On the Road to Aachen #24 – Andrew Hoy "Il faut du temps pour bâtir la confiance et façonner un vrai couple."
Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !
JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !
Samuel Benibre
8/10/202623 min read
Dans l'histoire des sports équestres, très peu d'athlètes peuvent se targuer d'avoir traversé près de cinquante ans de très haut niveau tout en conservant une fraîcheur et une envie intactes. Légende vivante du concours complet australien, Andrew Hoy s'apprête à disputer un nouveau grand championnat international à l'occasion des Championnats du Monde 2026 à Aix-la-Chapelle.
À 67 ans, le quadruple médaillé olympique aborde ce rendez-vous de la Soers aux côtés de son fantastique complice de 17 ans, Vassily de Lassos. Bâti sur une complicité fusionnelle, le duo incarne l'excellence du Horsemanship, où la longévité et le bien-être du cheval prévalent sur toute quête de résultats immédiats. Pour Le Mag'Equestre, Andrew Hoy livre une leçon d'humilité, de régularité et de passion, revenant sur son amour pour la terre d'Aix-la-Chapelle, sa vision de l'évolution du complet et le secret d'une carrière hors du commun.

©Collection Privée
Andrew, vous avez participé à presque tous les plus grands championnats du monde sur plus de quatre décennies. Qu'est-ce qui rend les Championnats du Monde FEI toujours aussi spéciaux et quelles émotions le site d'Aix-la-Chapelle suscite-t-il en vous ?
Aix-la-Chapelle est tout simplement le plus grand site de compétition équestre au monde. Il n'y a aucun endroit qui lui ressemble. Ils ne négligent absolument aucun détail lors de la préparation de leurs événements : tout est fait à la perfection. Que ce soit pour les compétiteurs ou pour les spectateurs, tout le monde est reçu de façon royale, et en premier lieu les chevaux, évidemment. Les Jeux Équestres Mondiaux d'Aix-la-Chapelle en 2006 restent un souvenir fantastique et très vivant dans ma mémoire. Leur campagne de communication intitulée « Welcome Home » (Bienvenue à la maison) est d'une justesse absolue. Le monde équestre va véritablement « rentrer à la maison » à Aix-la-Chapelle à partir du 11 août.
Aix-la-Chapelle est souvent décrite comme l'épreuve ultime en concours complet. D'après votre expérience, qu'est-ce qui rend ce site si unique par rapport à tous les autres championnats ?
Aix-la-Chapelle est un véritable terrain de championnat qui offre systématiquement un spectacle des plus passionnants. Un parcours de championnat à Aix-la-Chapelle s'avère toujours très sélectif, avec des obstacles et des combinaisons extrêmement techniques, couplés à un temps accordé très difficile à rattraper. Ce sera une compétition fascinante à suivre, tant pour les spectateurs présents sur place que pour les passionnés devant leurs écrans à travers le monde.
Vous vous alignez sur ce championnat aux côtés de Vassily de Lassos, un cheval qui vous a déjà offert le succès aux Jeux Olympiques et au niveau international. Comment votre complicité a-t-elle évolué au fil des ans ?
Vassily est le cheval le plus incroyable qui soit et je suis très honoré d'être son partenaire. C'est notre dixième saison ensemble et nous nous connaissons sur le bout des doigts. Il faut du temps pour bâtir la confiance et façonner un vrai couple. Quand cela se concrétise au sein d'une relation aussi longue, on touche au but suprême de tout cavalier : être en harmonie totale avec sa monture. Je tiens d'ailleurs à faire une mention spéciale à sa propriétaire, Mme Linda Mars, sans qui rien de tout cela ne serait possible. C'est une dame merveilleuse, une amie chère et une femme de cheval d'une immense culture équestre.
Vassily a aujourd'hui 17 ans et évolue toujours au plus haut niveau mondial. Quel est le secret pour le maintenir motivé, sain et compétitif après tant de saisons ?
Il faut savoir préserver ses chevaux. Cela passe par le travail quotidien à la maison, mais aussi par le choix et le nombre de compétitions courues chaque année. Je suis extrêmement sélectif avec tous mes chevaux : la longévité m'importe bien plus que le succès à court terme. Mon mentor, le grand Nelson Pessoa, m'a dit un jour : « Chaque cheval dispose d'un nombre limité de sauts dans sa vie. Une fois qu'ils sont épuisés, c'est fini. Alors choisis scrupuleusement quand tu les utilises ! » Au final, tout est question de Horsemanship et de gestion avisée. La santé et le bien-être de nos chevaux restent notre priorité absolue, toujours, avant n'importe quel concours ou n'importe quel classement.
Au vu de vos récents résultats, vous semblez avoir construit votre saison avec minutie en vue d'Aix-la-Chapelle plutôt qu'en courrant tous les concours. À quel point la patience et la planification à long terme sont-elles essentielles dans le complet moderne ?
Tout découle de ce que je viens d'évoquer. Si vous voulez garder vos chevaux en forme et en bonne santé, vous devez prendre soin d'eux : choisir vos concours avec attention et les limiter au strict nécessaire. La seule question qui compte est : qu'est-ce qui est le meilleur pour le cheval ?
Vous avez vu le concours complet évoluer de façon spectaculaire tout au long de votre carrière. Selon vous, qu'est-ce qui a le plus changé — en bien ou peut-être en pire ?
Nous devons tous évoluer, en permanence. J'ai couru mes premiers Championnats du Monde en 1978... Si je n'avais pas évolué dans ma monte, dans mon management, dans tout mon système, il y a bien longtemps que je ne serais plus là ! Nous devons constamment rester ouverts à l'apprentissage, chaque jour que Dieu fait.
De nombreux cavaliers affirment que l'expérience est inestimable en championnat. Pensez-vous qu'elle puisse encore l'emporter sur la pure performance athlétique lorsque les médailles se jouent ?
L'expérience joue un rôle colossal au plus haut niveau : ressentir son cheval, savoir instinctivement quoi faire dans une situation donnée. Néanmoins, la performance athlétique est indispensable et l'expérience seule ne peut pas la remplacer. Le cheval et le cavalier doivent être au sommet de leur forme physique et de leur niveau technique pour prétendre à une médaille à Aix-la-Chapelle ou dans tout autre championnat. C'est le juste équilibre des deux qui fait la différence !
L'Australie possède une histoire remarquable en concours complet et vous avez contribué à ses plus beaux succès. Quel regard portez-vous sur la jeune génération et quel rôle doivent jouer les cavaliers d'expérience ?
Je ne passe pas beaucoup de temps à regarder en arrière : on ne gagne pas une course en regardant dans le rétroviseur ! Je regarde toujours devant moi — le prochain apprentissage, le prochain défi, la prochaine étape. Nous avons une génération formidable de jeunes cavaliers qui émerge et je suis toujours présent pour les aider s'ils en ont besoin. Ils doivent trouver leur propre voie, imprimer leur propre marque, et je suis ravi d'accompagner leur parcours.

Vous avez remporté des médailles olympiques, des médailles mondiales et d'innombrables victoires internationales. À ce stade de votre carrière, qu'est-ce qui alimente encore votre motivation chaque matin ?
L'amour des chevaux. Passer du temps avec mes chevaux, apprendre quelque chose de nouveau, devenir meilleur chaque jour. C'est ce qui me anime et me passionne.
Vous avez connu des hauts incroyables, mais aussi des déceptions et des coups durs. En regardant en arrière, quel moment difficile vous a enseigné la leçon la plus précieuse ?
Il y a une leçon à tirer de chaque épreuve. Le plus important face aux déceptions, c'est l'équipe qui vous entoure. Mon père m'a dit quand j'avais 17 ans : « Si tu veux être bon, entoure-toi de gens de valeur. » Ces personnes sont essentielles, dans les bons comme dans les mauvais moments. Quand quelque chose ne fonctionne pas : prenez un moment pour analyser, tirez-en les enseignements, adaptez-vous, retournez à la table de travail, puis baissez la tête et remettez-vous au boulot.
Si vous pouviez vous asseoir en face du jeune Andrew Hoy qui préparait son tout premier championnat, quel conseil lui donneriez-vous aujourd'hui ?
Concentre-toi sur toi et ton cheval ; ne te laisse pas submerger par ce qui se passe autour. Garde ton cap — fais confiance à ton système et à ton travail.
Beaucoup admirent votre longévité, mais peu mesurent ce qu'elle exige en coulisses. Quels sacrifices ont été nécessaires pour rester au sommet pendant plus de quarante ans ?
Je n'utilise jamais le mot « sacrifice », parce qu'il s'agit d'un choix conscient. J'ai choisi cette vie, ma merveilleuse famille me soutient au quotidien et je ne voudrais pour rien au monde qu'il en soit autrement. Mais ce n'est pas aussi glamour que cela en a l'air sur les réseaux sociaux : ce sont des réveils aux aurores, des fin de journées tardives, du travail acharné, de la discipline et de la régularité, jour après jour.
Quand les gens vous qualifient de « légende du sport », que ressentez-vous personnellement ? Est-ce un statut que vous assumez ou préférez-vous n'y pas penser ?
Je ne vois pas les choses sous cet angle. Je suis un gamin issu d'une petite ville rurale d'Australie qui a grandi sur une ferme. Les chevaux m'ont emmené aux quatre coins du monde depuis maintenant 48 ans : les gens que j'ai rencontrés, les amis que je me suis faits, les souvenirs gravés... c'est à mes chevaux que je dois tout cela.
Le lien entre un cavalier de complet et son cheval est souvent difficile à décrire. Si Vassily pouvait vous décrire en tant que cavalier, que souhaiteriez-vous qu'il dise ?
C'est une question bien difficile ! J'espère qu'il dirait que je suis constant, qu'il peut toujours compter et s'appuyer sur moi, et que je suis toujours là pour le soutenir dès qu'il en a besoin.
Selon vous, quel est le plus grand défi auquel le concours complet international fera face dans les dix prochaines années, et quels changements aimeriez-vous voir ?
Je pense que le grand débat actuel tourne autour de l'opposition entre les Championnats et les épreuves 5*. Le sport évolue, comme il l'a toujours fait, et nous devons évoluer avec lui. Le changement fait partie du jeu, cela a toujours été le cas et le sera toujours. Je crois que des événements comme Aix-la-Chapelle — qu'il s'agisse de leurs Championnats du Monde ou de leur concours annuel — offrent un spectacle fantastique au public et nous permettent de montrer ce que nous incarnons : du bon Horsemanship, de belles images et un sport incroyablement captivant centré sur une chose : le partenariat et la confiance entre le cheval et son cavalier.
On débat souvent de l'équilibre entre sécurité, bien-être animal et spectacle sportif. Comment le concours complet peut-il continuer à évoluer tout en préservant son identité ?
Nous avons vu énormément de changements ces dernières années, tant dans le profil des obstacles que dans le développement de dispositifs de sécurité comme les étriers ou fiches déformables MIM. Tout ce qui peut être fait pour rendre le sport plus sûr pour les chevaux et les cavaliers est une excellente avancée. Nous voulons voir une belle équitation, de belles images et des chevaux heureux qui prennent du plaisir. Pour moi, l'identité de notre sport réside dans le couple formé par le cheval et le cavalier : c'est précisément ce que ces évolutions préservent et porteront vers l'avenir.
Enfin, lorsque vous quitterez Aix-la-Chapelle à la fin de ces Championnats du Monde, qu'est-ce qui vous fera dire que la semaine aura été un succès — quel que soit le résultat final ?
Si Vassily et moi parvenons à réaliser notre meilleur niveau personnel dans les trois tests, ce sera un succès, peu importe notre classement final. Il y a aussi des choses essentielles en dehors de notre propre performance : montrer au monde entier ce qu'est le concours complet. Démontrer un Horsemanship exemplaire, prendre soin de nos montures, offrir une belle équitation et un vrai partenariat. Des chevaux sains, heureux et de magnifiques images partagées avec le monde entier : voilà ce qui constituera, pour moi, des Championnats du Monde réussis à Aix-la-Chapelle.
©Collection Privée
ENGLISH VERSION !
As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.
In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.
These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.
From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.
On the Road to Aachen #24 – Andrew Hoy
“It takes time to build trust and forge a real relationship.”


In the history of equestrian sports, very few athletes can boast of having traversed nearly fifty years at the highest level while maintaining intact freshness and drive. A living legend of Australian eventing, Andrew Hoy is preparing to contest another major international championship at the 2026 World Championships in Aachen.
At 67 years old, the four-time Olympic medalist approaches this fixture at the Soers alongside his fantastic 17-year-old partner, Vassily de Lassos. Built on a harmonious connection, the combination embodies the excellence of Horsemanship, where longevity and horse welfare prevail over any quest for immediate results. For Le Mag'Equestre, Andrew Hoy delivers a lesson in humility, consistency, and passion, reflecting on his love for Aachen, his vision of the evolution of eventing, and the secret to an extraordinary career.
©Collection Privée
Andrew, you have participated in almost all the greatest world championships over more than four decades. What makes the FEI World Championships so special, and what emotions does the Aachen venue evoke in you?
Aachen is simply the greatest equestrian competition venue in the world. There is no place quite like it. They leave absolutely no detail to chance when preparing their events: everything is done to perfection. Whether for competitors or spectators, everyone receives royal treatment, especially the horses, of course. The World Equestrian Games in Aachen in 2006 remain a fantastic and vivid memory. Their campaign titled "Welcome Home" was spot on. The equestrian world is truly "coming home" to Aachen starting August 11th.
Aachen is often described as the ultimate test in eventing. In your experience, what makes this venue so unique compared to all other championships?
Aachen is a true championship venue that consistently delivers top-tier sport. A championship course at Aachen always proves to be very selective, with extremely technical fences and combinations, coupled with an optimum time that is very difficult to catch. It will be a fascinating competition to follow, both for spectators on-site and for enthusiasts watching on screens around the world.
You line up for this championship alongside Vassily de Lassos, a horse that has brought you success at the Olympic Games and on the international stage. How has your partnership evolved over the years?
Vassily is the most incredible horse, and I am honored to be his partner. This is our tenth season together, and we know each other inside out. It takes time to build trust and forge a true partnership. When that comes to fruition over such a long relationship, you reach the ultimate goal of any rider: being in complete harmony with your mount. I would also like to make a special mention of his owner, Mrs. Linda Mars, without whom none of this would be possible. She is a wonderful lady, a dear friend, and a horsewoman of immense equestrian culture.
Vassily is now 17 years old and still competing at the top global level. What is the secret to keeping him motivated, sound, and competitive after so many seasons?
You have to protect your horses. That comes down to daily work at home, but also to the choice and number of competitions run each year. I am extremely selective with all my horses: longevity matters far more to me than short-term success. My mentor, the great Nelson Pessoa, once told me: "Every horse has a limited number of jumps in its life. Once they are used up, that's it. So choose carefully when you use them!" Ultimately, it is all about Horsemanship and wise management. The health and welfare of our horses remain our top priority, always, ahead of any show or ranking.
Looking at your recent results, you seem to have structured your season meticulously around Aachen rather than running every competition. How essential are patience and long-term planning in modern eventing?
It all stems from what I just mentioned. If you want to keep your horses fit and healthy, you must look after them: choose your shows carefully and limit them to what is strictly necessary. The only question that matters is: what is best for the horse?
You have seen eventing evolve dramatically throughout your career. In your opinion, what has changed the most — for better or perhaps for worse?
We must all evolve continuously. I rode in my first World Championships in 1978... If I hadn't evolved in my riding, my management, and my entire system, I would have been gone a long time ago! We must constantly remain open to learning, every single day.
Many riders state that experience is invaluable at championships. Do you think it can still outweigh pure athletic performance when medals are on the line?
Experience plays a massive role at the highest level: feeling your horse, instinctively knowing what to do in a given situation. However, athletic performance is essential, and experience alone cannot replace it. Horse and rider must be at the peak of their physical fitness and technical level to contend for a medal in Aachen or any other championship. It is the right balance of both that makes the difference!
Australia has a remarkable history in eventing, and you have contributed to its finest achievements. How do you view the younger generation, and what role should experienced riders play?
I don't spend much time looking back: you don't win a race by looking in the rearview mirror! I always look forward — the next lesson, the next challenge, the next step. We have a fantastic generation of young riders emerging, and I am always here to help them if they need it. They have to find their own path and make their own mark, and I am delighted to accompany them on their journey.
You have won Olympic medals, World medals, and countless international victories. At this stage of your career, what still fuels your motivation every morning?
The love of horses. Spending time with my horses, learning something new, and becoming better every day. That is what drives me and keeps me passionate.
You have experienced incredible highs, but also disappointments and setbacks. Looking back, which difficult moment taught you the most valuable lesson?
There is a lesson to be learned from every trial. The most important thing when facing disappointment is the team around you. My father told me when I was 17: "If you want to be good, surround yourself with quality people." Those people are essential, in good times and bad. When something doesn't work out: take a moment to analyze, draw the lessons, adapt, go back to the drawing board, and then put your head down and get back to work.
If you could sit across from the young Andrew Hoy preparing for his very first championship, what advice would you give him today?
Focus on yourself and your horse; don't get overwhelmed by what is happening around you. Stay your course — trust your system and your work.
Many admire your longevity, but few realize what it requires behind the scenes. What sacrifices were necessary to stay at the top for over forty years?
I never use the word "sacrifice" because it is a conscious choice. I chose this life, my wonderful family supports me daily, and I wouldn't trade it for anything in the world. But it isn't as glamorous as it looks on social media: it means early mornings, late evenings, hard work, discipline, and consistency, day in and day out.
When people refer to you as a "legend of the sport," how do you personally feel? Is that a status you embrace, or do you prefer not to think about it?
I don't see things that way. I am a kid from a small rural town in Australia who grew up on a farm. Horses have taken me to all four corners of the world for 48 years now: the people I have met, the friends I have made, the memories forged... I owe all of that to my horses.
The bond between an event rider and their horse is often hard to describe. If Vassily could describe you as a rider, what would you hope he would say?
That is a tough question! I hope he would say that I am consistent, that he can always rely on and trust me, and that I am always there to support him whenever he needs it.
In your opinion, what is the biggest challenge international eventing will face over the next ten years, and what changes would you like to see?
I think the main current debate revolves around the balance between Championships and 5* events. The sport is evolving, as it always has, and we must evolve with it. Change is part of the game, it always has been and always will be. I believe events like Aachen — whether their World Championships or their annual show — offer a fantastic spectacle for the public and allow us to showcase what we stand for: good Horsemanship, beautiful images, and an incredibly captivating sport centered on one thing: the partnership and trust between horse and rider.
There is frequent debate about balancing safety, animal welfare, and sporting spectacle. How can eventing continue to evolve while preserving its identity?
We have seen huge changes in recent years, both in fence profiles and in the development of safety devices like frangible pins and MIM clips. Anything that can be done to make the sport safer for horses and riders is a great step forward. We want to see beautiful riding, great pictures, and happy horses enjoying themselves. For me, the identity of our sport lies in the partnership formed by horse and rider: that is precisely what these developments preserve and carry into the future.
Finally, when you leave Aachen at the end of these World Championships, what will allow you to say the week was a success — regardless of the final result?
If Vassily and I achieve our personal best across all three tests, it will be a success, regardless of our final placing. There are also essential aspects beyond our own performance: showing the world what eventing is truly about. Demonstrating exemplary Horsemanship, taking care of our mounts, and presenting beautiful riding and true partnership. Sound, happy horses and wonderful images shared with the world: that is what will constitute a successful World Championship in Aachen for me.
Versión En Español
A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.
En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.
Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.
Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.
On the Road to Aachen #24 – Andrew Hoy
"Se necesita tiempo para generar confianza y formar una verdadera pareja."


En la historia de los deportes hípicos, muy pocos atletas pueden presumir de haber recorrido casi cincuenta años en el más alto nivel manteniendo una frescura y una ilusión intactas. Leyenda viva del concurso completo australiano, Andrew Hoy se dispone a disputar un nuevo gran campeonato internacional en los Campeonatos del Mundo de 2026 en Aquisgrán.
A sus 67 años, el cuatro veces medallista olímpico afronta esta cita en la Soers junto a su fantástico compañero de 17 años, Vassily de Lassos. Forjado sobre una compenetración absoluta, el binomio encarna la excelencia del Horsemanship, donde la longevidad y el bienestar del caballo prevalecen sobre cualquier búsqueda de resultados inmediatos. Para Le Mag'Equestre, Andrew Hoy ofrece una lección de humildad, regularidad y pasión, repasando su amor por la tierra de Aquisgrán, su visión de la evolución del completo y el secreto de una trayectoria extraordinaria.
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Andrew, ha participado en casi todos los grandes campeonatos del mundo a lo largo de más de cuatro décadas. ¿Qué hace que los Campeonatos del Mundo FEI sigan siendo tan especiales y qué emociones le despierta el escenario de Aquisgrán?
Aquisgrán es sencillamente el recinto de competición hípica más grande del mundo. No hay ningún lugar que se le parezca. No dejan absolutamente ningún detalle al azar en la preparación de sus eventos: todo se hace a la perfección. Ya sea para los competidores o para los espectadores, todo el mundo es recibido de manera real, y en primer lugar los caballos, por supuesto. Los Juegos Ecuestres Mundiales de Aquisgrán en 2006 siguen siendo un recuerdo fantástico y muy vivo en mi memoria. Su campaña de comunicación titulada «Welcome Home» (Bienvenido a casa) fue de una precisión absoluta. El mundo hípico va verdaderamente a «volver a casa» en Aquisgrán a partir del 11 de agosto.
Aquisgrán se describe a menudo como la prueba definitiva en concurso completo. Según su experiencia, ¿qué hace que este escenario sea tan único en comparación con otros campeonatos?
Aquisgrán es un verdadero terreno de campeonato que ofrece sistemáticamente un espectáculo apasionante. Un recorrido de campeonato en Aquisgrán resulta siempre muy selectivo, con obstáculos y combinaciones extremadamente técnicas, sumados a un tiempo concedido muy difícil de recuperar. Será una competición fascinante de seguir, tanto para los espectadores presentes en el recinto como para los aficionados ante sus pantallas en todo el mundo.
Afronta este campeonato junto a Vassily de Lassos, un caballo que ya le ha dado éxitos en los Juegos Olímpicos y a nivel internacional. ¿Cómo ha evolucionado su compenetración a lo largo de los años?
Vassily es el caballo más increíble que existe y me siento muy honrado de ser su compañero. Es nuestra décima temporada juntos y nos conocemos al dedillo. Lleva tiempo construir la confianza y forjar un verdadero binomio. Cuando eso se concreta en una relación tan larga, se alcanza la meta suprema de todo jinete: estar en total armonía con su montura. Quiero hacer una mención especial a su propietaria, la Sra. Linda Mars, sin quien nada de esto sería posible. Es una dama maravillosa, una querida amiga y una mujer de caballo de una inmensa cultura ecuestre.
Vassily tiene hoy 17 años y sigue compitiendo al más alto nivel mundial. ¿Cuál es el secreto para mantenerlo motivado, sano y competitivo tras tantas temporadas?
Hay que saber preservar a los caballos. Esto pasa por el trabajo diario en casa, pero también por la elección y el número de competiciones disputadas cada año. Soy extremadamente selectivo con todos mis caballos: la longevidad me importa mucho más que el éxito a corto plazo. Mi mentor, el gran Nelson Pessoa, me dijo un día: «Cada caballo dispone de un número limitado de saltos en su vida. Una vez que se agotan, se acabó. ¡Así que elige meticulosamente cuándo los utilizas!». Al final, todo es cuestión de Horsemanship y de una gestión sensata. La salud y el bienestar de nuestros caballos siguen siendo nuestra prioridad absoluta, siempre, por encima de cualquier concurso o clasificación.
A la vista de sus recientes resultados, parece haber estructurado su temporada con minuciosidad de cara a Aquisgrán en lugar de correr todas las pruebas. ¿Hasta qué punto la paciencia y la planificación a largo plazo son esenciales en el completo moderno?
Todo deriva de lo que acabo de mencionar. Si quieres mantener a tus caballos en forma y con buena salud, debes cuidarlos: elegir tus concursos con atención y limitarlos a lo estrictamente necesario. La única pregunta que importa es: ¿qué es lo mejor para el caballo?
Ha visto evolucionar el concurso completo de forma espectacular a lo largo de su carrera. En su opinión, ¿qué es lo que más ha cambiado, para bien o quizás para mal?
Todos debemos evolucionar, constantemente. Corrí mis primeros Campeonatos del Mundo en 1978... Si no hubiera evolucionado en mi equitación, en mi gestión y en todo mi sistema, ¡haría mucho tiempo que ya no estaría aquí! Debemos mantenernos constantemente abiertos al aprendizaje, cada día.
Muchos jinetes afirman que la experiencia es inestimable en un campeonato. ¿Cree que aún puede imponerse a la pura rendición atlética cuando se deciden las medallas?
La experiencia juega un papel colosal al más alto nivel: sentir a tu caballo, saber instintivamente qué hacer en una situación determinada. Sin embargo, el rendimiento atlético es indispensable y la experiencia por sí sola no puede reemplazarlo. El caballo y el jinete deben estar en la cumbre de su forma física y de su nivel técnico para aspirar a una medalla en Aquisgrán o en cualquier otro campeonato. ¡Es el justo equilibrio de ambos lo que marca la diferencia!
Australia posee una historia destacada en concurso completo y usted ha contribuido a sus mayores éxitos. ¿Cómo ve a la joven generación y qué papel deben desempeñar los jinetes con experiencia?
No dedico mucho tiempo a mirar hacia atrás: ¡no se gana una carrera mirando por el retrovisor! Siempre miro hacia adelante: el próximo aprendizaje, el próximo desafío, el próximo paso. Tenemos una generación formidable de jóvenes jinetes que emerge y siempre estoy disponible para ayudarlos si lo necesitan. Deben encontrar su propio camino, dejar su propia impronta, y estoy encantado de acompañar su trayectoria.
Ha ganado medallas olímpicas, medallas mundiales e innumerables victorias internacionales. A estas alturas de su carrera, ¿qué sigue alimentando su motivación cada mañana?
El amor por los caballos. Pasar tiempo con mis caballos, aprender algo nuevo y ser mejor cada día. Eso es lo que me mueve y me apasiona.
Ha vivido momentos increíbles, pero también decepciones y reveses. Mirando hacia atrás, ¿qué momento difícil le enseñó la lección más valiosa?
Hay una lección que extraer de cada prueba. Lo más importante ante las decepciones es el equipo que te rodea. Mi padre me dijo cuando tenía 17 años: «Si quieres ser bueno, rodéate de personas de valor». Esas personas son esenciales, tanto en los buenos como en los malos momentos. Cuando algo no funciona: tómate un momento para analizar, extrae las lecciones, adáptate, vuelve a la mesa de trabajo y, después, agacha la cabeza y ponte de nuevo a trabajar.
Si pudiera sentarse frente al joven Andrew Hoy que preparaba su primerísimo campeonato, ¿qué consejo le daría hoy?
Concéntrate en ti y en tu caballo; no te dejes abrumar por lo que ocurre a tu alrededor. Mantén tu rumbo: confía en tu sistema y en tu trabajo.
Muchos admiran su longevidad, pero pocos miden lo que exige entre bambalinas. ¿Qué sacrificios han sido necesarios para mantenerse en la cumbre durante más de cuarenta años?
Nunca utilizo la palabra «sacrificio», porque se trata de una elección consciente. Elegí esta vida, mi maravillosa familia me apoya a diario y no querría por nada del mundo que fuera de otra manera. Pero no es tan glamuroso como parece en las redes sociales: son madrugones a la aurora, jornadas que acaban tarde, trabajo duro, disciplina y regularidad, día tras día.
Cuando la gente lo califica de «leyenda del deporte», ¿qué siente personalmente? ¿Es un estatus que asume o prefiere no pensar en ello?
No veo las cosas bajo ese prisma. Soy un chico de una pequeña ciudad rural de Australia que creció en una granja. Los caballos me han llevado a los cuatro rincones del mundo desde hace 48 años: las personas que he conocido, los amigos que he hecho, los recuerdos grabados... le debo todo esto a mis caballos.
El vínculo entre un jinete de completo y su caballo es a menudo difícil de describir. Si Vassily pudiera describirlo a usted como jinete, ¿qué le gustaría que dijera?
¡Es una pregunta muy difícil! Espero que dijera que soy constante, que siempre puede contar y apoyarse en mí, y que siempre estoy ahí para respaldarlo en cuanto lo necesita.
A su juicio, ¿cuál es el mayor desafío al que se enfrentará el concurso completo internacional en los próximos diez años y qué cambios le gustaría ver?
Creo que el gran debate actual gira en torno al equilibrio entre los Campeonatos y las pruebas 5*. El deporte evoluciona, como siempre lo ha hecho, y debemos evolucionar con él. El cambio forma parte del juego, siempre ha sido así y siempre lo será. Creo que eventos como Aquisgrán —ya sean sus Campeonatos del Mundo o su concurso anual— ofrecen un espectáculo fantástico al público y nos permiten mostrar lo que encarnamos: buen Horsemanship, imágenes hermosas y un deporte increíblemente cautivador centrado en una cosa: la compenetración y la confianza entre el caballo y su jinete.
A menudo se debate el equilibrio entre seguridad, bienestar animal y espectáculo deportivo. ¿Cómo puede el concurso completo seguir evolucionando sin perder su identidad?
Hemos visto muchísimos cambios en los últimos años, tanto en el perfil de los obstáculos como en el desarrollo de dispositivos de seguridad como los picos de deformación o fijaciones MIM. Todo lo que se pueda hacer para que el deporte sea más seguro para los caballos y los jinetes es un gran avance. Queremos ver una equitación bella, grandes imágenes y caballos felices que disfruten. Para mí, la identidad de nuestro deporte reside en el binomio formado por el caballo y el jinete: eso es precisamente lo que estas evoluciones preservan y proyectarán hacia el futuro.
Por último, cuando abandone Aquisgrán al término de estos Campeonatos del Mundo, ¿qué le hará decir que la semana ha sido un éxito, independientemente del resultado final?
Si Vassily y yo logramos rendir a nuestro mejor nivel personal en los tres test, será un éxito, independientemente de nuestra clasificación final. También hay aspectos esenciales más allá de nuestro propio rendimiento: mostrar al mundo entero lo que es el concurso completo. Demostrar un Horsemanship ejemplar, cuidar de nuestras monturas, ofrecer una equitación bella y una verdadera compenetración. Caballos sanos, felices e imágenes magníficas compartidas con el mundo entero: eso es lo que constituirá, para mí, unos Campeonatos del Mundo con éxito en Aquisgrán.
