On the Road to Aachen #26 – Tamara Rueda "Je suis tellement fière d'être Sud-Africaine et de représenter tout ce que notre nation incarne."
Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !
JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !
Samuel Benibre
8/10/202621 min read
Des pistes de Cape Town aux 40 000 spectateurs survoltés de la mythique piste de la Soers à Aix-la-Chapelle, le parcours de Tamara Rueda a tout de l'épopée sportive. Élevée dans une famille passionnée de courses hippiques, la cavalière sud-africaine s'apprête à réaliser le rêve d'une vie : arborer la veste verte et or « Green & Gold » de l'équipe nationale lors des Championnats du Monde 2026.
Au cœur de cette aventure se trouve une relation fusionnelle avec Callaho Liantos, un hongre acheté à l'enchère alors qu'il n'avait que 4 ans. Ensemble, nés tous deux en Afrique du Sud, ils ont franchi chaque étape jusqu'aux plus exigeantes Coupes des Nations européennes à 1,55 m. Conciliant avec maestria son métier chez Winx Brokers et l'exigence du sport de haut niveau sous la conduite de sa mentor Gonda Betrix et de son coach Holger Hetzel, Tamara Rueda aborde Aix-la-Chapelle avec une profonde humilité, une gratitude immense et une confiance aveugle en son cheval de toute une vie. Pour Le Mag'Equestre, elle se confie avec une fraîcheur et une sincérité touchantes.

©Collection Privée
Tamara, vous avez grandi au sein d'une famille passionnée d'équitation à Cape Town et vous êtes en selle depuis toujours. Quel effet cela fait-il de porter cette passion de toute une vie jusqu'au mythique stade d'Aix-la-Chapelle pour les Championnats du Monde sous le drapeau sud-africain ?
La seule façon dont je peux décrire cela, c'est simplement comme un rêve et un privilège absolu. Avoir l'opportunité de concourir à Aix-la-Chapelle, et surtout de fouler cette piste mythique où tant de légendes du sport sont passées, aux côtés d'un cheval en qui j'ai plus confiance qu'en n'importe quoi d'autre... Je me sens tout simplement submergée par l'émotion et la gratitude d'avoir la chance de participer à ce championnat.
Votre histoire avec Callaho Liantos a commencé lorsque vous l'avez acheté aux ventes aux enchères Callaho alors qu'il n'avait que quatre ans. Après avoir gravi les échelons ensemble, depuis l'Afrique du Sud jusqu'aux Grands Prix 1,55 m européens, qu'est-ce qui rend votre entrée à Aix-la-Chapelle avec lui si personnelle ?
Vivre cette expérience avec un cheval en qui j'ai une confiance si profonde et une telle foi rend ce moment encore plus spécial. Étant nés tous les deux en Afrique du Sud, j'ai le sentiment que nous avons véritablement parcouru tout ce chemin ensemble et que nous avons énormément appris l'un de l'autre au fil des années.
Liantos est connu pour son élasticité incroyable mais aussi pour son tempérament très sanguin, que vous canalisez avec une main douce et patiente. Comment adaptez-vous sa préparation mentale et physique pour le garder calme et concentré face aux foules immenses et à l'atmosphère électrique d'Aix-la-Chapelle ?
À l'approche d'Aix-la-Chapelle, nous avons augmenté son travail pour le sortir de son box aussi souvent que possible, en observant une vraie diversité dans ses activités pour le garder stimulé. Il adore naturellement travailler, donc il a beaucoup apprécié cette période. Et pour être honnête, à Aix-la-Chapelle, c'est lui qui devra garder la main calme et me rassurer, parce que je fais déjà des nuits blanches à cause du stress ! (Rires)
Le format des Championnats du Monde exige une endurance exceptionnelle sur cinq jours de compétition. Comment planifiez-vous le travail de Liantos pour vous assurer qu'il atteigne son pic de forme sans s'épuiser ?
Nous avons vraiment intensifié son programme de travail en le faisant marcher ou travailler deux fois par jour et en augmentant son temps au marcheur. Il a également beaucoup couru ces derniers temps pour s'assurer que sa condition physique en piste soit optimale. À présent, à quelques semaines de l'échéance, tout l'enjeu est de le maintenir frais, heureux et en parfaite santé.
Vous avez engrangé une expérience précieuse sur le circuit européen cette saison, à Sopot, Lisbonne, Kronenberg ou Riesenbeck. Quels ajustements majeurs avez-vous dû apporter à votre monte pour passer le cap du haut niveau européen ?
Ces concours ont représenté une marche gigantesque pour nous deux. Nous avons vraiment dû augmenter notre galopade de base et anticiper beaucoup plus rapidement en piste, car les parcours sont nettement plus techniques et plus imposants que ce dont nous avions l'habitude chez nous. Chaque concours en Europe a été une courbe d'apprentissage immense, et nous nous sommes efforcés d'emmagasiner un maximum de confiance sur ces tracés exigeants avant d'arriver à Aix-la-Chapelle.
Votre mentor, la légendaire Gonda Betrix, insiste toujours sur l'importance de « prendre son temps » et sur la notion de contact. Comment ces principes guident-ils votre reconnaissance des parcours 1,60 m d'un Championnat du Monde ?
Gonda n'a jamais été qu'à un coup de fil de distance durant tout ce processus. Elle nous guide et me donne des conseils après chaque parcours, ce qui m'a énormément aidée car il y a eu tellement de changements ces derniers mois. Elle ne cesse de me répéter l'importance de m'en tenir au système que nous connaissons bien sans vouloir tout modifier, et de garder une foi inébranlable dans notre couple. Elle a entraîné mon coéquipier Ronnie Healy et moi-même pendant des années, et son soutien a été notre pilier tout au long de cette aventure.
Le championnat débute par la Chasse, une épreuve de vitesse à très haute tension. Quelle sera votre approche tactique pour cette première journée ?
Mon seul espoir pour Aix-la-Chapelle est de profiter de chaque seconde sur place et, je l'espère, d'avoir un parcours sans encombre le premier jour. Ce concours est une étape tellement énorme pour nous que je n'ai absolument aucune attente chiffrée, si ce n'est vivre pleinement l'expérience et mesurer notre travail aux côtés des meilleurs cavaliers du monde.
Monter sous les projecteurs du grand stade d'Aix-la-Chapelle devant 40 000 spectateurs est une expérience saisissante. Comment vous préparez-vous mentalement à garder votre calme au moment de fouler cette piste ?
Je vais juste faire de mon mieux pour rester aussi calme et présente que possible... et essayer de ne pas m'évanouir sous l'effet de la nervosité ! (Rires)
Contrairement à de nombreux cavaliers professionnels, vous menez de front votre carrière sportive et vos fonctions au sein de Winx Brokers. Comment cette double carrière vous aide-t-elle à garder les pieds sur terre et à gérer la pression ?
J'ai une chance inouïe de faire partie de l'équipe Winx. Ils soutiennent mon rêve depuis le premier jour où j'ai rejoint leur entreprise. Sentir que j'appartiens à une équipe qui croit profondément en moi me donne une force immense, sur la piste comme en dehors. Cela m'aide à garder les idées claires et à donner le meilleur de moi-même.
Vous avez également formé d'autres chevaux de talent comme L'Adorado FG et Just On Time Z. En quoi le fait de former et de faire évoluer différentes montures a-t-il façonné votre adaptabilité en tant que pilote ?
Monter et former des chevaux aux profils très variés est la meilleure école pour un cavalier. J'essaie de prendre ce que chaque cheval m'a appris pour l'intégrer à ma monte aujourd'hui. Ces chevaux ont été fondamentaux durant mes années Jeunes Cavaliers et m'ont donné la confiance nécessaire pour aborder les épreuves Coupe du Monde en Afrique du Sud.
De votre victoire aux Championnats Jeunes Cavaliers SASJ en 2017 jusqu'à la scène mondiale d'Aix-la-Chapelle 2026, quel a été le plus grand défi mental dans votre progression ?
Le plus grand défi mental depuis mon arrivée en Europe a été de m'adapter à autant de changements et à un niveau si élevé en un temps très court. Je suis passée par de véritables montagnes russes émotionnelles, à douter parfois de notre capacité à sauter de tels parcours. Je suis infiniment reconnaissante d'avoir un cheval aussi extraordinaire en qui j'ai une confiance aveugle. Mon coéquipier Ronnie Healy m'a énormément soutenue, tout comme notre entraîneur basé en Allemagne, Holger Hetzel, sans oublier Gonda Betrix et Rainer Korber qui restent nos guides précieux depuis l'Afrique du Sud.
Que représente pour vous le fait de porter la veste « Green & Gold » et de représenter l'équitation sud-africaine à Aix-la-Chapelle 2026 ?
Je suis tellement fière d'être Sud-Africaine et de représenter tout ce que notre nation incarne. Porter les couleurs Green & Gold lors d'un championnat du monde était mon rêve le plus cher, et je suis follement enthousiaste à l'idée qu'il devienne réalité. Nous avons une équipe formidable qui s'est battue pour que cette qualification voie le jour, et je ne pourrais pas être plus fière d'être à leurs côtés à Aix-la-Chapelle. Nous aurons aussi un immense contingent de supporters sud-africains en tribunes, ce qui montre à quel point ce moment compte pour tout notre pays.
En Europe, les chefs de piste posent des questions très techniques avec un temps accordé très serré. Comment adaptez-vous votre gestion du rythme et des distances sur des terrains en herbe comme Aix-la-Chapelle ?
L'adaptation à ces parcours a été un vrai défi : les chefs de piste posent beaucoup plus de pièges qu'en Afrique du Sud. Les temps accordés sont plus courts, les distances plus exigeantes et les oxers plus larges et carrés, ce qui teste l'amplitude et le respect du cheval. J'essaie de me concentrer sur une galopade plus soutenue et de valider des choix de contrat de foulées très précis lors de la reconnaissance. Mais je suis constamment en train d'apprendre et j'ai encore une marge de progression immense.
Vous qualifiez souvent Callaho Liantos de « cheval d'une vie ». Sur quoi repose ce langage silencieux et cette confiance mutuelle au moment d'aborder des barres à 1,60 m ?
Callaho Liantos est vraiment le cheval de ma vie. Il est d'une bravoure et d'un esprit de compétition hors du commun. J'ai l'impression d'avoir un véritable partenaire à mes côtés sur qui m'appuyer. Nous avons tout appris ensemble, et à l'approche de ces championnats, je m'en remets entièrement à cette complicité forgée au fil des ans en essayant de savourer chaque minute en piste.
Pour conclure, Tamara, qu'est-ce qui constituerait une victoire accomplie pour vous et toute votre équipe à la fin de cette semaine de championnat ?
Le simple fait de pouvoir vivre ce championnat du monde à Aix-la-Chapelle aux côtés d'une équipe aussi incroyable, et de sortir de piste en toute sécurité avec un cheval heureux, constituera une victoire totale. Nous sommes tous immensément heureux et honorés d'en faire partie.
©Collection Privée
ENGLISH VERSION !
As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.
In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.
These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.
From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.
On the Road to Aachen #26 – Tamara Rueda
“I am so proud to be South African and to represent everything our nation embodies.”
From the arenas of Cape Town to the 40,000 electrified spectators at the legendary Soers in Aachen, Tamara Rueda's journey has all the makings of a sporting epic. Raised in a family passionate about horse racing, the South African rider is about to fulfill a lifelong dream: wearing the "Green & Gold" jacket of her national team at the 2026 World Championships.
At the heart of this adventure lies a deep bond with Callaho Liantos, a gelding purchased at auction when he was just four years old. Together, both born in South Africa, they have navigated every step up to the most demanding 1.55m European Nations Cups. Skillfully balancing her career at Winx Brokers with the physical and mental demands of top-level sport under the guidance of mentor Gonda Betrix and coach Holger Hetzel, Tamara Rueda approaches Aachen with profound humility, immense gratitude, and blind trust in her horse of a lifetime. For Le Mag'Equestre, she opens up with touching freshness and sincerity.
©Collection Privée
Tamara, you grew up in a family passionate about equestrian sports in Cape Town and have been riding for as long as you can remember. What does it feel like to take this lifelong passion all the way to the iconic Aachen stadium for the World Championships under the South African flag?
The only way I can describe it is simply as a dream and an absolute privilege. Having the opportunity to compete in Aachen, and especially to step onto that iconic arena where so many legends of our sport have ridden, alongside a horse I trust more than anything else... I just feel completely overwhelmed with emotion and gratitude to have the chance to take part in this championship.
Your story with Callaho Liantos began when you bought him at the Callaho auction when he was just four years old. After climbing the ranks together, from South Africa to European 1.55m Grands Prix, what makes entering Aachen with him so personal?
Experiencing this with a horse in whom I have such deep trust and faith makes this moment even more special. Both of us being born in South Africa, I truly feel like we have walked this entire path together and learned an incredible amount from each other over the years.
Liantos is known for his incredible elasticity but also for his sensitive, hot temper, which you channel with a soft, patient hand. How do you tailor his mental and physical preparation to keep him calm and focused amidst the massive crowds and electric atmosphere of Aachen?
Heading into Aachen, we have increased his workload to get him out of his stable as often as possible, ensuring plenty of variety in his activities to keep him stimulated. He naturally loves working, so he has really enjoyed this period. And to be completely honest, at Aachen, he is the one who will need to keep a soft hand and reassure me, because I’m already losing sleep over the stress! (Laughs)
The World Championship format demands exceptional stamina over five days of competition. How do you plan Liantos’ work schedule to ensure he reaches his peak without burning out?
We really intensified his work routine by walking or working him twice a day and increasing his time on the walker. He has also jumped a lot recently to ensure his physical fitness in the ring is at its absolute peak. Now, just a few weeks away, the whole goal is to keep him fresh, happy, and in perfect health.
You have gained valuable experience on the European circuit this season in Sopot, Lisbon, Kronenberg, and Riesenbeck. What major adjustments did you have to make to your riding to bridge the step up to the European top level?
Those shows represented a massive step up for both of us. We really had to increase our baseline canter and anticipate much faster in the ring, because the courses are significantly more technical and imposing than what we were used to back home. Every show in Europe has been a huge learning curve, and we focused on building as much confidence as possible over these demanding tracks before reaching Aachen.
Your mentor, the legendary Gonda Betrix, always emphasizes the importance of "taking your time" and maintaining proper contact. How do these principles guide your course walk for a 1.60m World Championship track?
Gonda has never been more than a phone call away throughout this entire process. She guides us and gives me advice after every round, which has helped me tremendously because there have been so many changes over the past few months. She keeps reminding me how important it is to stick to the system we know well without trying to change everything, and to keep unwavering faith in our partnership. She has coached my teammate Ronnie Healy and me for years, and her support has been our anchor throughout this adventure.
The championship kicks off with the Speed Competition, a high-tension class. What will be your tactical approach for this first day?
My only hope for Aachen is to enjoy every single second there and, hopefully, deliver a smooth, faultless round on the first day. This competition is such a huge milestone for us that I have absolutely no numerical expectations, other than fully living the experience and measuring our work alongside the best riders in the world.
Riding under the spotlight of Aachen’s main stadium in front of 40,000 spectators is a striking experience. How are you preparing mentally to stay calm the moment you enter that ring?
I’m just going to do my absolute best to stay as calm and present as possible... and try not to faint from nerves! (Laughs)
Unlike many professional riders, you balance your sporting career with your role at Winx Brokers. How does this dual career help keep you grounded and manage the pressure?
I am incredibly fortunate to be part of the Winx team. They have supported my dream from the very first day I joined their company. Feeling that I belong to a team that truly believes in me gives me immense strength, both in and out of the ring. It helps keep my mind clear and allows me to give my absolute best.
You have also produced other talented horses like L'Adorado FG and Just On Time Z. How has bringing along and developing different mounts shaped your adaptability as a pilot?
Riding and training horses with vastly different profiles is the best school for any rider. I try to take what each horse has taught me and integrate it into my riding today. Those horses were fundamental during my Young Rider years and gave me the confidence I needed to tackle World Cup classes in South Africa.
From your victory at the SASJ Young Rider Championships in 2017 to the world stage of Aachen 2026, what has been the greatest mental challenge in your progression?
The biggest mental challenge since arriving in Europe has been adapting to so many changes and to such a high level in a very short period. I went through a real emotional roller coaster, sometimes doubting our ability to jump such courses. I am infinitely grateful to have such an extraordinary horse in whom I have blind faith. My teammate Ronnie Healy has been a huge support, as has our Germany-based trainer, Holger Hetzel, not to mention Gonda Betrix and Rainer Korber, who remain our priceless guides from South Africa.
What does it mean to you to wear the "Green & Gold" jacket and represent South African show jumping at Aachen 2026?
I am so proud to be South African and to represent everything our nation stands for. Wearing the Green & Gold jacket at a World Championship was my fondest dream, and I am wildly excited to see it become reality. We have a fantastic team that fought hard to make this qualification happen, and I couldn’t be prouder to stand beside them in Aachen. We will also have a massive contingent of South African supporters in the stands, which shows just how much this moment means to our whole country.
In Europe, course designers set very technical questions with tight time allowed. How do you adapt your rhythm and distance management on grass arenas like Aachen?
Adapting to these courses has been a real challenge: course designers set many more traps than in South Africa. The time allowed is tighter, distances are more demanding, and oxers are wider and squarer, which truly tests a horse's scope and carefulness. I try to focus on maintaining a more energetic base canter and committing to very precise stride counts during the course walk. But I am constantly learning and still have a massive margin for improvement.
You often refer to Callaho Liantos as the "horse of a lifetime." What is the foundation of this silent language and mutual trust when approaching 1.60m fences?
Callaho Liantos really is the horse of my life. He possesses extraordinary bravery and competitive spirit. I feel like I have a true partner by my side to lean on. We learned everything together, and as we approach these championships, I am trusting entirely in this bond forged over the years while trying to savor every single minute in the ring.
To conclude, Tamara, what would define an accomplished victory for you and your entire team at the end of this championship week?
Just being able to experience this World Championship in Aachen alongside such an incredible team, and coming out of the ring safely with a happy horse, will be a total victory. We are all immensely happy and honored to be a part of it.
Versión En Español
A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.
En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.
Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.
Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.
On the Road to Aachen #26 – Tamara Rueda
"Me siento muy orgulloso de ser sudafricano y de representar todo lo que nuestra nación representa."
Desde las pistas de Ciudad del Cabo hasta los 40 000 enfervorizados espectadores de la mítica pista de la Soers en Aquisgrán, la trayectoria de Tamara Rueda tiene todos los ingredientes de una epopeya deportiva. Criada en una familia apasionada por las carreras de caballos, la jinete sudafricana está a punto de hacer realidad el sueño de su vida: vestir la chaqueta verde y oro «Green & Gold» del equipo nacional en los Campeonatos del Mundo de 2026.
En el corazón de esta aventura se encuentra una relación simbiótica con Callaho Liantos, un capón adquirido en subasta cuando apenas tenía 4 años. Juntos, ambos nacidos en Sudáfrica, han superado cada etapa hasta llegar a las exigentes Copas de Naciones europeas de 1,55 m. Compaginando con maestría su trabajo en Winx Brokers y las exigencias del deporte de alto nivel bajo la guía de su mentora Gonda Betrix y su entrenador Holger Hetzel, Tamara Rueda afronta Aquisgrán con una profunda humildad, una inmensa gratitud y una confianza ciega en el caballo de su vida. Para Le Mag'Equestre, la jinete se confiesa con una frescura y una sinceridad entrañables.
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Tamara, creció en el seno de una familia apasionada por la equitación en Ciudad del Cabo y ha estado montando desde siempre. ¿Qué se siente al llevar esa pasión de toda una vida hasta el mítico estadio de Aquisgrán para disputar los Campeonatos del Mundo bajo la bandera sudafricana?
La única manera en que puedo describirlo es simplemente como un sueño y un privilegio absoluto. Tener la oportunidad de competir en Aquisgrán, y sobre todo de pisar esa pista mítica por la que han pasado tantas leyendas del deporte, junto a un caballo en el que confío más que en cualquier otra cosa... Me siento completamente desbordada por la emoción y la gratitud de tener la oportunidad de participar en este campeonato.
Su historia con Callaho Liantos comenzó cuando lo compró en la subasta de Callaho con tan solo cuatro años. Tras ir escalando categorías juntos, desde Sudáfrica hasta los Grandes Premios europeos de 1,55 m, ¿qué hace que su entrada en Aquisgrán con él sea algo tan personal?
Vivir esta experiencia con un caballo en el que tengo una confianza tan profunda y tanta fe hace que este momento sea aún más especial. Al haber nacido ambos en Sudáfrica, siento que verdaderamente hemos recorrido todo este camino juntos y que hemos aprendido muchísimo el uno del otro a lo largo de los años.
Liantos es conocido por su increíble elasticidad pero también por un temperamento muy caliente, que usted canaliza con una mano suave y paciente. ¿Cómo adapta su preparación mental y física para mantenerlo tranquilo y concentrado ante las multitudes y la atmósfera eléctrica de Aquisgrán?
De cara a Aquisgrán, hemos aumentado su trabajo para sacarlo de la cuadra con la mayor frecuencia posible, buscando una gran variedad en sus actividades para mantenerlo estimulado. A él le encanta trabajar de forma natural, así que ha disfrutado mucho este periodo. Y para ser sincera, ¡en Aquisgrán será él quien tenga que mantener la mano suave y tranquilizarme a mí, porque yo ya estoy perdiendo el sueño por el estrés! (Risas)
El formato de los Campeonatos del Mundo exige una resistencia excepcional a lo largo de cinco días de competición. ¿Cómo planifica el trabajo de Liantos para asegurar que alcance su pico de forma sin agotarse?
Hemos intensificado mucho su programa de trabajo haciéndolo caminar o trabajar dos veces al día y aumentando su tiempo en el caminador. También ha saltado bastante últimamente para garantizar que su condición física en pista sea óptima. Ahora, a pocas semanas de la cita, el objetivo es mantenerlo fresco, feliz y con una salud perfecta.
Ha acumulado una valiosa experiencia en el circuito europeo esta temporada, en Sopot, Lisboa, Kronenberg o Riesenbeck. ¿Qué ajustes principales ha tenido que hacer en su monta para dar el salto al alto nivel europeo?
Esos concursos representaron un salto gigantesco para los dos. Tuvimos que aumentar nuestro galope de base y anticipar mucho más rápido en pista, ya que los recorridos son considerablemente más técnicos e imponentes que a lo que estábamos acostumbrados en nuestro país. Cada concurso en Europa ha sido una enorme curva de aprendizaje, y nos hemos esforzado por acumular la máxima confianza sobre estos trazados exigentes antes de llegar a Aquisgrán.
Su mentora, la legendaria Gonda Betrix, insiste siempre en la importancia de «tomarse su tiempo» y en la noción del contacto. ¿Cómo guían estos principios su reconocimiento de los recorridos de 1,60 m de un Campeonato del Mundo?
Gonda nunca ha estado a más de una llamada de distancia durante todo este proceso. Nos guía y me da consejos después de cada recorrido, lo cual me ha ayudado muchísimo porque ha habido muchos cambios en estos últimos meses. No deja de repetirme la importancia de mantenerme fiel al sistema que conocemos bien sin intentar cambiarlo todo, y de conservar una fe inquebrantable en nuestro binomio. Nos ha entrenado a mi compañero de equipo Ronnie Healy y a mí durante años, y su apoyo ha sido nuestro pilar en toda esta aventura.
El campeonato comienza con la prueba de Caza, una prueba de velocidad a altísima tensión. ¿Cuál será su planteamiento táctico para este primer día?
Mi único deseo para Aquisgrán es disfrutar de cada segundo allí y, con suerte, hacer un recorrido limpio el primer día. Este concurso es un paso tan grande para nosotros que no tengo ninguna expectativa de resultado numérico, más allá de vivir plenamente la experiencia y medir nuestro trabajo al lado de los mejores jinetes del mundo.
Montar bajo los focos del gran estadio de Aquisgrán ante 40 000 espectadores es una experiencia impactante. ¿Cómo se prepara mentalmente para mantener la calma al entrar en esa pista?
Solo voy a hacer todo lo posible por mantener la calma y estar lo más presente posible... ¡e intentar no desmayarme por los nervios! (Risas)
A diferencia de muchos jinetes profesionales, usted compagina su carrera deportiva con su trabajo en Winx Brokers. ¿Cómo le ayuda esta doble faceta a mantener los pies en la tierra y gestionar la presión?
Tengo una suerte enorme de formar parte del equipo Winx. Han apoyado mi sueño desde el primer día que me incorporé a su empresa. Sentir que pertenezco a un equipo que cree profundamente en mí me da una fuerza inmensa, tanto dentro como fuera de la pista. Me ayuda a mantener las ideas claras y a dar lo mejor de mí misma.
También ha formado a otros caballos de talento como L'Adorado FG y Just On Time Z. ¿De qué manera el hecho de formar y hacer evolucionar a diferentes monturas ha moldeado su adaptabilidad como jinete?
Montar y formar a caballos con perfiles muy variados es la mejor escuela para un jinete. Intento coger lo que me ha enseñado cada caballo para integrarlo en mi monta actual. Esos caballos fueron fundamentales durante mis años en la categoría Jóvenes Jinetes y me dieron la confianza necesaria para afrontar las pruebas de la Copa del Mundo en Sudáfrica.
Desde su victoria en el Campeonato Jóvenes Jinetes SASJ en 2017 hasta la escena mundial de Aquisgrán 2026, ¿cuál ha sido el mayor desafío mental en su progresión?
El mayor desafío mental desde mi llegada a Europa ha sido adaptarme a tantos cambios y a un nivel tan alto en muy poco tiempo. He pasado por una verdadera montaña rusa emocional, dudando a veces de nuestra capacidad para saltar semejantes recorridos. Estoy infinitamente agradecida de tener un caballo tan extraordinario en el que confío a ciegas. Mi compañero de equipo Ronnie Healy me ha apoyado muchísimo, al igual que nuestro entrenador afincado en Alemania, Holger Hetzel, sin olvidar a Gonda Betrix y Rainer Korber, que siguen siendo nuestros valiosos guías desde Sudáfrica.
¿Qué representa para usted vestir la chaqueta «Green & Gold» y representar a la hípica sudafricana en Aquisgrán 2026?
Estoy profundamente orgullosa de ser sudafricana y de representar todo lo que encarna nuestra nación. Llevar los colores Green & Gold en un campeonato del mundo era mi sueño más querido, y me ilusiona enormemente ver cómo se hace realidad. Tenemos un equipo fantástico que ha luchado duro para que esta clasificación saliera adelante, y no podría estar más orgullosa de estar a su lado en Aquisgrán. Además, tendremos un gran contingente de aficionados sudafricanos en la grada, lo que demuestra lo mucho que significa este momento para todo nuestro país.
En Europa, los diseñadores de recorridos plantean exigencias muy técnicas con un tiempo concedido muy ajustado. ¿Cómo adapta su gestión del ritmo y de las distancias en pistas de hierba como Aquisgrán?
La adaptación a estos recorridos ha sido un verdadero reto: los diseñadores plantean muchos más trampas que en Sudáfrica. Los tiempos concedidos son más ajustados, las distancias más exigentes y los oxers más anchos y cuadrados, lo que pone a prueba la amplitud y el respeto del caballo. Intento concentrarme en mantener un galope más fluido y confirmar contratos de tramo muy precisos durante el reconocimiento. Pero sigo aprendiendo constantemente y aún me queda un enorme margen de progresión.
Suele calificar a Callaho Liantos como el «caballo de su vida». ¿En qué se basa ese lenguaje silencioso y esa confianza mutua al afrontar obstáculos a 1,60 m?
Callaho Liantos es verdaderamente el caballo de mi vida. Tiene una valentía y un espíritu competitivo fuera de lo común. Siento que tengo a mi lado a un verdadero compañero en el que apoyarme. Lo hemos aprendido todo juntos y, ante la cercanía de estos campeonatos, me entrego por completo a esa complicidad forjada con los años mientras intento saborear cada minuto en pista.
Para concluir, Tamara, ¿qué constituiría una victoria plena para usted y todo su equipo al final de esta semana de campeonato?
El simple hecho de poder vivir este campeonato del mundo en Aquisgrán junto a un equipo tan increíble, y salir de pista con total seguridad y con un caballo feliz, ya constituirá una victoria total. Todos estamos inmensamente felices y honrados de formar parte de ello.
