, probablemente más inteligente que todos nosotros juntos. También tengo la suerte de contar con otros cuatro caballos de 1,40 m / 1,50 m confiados por patrocinadores para acompañarme en Europa. Forman parte fundamental de mi preparación porque me permiten competir y seguir progresando. Este fin de semana salto a Khaleesi, Check me Z, Legend y Comme Elle en Azelhof, y luego los cinco —incluida Odiena— en Sentower Park para nuestro último ensayo antes de Aquisgrán.
Para una nación como Zimbabue, competir en la escena mundial es un momento histórico. ¿Qué siente al llevar la bandera zimbabuense en la mítica pista del Soers?
No hay palabras para describir lo que siento, salvo que parece un sueño despierta. ¡Me levanto cada mañana sin poder creérmelo! (Risas) Intento no pensarlo demasiado para no dejarme llevar por la emoción, pero pienso disfrutar cada segundo el día señalado, en el momento de cruzar ese túnel hacia la pista del Soers.
El público europeo la ha visto regularmente en Bélgica, Francia y Alemania en los últimos meses. ¿Qué logística titánica hay que desplegar para conectar el África austral con el circuito europeo?
Ha sido una aventura apasionante, agotadora y a veces totalmente deslumbrante que empezó en diciembre. Primero llevé a los caballos por carretera hasta Ciudad del Cabo para comenzar su residencia en Constantia. Una amiga zimbabuense, Anthea Erasmus, nos abrió su casa: a mí, a mis caballos, a mis mozos y a mi perro Mana. Durante tres meses los mantuvimos en forma con mis entrenadores Gerry Flynn y Dominey Alexander. Sin poder salir a concursar, hicimos todo lo posible para mantenerlos en la cúspide de su forma antes de la estricta cuarentena.
Luego los caballos se trasladaron 14 días al hipódromo de Milnerton para hacer cardio en la pista. De allí entraron en cuarentena estricta: 30 días cerrados en la cuadra, sin que yo pudiera acercarme a ellos. Mi mozo Verison se quedó encerrado con ellos, y el equipo de fisioterapia de Equinelibrium venía cada semana a enseñarle ejercicios de estabilidad y equilibrio para realizar en la cuadra y preservar su masa muscular. Por mi parte, regresé a Johannesburgo para reorganizar la cuadra durante mi ausencia. Mi madre Penny, mi marido Roy, Jason Philips, mis mozos y mis clientes me apoyaron de forma increíble para mantener el negocio en marcha.
Me dije que si hacía este viaje tenía que darme al 100 % por mis caballos y quedarme con ellos todo el tiempo sin volver a casa. Los caballos volaron a Nairobi y luego a Ámsterdam, donde los recogí para instalarlos en Francia el 10 de abril. Lamentablemente, el visado de mi mozo fue denegado. Fue un golpe durísimo para los caballos y para mí, pero también una gran tristeza para Macdonald, un mozo zimbabuense que tanto había trabajado para merecer esta experiencia.
Entonces hice un llamamiento a jóvenes jinetes europeos que habían venido a mi casa en Sudáfrica... ¡Y la solidaridad fue prodigiosa! Klara Sandberg y su madre Anna Karin enviaron su camión desde Suecia para que yo pudiera desplazarme a los concursos. Marie-Christine y Bernard Garreau nos ofrecieron un hogar fantástico en Francia. Ana Lucía (de Perú), Anika (Holanda), Bica (Bélgica) y Pauline (Alemania) me han ayudado con los caballos desde mi llegada. Salimos de África simplemente con nuestras sillas y nuestras cabezadas: casi todo el material me lo prestaron personas fantásticas por el camino. Su primer gran concurso fue Le Touquet gracias a una invitación, y estaba tan orgullosa de su comportamiento tras semejante viaje. El público europeo me ha recibido con los brazos abiertos.
Con Odiena van Berimar se ha enfrentado a grandes recorridos de 1,50 m y 1,55 m este verano, en particular en Opglabbeek, Maubeuge y Riesenbeck. ¿Qué valoración hace de la progresión de su yegua?
Al llegar a Europa me faltaba aún un resultado clasificatorio para el Campeonato Mundial. Lo conseguí en el Gran Premio 4* de 1,60 m de Opglabbeek. ¡Era el primer recorrido de 1,60 m de nuestra vida, tanto de Odiena como mía! Esa pequeña yegua metió una marcha superior sobre esos obstáculos gigantescos. Odiena es sencillamente increíble: en cada salida a pista aprendemos juntas y buscamos mejorar. Es una estrella, y será mi estrella para siempre.
En Zimbabue, donde los deportes ecuestres disponen de recursos muy modestos, ¿qué apoyo recibe de la Federación (ZZEF) y de la comunidad local?
Estoy abrumada por el apoyo de la comunidad ecuestre zimbabuense, sean los resultados buenos o menos buenos. La Federación es muy pequeña y dispone de medios limitados, pero han hecho absolutamente todo lo que estaba en su mano para ayudarme a matricularme en los concursos a lo largo del camino.
Se la ve como una figura de referencia y un modelo para la joven generación en el África austral. ¿Cómo asume este papel de mentora?
Siempre estaré ahí para aconsejar a los jóvenes atletas apasionados por nuestro deporte, vengan de donde vengan y sea cual sea su entorno. Entreno mucho y he trabajado con la FEI para preparar al equipo de África para los Juegos Olímpicos de la Juventud. Creo profundamente en la transmisión de conocimientos: a veces, cuanto más das, más recibes a cambio.
Sabemos lo difícil que es para las naciones ecuestres pequeñas competir con los gigantes del circuito. ¿Cuál es su mentalidad a la hora de afrontar estas grandes citas?
Me he clasificado y soy la primerísima jinete en representar a Zimbabue. Así que, aunque solo saliera a la pista en Aquisgrán para saltar un solo obstáculo, ya sería llegar más lejos que nadie en la historia de mi país. En cada concurso aquí, mi único objetivo es dar lo mejor de mí misma y ofrecer el mejor recorrido posible a cada uno de mis caballos.
Junto a Odiena, cuenta con Khaleesi, Legend o Comme Elle vd Duvelshoeve Z. ¿Cómo gestiona el trabajo diario para seguir formando caballos de Gran Premio?
Exige una cantidad de trabajo gigantesca y muchísimos desplazamientos, pero lo hemos gestionado de forma magistral como equipo. Mi filosofía consiste en considerar a cada caballo como un individuo único y buscar lo que mejor funciona para él. ¡Son todos tan diferentes! Cuanto más tiempo pasas con ellos, más encuentras la receta ideal. De hecho, he hecho nacer potros de Odiena y de Check me Z en Sudáfrica: tengo jóvenes muy prometedores para el futuro.
Ya ha representado a Zimbabue en los Juegos Africanos de Rabat o en la Copa de Naciones de Steyn City. ¿En qué se diferencia la experiencia de un Campeonato Mundial en Aquisgrán?
Nada en el mundo se puede comparar con Aquisgrán... Aquisgrán es Aquisgrán, ¡sencillamente!
El relevo zimbabuense progresa en el circuito regional y en el FEI World Jumping Challenge. ¿Qué mensaje le gustaría enviar a los jóvenes jinetes que la van a mirar por televisión?
A veces hay que estar dispuesto a hacer cosas que nadie más haría o querría hacer para llegar adonde uno quiere llegar. ¡Sed valientes, trabajad duro, y si creéis que trabajáis duro, trabajad aún más duro! Aprended sin cesar de los mejores y no dejéis nunca de aprender. Estad decepcionados tras un mal recorrido —estad realmente enfadados, ¡pero solo durante media hora!— Y luego volved al trabajo para corregir lo que haya que corregir de cara al siguiente concurso.
Entrar en el estadio de Aquisgrán ante 40 000 espectadores es un momento marcado en una carrera. ¿Cómo prepara a Odiena mentalmente para esta atmósfera eléctrica?
¡A Odiena le va a encantar! ¡Se va a imaginar que toda esa gente está ahí solo por ella! (Risas) Por mi parte, me voy a esforzar por mantener una calma absoluta en mi cabeza y seguir concentrada en mi trabajo para ella, porque es extremadamente sensible a mis emociones. Sabe perfectamente cuándo las cosas se ponen serias.
¿Cuál es el objetivo técnico o táctico último que se ha fijado con Odiena para estos recorridos del Campeonato Mundial?
Un paso tras otro. Puede pasar cualquier cosa y estoy simplemente tan agradecida y privilegiada de estar en esta posición hoy.
Para terminar, Charley, ¿qué haría de este Campeonato Mundial de Aquisgrán 2026 un éxito total a sus ojos y para el deporte zimbabuense?
Para mí, estar aquí y haber conseguido esta clasificación ya es un éxito absoluto. Todo lo que venga a partir de ahora será solo una recompensa añadida. Pase lo que pase, Odiena y yo estaremos impulsadas por un apoyo inmenso. El simple hecho de hacer historia juntas es puramente mágico.
