On the Road to Aachen #25 – Sameh El Dahan "Je ne trouve pas les mots justes pour décrire Oscar."
Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !
JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !
Samuel Benibre
8/10/202631 min read
C'est l'un des retours les plus marquants et les plus émouvants de cette saison 2026. Après cinq années passées à défendre avec brio les couleurs de la Grande-Bretagne, Sameh El Dahan arbore à nouveau le drapeau de son pays natal : l'Égypte. Enfant du Caire formé au Club Sportif de la Police, le cavalier international fait son grand retour au sommet de l'échiquier mondial lors des Championnats du Monde d'Aix-la-Chapelle. Associé à son exceptionnel Oscar-A, avec lequel il forme un couple rodé depuis quatre ans sous les couleurs de Sycamore Stables, Sameh aborde la pelouse mythique du stade de la Soers avec une détermination intacte et une sérénité forge à l'épreuve des plus grands succès internationaux.
Vainqueur de l'un des Grands Prix les plus exigeants de la planète — le Grand Slam Rolex de Spruce Meadows avec la légendaire Suma's Zorro —, le cavalier égyptien sait mieux que quiconque ce qu'exige la très haute compétition. Co-dirigeant de la structure de Sycamore Horse Farm en Irlande du Nord aux côtés de son associée Joanne Sloan Allen, il mène de front la formation des jeunes chevaux, l'élevage, le commerce et l'élite mondiale. Pour Le Mag'Equestre, Sameh El Dahan se confie en toute sincérité sur la fierté de retrouver l'équipe nationale égyptienne, sa gestion de la pression dans l'arène d'Aix-la-Chapelle, le lien fusionnel qu'il entretient avec Oscar-A et la philosophie de vie qui guide son équitation.

©Mark Spowart & Mette Holm
En juin, vous avez officiellement annoncé votre retour sous le drapeau égyptien après cinq saisons passées à représenter la Grande-Bretagne. Que représente pour vous le fait de porter à nouveau les couleurs de l'Égypte sur la plus grande scène mondiale, ici même à Aix-la-Chapelle ?
En tant qu'Égyptien né et élevé en Égypte, où toute ma famille réside encore aujourd'hui, concourir à nouveau sous le drapeau égyptien me donne l'impression de revenir à la maison après une longue période d'absence. Représenter la Grande-Bretagne a été un honneur immense, et la communauté britannique m'a témoigné un accueil et une reconnaissance dont je lui serai toujours reconnaissant. Commencer ce nouveau chapitre avec l'équipe d'Égypte lors des Championnats du Monde ici à Aix-la-Chapelle — l'un des lieux les plus prestigieux au monde — est une perspective qui m'enthousiasme au plus haut point. Toute mon équipe chez Sycamore travaille d'arrache-pied au quotidien pour que nous arrivions sur place dans la meilleure forme possible.
Le format d'un Championnat du Monde est particulièrement exigeant, s'étalant de la Chasse le mercredi jusqu'à la finale individuelle le dimanche, en passant par les deux manches de la finale par équipes. Comment prépare-t-on un cheval sur le plan physique et mental pour qu'il maintienne son pic de forme tout au long de la semaine ?
La condition physique est évidemment un enjeu crucial, tant pour le cheval que pour le cavalier. Avec Joanne, nous avons essayé d'élaborer un programme parfaitement calibré pour notre cheval de championnat, Oscar-A. Sur le plan physique, nous avons testé ce format lors d'un concours préparatoire : sauter trois à quatre parcours dans le week-end, dont une épreuve de vitesse sur des hauteurs plus modestes, afin d'évaluer la forme exacte d'Oscar et de mesurer la réponse de notre couple face à la répétition des efforts.
Sur le plan mental, nous ne changeons absolument rien à nos habitudes. Tous nos chevaux passent une grande partie de leurs journées dehors, ensemble au paddock. Hannah, ma groom, prend un soin infini d'Oscar et veille en permanence à ce qu'il se sente bien et conserve un moral d'acier. Lors d'un championnat, je m'efforce de me répéter sans cesse qu'il s'agit d'un concours comme un autre. Même si nous savons tous que ce n'est pas le cas dans les faits, il est primordial qu'en tant qu'équipe nous restions fidèles à nos routines habituelles pour ne surtout pas perturber nos chevaux.
Avec des chevaux comme Oscar-A, WKD Balou Breeze ou WKD Comme Je Peut qui ont tous signé de très beaux résultats cette saison, comment s'est fait le choix final de votre partenaire pour ces Championnats du Monde ?
J'ai la chance immense de pouvoir compter sur le soutien indéfectible de mes partenaires de longue date à Sycamore Horse Farm. L'écurie est dirigée par mon associée Joanne Sloan Allen, avec le soutien précieux de Mme Pat Sloan et du Dr Joe Sloan, envers qui ma gratitude est infinie. Grâce à eux, j'ai la chance d'avoir plusieurs options au plus haut niveau. Cependant, au sein de l'équipe, nous avions depuis très longtemps fléché Oscar-A pour cette échéance mondiale. C'est un cheval exceptionnel, doté de moyens hors normes, en qui j'ai une confiance absolue. Avec un brin de réussite, j'espère de tout cœur que nous serons au rendez-vous le dimanche pour jouer notre carte à fond.
Oscar-A s'est imposé ces derniers mois comme un concurrent redoutable sur les parcours de Grand Prix à 1,60 m. Quelles qualités physiques et mentales spécifiques en font un cheval particulièrement adapté aux tracés gigantesques du stade de la Soers ?
Je ne trouve pas les mots justes pour décrire Oscar, si ce n'est que je l'aime profondément. C'est un grand gabarit, mais il est d'une attention de tous les instants et d'une agilité remarquable dans son corps. Il fait preuve d'un respect extrême et d'un moyens colossaux, tout en restant très facile à monter et animé d'une volonté permanente de bien faire. Je dis toujours à mon équipe que lorsque j'entre en piste avec lui, j'ai cette certitude intime que nous allons signer le sans-faute. Alors, que les parcours du stade de la Soers arrivent : nous allons donner le meilleur de nous-mêmes ! Nous formons un couple depuis maintenant quatre ans, ce qui fait que je le connais sur le bout des doigts. Son caractère s'est métamorphosé à nos côtés : il est aujourd'hui parfaitement épanoui chez nous et adore être le centre d'attention de toute son équipe, en particulier d'Hannah.
Installé en Irlande du Nord depuis plus de 15 ans aux côtés de votre associée et mentor Joanne Sloan Allen, en quoi votre programme de formation des jeunes chevaux vous aide-t-il à atteindre votre pic de forme pour un événement de cette ampleur ?
Chez Sycamore, nous couvrons absolument toute la chaîne : nous élevons, façonnons, vendons et concourons au plus haut niveau. Avec Joanne et l'aide de notre formidable équipe, nous gérons l'ensemble de ces activités. Aujourd'hui, Arielle, la fille de Joanne, commence elle aussi à monter et à former les jeunes chevaux de l'écurie, tout en concourant sur le circuit des Coupes des Nations Juniors avec sa jument de tête. À la maison, le rythme est particulièrement intense en ce moment car j'ai enchaîné le travail de très nombreux jeunes chevaux pour les préparer à notre vente aux enchères de septembre ; cela me permet de rester parfaitement affûté ! Je suis extrêmement fier de faire partie de cette structure depuis 15 ans, fier de tout ce que nous avons accompli et très enthousiaste pour ce que l'avenir nous réserve.
Pour répondre précisément à votre question, tout ce travail quotidien affine constamment mon sentiment à cheval : cela me permet de ressentir instantanément ce dont un cheval a besoin et à quel moment précis il en a besoin. J'espère que notre participation aux Championnats du Monde d'Aix-la-Chapelle mettra en lumière le travail de notre écurie à la hauteur de ce qu'elle mérite.
Vous avez remporté l'un des titres les plus prestigieux du saut d'obstacles mondial en décrochant le Grand Slam Rolex de Spruce Meadows avec Suma's Zorro. En quoi cette expérience au sommet du sport vous aide-t-elle à gérer la pression d'un Championnat du Monde à Aix-la-Chapelle ?
Décrocher le Grand Slam avec Zorro est un accomplissement et un succès que je considère comme une chance immense dans ma carrière. Dans notre sport, comme le répètent souvent beaucoup de cavaliers, on perd bien plus souvent qu'on ne gagne. Mais lorsque vous avez la chance de vivre une journée aussi magique dans votre vie d'athlète, c'est un souvenir précieux sur lequel vous pouvez vous appuyer lors des périodes plus difficiles ; cela permet de relativiser et de tout remettre en ordre instantanément.
Sur le plan mental, une telle victoire vous aide à garder les pieds sur terre et l'esprit serein. Quand les choses se compliquent, vous savez au plus profond de vous que vous êtes capable de le faire et d'encaisser une pression maximale. Ainsi, s'il faut délivrer un parcours décisif sous haute tension, vous êtes en mesure de donner le meilleur de vous-même et de transformer le stress en une énergie positive pour vous et votre cheval.
Le championnat débute par une épreuve de Chasse cruciale qui établit les premiers écarts au classement. En tant que cavalier particulièrement rapide contre la montre, comment doserez-vous la prise de risque pour bien vous placer sans entamer les réserves de votre cheval pour la suite de la semaine ?
Mon plan pour la Chasse est très simple : faire exactement ce que je sens que mon cheval est capable de faire, et non ce que moi je serais tenter de tenter. Oscar est extrêmement efficace dans ses virages face aux obstacles, je vais donc chercher à prendre les trajectoires les plus courtes possible. L'idée n'est absolument pas de le solliciter au-delà du raisonnable alors que je sais que des parcours bien plus exigeants nous attendent encore au cours de la semaine. Si je ressors de la Chasse avec un score inférieur à 4 points de pénalité, je serai absolument ravi.

La finale par équipes se déroulera sous les projecteurs du grand stade d'Aix-la-Chapelle devant 40 000 spectateurs. Qu'éprouve-t-on au moment de pénétrer dans une arène aussi survoltée lors d'un enjeu aussi colossal ?
Pour moi, c'est l'essence même de notre sport : entrer dans une arène mythique comme le stade de la Soers devant des tribunes combles. Lorsque vous franchissez la porte de la piste, les émotions sont démultipliées et vous n'avez qu'une seule envie : donner le meilleur de vous-même en synergie avec votre cheval. Vous vous nourrissez de l'énergie et des frissons du public. C'est en tout cas ce que je ressens, et j'ai le sentiment que mes chevaux réagissent de la même manière. J'ai une hâte incroyable que le championnat commence !
Depuis vos premières victoires internationales à l'âge de 11 ans au Touquet jusqu'à ces Championnats du Monde aujourd'hui, quel regard portez-vous sur votre trajectoire depuis vos années de formation au Club Sportif de la Police au Caire ?
Quel voyage incroyable ! Je regarde le chemin parcouru avec énormément de fierté, mais je me tourne aussi vers l'avenir avec plein d'espoir et de détermination.
Monter pour la Fédération Sportive de la Police Égyptienne à mes débuts m'a offert des opportunités extraordinaires ; c'est ce que j'appelle mon berceau équestre. J'y ai passé une grande partie de mon enfance et j'y conserve encore aujourd'hui de très nombreux amis d'enfance. Ma victoire au Touquet constituait mes tout premiers pas sur la scène internationale, et je me souviens que je montais un cheval nommé Amethyst. C'était un concours magnifique qui a tracé la voie pour m'amener là où je suis aujourd'hui.
Vous répétez souvent qu'en équitation « il n'y a pas de manuel et les plans changent constamment ». Comment gérez-vous les ajustements de dernière minute et la pression pendant une semaine aussi intense ?
Ma devise dans ces moments-là est très simple : « Go with the flow » (suivre le mouvement). J'essaie de ne jamais céder à la panique. Si je sens que les choses m'échappent, je prends un instant pour me poser, garder mon calme et échanger avec les personnes de confiance qui m'entourent. C'est aussi simple que cela.
Avec les chevaux, il faut impérativement apprendre à être flexible, patient et savoir penser hors des sentiers battus. J'ai la chance d'avoir à mes côtés Joanne, qui est d'une efficacité redoutable pour résoudre les problèmes, ce qui me soulage d'un grand poids dans les situations complexes !
De retour au sein du collectif égyptien, quel rôle souhaitez-vous jouer en tant que leader d'expérience auprès de vos coéquipiers tout au long de cette semaine de compétition ?
Pour être tout à fait honnête, je viens tout juste de réintégrer l'équipe, donc pour ce championnat, je ne souhaite pas interférer ni trop en demander à l'administration égyptienne. Mon objectif prioritaire est d'apporter ma pierre à l'édifice par la qualité de mes parcours sur le terrain. Et bien entendu, si quiconque a besoin d'un conseil ou d'un soutien, je serai toujours présent pour mes coéquipiers et pour mon pays.
Vous êtes reconnu pour une équitation empreinte d'empathie qui révèle le potentiel de vos chevaux tout en les conservant légers et confiants. Comment préservez-vous cette harmonie lorsque les barrières atteignent les hauteurs maximales d'un Championnat du Monde ?
Ma démarche a toujours été de chercher à décoder les chevaux que je monte, afin de ressentir précisément ce qu'ils aiment et ce qu'ils n'aiment pas. Selon moi, chaque cheval est un individu à part entière auquel il faut savoir s'adapter. Je pense avoir développé cette sensibilité très jeune, à l'époque où je montais une multitude de chevaux différents au Club Sportif de la Police. La seule chose que tous ces chevaux ont appréciée, c'est que j'ai cru en eux et en leurs capacités. Chaque cheval possède un talent particulier : le rôle du cavalier est simplement de réussir à le trouver. Comme vous le soulignez, c'est un véritable partenariat : plus l'entente est harmonieuse, plus la tâche devient facile pour le cheval. En fin de compte, c'est exactement cela notre métier de cavalier.
Ayant entraîné de nombreux cavaliers et géré une académie réputée au Caire, votre expérience de coach vous donne-t-elle un regard différent au moment d'analyser vos propres parcours sous pression ?
Absolument. Lorsque vous entraînez ou que vous enseignez, vous commencez à observer les choses sous un angle totalement différent. Vous cherchez à décortiquer ce que vous faites d'instinct à cheval pour être capable de l'expliquer clairement à vos élèves. Certains cavaliers de talent font les choses de manière purement intuitive, mais s'avèrent incapables de mettre des mots dessus ; c'est un exercice que j'ai d'ailleurs trouvé très difficile à mes débuts dans l'enseignement.
Concernant l'analyse de mes propres parcours, la méthode est complémentaire : vous ressentez des choses en piste, puis vous visionnez la vidéo et vous vous dites : « J'aurais pu mieux exécuter ce passage. » La fois suivante, confronté à une situation similaire, vous corrigez le tir de manière instinctive.
Après avoir monté sur les plus belles pistes de la planète, qu'est-ce qui distingue la piste en herbe et l'atmosphère du CHIO d'Aix-la-Chapelle de tous les autres concours du circuit ?
J'ai eu l'occasion de monter une fois à Aix-la-Chapelle et je peux vous dire que, tout comme à Spruce Meadows, la sensation que l'on éprouve en entrant sur cette piste est tout simplement indescriptible. Disputer un Championnat du Monde dans un temple comme Aix-la-Chapelle représente le défi ultime.
Je me souviens encore d'avoir regardé les Championnats du Monde à Aix-la-Chapelle il y a 20 ans, à l'époque où la compétition se concluait par la célèbre Tournante à quatre. Voir ces quatre cavaliers et ces quatre chevaux d'exception parvenir au sommet... c'était magique. Cumano avec Jos Lansink, Authentic avec Beezie Madden, Shutterfly avec Meredith Michaels-Beerbaum, et Pialotta avec Edwina Tops-Alexander... Ce sont des couples et des carrières extraordinaires dont tout cavalier s'inspire. Alors, comme je vous le disais, j'ai une hâte immense que la compétition commence !
En vous projettant vers le dimanche après-midi au moment où les médailles individuelles se joueront, qu'est-ce qui ferait de ces Championnats du Monde un succès absolu pour vous, Joanne et toute l'équipe de Sycamore Stables ?
Décrocher une médaille constitue évidemment le sommet absolu de la réussite. Mais si ce ne devait pas être le cas, le deuxième plus bel accomplissement serait de signer de très belles prestations, en faisant preuve d'une équitation propre, juste et respectueuse des chevaux tout au long de la semaine. En résumé : que ce championnat reste une expérience formidable et enrichissante pour l'ensemble de mon équipe.
©Mark Spowart & Mette Holm
ENGLISH VERSION !
As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.
In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.
These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.
From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.
On the Road to Aachen #25 – Sameh El Dahan
“I can't find the right words to describe Oscar.”


It is one of the most striking and moving comebacks of this 2026 season. After five years of brilliantly defending the colors of Great Britain, Sameh El Dahan once again flies the flag of his home country: Egypt. A native of Cairo trained at the Police Sports Club, the international rider makes his grand return to the pinnacle of world show jumping at the Aachen World Championships. Partnered with his exceptional Oscar-A, with whom he has formed a seasoned partnership over the past four years under the banner of Sycamore Stables, Sameh approaches the legendary turf of the Soers stadium with intact determination and a serenity forged through top-tier international success.
Winner of one of the most demanding Grands Prix on the planet—the Rolex Grand Slam of Spruce Meadows with the legendary Suma's Zorro—the Egyptian rider knows better than anyone what top-level competition requires. Co-director of the Sycamore Horse Farm structure in Northern Ireland alongside his business partner Joanne Sloan Allen, he manages young horse training, breeding, sales, and elite competition all at once. For Le Mag'Equestre, Sameh El Dahan opens up candidly about the pride of returning to the Egyptian national team, managing pressure in the Aachen arena, the deep bond he shares with Oscar-A, and the life philosophy that guides his riding.
©Mark Spowart & Mette Holm
In June, you officially announced your return under the Egyptian flag after five seasons representing Great Britain. What does it mean to you to wear the Egyptian colors once again on the world’s biggest stage, right here in Aachen?
As an Egyptian born and raised in Egypt, where my entire family still lives today, competing under the Egyptian flag again feels like coming home after a long absence. Representing Great Britain was an immense honor, and the British community showed me a warmth and recognition for which I will always be grateful. Beginning this new chapter with the Egyptian team at the World Championships here in Aachen—one of the most prestigious venues in the world—is a prospect that excites me to the highest degree. My entire team at Sycamore is working tirelessly every day so that we arrive on-site in the best possible form.
The World Championship format is particularly demanding, spanning from the Speed class on Wednesday to the Individual Final on Sunday, including both rounds of the Team Final. How do you prepare a horse physically and mentally to maintain its peak form throughout the week?
Physical fitness is obviously a crucial factor, both for the horse and the rider. Together with Joanne, we tried to devise a perfectly tailored program for our championship horse, Oscar-A. On the physical side, we tested this format during a preparatory show: jumping three to four rounds over the weekend, including a speed class at lower heights, to evaluate Oscar's exact condition and measure how our partnership handled repeated efforts.
On the mental side, we change absolutely nothing about our routine. All our horses spend a large portion of their days outdoors together in the paddock. Hannah, my groom, takes infinite care of Oscar and constantly ensures he feels great and keeps his spirits high. During a championship, I constantly try to tell myself that it is just another show. Even though we all know that is not strictly true, it is vital that as a team we stick to our usual routines so as not to disturb our horses.
With horses like Oscar-A, WKD Balou Breeze, or WKD Comme Je Peut who have all delivered remarkable results this season, how was the final choice made for your World Championship partner?
I am immensely fortunate to rely on the unwavering support of my long-standing partners at Sycamore Horse Farm. The stable is run by my partner Joanne Sloan Allen, with the precious support of Mrs. Pat Sloan and Dr. Joe Sloan, to whom I owe infinite gratitude. Thanks to them, I am lucky to have several top-level options. However, within the team, we had earmarked Oscar-A for this global event a long time ago. He is an exceptional horse with extraordinary scope in whom I have absolute confidence. With a bit of luck, I truly hope we will be right there on Sunday to play our card to the fullest.
Oscar-A has established himself in recent months as a formidable competitor in 1.60m Grand Prix classes. What specific physical and mental qualities make him particularly well-suited to the giant tracks of the Soers stadium?
I can hardly find the right words to describe Oscar, other than saying that I deeply love him. He is a big horse, yet he is constantly attentive and remarkably agile in his body. He possesses extreme respect and colossal scope, while remaining very rideable and driven by a constant desire to do well. I always tell my team that when I enter the ring with him, I have that inner certainty that we are going to jump a clear round. So, let the Soers stadium tracks come: we are going to give our absolute best! We have been a team for four years now, which means I know him inside out. His character has transformed alongside us: today, he is completely fulfilled with us and loves being the center of attention for the whole team, especially Hannah.
Based in Northern Ireland for over 15 years alongside your business partner and mentor Joanne Sloan Allen, how does your young horse production program help you reach your peak form for an event of this magnitude?
At Sycamore, we cover the entire spectrum: we breed, produce, sell, and compete at the highest level. With Joanne and the help of our fantastic team, we manage all these activities. Today, Arielle, Joanne’s daughter, is also starting to ride and produce the stable's young horses while competing on the Junior Nations Cup circuit with her lead mare. At home, the pace is particularly intense right now because I have worked a large number of young horses back-to-back to prepare them for our September auction; this keeps me perfectly sharp! I am extremely proud to be part of this structure for 15 years, proud of everything we have accomplished, and very excited for what the future holds.
To answer your question directly, all this daily work constantly sharpens my feel on a horse: it allows me to instantly sense what a horse needs and at what precise moment. I hope our participation in the Aachen World Championships highlights the work of our stable to the level it deserves.
You won one of the most prestigious titles in world show jumping by taking the Rolex Grand Slam of Spruce Meadows with Suma's Zorro. How does that experience at the pinnacle of the sport help you manage the pressure of a World Championship in Aachen?
Winning the Grand Slam with Zorro is an achievement and a success that I consider an immense blessing in my career. In our sport, as many riders often repeat, you lose far more often than you win. But when you are lucky enough to experience such a magical day in your athletic life, it becomes a precious memory you can rely on during tougher times; it puts everything back into perspective instantly.
On a mental level, such a victory helps keep your feet on the ground and your mind calm. When things get difficult, you know deep down that you are capable of doing it and absorbing maximum pressure. Thus, if you have to deliver a decisive round under high tension, you are able to give your best and transform stress into positive energy for yourself and your horse.
The championship begins with a crucial Speed class that sets the initial gaps in the standings. As a rider who is particularly fast against the clock, how will you gauge the risk-taking to position yourself well without depleting your horse's reserves for the rest of the week?
My plan for the Speed class is very simple: do exactly what I feel my horse is capable of doing, not what I might be tempted to try. Oscar is extremely efficient in his turns in front of the fences, so I will look to take the tightest lines possible. The idea is absolutely not to push him beyond reason when I know much more demanding tracks await us later in the week. If I come out of the Speed class with a score of less than 4 penalty points, I will be absolutely delighted.
The Team Final will take place under the floodlights of Aachen's main stadium in front of 40,000 spectators. What do you feel when entering such an electrified arena with such colossal stakes?
To me, that is the very essence of our sport: entering a legendary arena like the Soers stadium in front of packed stands. When you cross the gate into the ring, emotions are multiplied, and you have only one desire: to give your absolute best in synergy with your horse. You feed off the audience's energy and excitement. That is certainly how I feel, and I believe my horses react the same way. I am unbelievably eager for the championship to start!
From your first international victories at the age of 11 in Le Touquet to these World Championships today, how do you view your journey since your training years at the Police Sports Club in Cairo?
What an incredible journey! I look back at the path traveled with tremendous pride, but I also look to the future with great hope and determination.
Riding for the Egyptian Police Sports Federation in my early days offered me extraordinary opportunities; it is what I call my equestrian cradle. I spent a large part of my childhood there and still keep many childhood friends from those days. My victory in Le Touquet represented my very first steps on the international stage, and I remember riding a horse named Amethyst. It was a wonderful show that paved the way to bring me where I am today.
You often repeat that in riding "there is no manual and plans change constantly." How do you handle last-minute adjustments and pressure during such an intense week?
My motto in those moments is very simple: "Go with the flow." I try never to give in to panic. If I feel things are getting away from me, I take a moment to step back, keep calm, and talk with the trusted people around me. It is as simple as that.
With horses, you must imperatively learn to be flexible, patient, and able to think outside the box. I am fortunate to have Joanne by my side, who is remarkably effective at solving problems, which takes a huge weight off my shoulders in complex situations!
Returning to the Egyptian squad, what role do you wish to play as an experienced leader for your teammates throughout this week of competition?
To be completely honest, I have only just rejoined the team, so for this championship, I do not wish to interfere or ask too much of the Egyptian federation. My primary objective is to contribute through the quality of my rounds in the arena. And of course, if anyone needs advice or support, I will always be there for my teammates and my country.
You are known for empathetic riding that unlocks your horses' potential while keeping them light and confident. How do you preserve this harmony when the fences reach the maximum heights of a World Championship?
My approach has always been to try to decode the horses I ride, to feel precisely what they like and what they dislike. In my view, every horse is an individual to whom you must adapt. I think I developed this sensitivity very young, when I rode a multitude of different horses at the Police Sports Club. The one thing all those horses appreciated was that I believed in them and their abilities. Every horse possesses a specific talent: the rider's role is simply to succeed in finding it. As you mentioned, it is a true partnership: the more harmonious the understanding, the easier the task becomes for the horse. Ultimately, that is exactly what our job as riders is.
Having trained many riders and managed a renowned academy in Cairo, does your experience as a coach give you a different perspective when analyzing your own rounds under pressure?
Absolutely. When you train or teach, you start observing things from a completely different angle. You try to dissect what you do instinctively on a horse to be able to explain it clearly to your students. Some talented riders do things purely by intuition but turn out to be incapable of putting words to it; that was actually an exercise I found very difficult when I started teaching.
Regarding the analysis of my own rounds, the method is complementary: you feel things in the ring, then you watch the video and tell yourself, "I could have executed that section better." The next time you face a similar situation, you correct it instinctively.
Having ridden on the world's finest arenas, what sets the grass arena and atmosphere of CHIO Aachen apart from all other shows on the circuit?
I have had the opportunity to ride once in Aachen, and I can tell you that, just like at Spruce Meadows, the feeling you get entering that ring is simply indescribable. Competing in a World Championship in a temple like Aachen represents the ultimate challenge.
I still remember watching the World Championships in Aachen 20 years ago, back when the competition concluded with the famous four-horse final rotation. Seeing those four riders and those four exceptional horses reach the pinnacle... it was magic. Cumano with Jos Lansink, Authentic with Beezie Madden, Shutterfly with Meredith Michaels-Beerbaum, and Pialotta with Edwina Tops-Alexander... These are extraordinary horse-and-rider combinations and careers that inspire every rider. So, as I was saying, I am incredibly eager for the competition to begin!
Looking ahead to Sunday afternoon when the individual medals are decided, what would make these World Championships an absolute success for you, Joanne, and the entire Sycamore Stables team?
Winning a medal obviously constitutes the absolute pinnacle of success. But should that not be the case, the second finest achievement would be delivering great performances, showcasing clean, fair, and respectful riding throughout the week. In short: that this championship remains a wonderful and enriching experience for my entire team.
Versión En Español
A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.
En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.
Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.
Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.
On the Road to Aachen #25 – Sameh El Dahan
"No encuentro las palabras adecuadas para describir a Oscar."


Es uno de los regresos más destacados y emotivos de esta temporada 2026. Tras cinco años defendiendo con brillantez los colores de Gran Bretaña, Sameh El Dahan luce de nuevo la bandera de su país natal: Egipto. Hijo de El Cairo formado en el Club Deportivo de la Policía, el jinete internacional realiza su gran retorno a la cúspide del hípico mundial durante los Campeonatos del Mundo de Aquisgrán. En binomio con su excepcional Oscar-A, con quien forma un conjunto consolidado desde hace cuatro años bajo los colores de Sycamore Stables, Sameh aborda la mítica hierba del estadio de la Soers con una determinación intacta y una serenidad forjada a prueba de los mayores éxitos internacionales.
Ganador de uno de los Grandes Premios más exigentes del planeta —el Grand Slam Rolex de Spruce Meadows con la legendaria Suma's Zorro—, el jinete egipcio sabe mejor que nadie lo que exige la altísima competición. Codirector de la estructura Sycamore Horse Farm en Irlanda del Norte junto a su socia Joanne Sloan Allen, compagina la formación de caballos jóvenes, la cría, el comercio y la élite mundial. Para Le Mag'Equestre, Sameh El Dahan se sincera con total honestidad sobre el orgullo de reincorporarse al equipo nacional egipcio, la gestión de la presión en la pista de Aquisgrán, el vínculo fusional que mantiene con Oscar-A y la filosofía de vida que guía su equitación.
©Mark Spowart & Mette Holm
En junio anunció oficialmente su regreso bajo la bandera egipcia tras cinco temporadas representando a Gran Bretaña. ¿Qué representa para usted volver a vestir los colores de Egipto en el escenario más grande del mundo, aquí mismo en Aquisgrán?
Como egipcio nacido y criado en Egipto, donde toda mi familia aún reside hoy en día, competir de nuevo bajo la bandera egipcia me da la sensación de volver a casa tras un largo periodo de ausencia. Representar a Gran Bretaña fue un honor inmenso, y la comunidad británica me demostró una acogida y un reconocimiento por los que siempre estaré agradecido. Comenzar este nuevo capítulo con el equipo de Egipto en los Campeonatos del Mundo aquí en Aquisgrán —uno de los lugares más prestigiosos del mundo— es una perspectiva que me entusiasma al máximo. Todo mi equipo en Sycamore trabaja incansablemente a diario para que lleguemos en la mejor forma posible.
El formato de un Campeonato del Mundo es particularmente exigente, abarcando desde la prueba de Caza el miércoles hasta la final individual el domingo, pasando por las dos mangas de la final por equipos. ¿Cómo se prepara a un caballo a nivel físico y mental para que mantenga su pico de forma a lo largo de toda la semana?
La condición física es obviamente un aspecto crucial, tanto para el caballo como para el jinete. Junto con Joanne, hemos intentado elaborar un programa perfectamente calibrado para nuestro caballo de campeonato, Oscar-A. En el plano físico, probamos este formato en un concurso preparatorio: saltar de tres a cuatro recorridos durante el fin de semana, incluida una prueba de velocidad sobre alturas más modestas, para evaluar la forma exacta de Oscar y medir la respuesta de nuestro binomio ante la repetición de esfuerzos.
En el plano mental, no cambiamos en absoluto nuestros hábitos. Todos nuestros caballos pasan gran parte del día fuera, juntos en el paddock. Hannah, mi moza de cuadra, cuida a Oscar de manera infinita y procura en todo momento que se sienta bien y mantenga la moral intacta. En un campeonato, me esfuerzo por repetirme constantemente que se trata de un concurso como cualquier otro. Aunque todos sepamos que no es así en la práctica, es primordial que como equipo nos mantengamos fieles a nuestras rutinas habituales para no perturbar a nuestros caballos.
Con caballos como Oscar-A, WKD Balou Breeze o WKD Comme Je Peut, que han firmado excelentes resultados esta temporada, ¿cómo se tomó la decisión final sobre su compañero para estos Campeonatos del Mundo?
Tengo la inmensa suerte de contar con el apoyo incondicional de mis socios de toda la vida en Sycamore Horse Farm. La cuadra está dirigida por mi socia Joanne Sloan Allen, con el valioso respaldo de la Sra. Pat Sloan y el Dr. Joe Sloan, a quienes debo una gratitud infinita. Gracias a ellos, tengo la suerte de disponer de varias opciones al más alto nivel. Sin embargo, en el equipo teníamos marcado desde hace mucho tiempo a Oscar-A para esta cita mundial. Es un caballo excepcional, dotado de medios extraordinarios, en el que tengo una confianza absoluta. Con un toque de suerte, espero de corazón que estemos a la altura el domingo para jugar nuestras cartas al máximo.
Oscar-A se ha consolidado en los últimos meses como un competidor temible en los recorridos de Gran Premio a 1,60 m. ¿Qué cualidades físicas y mentales específicas hacen de él un caballo especialmente adaptado a los trazados gigantescos del estadio de la Soers?
No encuentro las palabras exactas para describir a Oscar, más allá de decir que lo quiero profundamente. Es un caballo grande, pero está atento en todo momento y posee una agilidad en su cuerpo destacable. Demuestra un respeto extremo y una potencia colosal, manteniéndose muy fácil de montar y animado por un deseo permanente de hacerlo bien. Siempre le digo a mi equipo que cuando entro en pista con él, tengo la certeza íntima de que vamos a firmar el cero. Así que, que vengan los recorridos del estadio de la Soers: ¡vamos a dar lo mejor de nosotros mismos! Llevamos cuatro años como binomio, por lo que lo conozco al dedillo. Su carácter se ha transformado a nuestro lado: hoy está plenamente realizado con nosotros y le encanta ser el centro de atención de todo el equipo, en especial de Hannah.
Establecido en Irlanda del Norte desde hace más de 15 años junto a su socia y mentora Joanne Sloan Allen, ¿en qué le ayuda su programa de formación de caballos jóvenes a alcanzar su pico de forma para un evento de esta magnitud?
En Sycamore cubrimos absolutamente toda la cadena: criamos, formamos, vendemos y competimos al más alto nivel. Con Joanne y la ayuda de nuestro magnífico equipo, gestionamos el conjunto de estas actividades. Hoy en día, Arielle, la hija de Joanne, también empieza a montar y a formar a los caballos jóvenes de la cuadra, al tiempo que compite en el circuito de Copas de Naciones Juveniles con su yegua principal. En casa, el ritmo es especialmente intenso en este momento porque he encadenado el trabajo de muchísimos caballos jóvenes para prepararlos para nuestra subasta de septiembre; ¡eso me permite mantenerme perfectamente en forma! Estoy extremadamente orgulloso de formar parte de esta estructura desde hace 15 años, orgulloso de todo lo que hemos logrado y muy entusiasmado por lo que nos depara el futuro.
Para responder con precisión a su pregunta, todo este trabajo diario afina constantemente mi sensibilidad a caballo: me permite sentir al instante lo que necesita un caballo y en qué momento exacto. Espero que nuestra participación en los Campeonatos del Mundo de Aquisgrán ponga en valor el trabajo de nuestra cuadra a la altura de lo que merece.
Ganó uno de los títulos más prestigiosos del salto de obstáculos mundial al conquistar el Grand Slam Rolex de Spruce Meadows con Suma's Zorro. ¿Cómo le ayuda esa experiencia en la cima del deporte a gestionar la presión de un Campeonato del Mundo en Aquisgrán?
Lograr el Grand Slam con Zorro es un logro y un éxito que considero una bendición enorme en mi carrera. En nuestro deporte, como repiten a menudo muchos jinetes, se pierde con mucha más frecuencia de la que se gana. Pero cuando se tiene la suerte de vivir un día tan mágico en la vida de un atleta, es un recuerdo precioso en el que apoyarse durante los momentos más difíciles; permite relativizar y poner todo en orden de inmediato.
En el plano mental, una victoria así ayuda a mantener los pies en la tierra y la mente serena. Cuando las cosas se complican, sabes en lo más profundo de ti que eres capaz de hacerlo y de soportar una presión máxima. De este modo, si hay que entregar un recorrido decisivo bajo gran tensión, eres capaz de dar lo mejor de ti mismo y transformar el estrés en una energía positiva para ti y para tu caballo.
El campeonato comienza con una prueba de Caza crucial que establece las primeras diferencias en la clasificación. Como jinete especialmente rápido contra el crono, ¿cómo dosificará la toma de riesgos para posicionarse bien sin mermar las reservas de su caballo para el resto de la semana?
Mi plan para la Caza es muy sencillo: hacer exactamente lo que sienta que mi caballo es capaz de hacer, no lo que yo me sienta tentado de intentar. Oscar es extremadamente eficaz en sus giros ante los obstáculos, por lo que buscaré tomar los trazados más cortos posibles. La idea no es en absoluto exigirlo más de la cuenta cuando sé que nos esperan recorridos mucho más exigentes a lo largo de la semana. Si salgo de la Caza con un resultado inferior a los 4 puntos de penalización, estaré absolutamente encantado.
La final por equipos se disputará bajo los focos del gran estadio de Aquisgrán ante 40 000 espectadores. ¿Qué se siente al entrar en una pista tan apasionante con un objetivo tan colosal?
Para mí, es la esencia misma de nuestro deporte: entrar en una pista mítica como el estadio de la Soers ante unas gradas repletas. Cuando cruzas la puerta de la pista, las emociones se multiplican y solo tienes un deseo: dar lo mejor de ti en sinergia con tu caballo. Te alimentas de la energía y la emoción del público. Al menos eso es lo que siento yo, y me da la sensación de que mis caballos reaccionan de la misma manera. ¡Tengo unas ganas increíbles de que empiece el campeonato!
Desde sus primeras victorias internacionales a los 11 años en Le Touquet hasta estos Campeonatos del Mundo hoy, ¿qué mirada dedica a su trayectoria desde sus años de formación en el Club Deportivo de la Policía en El Cairo?
¡Qué viaje tan increíble! Miro el camino recorrido con muchísimo orgullo, pero también me proyecto hacia el futuro con gran esperanza y determinación.
Montar para la Federación Deportiva de la Policía Egipcia en mis inicios me ofreció oportunidades extraordinarias; es lo que llamo mi cuna hípica. Pasé allí gran parte de mi infancia y conserve aún hoy a muchos amigos de la niñez. Mi victoria en Le Touquet supuso mis primeros pasos en la escena internacional, y recuerdo que montaba a un caballo llamado Amethyst. Fue un concurso magnífico que trazó el camino para llevarme hasta donde estoy hoy.
Suele repetir que en la equitación "no hay manual y los planes cambian constantemente". ¿Cómo gestiona los ajustes de última hora y la presión durante una semana tan intensa?
Mi lema en esos momentos es muy sencillo: "Go with the flow" (dejarse llevar). Intento no ceder nunca al pánico. Si siento que las cosas se me escapan, me tomo un instante para parar, mantener la calma y hablar con las personas de confianza que me rodean. Es tan sencillo como eso.
Con los caballos hay que aprender imperativamente a ser flexible, paciente y saber pensar fuera de lo común. Tengo la suerte de tener a mi lado a Joanne, que es de una eficacia temible resolviendo problemas, lo que me quita un gran peso de encima en situaciones complejas.
De vuelta al colectivo egipcio, ¿qué papel desea desempeñar como líder de experiencia junto a sus compañeros a lo largo de esta semana de competición?
Para ser totalmente sincero, me acabo de reincorporar al equipo, así que para este campeonato no deseo interferir ni exigir demasiado a la federación egipcia. Mi objetivo prioritario es aportar mi granito de arena a través de la calidad de mis recorridos en la pista. Y, por supuesto, si alguien necesita un consejo o apoyo, siempre estaré presente para mis compañeros y para mi país.
Es usted reconocido por una equitación empática que saca el potencial de sus caballos manteniéndolos ligeros y confiados. ¿Cómo preserva esa armonía cuando las barras alcanzan las alturas máximas de un Campeonato del Mundo?
Mi enfoque siempre ha sido intentar descifrar a los caballos que monto, para sentir con precisión lo que les gusta y lo que no. En mi opinión, cada caballo es un individuo independiente al que hay que saber adaptarse. Creo que desarrollé esta sensibilidad de muy joven, cuando montaba a una multitud de caballos diferentes en el Club Deportivo de la Policía. La única cosa que todos esos caballos apreciaron fue que creí en ellos y en sus capacidades. Cada caballo posee un talento particular: el papel del jinete es simplemente conseguir encontrarlo. Como bien señala, es un verdadero trabajo en equipo: cuanto más armonioso es el entendimiento, más fácil resulta la tarea para el caballo. En definitiva, eso es exactamente nuestro oficio como jinetes.
Habiendo entrenado a numerosos jinetes y gestionado una reputada academia en El Cairo, ¿su experiencia como entrenador le da una mirada diferente a la hora de analizar sus propios recorridos bajo presión?
Absolutamente. Cuando entrenas o enseñas, empiezas a observar las cosas desde un ángulo totalmente diferente. Buscas desmenuzar lo que haces por instinto a caballo para ser capaz de explicárselo con claridad a tus alumnos. Algunos jinetes de talento hacen las cosas de forma puramente intuitiva, pero resultan incapaces de ponerle palabras; de hecho, fue un ejercicio que me pareció muy difícil en mis inicios en la enseñanza.
Respecto al análisis de mis propios recorridos, el método es complementario: sientes cosas en pista y luego ves el vídeo y te dices: "Podría haber ejecutado mejor este tramo". La siguiente vez, ante una situación similar, corriges de forma instintiva.
Tras haber competido en las mejores pistas del planeta, ¿qué distingue a la pista de hierba y la atmósfera del CHIO de Aquisgrán de todos los demás concursos del circuito?
He tenido la oportunidad de competir una vez en Aquisgrán y puedo decirle que, al igual que en Spruce Meadows, la sensación que se experimenta al entrar en esa pista es sencillamente indescriptible. Disputar un Campeonato del Mundo en un templo como Aquisgrán representa el desafío definitivo.
Aún recuerdo haber visto los Campeonatos del Mundo de Aquisgrán hace 20 años, en la época en que la competición concluía con la famosa Final de los Cuatro con cambio de caballo. Ver a esos cuatro jinetes y a esos cuatro caballos de excepción llegar a la cima... fue mágico. Cumano con Jos Lansink, Authentic con Beezie Madden, Shutterfly avec Meredith Michaels-Beerbaum, y Pialotta con Edwina Tops-Alexander... Son binomios y carreras extraordinarias en las que todo jinete se inspira. Así que, como le decía, ¡tengo unas ganas enormes de que empiece la competición!
Proyectándose hacia el domingo por la tarde, en el momento en que se decidan las medallas individuales, ¿qué haría que estos Campeonatos del Mundo fueran un éxito absoluto para usted, Joanne y todo el equipo de Sycamore Stables?
Lograr una medalla constituye obviamente la cima absoluta del éxito. Pero si no fuera el caso, el segundo mejor logro sería firmar actuaciones muy buenas, haciendo gala de una equitación limpia, justa y respetuosa con los caballos durante toda la semana. En resumen: que este campeonato siga siendo una experiencia estupenda y enriquecedora para todo mi equipo.
