On the Road to Aachen #2 – Mark Bluman "Si l'on voyait d'où nous venons, on comprendrait pourquoi être ici représente tant pour nous."
Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !
JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !
Samuel Benibre
7/31/202626 min read
Après avoir ouvert notre série « On the Road to Aachen » avec l'Argentin Ignacio Maurin, Le Mag'Équestre poursuit son voyage vers les Championnats du Monde FEI 2026 en donnant la parole à l'un des cavaliers les plus en vue de cette saison. Depuis le début de l'année, difficile de passer à côté des performances de Mark Bluman. Vainqueur sur les plus belles pistes d'Amérique du Nord, il a franchi un nouveau cap en remportant son tout premier Grand Prix CSI 5 étoiles à Spruce Meadows avec Landon de Nyze, confirmant ainsi son arrivée parmi les références du très haut niveau.
Mais derrière cette ascension fulgurante se cache une histoire de famille, de travail et de persévérance. Né en Colombie, issu d'une famille profondément attachée au cheval, Mark Bluman s'apprête désormais à écrire un nouveau chapitre de sa carrière sous les couleurs d'Israël. À quelques jours de découvrir l'atmosphère unique d'Aix-la-Chapelle lors de ses premiers Championnats du Monde, il revient avec sincérité sur son parcours, ses chevaux et les personnes qui ont rendu ce rêve possible.

Bonjour Mark. Vous vivez sans doute la meilleure saison de votre carrière. En seulement quelques mois, vous avez déjà dépassé votre record personnel de gains, avec des victoires majeures à Thermal, Lexington, Saugerties et plus récemment à Spruce Meadows. Comment expliquez-vous cette incroyable dynamique ?
C'est le résultat de beaucoup de choses réunies. Bien sûr, les performances en piste sont importantes, mais je suis convaincu qu'elles ne seraient pas possibles sans toutes les personnes qui m'entourent.
Le soutien de ma famille, de toute mon équipe, de mes propriétaires et de mes sponsors m'a permis de construire un groupe de chevaux exceptionnel. Aujourd'hui, si je connais cette réussite, c'est avant tout grâce à eux. Je considère que ces succès leur appartiennent autant qu'à moi et je suis profondément reconnaissant pour toutes les opportunités qu'ils me donnent de vivre cette aventure.
Quand une saison se déroule aussi bien, il est facile de ne voir que les résultats, mais derrière chaque victoire se cachent des années de travail, de patience et de confiance mutuelle entre les chevaux, les propriétaires et toute l'équipe. Je suis conscient de la chance que j'ai de pouvoir évoluer dans un environnement aussi solide.
En juin dernier, vous avez remporté votre tout premier Grand Prix CSI5 à Spruce Meadows avec Landon de Nyze, au terme d'une semaine où vous avez gagné une épreuve internationale chaque jour. Avec un peu de recul, que représente cette victoire dans votre carrière ?
Cette semaine représente énormément pour moi.
Remporter mon premier Grand Prix cinq étoiles avec un cheval comme Landon est quelque chose dont je rêvais depuis très longtemps. Mais au-delà de cette victoire, c'est l'ensemble de la semaine qui restera inoubliable. Nous avons gagné des épreuves tout au long du concours avec plusieurs chevaux, ce qui montre aussi la qualité du travail accompli par toute l'équipe.
C'est incontestablement l'une des semaines les plus marquantes de ma carrière et je sais que je m'en souviendrai toute ma vie. Spruce Meadows est un endroit chargé d'histoire, un concours où tous les cavaliers rêvent de briller un jour. Vivre un tel moment là-bas, avec un cheval comme Landon et entouré des personnes qui m'accompagnent depuis des années, a rendu cette victoire encore plus spéciale.
Landon de Nyze semble avoir trouvé une nouvelle dimension à vos côtés. Qu'est-ce qui rend votre partenariat avec ce cheval si particulier ?
Son talent a toujours été là. Tout le monde savait déjà de quoi il était capable.
Je pense simplement qu'avec moi, il a trouvé quelqu'un qui lui fait totalement confiance et qui croit profondément en lui. Cette confiance réciproque explique sans doute pourquoi notre partenariat fonctionne aussi bien.
C'est un cheval absolument incroyable et je mesure chaque jour la chance que j'ai de partager les plus grandes pistes avec lui. Au final, c'est lui qui accomplit la partie la plus difficile de notre sport, et je lui en serai toujours extrêmement reconnaissant.
( Ndlr : avant d'arriver dans les écuries de Mark Bluman, Landon de Nyze a d'abord évolué sous la selle de l'Américain Kent Farrington, avec qui il a remporté l'or par équipes et l'argent individuel aux Jeux panaméricains de Santiago 2023, avant d'être monté par Daniel Bluman, puis par Mark. )
Ce qui me touche le plus chez lui, c'est cette volonté constante de bien faire. Même dans les situations difficiles, il cherche toujours une solution et donne tout pour son cavalier. Cette attitude crée une relation très particulière et explique pourquoi je me sens aussi privilégié de l'avoir à mes côtés.
Après votre victoire à Lexington, vous expliquiez que "tout commençait enfin à se mettre en place". En quoi ces deux dernières années ont-elles changé votre carrière ?
Les deux dernières années ont véritablement transformé ma vie.
Quand je dis que tout commence à se mettre en place, je ne parle pas uniquement de ma carrière sportive. Ma vie personnelle est également dans une très belle période. Le soutien de ma famille, de ma compagne Lucy Deslauriers et de toute la famille Deslauriers a complètement changé la direction prise par ma carrière.
À une époque, atteindre ce niveau me semblait presque impossible. Aujourd'hui, je vis quelque chose dont je rêvais depuis toujours.
À cela s'ajoute le soutien exceptionnel de mes propriétaires : Aram et Diane Ampagoumian, Over The Top Stables, la famille Schwitzer ainsi que Sam et Libby Edelman. Sans leur confiance, rien de ce que je vis actuellement ne serait possible.
J'ai le sentiment qu'aujourd'hui toutes les pièces du puzzle commencent enfin à s'assembler. Les chevaux progressent, l'équipe fonctionne parfaitement et je me sens entouré de personnes qui croient réellement en ce projet. Cela apporte une sérénité et une confiance très précieuses lorsque l'on évolue à ce niveau.
Votre piquet est aujourd'hui particulièrement complet, entre l'expérience d'Ubiluc et les jeunes talents comme S&L Hello Sunshine, Genial d'Beneville ou Hastella. Comment gérez-vous cette richesse d'effectif ?
C'est probablement l'un des aspects les plus passionnants de mon métier.
Avoir plusieurs chevaux aux profils différents permet de les engager dans les concours où ils ont le plus de chances d'exprimer leurs qualités.
Avec Mario Deslauriers, qui est à la fois le père de ma compagne, mon entraîneur et mon mentor, nous planifions toute la saison afin d'offrir à chaque concours le groupe de chevaux le plus adapté.
J'ai la chance de pouvoir compter sur un piquet extrêmement talentueux. Ubiluc apporte toute son expérience, tandis que des chevaux comme S&L Hello Sunshine, Genial d'Beneville ou Hastella représentent l'avenir et possèdent un potentiel immense.
Le plus intéressant est justement cette diversité. Certains chevaux sont déjà prêts pour les plus grosses échéances, d'autres sont encore en phase de développement. Cela permet d'adapter le programme de chacun, de leur donner du temps pour progresser et d'éviter de brûler les étapes.
©collection privée / KG

© Jdi_eqphoto
À la fin du mois de juin, vous avez choisi de changer de nationalité sportive pour représenter Israël aux côtés de votre cousin Daniel. Qu'est-ce qui a motivé cette décision ?
Avant toute chose, je suis très fier d'être Colombien et je dois énormément à ce pays.
C'est en Colombie que j'ai découvert les chevaux. C'est là que j'ai appris les bases de l'équitation et que tout a commencé pour moi.
Mais Israël représente aussi une part essentielle de mon identité. Toute la communauté juive considère ce pays comme sa maison, un endroit où nos racines et notre histoire sont protégées.
Je viens d'une famille juive. Mon grand-père a survécu à la Shoah. Porter aujourd'hui les couleurs du pays qui protège cette histoire familiale représente énormément pour moi.
Pouvoir vivre cette aventure aux côtés de mon cousin Daniel donne encore plus de sens à cette décision. Nous regardons l'avenir avec beaucoup d'enthousiasme. Pour moi, cette décision ne remet absolument pas en question l'amour que j'ai pour la Colombie ; elle représente simplement une autre partie très importante de mon histoire familiale et de mon identité.
Votre famille a toujours fonctionné comme une véritable équipe. Quel rôle Daniel Bluman a-t-il joué dans votre évolution ?
Daniel et moi travaillons ensemble depuis de nombreuses années, notamment depuis mon retour d'Europe.
Il a toujours cru en mon talent. Il a énormément contribué à faire évoluer mon équitation et m'a souvent aidé à trouver les chevaux qui ont marqué ma carrière.
Le voir aujourd'hui fier de me voir réussir avec certains chevaux qu'il m'a confiés est quelque chose de très fort.
Ce que les gens ne savent pas forcément, c'est que je n'ai pas toujours été le plus discipliné ni le plus travailleur. Je savais monter à cheval, mais il me manquait beaucoup d'autres qualités pour atteindre le très haut niveau.
Daniel m'a constamment poussé à devenir la meilleure version de moi-même, et il continue encore aujourd'hui à le faire.
Pouvoir désormais défendre les mêmes couleurs que lui sous le drapeau israélien est la cerise sur le gâteau d'une aventure déjà extraordinaire. Notre relation va bien au-delà du sport : il a eu une influence déterminante sur ma manière de travailler, de me préparer et d'aborder ma carrière avec beaucoup plus de professionnalisme.
Votre parcours vous a conduit de la Colombie aux États-Unis, puis en Europe avant votre retour sur le circuit nord-américain. Quel regard portez-vous aujourd'hui sur ce chemin ?
Chaque expérience m'a construit, aussi bien comme cavalier que comme personne.
Toutes les personnes qui ont croisé ma route savent à quel point je leur suis reconnaissant. Chaque fois que j'ai l'occasion de les remercier, je le fais.
Le chemin a été long, parfois difficile, mais ce qui est incroyable aujourd'hui, c'est que j'ai presque l'impression que tout ne fait que commencer. Avec le recul, je réalise que chacune de ces étapes, même les plus compliquées, m'a apporté quelque chose d'essentiel pour devenir le cavalier que je suis aujourd'hui.
Vous avez déclaré un jour que "le moment où l'on est satisfait est celui où l'on commence à régresser". Comment entretenez-vous cette envie permanente de progresser ?
Quand on gagne, on a naturellement envie de gagner encore davantage.
Le véritable défi est de trouver la force de se relever lorsque les résultats sont moins bons. C'est dans ces moments-là que l'on découvre réellement qui l'on est.
J'ai toujours été quelqu'un de très positif et j'aime me fixer de nouveaux objectifs pour continuer à avancer.
Heureusement, toute l'équipe qui m'entoure partage cette philosophie et me pousse chaque jour à progresser.
Aujourd'hui, je me sens même encore plus motivé qu'au tout début de ma carrière. Les résultats donnent de la confiance, mais ils créent aussi une envie encore plus forte de continuer à progresser et d'aller chercher de nouveaux objectifs.
Enfant, vous admiriez Manuel Torres. Aujourd'hui, vous affrontez et battez certains des meilleurs cavaliers du monde. Que ressentez-vous lorsque vous prenez du recul sur votre parcours ?
C'est un voyage presque inimaginable.
Si les gens voyaient d'où nous venons et les conditions dans lesquelles nous avons appris à monter à cheval, ils comprendraient pourquoi être aujourd'hui à ce niveau représente quelque chose d'aussi fort.
À une époque, rencontrer les cavaliers contre lesquels nous concourons aujourd'hui semblait totalement inaccessible.
Aujourd'hui, ce rêve est devenu une réalité.
Je ne pourrais pas être plus fier de tout ce que nous avons accompli, aussi bien en famille qu'à titre individuel. Quand je repense à mes débuts et aux rêves que nous avions à cette époque, je mesure à quel point le chemin parcouru est incroyable.
Les Championnats du monde d'Aix-la-Chapelle seront une première pour vous. Comment abordez-vous cette échéance ?
Spruce Meadows représentait un excellent test pour savoir où nous nous situions avant Aachen.
Le fait d'y avoir remporté un Grand Prix et obtenu plusieurs autres très bons résultats avec Landon me donne beaucoup de confiance.
Mais je reste également réaliste.
Même si je possède une solide expérience au plus haut niveau, je n'ai encore jamais participé à un championnat de cette ampleur.
Entre une nouvelle expérience, un nouveau drapeau à représenter et un cheval dont beaucoup parlent actuellement, la pression est forcément importante.
Malgré tout, je me sens prêt à relever ce défi. Je sais que ce sera quelque chose de très différent d'un concours classique, mais j'ai confiance dans la préparation que nous avons mise en place et dans le partenariat que nous avons construit avec Landon.
Pour conclure, qu'est-ce qui ferait de ces Championnats du monde une réussite ?
Le simple fait d'avoir obtenu notre qualification représente déjà énormément pour moi.
Maintenant, notre objectif est simplement de donner le meilleur de nous-mêmes.
Nous voulons aborder ce championnat jour après jour, parcours après parcours, sans nous projeter trop loin.
À la fin, nous verrons où cela nous aura menés. Mais une chose est certaine : nous profiterons de chaque instant de cette aventure exceptionnelle. Pouvoir être présent à Aachen signifie déjà beaucoup pour toute ma famille et pour toutes les personnes qui nous ont aidés à arriver jusqu'ici, et c'est quelque chose que je n'oublierai jamais.
©Collection Privée
ENGLISH VERSION !
As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.
In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.
These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.
From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.
On the Road to Aachen #2 – Mark Bluman
“If people saw where we came from, they’d understand why being here means so much to us.”


After opening our On the Road to Aachen series with Argentina’s Ignacio Maurin, Le Mag’Équestre continues its journey toward the 2026 FEI World Championships by catching up with one of the most compelling riders of the season. Since the turn of the year, it has been almost impossible to overlook Mark Bluman. Fresh off victories across North America’s top circuits, he reached a landmark milestone by capturing his first-ever CSI5* Grand Prix at Spruce Meadows aboard Landon de Nyze—solidifying his position among the sport’s elite elite.
Yet behind this meteoric rise lies a story of family, relentless hustle, and raw perseverance. Born in Colombia to a deeply equestrian family, Bluman is now preparing to write a defining new chapter representing Israel. Just days before experiencing the electrifying atmosphere of the Soers arena for his World Championship debut, he speaks candidly about his journey, his horses, and the team that turned a distant dream into reality.
Mark, hello. You are currently navigating what is undoubtedly the defining season of your career. In just a few months, you’ve smashed your personal prize-money record with major wins in Thermal, Lexington, Saugerties, and most recently at Spruce Meadows. What is driving this incredible momentum?
It’s the convergence of so many factors coming together at once. Of course, execution in the ring matters, but I am convinced none of this would be possible without the incredible team around me.
The unwavering support of my family, our staff, my owners, and my sponsors allowed us to build an extraordinary string of horses. Today, if I am enjoying this level of success, it is first and foremost thanks to them. These victories belong to them just as much as they do to me, and I’m deeply grateful for every opportunity they give me to live this journey.
When a season flows this smoothly, it’s easy to focus solely on the results. But behind every win are years of hard work, patience, and mutual trust built between the horses, the owners, and the whole crew. I never take for granted how fortunate I am to operate within such a rock-solid system.
In June, you claimed your very first CSI5 Grand Prix at Spruce Meadows aboard Landon de Nyze, capping off a week where you won an international class every single day. With some perspective, what does that win mean for your career?*
That week meant everything to me.
Winning my first five-star Grand Prix with a horse like Landon is something I’ve dreamed about for a very long time. But beyond the Grand Prix itself, the entire week was unforgettable. We were winning classes across the board with different horses, which speaks volumes about the depth of work being done by the entire team.
It is indisputably one of the proudest weeks of my career, and one I’ll carry with me forever. Spruce Meadows is steeped in history—a sacred ground where every rider dreams of shining. Experiencing a week like that there, with a horse like Landon and surrounded by the people who have backed me for years, made it exceptionally special.
Landon de Nyze seems to have unlocked a whole new gear under your saddle. What makes your partnership with this horse so unique?
The talent was always there. Everyone in the sport already knew what he was capable of.
I just think that with me, he found someone who places absolute, unconditional trust in him and believes in him down to his core. That mutual trust is probably why we click so well.
He is an absolutely extraordinary horse, and I remind myself every day how lucky I am to share the world's biggest arenas with him. At the end of the day, he’s the one doing the heavy lifting out there, and I’ll always be immensely grateful to him.
Editor’s Note: Prior to joining Mark Bluman’s stable, Landon de Nyze competed under American star Kent Farrington—capturing Team Gold and Individual Silver at the 2023 Santiago Pan American Games—before being ridden by Daniel Bluman, and subsequently Mark.
What moves me most about him is his relentless desire to do right. Even when a situation gets tight, he’s always looking for a way through, giving everything he has for his rider. That attitude builds a very rare connection, which is why I feel so privileged to have him as my partner.
Following your victory in Lexington, you mentioned that "everything was finally coming together." How have the last two years fundamentally shifted your career?
The past two years have genuinely transformed my life.
When I say everything is coming together, I’m not just talking about the sport. My personal life is in a wonderful place. The support of my family, my partner Lucy Deslauriers, and the entire Deslauriers family has completely redefined the trajectory of my career.
At one point, reaching this level felt almost out of reach. Now, I’m living what I used to spend nights dreaming about.
Add to that the phenomenal backing of my owners: Aram and Diane Ampagoumian, Over The Top Stables, the Schwitzer family, as well as Sam and Libby Edelman. Without their trust, absolutely none of this reality exists.
I feel like all the puzzle pieces are fitting together at last. The horses are flourishing, the system works seamlessly, and I am surrounded by people who wholeheartedly believe in the vision. That brings immense peace of mind and confidence when you’re going head-to-head at the sport's highest tier.
Your string right now is exceptionally well-balanced—ranging from the seasoned veteran Ubiluc to exciting talent like S&L Hello Sunshine, Genial d'Beneville, and Hastella. How do you manage that depth?
It’s honestly one of the most rewarding aspects of my job.
Having horses with different profiles allows us to target events where each specific horse has the highest probability of shining.
Together with Mario Deslauriers—who is my partner’s father, my coach, and my mentor—we structure the entire season to ensure we bring the most suitable group of horses to every show.
I’m incredibly fortunate to rely on such a talented roster. Ubiluc brings deep experience, while horses like S&L Hello Sunshine, Genial d'Beneville, and Hastella represent the future with immense upside.
The beauty lies precisely in that diversity. Some horses are ready for the biggest pressure-cooker events today, while others are still coming up through the pipeline. That allows us to tailor each horse's program, give them the time they need to mature, and avoid rushing the process.
In late June, you made the decision to change your sports nationality to represent Israel alongside your cousin Daniel. What drove that choice?
First and foremost, I am immensely proud to be Colombian, and I owe that country a tremendous amount.
Colombia is where I discovered horses. It’s where I learned the fundamentals of riding, and it’s where everything started for me.
However, Israel represents a vital component of my identity. To the Jewish community, Israel is home—a sanctuary where our roots and our history are preserved.
I come from a Jewish family. My grandfather survived the Holocaust. Wearing the colors of the country that safeguards that family legacy means the world to me.
Being able to walk this path alongside my cousin Daniel gives this decision even deeper meaning. We are looking ahead with immense excitement. For me, this choice in no way diminishes my love for Colombia; it simply honors another profoundly meaningful part of my family's history and who I am.
Your family has always operated like a tight-knit team. What role has Daniel Bluman played in your evolution?
Daniel and I have worked side-by-side for many years, especially since I returned from Europe.
He has always believed in my talent. He played a massive role in refining my riding and has frequently helped source the key horses that defined my career.
Seeing his genuine pride when I succeed with horses he trusted me with is deeply moving.
What people might not know is that I wasn’t always the most disciplined or the hardest worker. I knew how to ride, but I lacked many of the other crucial qualities required to survive at the top tier.
Daniel constantly pushed me to become the best version of myself, and he still does today.
Now, being able to fly the same flag under the Israeli banner is the icing on the cake of an already extraordinary journey. Our relationship goes way beyond the sport: he has had a monumental impact on how I work, how I prepare, and how I approach my career with true professionalism.
Your career path has taken you from Colombia to the United States, across Europe, and back to the North American circuit. How do you reflect on that journey today?
Every single experience shaped me—both as a rider and as a human being.
Anyone who has crossed my path knows how deeply grateful I am to them. Every chance I get to thank them, I do.
The road was long, and at times relentless, but what feels incredible today is that I feel like we’re only just getting started. Looking back, I realize that every single step—even the toughest ones—gave me something essential to become the athlete I am today.
You once stated that "the moment you become satisfied is the moment you start slipping back." How do you maintain that relentless drive to improve?
When you win, you naturally crave winning more.
The real test is finding the internal fortitude to pull yourself back up when the results drop off. That’s when you truly discover what you’re made of.
I’ve always been an inherently positive person, and I love setting fresh benchmarks to keep moving forward.
Thankfully, the entire team around me shares that exact mindset and pushes me daily.
Today, I feel even more motivated than I did when I started. Winning gives you confidence, but it also ignites a fiercer appetite to keep pushing, evolving, and chasing down new targets.
As a kid, you idolized Manuel Torres. Today, you are going head-to-head with—and beating—the best riders on earth. How does it feel when you step back and look at your trajectory?
It’s almost an unimaginable journey.
If people saw where we came from and the conditions in which we learned to ride, they’d understand why being here today hits so deep.
Once upon a time, even meeting the riders we now compete against felt completely out of reach.
Today, that dream is reality.
I couldn’t be prouder of everything we’ve accomplished—both as a family and as individuals. When I think back to where we started and the dreams we dared to have back then, I realize just how surreal this whole journey has been.
The World Championships in Aachen will be a first for you. How are you approaching this milestone?
Spruce Meadows was the ultimate litmus test to gauge where we stood ahead of Aachen.
Winning a Grand Prix there and stacking up top results with Landon gives me a huge boost of confidence.
At the same time, I remain grounded.
Even with solid experience at the top level, I’ve never jumped a championship of this magnitude.
Between stepping into a new arena, representing a new flag, and riding a horse everyone is talking about, the pressure is real.
That said, I feel ready for the challenge. I know this is a totally different beast than a standard show, but I trust the preparation we’ve put in and the bond we’ve forged with Landon.
To wrap up, what would make these World Championships a success in your eyes?
Just securing our qualification represents the world to me.
Now, our sole objective is to lay it all on the line and give our absolute best.
We want to take this championship one day at a time, one round at a time, without looking too far ahead.
At the end of the week, we’ll see where the chips fall. But one thing is certain: we will soak in every single second of this extraordinary experience. Standing in Aachen means everything to my family and to every single person who helped us get here—and that is something I will carry forever.
©Collection Privée
Versión En Español
A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.
En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.
Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.
Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.
On the Road to Aachen #2 – Mark Bluman
"Si la gente viera de dónde venimos, entendería por qué estar aquí significa tanto para nosotros"


After opening our On the Road to Aachen series with Argentina’s Ignacio Maurin, Le Mag’Équestre continues its journey toward the 2026 FEI World Championships by catching up with one of the most compelling riders of the season. Since the turn of the year, it has been almost impossible to overlook Mark Bluman. Fresh off victories across North America’s top circuits, he reached a landmark milestone by capturing his first-ever CSI5* Grand Prix at Spruce Meadows aboard Landon de Nyze—solidifying his position among the sport’s elite elite.
Yet behind this meteoric rise lies a story of family, relentless hustle, and raw perseverance. Born in Colombia to a deeply equestrian family, Bluman is now preparing to write a defining new chapter representing Israel. Just days before experiencing the electrifying atmosphere of the Soers arena for his World Championship debut, he speaks candidly about his journey, his horses, and the team that turned a distant dream into reality.
Mark, hola. Está viviendo sin duda la mejor temporada de su carrera. En solo unos meses, ya ha superado su récord personal de ganancias con victorias de gran calibre en Thermal, Lexington, Saugerties y, más recientemente, en Spruce Meadows. ¿Cómo explica esta dinámica formidable?
Es el resultado de muchas cosas alineadas al mismo tiempo. Por supuesto, el trabajo en la pista cuenta, pero estoy convencido de que nada de esto sería posible sin el equipo que me rodea.
El respaldo incondicional de mi familia, de todo nuestro personal, de los propietarios y de los patrocinadores me ha permitido consolidar una cuadra de caballos extraordinaria. Hoy, si disfruto de este éxito, es sobre todo gracias a ellos. Siento que estos triunfos les pertenecen tanto a ellos como a mí, y estoy enormemente agradecido por cada oportunidad que me brindan de vivir esta aventura.
Cuando una temporada rueda de esta manera, es fácil fijarse únicamente en los trofeos. Pero detrás de cada victoria hay años de trabajo silencioso, paciencia y una confianza mutua indestructible entre los caballos, los propietarios y el equipo. Soy muy consciente de la suerte que tengo al competir en un entorno tan sólido.
En junio conquistó su primer Gran Premio CSI5 en Spruce Meadows con Landon de Nyze, tras una semana memorable en la que ganó una prueba internacional cada día. Con algo de perspectiva, ¿qué representa este triunfo en su carrera?*
Esa semana significa muchísimo para mí.
Ganar mi primer Gran Premio de cinco estrellas con un caballo como Landon era algo con lo que soñaba desde hacía años. Pero más allá del Gran Premio en sí, toda la semana fue inolvidable. Logramos victorias a lo largo de todo el concurso con varios caballos, lo que demuestra la calidad del trabajo de todo el equipo.
Es, sin lugar a dudas, una de las semanas más importantes de mi vida deportiva. Spruce Meadows es un lugar sagrado, cargado de historia, donde todo jinete sueña con brillar algún día. Vivir un momento así allí, con un caballo como Landon y rodeado de la gente que me ha acompañado durante años, hizo que esa victoria fuera aún más especial.
Landon de Nyze parece haber alcanzado una nueva dimensión a su lado. ¿Qué hace que su binomio con este caballo sea tan especial?
El talento siempre lo tuvo; todo el mundo en el circuito sabía de lo que era capaz.
Simplemente creo que conmigo encontró a alguien que confía plenamente en él y que cree en sus capacidades a ojos cerrados. Esa confianza mutua es probablemente la razón por la que encajamos tan bien.
Es un caballo verdaderamente increíble y cada día valoro la suerte que tengo de salir a las mejores pistas del mundo con él. Al final, él es quien hace la parte más difícil de este deporte y siempre le estaré infinitamente agradecido.
Nota de la redacción: Antes de incorporarse a las cuadras de Mark Bluman, Landon de Nyze compitió bajo la monta del estadounidense Kent Farrington —obteniendo el Oro por Equipos y la Plata Individual en los Juegos Panamericanos de Santiago 2023—, antes de pasar a manos de Daniel Bluman y, posteriormente, de Mark.
Lo que más me conmueve de él es su entrega absoluta por hacer las cosas bien. Incluso en las situaciones más comprometidas, siempre busca una solución y lo da todo por su jinete. Esa actitud genera un vínculo muy especial y explica por qué me siento tan privilegiado de tenerlo a mi lado.
Tras su triunfo en Lexington, comentó que "todo comenzaba a encajar". ¿Cómo han transformado su carrera estos dos últimos años?
Los últimos dos años han cambiado mi vida por completo.
Cuando digo que todo empieza a encajar, no me refiero solo a lo deportivo. Mi vida personal atraviesa un momento maravilloso. El apoyo de mi familia, de mi pareja Lucy Deslauriers y de toda la familia Deslauriers ha redefinido por completo el rumbo de mi carrera.
Hubo una época en la que alcanzar este nivel me parecía casi inalcanzable. Hoy estoy viviendo aquello con lo que siempre soñé.
A esto se suma el respaldo extraordinario de mis propietarios: Aram y Diane Ampagoumian, Over The Top Stables, la familia Schwitzer, así como Sam y Libby Edelman. Sin su confianza, nada de lo que estoy viviendo sería real.
Siento que todas las piezas del rompecabezas están finalmente en su sitio. Los caballos evolucionan, el sistema funciona a la perfección y me siento rodeado de personas que creen de verdad en este proyecto. Eso aporta una tranquilidad y una serenidad indispensables cuando se compite al más alto nivel.
Su cuadra actual es extraordinariamente completa, combinando la veteranía de Ubiluc con jóvenes talentos como S&L Hello Sunshine, Genial d'Beneville o Hastella. ¿Cómo gestiona esa abundancia?
Es, sin duda, uno de los aspectos más apasionantes de mi trabajo.
Contar con caballos de perfiles variados nos permite planificar los concursos donde cada uno tiene las mejores opciones de desplegar su potencial.
Junto a Mario Deslauriers —quien es el padre de mi pareja, mi entrenador y mi mentor— estructuramos toda la temporada para llevar a cada evento el grupo de caballos más adecuado.
Tengo la fortuna de contar con un equipo de caballos con un talento inmenso. Ubiluc aporta toda su veteranía, mientras que caballos como S&L Hello Sunshine, Genial d'Beneville o Hastella representan el futuro y poseen un potencial enorme.
Lo más enriquecedor es precisamente esa diversidad. Algunos caballos están listos para las citas de mayor exigencia hoy mismo, mientras otros están en pleno desarrollo. Eso nos permite personalizar el programa de cada uno, darles el tiempo necesario para evolucionar y no saltarnos ninguna etapa.
A finales de junio tomó la decisión de cambiar su nacionalidad deportiva para representar a Israel junto a su primo Daniel. ¿Qué motivó este paso?
Ante todo, me siento profundamente orgulloso de ser colombiano y le debo muchísimo a mi país.
En Colombia descubrí los caballos. Allí aprendí las bases de la equitación y allí comenzó todo para mí.
Sin embargo, Israel representa una parte esencial de mi identidad. Para la comunidad judía, Israel es nuestro hogar, un lugar donde nuestras raíces y nuestra historia están protegidas.
Vengo de una familia judía. Mi abuelo fue un superviviente del Holocausto. Llevar hoy los colores del país que resguarda esa memoria familiar significa muchísimo para mí.
Poder vivir esta etapa junto a mi primo Daniel le da un sentido aún más profundo a esta decisión. Afrontamos el futuro con enorme ilusión. Para mí, este paso no altera en absoluto el amor que siento por Colombia; simplemente representa otra parte fundamental de mi historia y de quién soy.
Su familia siempre ha funcionado como un equipo inseparable. ¿Qué papel ha jugado Daniel Bluman en su evolución?
Daniel y yo llevamos años trabajando juntos, especialmente desde mi regreso de Europa.
Siempre creyó en mi talento. Ha sido una pieza clave en la evolución de mi equitación y me ha ayudado en innumerables ocasiones a encontrar los caballos que han marcado mi carrera.
Verlo hoy orgulloso de mis triunfos con caballos que él mismo me encomendó es algo muy emotivo.
Lo que la gente quizás no sabe es que yo no siempre fui el más disciplinado ni el más trabajador. Sabía montar, pero me faltaban muchas otras herramientas indispensables para triunfar en la superélite.
Daniel me impulsó constantemente a buscar la mejor versión de mí mismo, y lo sigue haciendo a diario.
Poder defender ahora los mismos colores bajo la bandera de Israel es el broche de oro para una historia increíble. Nuestra relación va mucho más allá del deporte: él ha tenido un impacto decisivo en mi método de trabajo, mi preparación y en la forma profesional con la que afronto mi carrera.
Su camino lo ha llevado desde Colombia a Estados Unidos, pasando por Europa antes de regresar al circuito norteamericano. ¿Cómo observa hoy ese recorrido?
Cada experiencia me ha moldeado, tanto en lo deportivo como en lo humano.
Todas las personas que se han cruzado en mi camino saben lo infinitamente agradecido que les estoy. Cada vez que tengo la oportunidad de darles las gracias, lo hago.
El camino ha sido largo y a veces complejo, pero lo increíble es que hoy siento que esto apenas está comenzando. Mirando hacia atrás, me doy cuenta de que cada etapa, incluso las más difíciles, me aportó algo vital para llegar a ser el jinete que soy hoy.
En una ocasión afirmó que "el momento en que te conformas es el momento en que empiezas a retroceder". ¿Cómo mantiene viva esa ambición constante?
Cuando ganas, la inercia natural te pide ganar más.
El verdadero reto es encontrar la fuerza interior para levantarte cuando los resultados no acompañan. Es en esos momentos donde descubres de qué estás hecho.
Siempre he sido una persona sumamente positiva y me apasiona fijarme nuevos retos para seguir evolucionando.
Afortunadamente, todo el equipo que me rodea comparte esa misma filosofía y me exige dar más cada día.
Hoy me siento incluso más motivado que cuando empecé. Los triunfos te dan confianza, pero también encienden un deseo aún más fuerte de seguir mejorando y alcanzar nuevos objetivos.
De niño admiraba a Manuel Torres. Hoy compite cara a cara—y vence—a los mejores jinetes del planeta. ¿Qué siente cuando contempla su trayectoria con perspectiva?
Es un viaje casi inimaginable.
Si la gente viera de dónde venimos y las condiciones en las que aprendimos a montar, entendería por qué estar hoy a este nivel nos llega tan adentro.
Hubo un tiempo en el que coincidir con los jinetes contra los que hoy competimos parecía un sueño inalcanzable.
Hoy ese sueño es una realidad.
No podría estar más orgulloso de todo lo que hemos logrado, tanto en familia como a título individual. Cuando recuerdo nuestros inicios y los sueños que teníamos entonces, me doy cuenta de lo extraordinario que ha sido este camino.
Los Campeonatos del Mundo de Aquisgrán serán su primera gran cita de este calibre. ¿Cómo afronta este reto?
Spruce Meadows fue el examen perfecto para medir dónde estábamos de cara a Aquisgrán.
Haber ganado un Gran Premio allí y firmado grandes resultados con Landon me llena de confianza.
Al mismo tiempo, mantengo los pies en la tierra.
Aunque cuento con experiencia en pruebas de máxima exigencia, nunca he disputado un campeonato de esta magnitud.
Entre debutar en un escenario así, estrenar bandera y montar un caballo del que todo el mundo habla, la presión es innegable.
Aun así, me siento listo para el desafío. Sé que será algo completamente distinto a un concurso habitual, pero confío plenamente en la preparación que hemos realizado y en el binomio que formamos con Landon.
Para terminar, ¿qué tendría que ocurrir para considerar estos Campeonatos del Mundo un éxito?
Haber conseguido la clasificación ya significa muchísimo para mí.
Ahora, nuestro único objetivo es dar lo mejor de nosotros mismos en cada salida.
Queremos abordar este campeonato día a día, recorrido a recorrido, sin mirar más allá.
Al final veremos dónde nos coloca la competición. Pero hay algo seguro: vamos a disfrutar cada instante de esta aventura extraordinaria. Estar en Aquisgrán lo es todo para mi familia y para cada persona que nos ayudó a llegar hasta aquí, y eso es algo que jamás olvidaré.
