On the Road to Aachen #22 – Ksenia Khairulina "Au départ, notre objectif principal était de nous qualifier pour les Championnats d'Europe 2027."

Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !

JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !

Samuel Benibre

8/10/202621 min read

Parmi les trajectoires remarquables qui convergent vers les Championnats du Monde 2026 à Aix-la-Chapelle, celle de Ksenia Khairulina se distingue par une ténacité à toute épreuve. Évoluant sous statut neutre sur le circuit de la Ligue Eurasienne FEI, la jeune cavalière a su tracer son chemin vers le très haut niveau mondial à force de régularité et de passion.

Après l'arrêt forcé de sa monture de tête Flipperboy, le destin a placé sur sa route l'impulsif et généreux Zwarovski Z, avec qui la complicité s'est nouée à une vitesse saisissante jusqu'aux podiums en Grand Prix. Épaulée par le prometteur Gentleman de Beaulieu — un cheval d'une bravoure exceptionnelle avec qui elle a surmonté un impressionnant crash cet été à Astana —, Ksenia s'appuie sur une équipe solide emmenée par son entraîneur Mikhail Atoyan. Pour Le Mag'Equestre, elle partage en toute liberté son émotion à l'idée d'affronter l'élite mondiale et sa philosophie axée sur la confiance et le respect du cheval.

©Collection Privée

Ksenia, concourir sous statut individuel neutre a-t-il modifié votre préparation ou votre approche de la compétition pour accéder à un événement aussi prestigieux qu'Aix-la-Chapelle ?

Je ne dirais pas que le fait de concourir sous statut neutre a eu un impact significatif sur mon état d'esprit ou sur la façon dont nous organisons nos concours. Je suis sincèrement reconnaissante envers la Fédération Équestre Russe et les entraîneurs de l'équipe nationale de nous avoir donné l'opportunité d'évoluer sur la Ligue Eurasienne FEI. Ces compétitions nous ont permis de décrocher les qualifications nécessaires et ont finalement rendu possible notre participation à un événement aussi prestigieux qu'Aix-la-Chapelle.

Votre cheval de tête, Zwarovski Z, semble doté d'un tempérament fort. Comment décririez-vous son caractère et comment s'est construite votre complicité en Grand Prix ?

Zwarovski Z est un cheval très sensible et impulsif, même si, en raison de son modèle, il ressemble à un grand cheval puissant et très calme. En réalité, il a énormément de sang et un sacré caractère !

Je pense que nous avons bâti notre couple de manière étonnamment rapide. À peine trois mois après le début de notre travail ensemble, nous sautions notre premier Grand Prix 1,50 m aux Maxima Stables à Moscou. Nous avons signé un parcours sans faute pour décrocher la 2e place : c'est à ce moment précis que j'ai réalisé que nous avions un vrai potentiel ensemble. Bien que Zwarovski ne soit officiellement mon cheval que depuis six mois environ, notre histoire a débuté en mars 2025, lorsqu'il appartenait encore à l'une de mes élèves. L'an dernier, mon cheval principal, Flipperboy, s'est blessé, ce qui m'a éloignée des Grands Prix pendant un temps. Heureusement, le destin a mis Zwarovski Z sur ma route : j'ai pu l'acquérir et, ensemble, nous avons réintégré le niveau Grand Prix.

Aux côtés de Zwarovski Z, vous préparez également le jeune Gentleman de Beaulieu. Quelles sont ses qualités et comment s'est passée sa transition vers les épreuves à 1,55 m et 1,60 m ?

Nous avons acheté Gentleman de Beaulieu il y a deux ans, lorsqu'il avait huit ans. C'est mon second cheval de tête et je crois profondément qu'il possède toutes les qualités requises pour devenir un formidable cheval de Grand Prix. Cet été, nous avons franchi ensemble le cap des épreuves à 1,55 m et 1,60 m pour la première fois. J'ai été très heureuse de la façon dont il reste à mon écoute en piste et de la générosité avec laquelle il donne le meilleur de lui-même. Je suis convaincue que ses meilleures années sont encore à venir.

Lors de l'étape d'Astana, vous avez subi un abandon marquant avec Gentleman de Beaulieu. Que s'est-il passé exactement et comment s'est déroulé son retour au plus haut niveau ?

En réalité, notre abandon à Astana n'avait rien à voir avec un manque de régularité : c'est arrivé à la suite d'une lourde chute. Nous étions l'un des derniers couples à partir. Il faisait une chaleur extrême, autour de 32 °C, et le soleil commençait à se coucher. Tout se déroulait parfaitement et nous étions sans faute jusqu'au spa. Gentleman a décollé un peu trop tôt et nous nous sommes écrasés tous les deux.

Heureusement, nous avons eu beaucoup de chance. Je me suis cassé le nez, mais mon cheval s'en est sorti sans aucune blessure grave. Après notre retour du Kazakhstan, nous lui avons laissé tout le temps de récupérer avant de le réintroduire progressivement en compétition à Moscou. Je pense que nous sommes sur la bonne voie. Gentleman est un cheval incroyablement courageux : ce dont il a le plus besoin aujourd'hui, c'est d'expérience en Grand Prix. Plus nous sauterons de parcours ensemble, plus nous gagnerons en confiance et en régularité.

La tournée asiatique organisée par votre encadrement a été déterminante. Comment avez-vous géré la transition et la préparation physique de vos chevaux entre ces épreuves et l'échéance d'Aix-la-Chapelle ?

Tout d'abord, je tiens à remercier les entraîneurs de l'équipe nationale pour l'organisation de cette tournée asiatique. Au départ, notre objectif principal était de nous qualifier pour les Championnats d'Europe 2027, et la possibilité de courir à Aix-la-Chapelle était encore incertaine.

Une fois la qualification pour Aix-la-Chapelle validée et notre participation officiellement confirmée, nous avons laissé du repos à nos chevaux. Nous les avons remis au travail très progressivement, sans les surcharger de concours en Russie. Avant de fouler la piste d'Aix-la-Chapelle, nous prévoyons de sauter deux épreuves de travail sur herbe en Allemagne afin d'aider les chevaux à s'adapter parfaitement aux conditions de piste.

Fouler la piste d'Aix-la-Chapelle face aux meilleurs cavaliers de la planète est un moment rare. Dans quel état d'esprit abordez-vous ce grand rendez-vous ?

Pour être honnête, j'ai encore du mal à réaliser que je vais avoir l'opportunité de monter dans une arène aussi mythique, aux côtés des meilleurs cavaliers du monde — dont beaucoup sont des modèles que j'admire depuis des années ! J'essaie de ne pas me focaliser sur la pression ou sur les attentes des autres. Au contraire, je veux savourer chaque instant, vivre pleinement l'expérience et tirer le meilleur parti de cette opportunité incroyable.

Par le passé, vous avez couru les Championnats d'Europe Jeunes Cavaliers avec Flipperboy. Que vous a apporté cette première expérience des grands championnats ?

Cette expérience a été tout simplement inestimable. J'ai disputé les Championnats d'Europe Jeunes Cavaliers avec mon cheval Flipperboy. Il a joué un rôle colossal pour m'aider à gérer la pression à ce niveau. Savoir que son cheval donnera absolument tout pour vous est un sentiment irremplaçable : même si quelque chose ne se déroulait pas comme prévu, je savais que ce ne serait jamais par manque d'envie de sa part. Un tel niveau de confiance envers sa monture vous donne une assurance formidable en tant que cavalier.

Avez-vous dû modifier en profondeur votre système de travail pour adapter Zwarovski Z aux exigences du très haut niveau ?

Je ne dirais pas que j'ai dû changer du tout au tout ma façon de travailler avec Zwarovski Z. Plus que tout, j'avais simplement besoin de temps pour mieux le comprendre et cerner son caractère. Une fois que ce déclic s'est produit, tout s'est mis en place naturellement, et en moins de six mois, nous étions déjà compétitifs en Grand Prix.

Quel bilan tirez-vous de votre saison sur la Ligue Eurasienne de la Coupe du Monde FEI sur le plan technique ?

L'expérience acquise sur la Ligue Eurasienne a été extrêmement bénéfique. Après deux ans d'éloignement des compétitions internationales, c'était formidable de retrouver cette atmosphère et de nous tester sur des tracés de Grand Prix très exigeants. Je tiens d'ailleurs à saluer le travail du chef de piste Murat Bathur : il a dessiné des parcours techniques et sélectifs qui nous ont obligés à donner le meilleur de nous-mêmes à chaque passage. C'était une préparation idéale pour le niveau qui nous attend en Europe.

La course aux points Longines Ranking a-t-elle été au cœur de votre planification cette saison ?

Non, accumuler des points au classement mondial Longines n'était pas notre objectif prioritaire cette saison. Notre priorité absolue était d'obtenir nos qualifications pour les Championnats d'Europe et la Coupe du Monde. Tout notre calendrier de compétition a donc été articulé autour de ces objectifs précis.

Selon vous, quelles sont les qualités indispensables qu'un cheval doit posséder pour briller sur un Championnat du Monde ?

Je pense que les qualités fondamentales sont la force, l'endurance et une confiance totale envers le cavalier. Ces trois éléments réunis sont ce qui transforme un cheval en un véritable partenaire à ce niveau de compétition.

Comment s'articule le programme de travail de Zwarovski Z au quotidien entre deux grandes échéances ?

Nous veillons à ce que Zwarovski Z dispose de beaucoup de temps de récupération entre les grands concours. À la maison, nous maintenons un juste équilibre entre le travail sur le plat et l'obstacle. La plupart des semaines, nous ne sautons qu'une seule fois, en nous concentrant principalement sur la gymnastique d'obstacles. Le reste du temps est consacré au dressage, à la souplesse, à l'équilibre et à la qualité générale de sa locomotion.

Si vous ne deviez retenir qu'une seule grande force chez Gentleman de Beaulieu, quelle serait-elle ?

Je pense que sa plus grande qualité est son courage. Gentleman est un cheval d'une force et d'une bravoure incroyables. Parfois, j'ai l'impression qu'il sauterait absolument n'importe quoi tant que je le lui demande ! C'est la raison principale pour laquelle je crois profondément en son potentiel pour atteindre le plus haut niveau de notre sport.

Un parcours individuel repose toujours sur une structure solide. Qui sont les piliers de votre équipe au quotidien ?

J'ai la chance d'être entourée d'une équipe formidable. Mon entraîneur est Mikhail Atoyan, qui est également le sélectionneur de l'équipe russe Jeunes Cavaliers de saut d'obstacles. Je bénéficie aussi du soutien constant de mes parents, de nos grooms dévoués et, bien sûr, de notre vétérinaire, dont le travail remarquable permet à mes chevaux de rester en parfaite santé et performants depuis de nombreuses années.

Pour conclure, Ksenia, qu'est-ce qui constituerait une semaine réussie à Aix-la-Chapelle pour vous ?

Je ne veux pas me fixer d'objectifs chiffrés ou imaginer un résultat parfait à tout prix. Le simple fait d'avoir l'opportunité de concourir dans un lieu aussi mythique est déjà un immense honneur pour moi. Quel que soit le résultat final, je sais que cette expérience nous fera grandir et nous rapprochera de nos futurs objectifs. Mon but principal est de donner le meilleur de moi-même, de savourer chaque seconde et d'apprendre autant que possible de cet événement extraordinaire.

©Collection Privée

ENGLISH VERSION !


As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.

In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.

These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.

From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.

On the Road to Aachen #22 – Ksenia Khairulina

“Initially, our main goal was to qualify for the 2027 European Championships.”

Among the remarkable trajectories converging toward the 2026 World Championships in Aachen, Ksenia Khairulina's stands out through unyielding tenacity. Competing under neutral status on the FEI Eurasian League circuit, the young rider has paved her way to the world's highest level through consistency and passion.

Following the forced pause of her lead horse Flipperboy, destiny placed the impulsive and generous Zwarovski Z in her path, with whom a deep partnership was forged at remarkable speed, leading straight to Grand Prix podiums. Supported by the promising Gentleman de Beaulieu — a horse of exceptional bravery with whom she overcome a harrowing crash this summer in Astana —, Ksenia relies on a solid team led by her trainer Mikhail Atoyan. For Le Mag'Equestre, she freely shares her emotion at the thought of facing the global elite and her philosophy centered on trust and respect for the horse.

©Collection Privée

Has competing under individual neutral status modified your preparation or your approach to competition to access an event as prestigious as Aachen?

I wouldn't say that competing under neutral status had a significant impact on my mindset or how we organize our shows. I am sincerely grateful to the Russian Equestrian Federation and the national team coaches for giving us the opportunity to compete on the FEI Eurasian League. These competitions allowed us to secure the necessary qualifications and ultimately made our participation in an event as prestigious as Aachen possible.

Your lead horse, Zwarovski Z, seems to possess a strong temperament. How would you describe his character, and how was your partnership built in the Grand Prix classes?

Zwarovski Z is a very sensitive and impulsive horse, even if, due to his build, he looks like a large, powerful, and very quiet horse. In reality, he has a ton of blood and a real character!

I think we built our partnership surprisingly fast. Barely three months after we started working together, we were jumping our first 1.50m Grand Prix at Maxima Stables in Moscow. We jumped a clear round to secure 2nd place: that was the exact moment I realized we had real potential together. Although Zwarovski has officially been my horse for only about six months, our story began in March 2025, when he still belonged to one of my students. Last year, my main horse, Flipperboy, got injured, which kept me away from Grand Prix classes for a while. Fortunately, fate placed Zwarovski Z in my path: I was able to acquire him and, together, we rejoined the Grand Prix level.

Alongside Zwarovski Z, you are also producing the young Gentleman de Beaulieu. What are his main qualities, and how did his transition to 1.55m and 1.60m classes go?

We bought Gentleman de Beaulieu two years ago when he was eight years old. He is my second lead horse, and I deeply believe he possesses all the qualities required to become a formidable Grand Prix horse. This summer, we stepped up to 1.55m and 1.60m classes together for the first time. I was very pleased with how attentive he remained to me in the ring and with the generosity with which he gives his absolute best. I am convinced his best years are still ahead of him.

During the Astana stage, you suffered a dramatic retirement with Gentleman de Beaulieu. What happened exactly, and how did his return to the top level go?

In reality, our retirement in Astana had nothing to do with a lack of consistency: it happened following a heavy fall. We were one of the last combinations to start. It was extremely hot, around 32 °C, and the sun was beginning to set. Everything was going perfectly and we were clear until the triple bar. Gentleman took off a bit too early and we both crashed down.

Fortunately, we were very lucky. I broke my nose, but my horse came out of it without any serious injury. After returning from Kazakhstan, we gave him all the time he needed to recover before gradually reintroducing him to competition in Moscow. I think we are on the right track. Gentleman is an incredibly brave horse: what he needs most today is Grand Prix experience. The more rounds we jump together, the more confidence and consistency we will gain.

The Asian tour organized by your management was decisive. How did you manage the transition and physical preparation of your horses between these classes and the Aachen deadline?

First of all, I would like to thank the national team coaches for organizing this Asian tour. Initially, our main objective was to qualify for the 2027 European Championships, and the possibility of riding at Aachen was still uncertain.

Once our qualification for Aachen was secured and our participation officially confirmed, we gave our horses some rest. We brought them back into work very gradually, without overburdening them with shows in Russia. Before stepping onto the Aachen arena, we plan to jump two schooling classes on grass in Germany to help the horses adapt perfectly to the footing conditions.

Stepping onto the Aachen arena facing the best riders on the planet is a rare moment. In what mindset are you approaching this major event?

To be honest, I still find it hard to realize that I am going to have the opportunity to ride in such an iconic arena, alongside the best riders in the world — many of whom are role models I have admired for years! I try not to focus on the pressure or on other people's expectations. On the contrary, I want to savor every single moment, fully live the experience, and make the most of this incredible opportunity.

In the past, you competed in the European Young Rider Championships with Flipperboy. What did that first experience of major championships bring you?

That experience was simply invaluable. I rode in the European Young Rider Championships with my horse Flipperboy. He played a massive role in helping me manage the pressure at that level. Knowing that your horse will give absolutely everything for you is an irreplaceable feeling: even if something didn't go as planned, I knew it would never be from a lack of heart on his part. Such a level of trust in your mount gives you tremendous confidence as a rider.

Did you have to deeply modify your system to adapt Zwarovski Z to the demands of top-level sport?

I wouldn't say I had to completely change my way of working with Zwarovski Z. More than anything, I simply needed time to understand him better and figure out his character. Once that click happened, everything fell into place naturally, and in less than six months, we were already competitive in Grand Prix classes.

What assessment do you draw from your season on the FEI World Cup Eurasian League from a technical standpoint?

The experience gained on the Eurasian League was extremely beneficial. After two years away from international competitions, it was fantastic to rediscover this atmosphere and test ourselves over very demanding Grand Prix courses. I would also like to commend the work of course designer Murat Bathur: he built technical and selective tracks that forced us to give our absolute best on every round. It was ideal preparation for the level awaiting us in Europe.

Was the race for Longines Ranking points at the core of your planning this season?

No, accumulating points on the Longines World Ranking was not our primary goal this season. Our absolute priority was to obtain our qualifications for the European Championships and the World Cup. Our entire show schedule was therefore structured around those specific targets.

In your opinion, what essential qualities must a horse possess to shine at a World Championship?

I think the fundamental qualities are strength, stamina, and complete trust in the rider. These three elements combined are what transform a horse into a true partner at this level of competition.

How is Zwarovski Z's daily work routine structured between major events?

We make sure Zwarovski Z gets plenty of recovery time between major shows. At home, we maintain a proper balance between flatwork and jumping. Most weeks, we only jump once, focusing mainly on gymnastics over fences. The rest of the time is dedicated to dressage, flexibility, balance, and the overall quality of his locomotion.

If you had to highlight just one major strength in Gentleman de Beaulieu, what would it be?

I think his greatest quality is his courage. Gentleman is a horse of incredible power and bravery. Sometimes I feel like he would jump absolutely anything as long as I ask him to! That is the main reason why I deeply believe in his potential to reach the very highest level of our sport.

An individual journey always relies on a solid structure. Who are the pillars of your team on a daily basis?

I am fortunate to be surrounded by a fantastic team. My trainer is Mikhail Atoyan, who is also the chef d'équipe for the Russian Young Rider show jumping team. I also benefit from the constant support of my parents, our dedicated grooms, and, of course, our vet, whose remarkable work has kept my horses in perfect health and performing for many years.

To conclude, Ksenia, what would define a successful week in Aachen for you?

I don't want to set numerical targets or imagine a perfect result at all costs. Just having the opportunity to compete in such an iconic venue is already a huge honor for me. Whatever the final result, I know this experience will help us grow and bring us closer to our future goals. My main goal is to give my absolute best, savor every second, and learn as much as possible from this extraordinary event.

Versión En Español

A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.

En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.

Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.

Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.

On the Road to Aachen #22 – Ksenia Khairulina

"Inicialmente, nuestro principal objetivo era clasificarnos para el Campeonato Europeo de 2027."

Entre las trayectorias destacadas que convergen hacia los Campeonatos del Mundo de 2026 en Aquisgrán, la de Ksenia Khairulina se distingue por una tenacidad a prueba de todo. Compitiendo bajo estatus neutral en el circuito de la Liga Euroasiática FEI, la joven jinete ha sabido abrirse camino hacia el altísimo nivel mundial a fuerza de regularidad y pasión.

Tras el parón forzoso de su caballo principal Flipperboy, el destino puso en su camino al impulsivo y generoso Zwarovski Z, con quien la complicidad se forjó a una velocidad sorprendente hasta alcanzar los podios en Grandes Premios. Respaldada por el prometedor Gentleman de Beaulieu —un caballo de una valentía excepcional con el que superó una aparatosa caída este verano en Astaná—, Ksenia se apoya en un equipo sólido liderado por su entrenador Mikhail Atoyan. Para Le Mag'Equestre, comparte con total libertad su emoción ante la idea de medirse a la élite mundial y su filosofía centrada en la confianza y el respeto al caballo.

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¿El hecho de competir bajo estatus individual neutral ha modificado su preparación o su enfoque de la competición para acceder a un evento tan prestigioso como Aquisgrán?

No diría que el hecho de competir bajo estatus neutral haya tenido un impacto significativo en mi mentalidad o en la forma en que organizamos nuestros concursos. Estoy sinceramente agradecida a la Federación Hípica Rusa y a los entrenadores del equipo nacional por habernos dado la oportunidad de competir en la Liga Euroasiática FEI. Estas competiciones nos permitieron lograr las clasificaciones necesarias y finalmente hicieron posible nuestra participación en un evento tan prestigioso como Aquisgrán.

Su caballo principal, Zwarovski Z, parece dotado de un carácter fuerte. ¿Cómo describiría su temperamento y cómo se construyó su compenetración en Grandes Premios?

Zwarovski Z es un caballo muy sensible e impulsivo, aunque por su físico parezca un caballo grande, potente y muy tranquilo. En realidad, ¡tiene muchísimo flujo de sangre y un gran carácter!

Creo que construimos nuestro binomio de forma sorprendentemente rápida. Apenas tres meses después de empezar a trabajar juntos, ya estábamos saltando nuestro primer Gran Premio de 1,50 m en Maxima Stables, en Moscú. Hicimos un recorrido sin falta para lograr el 2.º puesto: fue en ese preciso momento cuando me di cuenta de que teníamos un verdadero potencial juntos. Aunque Zwarovski es oficialmente mi caballo desde hace solo unos seis meses, nuestra historia comenzó en marzo de 2025, cuando aún pertenecía a una de mis alumnas. El año pasado, mi caballo principal, Flipperboy, se lesionó, lo que me alejó de los Grandes Premios durante un tiempo. Afortunadamente, el destino puso a Zwarovski Z en mi camino: pude adquirirlo y, juntos, volvimos al nivel de Gran Premio.

Junto a Zwarovski Z, también prepara al joven Gentleman de Beaulieu. ¿Cuáles son sus cualidades y cómo ha sido su transición hacia las pruebas de 1,55 m y 1,60 m?

Compramos a Gentleman de Beaulieu hace dos años, cuando tenía ocho. Es mi segundo caballo principal y creo profundamente que posee todas las cualidades necesarias para convertirse en un fantástico caballo de Gran Premio. Este verano dimos juntos el salto a las pruebas de 1,55 m y 1,60 m por primera vez. Me hizo muy feliz ver cómo se mantiene atento a mí en la pista y la generosidad con la que da lo mejor de sí mismo. Estoy convencida de que sus mejores años están aún por llegar.

En la etapa de Astaná sufrió un retiro impactante con Gentleman de Beaulieu. ¿Qué ocurrió exactamente y cómo se desarrolló su regreso al más alto nivel?

En realidad, nuestro retiro en Astaná no tuvo nada que ver con una falta de regularidad: ocurrió a raíz de una dura caída. Éramos uno de los últimos binomios en salir. Hacía un calor extremo, alrededor de 32 °C, y el sol empezaba a ponerse. Todo transcurría perfectamente y salíamos sin falta hasta el salto de triple barra. Gentleman batió un poco antes de tiempo y nos fuimos al suelo los dos.

Afortunadamente, tuvimos mucha suerte. Yo me rompí la nariz, pero mi caballo salió de allí sin ninguna lesión grave. Tras volver de Kazajistán, le dejamos todo el tiempo necesario para recuperarse antes de reintroducirlo progresivamente en competición en Moscú. Creo que vamos por el buen camino. Gentleman es un caballo increíblemente valiente: lo que más necesita hoy en día es experiencia en Grandes Premios. Cuantos más recorridos saltemos juntos, más confianza y regularidad ganaremos.

La gira asiática organizada por su equipo directivo fue determinante. ¿Cómo gestionó la transición y la preparación física de sus caballos entre estas pruebas y la gran cita de Aquisgrán?

En primer lugar, quiero agradecer a los entrenadores del equipo nacional la organización de esta gira asiática. Al principio, nuestro objetivo principal era clasificarnos para el Campeonato de Europa de 2027, y la posibilidad de competir en Aquisgrán era aún incierta.

Una vez sellada la clasificación para Aquisgrán y confirmada oficialmente nuestra participación, dimos descanso a los caballos. Los pusimos a trabajar de nuevo muy progresivamente, sin sobrecargarlos de concursos en Rusia. Antes de pisar la pista de Aquisgrán, tenemos previsto saltar dos pruebas de entrenamiento sobre hierba en Alemania para ayudar a los caballos a adaptarse perfectamente a las condiciones de la pista.

Pisar la pista de Aquisgrán ante los mejores jinetes del planeta es un momento extraordinario. ¿Con qué mentalidad afronta esta gran cita?

Para ser sincera, aún me cuesta asimilar que voy a tener la oportunidad de montar en un escenario tan mítico, al lado de los mejores jinetes del mundo, ¡muchos de los cuales son referentes a los que admiro desde hace años! Intento no centrarme en la presión ni en las expectativas de los demás. Al contrario, quiero saborear cada instante, vivir plenamente la experiencia y aprovechar al máximo esta oportunidad increíble.

En el pasado compitió en el Campeonato de Europa Jóvenes Jinetes con Flipperboy. ¿Qué le aportó esa primera experiencia en grandes campeonatos?

Esa experiencia fue sencillamente inestimable. Disputé el Campeonato de Europa Jóvenes Jinetes con mi caballo Flipperboy. Jugó un papel fundamental para ayudarme a gestionar la presión a ese nivel. Saber que tu caballo lo dará absolutamente todo por ti es un sentimiento irremplazable: incluso si algo no salía como estaba previsto, sabía que nunca sería por falta de ganas por su parte. Un nivel de confianza así hacia tu montura te da una seguridad enorme como jinete.

¿Tuvo que modificar profundamente su sistema de trabajo para adaptar a Zwarovski Z a las exigencias del más alto nivel?

No diría que haya tenido que cambiar de arriba a abajo mi forma de trabajar con Zwarovski Z. Más que nada, solo me hacía falta tiempo para entenderlo mejor y comprender su carácter. Una vez que se produjo ese clic, todo encajó de forma natural y, en menos de seis meses, ya éramos competitivos en Grandes Premios.

¿Qué balance hace de su temporada en la Liga Euroasiática de la Copa del Mundo FEI en el plano técnico?

La experiencia adquirida en la Liga Euroasiática ha sido extremadamente beneficiosa. Tras dos años alejados de las competiciones internacionales, fue fantástico reencontrarse con esa atmósfera y ponernos a prueba en trazados de Gran Premio muy exigentes. Quiero destacar el trabajo del diseñador de recorridos Murat Bathur: dibujó trazados técnicos y selectivos que nos obligaron a dar lo mejor de nosotros mismos en cada salida. Fue una preparación ideal para el nivel que nos espera en Europa.

¿La carrera por los puntos del Longines Ranking ha sido el eje de su planificación esta temporada?

No, acumular puntos en el ranking mundial Longines no era nuestro objetivo prioritario esta temporada. Nuestra prioridad absoluta era obtener las clasificaciones para los Campeonatos de Europa y la Copa del Mundo. Por lo tanto, todo nuestro calendario de competición se articuló en torno a esos objetivos concretos.

En su opinión, ¿cuáles son las cualidades indispensables que debe poseer un caballo pour brillar en un Campeonato del Mundo?

Creo que las cualidades fundamentales son la fuerza, la resistencia y una confianza total en el jinete. Estos tres elementos reunidos son lo que transforma a un caballo en un verdadero compañero a este nivel de competición.

¿Cómo se estructura el programa de trabajo diario de Zwarovski Z entre dos grandes citas?

Procuramos que Zwarovski Z disponga de mucho tiempo de recuperación entre los grandes concursos. En casa mantenemos un equilibrio adecuado entre el trabajo en llano y el salto. La mayoría de las semanas solo saltamos una vez, centrándonos principalmente en la gimnasia de salto. El resto del tiempo se dedica al doma, la flexibilidad, el equilibrio y la calidad general de su locomoción.

Si tuviera que destacar una sola gran virtud en Gentleman de Beaulieu, ¿cuál sería?

Creo que su mayor cualidad es su valentía. Gentleman es un caballo de una fuerza y una valentía increíbles. A veces tengo la sensación de que saltaría absolutamente cualquier cosa siempre que se lo pida. Es la razón principal por la que creo profundamente en su potencial para alcanzar el más alto nivel de nuestro deporte.

Una trayectoria individual siempre se apoya en una estructura sólida. ¿Quiénes son los pilares de su equipo en el día a día?

Tengo la suerte de estar rodeada de un equipo fantástico. Mi entrenador es Mikhail Atoyan, quien también es el seleccionador del equipo ruso de Jóvenes Jinetes de salto de obstáculos. También cuento con el apoyo constante de mis padres, de nuestros entregados mozos y, por supuesto, de nuestro veterinario, cuyo trabajo extraordinario permite que mis caballos se mantengan en perfecta salud y rindiendo al máximo desde hace muchos años.

Para concluir, Ksenia, ¿qué constituiría una semana exitosa en Aquisgrán para usted?

No quiero fijarme objetivos numéricos ni imaginar un resultado perfecto a toda costa. El simple hecho de tener la oportunidad de competir en un lugar tan mítico ya es un inmenso honor para mí. Sea cual sea el resultado final, sé que esta experiencia nos hará crecer y nos acercará a nuestros futuros objetivos. Mi propósito principal es dar lo mejor de mí misma, saborear cada segundo y aprender todo lo posible de este evento extraordinario.

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