On the Road to Aachen #23 – Bertrand Liegard "Ginger est une jument avec beaucoup de personnalité."
Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !
JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !
Samuel Benibre
8/10/202617 min read
Dans les allées feutrées du dressage international, il est des cavaliers dont la signature se reconnaît immédiatement à la discrétion de leurs aides, au respect du cheval et à une quête permanente d'harmonie. Bertrand Liegard est de ceux-là. Élevé à la rigueur et au culte de la patience transmis par son regretté maître Patrick Le Rolland, le cavalier tricolore aborde son retour dans le temple d'Aix-la-Chapelle avec la sérénité des hommes d'expérience et la conviction des passionnés. Un an après sa prestation remarquée dans le CDI4* du Stade Deutsche Bank, il revient en Allemagne armé d'une année supplémentaire de travail d'orfèvre, concrétisée par des performances de haut vol à Crozet, Bâle ou encore Doha.
Au cœur de ce renouveau se trouve Ginger, une jument KWPN de 15 ans au caractère affirmé et à l'élasticité exceptionnelle. Avec elle, point de brusquerie ni de compromis mécanique : pour performer à ce niveau, il a fallu séduire, convaincre et bâtir un pacte de confiance inébranlable. Loin d'imposer, Bertrand Liegard a su laisser la bride sur le cou à sa complice sans rien sacrifier à la précision technique, sublimant son équilibre et sa légèreté naturelle sur des chorégraphies sur mesure. Entre fierté d'arborer l'échappée tricolore sur la plus prestigieuse scène du monde, philosophie du temps long et souvenirs précieux aux écuries, Bertrand Liegard s'est confié avec la sincérité et l'élégance qui le caractérisent pour Le Mag'Equestre.

©Collection Privée
Vous revenez à Aix-la-Chapelle un an après avoir accroché un beau top 10 dans la Freestyle du CDI4* avec Ginger. En quoi le fait de fouler à nouveau la piste du Stade Deutsche Bank avec une année d'expérience supplémentaire à haut niveau modifie-t-il votre approche ?
Nous avons surtout gagné en maturité. Il n'y a pas eu de révolution, mais une accumulation de petits détails : une meilleure qualité des transitions, davantage d'équilibre dans les changements d'attitude et une communication plus discrète entre Ginger et moi. Aujourd'hui, je peux lui laisser davantage d'initiative sans perdre en précision, ce qui rend notre reprise plus fluide et plus expressive.
Votre couple franchit désormais régulièrement la barre des 72 % et 73 % en Libre. Ginger a 15 ans et, comme beaucoup de juments de Grand Prix, demande de la finesse. Comment caractériseriez-vous son mental et la façon de la garder avec vous ?
Ginger est une jument avec beaucoup de personnalité. Elle est sensible, généreuse, mais elle a besoin de comprendre ce qu'on lui demande. Avec une jument, on ne peut pas imposer, il faut convaincre. La confiance est essentielle. Au fil des années, nous avons construit une vraie complicité et c'est cette relation qui nous permet aujourd'hui de performer ensemble.
Représenter la France lors de grands événements internationaux comme les Championnats d'Europe ou en Coupe des Nations apporte une responsabilité particulière. Que signifie pour vous le fait de porter le veste bleue dans un sanctuaire du sport comme Aix-la-Chapelle ?
C'est un immense honneur. Aix-la-Chapelle est l'un des concours les plus prestigieux au monde et représenter la France dans un tel cadre procure beaucoup de fierté. On ressent une responsabilité particulière, mais c'est aussi une motivation supplémentaire pour donner le meilleur de soi-même.
Au cours de votre carrière — de Star Wars à What's Up Dela Ferme Rose, jusqu'à former Ginger du Small Tour au Grand Prix —, vous avez façonné plusieurs chevaux jusqu'au sommet. Comment se situe la locomotion de Ginger par rapport à vos anciens chevaux de championnat ?
Chaque cheval est unique. Ginger possède une élasticité naturelle et une grande volonté de coopérer. Là où certains chevaux impressionnent par leur puissance, elle séduit davantage par sa légèreté, son équilibre et sa capacité à rester connectée avec son cavalier. C'est une qualité très précieuse au plus haut niveau.
Votre calendrier de compétitions vous a emmenés cette saison des pistes couvertes de Bâle jusqu'aux vastes arènes du Moyen-Orient à Doha. Comment adaptez-vous la détente et la routine de Ginger face à des environnements si différents ?
Je cherche avant tout à préserver les repères de Ginger. Même si les environnements changent énormément, notre routine reste pratiquement identique. Cela lui apporte de la sérénité. J'adapte simplement la durée de l'échauffement selon le climat, le terrain ou l'atmosphère du stade.
La reprise libre en musique est toujours un moment très attendu par le public d'Aix-la-Chapelle. Comment avez-vous pensé et construit votre chorégraphie ainsi que le choix musical pour mettre en valeur les points forts de Ginger ?
J'adore Whitney Houston ! (Rires) Mais la musique doit avant tout refléter la personnalité du cheval. Nous avons choisi avec Claudia et Annabel des morceaux qui mettent en valeur son élégance et sa cadence naturelle. La chorégraphie est construite autour de ses points forts afin que chaque mouvement s'intègre naturellement dans la musique.
Aix-la-Chapelle est réputé pour abriter un public extrêmement connaisseur en dressage. Est-ce une source de pression supplémentaire ou un supplément d'âme en piste ?
C'est surtout une source d'énergie ! Bien sûr, on ressent l'importance de l'événement, mais évoluer devant un public qui apprécie réellement le dressage est très stimulant. Lorsqu'on entre sur cette piste, on a envie de donner encore plus.

Dans le Grand Prix, les enchaînements et les variations d'allures demandent un contrôle et une harmonie parfaits. Quel passage du déroulé illustre le mieux votre niveau de complicité avec Ginger ?
Je dirais les enchaînements piaffer-passage. Ce sont des mouvements qui exigent une confiance absolue, beaucoup de finesse et une parfaite harmonie. Quand ils sont réussis, ils reflètent vraiment la qualité de la relation entre le cheval et son cavalier.
Le dressage moderne est d'une exigence extrême. Comment parvenez-vous à maintenir cette précision chirurgicale sans pour autant mécaniser la jument ou éteindre son expression naturelle ?
C'est tout l'équilibre du dressage moderne. La précision est indispensable, mais elle ne doit jamais devenir mécanique. Mon objectif est que Ginger reste disponible, détendue et volontaire. Lorsque le cheval travaille avec plaisir, l'expression vient naturellement.
Le dressage est une discipline de répétition, de détails microscopiques et de patience. Après toutes ces années en selle, quelle est la plus grande leçon que ce sport vous a enseignée sur vous-même ?
La patience ! Patrick Le Rolland, mon entraineur, me l'a souvent répété : rien ne peut être précipité avec les chevaux. Ils nous obligent à accepter que la progression ne soit jamais linéaire. Ils nous apprennent aussi l'humilité, car chaque jour remet les compteurs à zéro.
Il arrive que certaines reprises ne se déroulent pas comme prévu. Quelle est votre philosophie interne pour surmonter les déceptions et rester concentré sur le long terme ?
J'essaie toujours d'analyser et de comprendre à tête reposée. Une mauvaise reprise est une information, pas un échec. Chaque concours permet d'apprendre quelque chose, et c'est cette vision à long terme qui permet de continuer à progresser.
Au-delà des flots et du classement, quel est le moment le plus simple ou la plus belle satisfaction partagée avec Ginger dans la vie de tous les jours ?
Je pense à ma victoire au CDI4* au Crozet, mais les moments les plus simples sont souvent les plus précieux. La voir arriver au paddock, la sentir détendue après une bonne séance ou simplement partager quelques minutes de calme à l'écurie me rappelle pourquoi je fais ce métier.
Le système de jugement en dressage fait régulièrement l'objet de débats entre critères techniques et appréciation artistique. Quels aménagements ou outils préconiseriez-vous pour harmoniser la notation ?
Le jugement en dressage est complexe parce qu'il combine des critères techniques et artistiques. Je pense que tout ce qui peut améliorer l'harmonisation entre les juges est positif : davantage d'échanges, de formation continue et l'utilisation de technologies permettant d'analyser certains critères de manière plus objective pourraient contribuer à renforcer la cohérence des notes.
L'élevage moderne façonne des chevaux aux allures spectaculaires, mais certains s'inquiètent parfois de la facilité d'utilisation et de la franchise mentale. Quelle est votre vision de l'élevage actuel et des qualités indispensables d'un cheval de Grand Prix ?
Les progrès réalisés en matière de locomotion sont impressionnants, mais un grand cheval ne se résume pas à ses allures. La facilité d'utilisation, le mental, la générosité et la volonté de coopérer restent des qualités indispensables. Sans ces aspects, il est très difficile de construire une carrière durable au plus haut niveau.
©Collection Privée
ENGLISH VERSION !
As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.
In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.
These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.
From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.
On the Road to Aachen #23 – Bertrand Liegard
“Ginger is a mare with a lot of personality.”


In the hushed corridors of international dressage, there are riders whose signature is immediately recognizable by the subtlety of their aids, their respect for the horse, and an unrelenting pursuit of harmony. Bertrand Liegard is one of them. Raised on the rigor and cult of patience passed down by his late master Patrick Le Rolland, the French rider approaches his return to the temple of Aachen with the serenity of an experienced horseman and the conviction of a true enthusiast. A year after his remarkable performance in the CDI4* at the Deutsche Bank Stadium, he returns to Germany armed with an extra year of fine craftsmanship, reflected in top-tier performances in Crozet, Basel, and Doha.
At the heart of this resurgence is Ginger, a 15-year-old KWPN mare with a strong personality and exceptional elasticity. With her, there is no place for harshness or mechanical compromise: to perform at this level, one must seduce, convince, and build an unwavering pact of trust. Far from imposing, Bertrand Liegard has managed to give his partner room to express herself without sacrificing technical precision, sublimating her balance and natural lightness over custom-tailored floorplans. Between the pride of wearing the French colors on the world’s most prestigious stage, a long-term philosophy, and cherished everyday memories at the stables, Bertrand Liegard opened up with characteristic sincerity and elegance for Le Mag'Équestre.
©Collection Privée
You return to Aachen a year after securing a fine top-10 finish in the CDI4 Freestyle with Ginger. How does stepping onto the track of the Deutsche Bank Stadium again with an additional year of top-level experience change your approach?
Above all, we have gained maturity. There hasn't been a revolution, but rather an accumulation of small details: better quality in the transitions, greater balance in changes of attitude, and a more discreet communication between Ginger and me. Today, I can give her more initiative without losing precision, which makes our test smoother and more expressive.
Your combination now regularly crosses the 72% and 73% marks in the Freestyle. Ginger is 15 years old and, like many Grand Prix mares, requires a refined touch. How would you characterize her mindset and how do you keep her on your side?
Ginger is a mare with a lot of personality. She is sensitive and generous, but she needs to understand what is being asked of her. With a mare, you cannot force things; you have to convince. Trust is essential. Over the years, we have built a genuine partnership, and it is this relationship that allows us to perform together today.
Representing France at major international events like the European Championships or Nations Cups brings a special responsibility. What does it mean to you to wear the French jacket in a shrine of the sport like Aachen?
It is an immense honor. Aachen is one of the most prestigious shows in the world, and representing France in such a setting brings a lot of pride. You feel a special responsibility, but it is also an extra source of motivation to give the absolute best of yourself.
Throughout your career—from Star Wars to What's Up Dela Ferme Rose, to producing Ginger from the Small Tour to Grand Prix—you have produced several horses to the top level. How does Ginger's locomotion compare to your former championship horses?
Every horse is unique. Ginger possesses a natural elasticity and a great willingness to cooperate. Where some horses impress with power, she seduces more through her lightness, balance, and ability to stay connected with her rider. That is a very precious quality at the highest level.
Your competition calendar took you this season from the indoor arenas of Basel to the vast outdoor venues of the Middle East in Doha. How do you adapt Ginger's warm-up and routine to such different environments?
Above all, I try to preserve Ginger's reference points. Even if the environments change dramatically, our routine remains practically identical. This brings her serenity. I simply adapt the length of the warm-up based on the climate, the footing, or the atmosphere of the stadium.
The Freestyle to Music is always a highly anticipated moment for the Aachen public. How did you design and build your choreography and musical selection to highlight Ginger's strengths?
I love Whitney Houston! (Laughs) But the music must first and foremost reflect the horse's personality. Together with Claudia and Annabel, we chose pieces that highlight her elegance and natural cadence. The choreography is constructed around her strengths so that each movement integrates naturally into the music.
Aachen is renowned for housing an extremely knowledgeable dressage crowd. Is that an additional source of pressure or an extra boost of soul on the centerline?
It is primarily a source of energy! Of course, you feel the significance of the event, but riding in front of a crowd that truly appreciates dressage is very stimulating. When you enter that arena, you want to give even more.
In the Grand Prix, transitions and variations of paces demand perfect control and harmony. Which part of the test best illustrates your level of partnership with Ginger?
I would say the piaffe-passage transitions. These are movements that require absolute trust, great delicacy, and perfect harmony. When they are executed well, they truly reflect the quality of the relationship between horse and rider.
Modern dressage is extremely demanding. How do you manage to maintain this surgical precision without mechanizing the mare or dulling her natural expression?
That is the entire balance of modern dressage. Precision is indispensable, but it must never become mechanical. My goal is for Ginger to remain available, relaxed, and willing. When the horse works with pleasure, the expression comes naturally.
Dressage is a discipline of repetition, microscopic details, and patience. After all these years in the saddle, what is the greatest lesson this sport has taught you about yourself?
Patience! Patrick Le Rolland, my master, often repeated it to me: nothing can be rushed with horses. They force us to accept that progress is never linear. They also teach us humility, because every single day resets the counters to zero.
Sometimes tests do not go as planned. What is your internal philosophy for overcoming disappointments and staying focused on the long term?
I always try to analyze and understand with a clear head. A bad test is information, not a failure. Every competition teaches you something, and it is this long-term perspective that allows you to keep progressing.
Beyond the rosettes and world standings, what is the simplest moment or the greatest shared satisfaction with Ginger in everyday life?
I think of my victory in the CDI4* at Crozet, but the simplest moments are often the most precious. Seeing her arrive at the paddock, feeling her relaxed after a good session, or simply sharing a few quiet minutes in the stable reminds me why I do this job.
The judging system in dressage is regularly subject to debate between technical criteria and artistic evaluation. What adjustments or tools would you recommend to harmonize scoring?
Judging in dressage is complex because it combines technical and artistic criteria. I think anything that can improve alignment among judges is positive: more discussions, continuous education, and the use of technology to analyze certain criteria more objectively could contribute to strengthening the consistency of marks.
Modern breeding produces horses with spectacular gaits, but some sometimes worry about rideability and mental honesty. What is your perspective on current breeding and the essential qualities of a Grand Prix horse?
The progress made in locomotion is impressive, but a great horse is not defined solely by its gaits. Rideability, mindset, generosity, and the willingness to cooperate remain indispensable qualities. Without these aspects, it is very difficult to build a lasting career at the highest level.
Versión En Español
A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.
En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.
Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.
Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.
On the Road to Aachen #23 – Bertrand Liegard
"Ginger es una yegua con mucha personalidad."


En los pasillos silenciosos de la doma clásica internacional, hay jinetes cuya firma se reconoce de inmediato por la sutileza de sus ayudas, el respeto por el caballo y una búsqueda constante de la armonía. Bertrand Liegard es uno de ellos. Forjado en el rigor y el culto a la paciencia transmitidos por su añorado maestro Patrick Le Rolland, el jinete francés afronta su regreso al templo de Aquisgrán con la serenidad de los hombres de experiencia y la convicción de los apasionados. Un año después de su destacada actuación en el CDI4* del Deutsche Bank Stadium, vuelve a Alemania armado con un año adicional de meticuloso trabajo, materializado en actuaciones de alto nivel en Crozet, Basilea o Doha.
En el corazón de este renacer se encuentra Ginger, una yegua KWPN de 15 años con un carácter firme y una elasticidad excepcional. Con ella no caben las brusquedades ni los compromisos mecánicos: para rendir a este nivel ha hecho falta seducir, convencer y construir un pacto de confianza inquebrantable. Lejos de imponer, Bertrand Liegard ha sabido dar espacio a su compañera sin sacrificar nada de la precisión técnica, ensalzando su equilibrio y su ligereza natural sobre coreografías hechas a medida. Entre el orgullo de luctuar con los colores de Francia en la escena más prestigiosa del mundo, una filosofía a largo plazo y recuerdos valiosos en la cuadra, Bertrand Liegard se sincera con la autenticidad y la elegancia que le caracterizan para Le Mag'Équestre.
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Vuelve a Aquisgrán un año después de haber logrado un magnífico top 10 en la Freestyle del CDI4 con Ginger. ¿De qué manera el hecho de pisar de nuevo la pista del Deutsche Bank Stadium con un año más de experiencia al máximo nivel modifica su enfoque?
Hemos ganado sobre todo en madurez. No ha habido una revolución, sino una acumulación de pequeños detalles: una mejor calidad en las transiciones, más equilibrio en los cambios de actitud y una comunicación más discreta entre Ginger y yo. Hoy puedo darle más iniciativa sin perder precisión, lo que hace que nuestra reprise sea más fluida y expresiva.
Su binomio supera ya con regularidad la barrera del 72 % y del 73 % en la Libre. Ginger tiene 15 años y, como muchas yeguas de Gran Premio, exige finura. ¿Cómo caracterizaría su carácter y la forma de mantenerla entregada?
Ginger es una yegua con mucha personalidad. Es sensible y generosa, pero necesita entender lo que se le pide. Con una yegua no se puede imponer, hay que convencer. La confianza es esencial. A lo largo de los años hemos construido una verdadera complicidad, y es esa relación la que nos permite rendir juntos a día de hoy.
Representar a Francia en grandes citas internacionales como los Campeonatos de Europa o en Copas de Naciones conlleva una responsabilidad especial. ¿Qué significa para usted vestir la chaqueta de su equipo nacional en un santuario del deporte como Aquisgrán?
Es un honor inmenso. Aquisgrán es uno de los concursos más prestigiosos del mundo y representar a Francia en un marco así produce mucho orgullo. Se siente una responsabilidad especial, pero también es una motivación extra para dar lo mejor de uno mismo.
A lo largo de su carrera —desde Star Wars hasta What's Up Dela Ferme Rose, pasando por formar a Ginger desde el Small Tour hasta el Gran Premio— ha llevado a varios caballos a la cumbre. ¿Cómo sitúa la locomoción de Ginger en comparación con sus antiguos caballos de campeonato?
Cada caballo es único. Ginger posee una elasticidad natural y una gran voluntad de cooperar. Donde algunos caballos impresionan por su potencia, ella seduce más por su ligereza, su equilibrio y su capacidad para mantenerse conectada con el jinete. Es una cualidad muy valiosa al máximo nivel.
Su calendario de competiciones le ha llevado esta temporada desde las pistas cubiertas de Basilea hasta las vastas arenas de Oriente Medio en Doha. ¿Cómo adapta el calentamiento y la rutina de Ginger ante entornos tan diferentes?
Busco ante todo mantener los puntos de referencia de Ginger. Aunque los entornos cambien enormemente, nuestra rutina sigue siendo prácticamente idéntica. Eso le aporta serenidad. Simplemente adapto la duración del calentamiento en función del clima, del terreno o de la atmósfera del estadio.
La prueba Libre con música es siempre un momento muy esperado por el público de Aquisgrán. ¿Cómo concibió su coreografía y la elección musical para resaltar los puntos fuertes de Ginger?
¡Me encanta Whitney Houston! (Risas) Pero la música debe ante todo reflejar la personalidad del caballo. Elegimos con Claudia y Annabel piezas que realzan su elegancia y su cadencia natural. La coreografía está construida alrededor de sus puntos fuertes para que cada movimiento se integre con naturalidad en la música.
Aquisgrán es famoso por albergar a un público extremadamente entendido en doma. ¿Es una fuente de presión añadida o un impulso de alma en pista?
¡Es sobre todo una fuente de energía! Por supuesto que se siente la importancia del evento, pero salir a pista ante un público que aprecia realmente la doma es muy estimulante. Cuando se entra en esa pista, entran ganas de dar todavía más.
En el Gran Premio, los encadenamientos y las variaciones de aire exigen un control y una armonía perfectos. ¿Qué pasaje de la reprise ilustra mejor su nivel de complicidad con Ginger?
Diría que los encadenamientos piaffé-passage. Son movimientos que exigen una confianza absoluta, mucha finura y una armonía perfecta. Cuando salen bien, reflejan de verdad la calidad de la relación entre el caballo y el jinete.
La doma moderna es de una exigencia extrema. ¿Cómo consigue mantener esa precisión quirúrgica sin mecanizar a la yegua ni apagar su expresión natural?
Ese es todo el equilibrio de la doma moderna. La precisión es indispensable, pero nunca debe volverse mecánica. Mi objetivo es que Ginger se mantenga disponible, relajada y voluntariosa. Cuando el caballo trabaja con gusto, la expresión surge de forma natural.
La doma es una disciplina de repetición, de detalles microscópicos y de paciencia. Tras todos estos años en la montura, ¿cuál es la mayor lección que este deporte le ha enseñado sobre sí mismo?
¡La paciencia! Patrick Le Rolland, mi maestro, me lo repetía a menudo: nada se puede precipitar con los caballos. Nos obligan a aceptar que el progreso nunca es lineal. También nos enseñan humildad, porque cada día pone los contadores a cero.
Ocurre a veces que algunas reprises no salen como estaba previsto. ¿Cuál es su filosofía interna para superar las decepciones y mantenerse enfocado a largo plazo?
Intento siempre analizar y comprender con la cabeza fría. Una mala reprise es una información, no un fracaso. Cada concurso permite aprender algo, y es esa visión a largo plazo la que permite seguir progresando.
Más allá de las escarapelas y de la clasificación mundial, ¿cuál es el momento más sencillo o la mayor satisfacción compartida con Ginger en el día a día?
Pienso en mi victoria en el CDI4* en Crozet, pero los momentos más sencillos son a menudo los más valiosos. Verla llegar al paddock, sentirla relajada tras una buena sesión o simplemente compartir unos minutos de calma en la cuadra me recuerda por qué hago este trabajo.
El sistema de juzgamiento en doma es objeto de debate habitual entre criterios técnicos y apreciación artística. ¿Qué ajustes o herramientas aconsejaría para armonizar la puntuación?
El juzgamiento en doma es complejo porque combina criterios técnicos y artísticos. Creo que todo lo que pueda mejorar la alineación entre los jueces es positivo: más debate, formación continua y el uso de tecnologías que permitan analizar ciertos criterios de forma más objetiva podrían contribuir a reforzar la coherencia de las notas.
La cría moderna moldea caballos con aires espectaculares, pero a veces surge la inquietud por la facilidad de manejo y la honestidad mental. ¿Cuál es su visión de la cría actual y de las cualidades indispensables de un caballo de Gran Premio?
Los avances logrados en materia de locomoción son impresionantes, pero un gran caballo no se reduce a sus aires. La facilidad de manejo, el carácter, la generosidad y la voluntad de cooperar siguen siendo cualidades indispensables. Sin estos aspectos es muy difícil construir una carrera duradera al máximo nivel.
