On the Road to Aachen #30 – Caroline Harris "Nous travaillons tous d'arrache-pied aux écuries."

Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !

JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !

Samuel Benibre

8/10/202621 min read

Dans l'univers impitoyable du complet international, où les trajectoires se jouent à une fraction de seconde et où le niveau de compétition ne pardonne aucune hésitation, Caroline Harris s'est imposée comme l'une des figures les plus captivantes du circuit mondial. Quelques semaines à peine après avoir inscrit son nom au palmarès du mythique CCI5*-L de Luhmühlen avec une prestation magistrale conclue sur son score de dressage de 31,1, la cavalière britannique aborde le temple d'Aix-la-Chapelle portée par un élan incomparable. Déjà victorieuse à Pau en 2024, Caroline a balayé tous les doutes : le succès de ce couple n'est pas une question de terrain lourd ou de coup du sort, mais la concrétisation d'un travail d'orfèvre, bâti sur une confiance absolue et une écoute de chaque instant.

Au cœur de cette réussite se trouve D. Day, un hongre AES de 12 ans par D'Amour au cœur immense. Ni le plus impressionnant par la taille, ni le plus démonstratif sur le papier, ce petit cheval agile et généreux donne tout à sa cavalière à chaque sortie sur la piste. Autour d'eux gravitent d'autres complices de talent — comme le prometteur Cooley Mosstown ou le grand et anxieux Lester CKV —, composant un piquet varié qui façonne chaque jour la sensibilité et l'adaptabilité de la cavalière britannique. De la gestion de la pression dans l'arène survoltée de la Soers à la résilience mentale face aux inévitables bas de la discipline, en passant par le travail minutieux auprès d'un préparateur mental, Caroline Harris incarne une équitation moderne et profondément humaine. Avant de fouler la pelouse sacrée d'Aix-la-Chapelle sous les couleurs de la Grande-Bretagne, elle s'est confiée sans détour pour Le Mag'Equestre sur cette aventure guidée par l'amour inconditionnel de ses chevaux.

©Pompomompo

Vous arrivez à Aix-la-Chapelle tout juste couronnée d'une victoire extraordinaire au CCI5*-L de Luhmühlen avec D. Day (31,1). En quoi le fait de décrocher un deuxième titre 5* change-t-il votre état d'esprit avant d'entrer dans l'arène mythique d'Aix ?

Décrocher cette victoire à Luhmühlen m'a apporté un immense coup de boost. Après notre succès à Pau, j'avais un peu le sentiment que c'était un coup de chance, que tout avait joué en notre faveur en raison du terrain lourd. Mais la manière dont D. Day s'est comporté et son niveau d'excellence à Luhmühlen m'ont vraiment prouvé que nous avions réussi grâce à notre complicité, et pas seulement parce que le sol était détrempé !

D. Day enchaîne les performances d'exception (Pau, Lignières, Luhmühlen). Qu'est-ce qui rend ce hongre de 12 ans si redoutable sur les trois tests, et où votre couple a-t-il le plus mûri ?

D. Day est un cheval qui a un cœur énorme et qui ne cesse de tout donner pour moi. Il n'est peut-être pas le plus doué naturellement, mais il se livre à 100 %, à chaque fois. En plus, il adore les grands rendez-vous ! Je sens que nous avons énormément progressé par rapport à l'année dernière. Nous sommes tous les deux plus confiants dans notre partenariat et nous nous faisons une confiance aveugle. C'est exactement ce qui nous permet d'aller chercher ce petit brin de vitesse en plus.

Lors de l'édition 2025 à Aix-la-Chapelle, vous signiez une superbe 7e place dans le CCIO4*-S. Quels enseignements clés de l'an passé réutilisez-vous pour ajuster vos temps de passage sur le cross cette année ?

J'ai de la chance avec D. Day car il est petit, extrêmement agile et il adore aller vite. Il est également très respectueux et poli à monter, ce qui nous fait gagner un temps précieux puisque nous ne gâchons pas la moindre seconde à réajuster l'équilibre inutilement à l'abord des obstacles.

Le parcours d'Aix-la-Chapelle est réputé pour être rapide, sinueux et exigeant. Comment équilibrez-vous la recherche du temps idéal et le respect du rythme naturel de votre cheval ?

C'est justement sa courtoisie à l'effort et sa réactivité qui me permettent de garder ce rythme sans le bousculer. Comme il répond immédiatement et ne lutte pas, nous conservons toute notre fluidité dans les enchaînements serrés de la Soers.

Aux côtés de D. Day, votre piquet compte des éléments comme Cooley Mosstown (2e du CCI4*-L à Bramham, 4e à Boekelo). Comment adaptez-vous la préparation entre un jeune talent et un gagnant de 5* ?

En réalité, la préparation de "Moss" et de D. Day pour les grandes échéances est assez similaire. Aucun des deux n'a besoin d'être travaillé dur dans la dernière droite. J'aime lever un peu le pied avant de partir en concours afin que leur corps se sente au sommet de sa forme le jour J.

Vous sortez également en 4* avec Lester CKV (Avenches, Bramham). Quel rôle joue-t-il dans votre piquet et votre équitation au quotidien ?

Lester CKV est totalement différent de mes deux autres chevaux, et c'est un excellent exercice pour moi de monter un profil aussi à l'opposé. Il a une amplitude immense et une nature assez anxieuse. Il m'oblige à développer mon équitation dans la sympathie, avec beaucoup d'empathie. Il m'aide énormément à garder l'œil bien aiguisé sur les plus gros tracés.

L'équipe britannique bénéficie d'un réservoir de cavaliers impressionnant. Que représente pour vous le fait d'être sélectionnée sous les couleurs de la Grande-Bretagne à Aix-la-Chapelle ?

Être sélectionnée dans l'équipe nationale est un immense coup de projecteur et une fierté pour toute mon équipe et moi-même. Nous travaillons tous d'arrache-pied aux écuries, et c'est une magnifique récompense pour tout ce que nous investissons au quotidien. Cela me pousse à devenir meilleure et à continuer de former des chevaux vers le plus haut niveau.

La dernière épreuve se déroule devant des milliers de spectateurs en ébullition dans le grand stade de saut d'obstacles. Comment gérez-vous la pression dans une telle ambiance ?

Je suis très chanceuse car D. Day adore la foule ! Le public le fait grandir, il se transforme et adore faire le spectacle. Du coup, je le prends comme un énorme positif : j'essaie de tout absorber, de profiter de l'instant et de savourer chaque seconde dans cette arène.

La technique moderne s'appuie sur des obstacles droits, des angles et des dispositifs frangibles. Quel obstacle exige selon vous le plus haut degré de confiance réciproque avec D. Day ?

Au début, mon cheval était un peu anxieux sur les fossés et les passages d'eau. Il gagne énormément en confiance aujourd'hui, mais pour moi, ce sont vraiment ces types d'obstacles qui demandent la plus grande somme de confiance et de complicité entre D. Day et moi.

Vous avez formé de jeunes chevaux comme Tailor Made Z depuis Le Lion d'Angers jusqu'au niveau 4*. Quels principes privilégiez-vous dans la formation de la relève pour viser le sommet ?

Pour moi, former un jeune cheval consiste avant tout à s'assurer qu'il soit pleinement heureux et en confiance à chaque niveau avant de monter d'une marche. J'essaie de leur donner une confiance en béton sur des parcours qui leur conviennent parfaitement avant de les introduire sur des tracés qu'ils pourraient trouver plus difficiles. Certains préfèrent les parcours sinueux et techniques, d'autres s'épanouissent sur de grandes pistes galopantes. Il s'agit de les rendre ultra-confiants sur ce qu'ils aiment avant de corser les choses.

Le complet est un sport d'émotions extrêmes, alternant entre sommets et déceptions soudaines (comme aux Championnats d'Europe de Blenheim en 2025). Comment gérez-vous mentalement ces contrastes ?

Notre sport est fait de très hauts sommets et de grands bas. Je travaille énormément avec un préparateur mental qui m'a aidée à analyser et digérer les contre-performances pour devenir plus résiliente. Tout est question de se remobiliser après un échec et de se fixer de bons objectifs. Il faut aussi garder une foi inébranlable en son équipe et son système. Une déconvenue ne définit pas qui vous êtes.

Chaque cheval de tête exige un pilotage sur mesure. Qu'est-ce que D. Day vous a appris sur votre propre équitation et sur les concessions à faire ?

D. Day est petit et extrêmement respectueux. J'ai donc dû me montrer très prudente dans le choix des concours où je l'emmenais. Il a toujours dit "oui" à absolument tout ce que je lui ai demandé de sauter, mais je n'ai jamais voulu profiter de sa générosité au risque de l'effrayer. C'est la raison pour laquelle je ne l'ai pas encore emmené à Badminton ou Burghley : il sera peut-être prêt plus tard quand sa confiance sera au sommet, mais si je pense que cela le pousse trop loin, je n'y irai jamais. Je ne veux jamais le pousser au point où il finirait par me dire "non", alors qu'il m'a déjà tant donné.

Quand on retire les trophées et le classement mondial, quelle est la passion pure qui vous fait vous lever chaque matin pour monter à cheval ?

Ce qui me garde passionnée et dévouée, c'est simplement que j'aime mes chevaux et que j'adore travailler avec eux. Sur le plan mental, ils m'apportent un équilibre incroyable et me rendent tellement heureuse. Alors, lors de ces journées vraiment difficiles où l'on pense parfois à tout arrêter, la seule idée de ne pas être à leurs côtés au quotidien est ce qui m'a toujours permis de continuer d'avancer.

Entre les parcours 4*-S très intenses et les 5*-L axés sur l'endurance pure, comment analysez-vous les exigences physiques et mentales d'un tracé de championnat comme Luhmühlen face à Badminton ou Burghley ?

Chaque 5* dans le monde pose des défis bien distincts. Luhmühlen ressemble davantage à un parcours de championnat : c'est sinueux, très intense et technique. Badminton et Burghley sont totalement différents et exigent parfois un cheval d'un tout autre profil qu'un excellent cheval de championnat. Cela dit, il existe parfois des "extraterrestres" comme Lordships Graffolo qui sont capables de tout gagner !

On entend souvent que le complet moderne se gagne dès le vendredi sur le rectangle de dressage. Pensez-vous qu'un parcours comme celui d'Aix-la-Chapelle conserve son pouvoir de tout bouleverser ?

Je ne pense vraiment pas que tout soit joué le vendredi. Oui, il faut évidemment avoir un très bon cheval de dressage aujourd'hui, mais je trouve que les chefs de piste réussissent de mieux en mieux à rendre les épreuves sautées (cross et hippique) extrêmement influentes. Il y a toujours de la place pour remonter dans le classement si l'on n'est pas en tête après le premier jour !

©Libby Law Photography

ENGLISH VERSION !


As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.

In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.

These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.

From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.

On the Road to Aachen #30 – Caroline Harris

“We are all working flat out at the stables.”

In the unforgiving world of international eventing, where outcomes are decided by fractions of a second and where the level of competition forgives no hesitation, Caroline Harris has established herself as one of the most captivating figures on the global circuit. Just weeks after putting her name on the honor roll of the legendary CCI5*-L in Luhmühlen with a masterful performance finished on her dressage score of 31.1, the British rider approaches the temple of Aachen carried by incredible momentum. Already victorious in Pau in 2024, Caroline swept away all doubts: this combination's success is not a matter of heavy ground or a stroke of luck, but the realization of true craftsmanship, built on absolute trust and deep mutual listening at every moment.

At the heart of this success lies D. Day, a 12-year-old AES gelding by D'Amour with a huge heart. Neither the most imposing in size nor the most flash on paper, this small, agile, and generous horse gives everything to his rider every time he enters the arena. Orbiting around them are other talented partners—such as the promising Cooley Mosstown or the big and anxious Lester CKV—forming a diverse string that shapes the British rider's sensitivity and adaptability daily. From managing pressure in the electrified Soers arena to mental resilience when facing the discipline's inevitable lows, along with detailed work alongside a sports psychologist, Caroline Harris embodies modern and deeply human horsemanship. Before stepping onto the sacred turf of Aachen under the British flag, she spoke openly to Le Mag'Équestre about this journey guided by the unconditional love of her horses.

©Libby Law Photography

You arrive in Aachen fresh off an extraordinary win at the CCI5-L in Luhmühlen with D. Day (31.1). How does securing a second 5 title change your mindset before entering the legendary Aachen arena?

Winning at Luhmühlen gave me a massive boost of confidence. After our success at Pau, I felt a bit like it was a stroke of luck—that everything played in our favor because of the heavy ground. But the way D. Day performed and his level of excellence at Luhmühlen really proved to me that we succeeded thanks to our partnership, and not just because the ground was soaked!

D. Day continues to deliver exceptional performances (Pau, Lignières, Luhmühlen). What makes this 12-year-old gelding so formidable across all three tests, and where has your partnership matured the most?

D. Day is a horse with a huge heart who never stops giving everything for me. He might not be the most naturally gifted, but he gives 100% every single time. Plus, he loves the big occasions! I feel we have progressed immensely compared to last year. We are both much more confident in our partnership and we trust each other blindly. That is exactly what allows us to go out and catch that extra bit of speed.

During the 2025 edition in Aachen, you secured a fantastic 7th place in the CCIO4-S. What key lessons from last year are you using to adjust your minute markers on cross-country this year?

I am lucky with D. Day because he is small, extremely agile, and loves going fast. He is also very respectful and polite to ride, which saves us precious time since we don't waste a single second unnecessarily readjusting his balance in front of fences.

The Aachen course is famous for being fast, twisting, and demanding. How do you balance chasing the optimum time while respecting your horse's natural rhythm?

It is precisely his politeness in his effort and his responsiveness that allow me to keep that rhythm without pushing him out of his stride. Since he responds immediately and doesn't fight, we maintain total fluidity through the tight combinations at the Soers.

Alongside D. Day, your string includes talent like Cooley Mosstown (2nd in the CCI4-L at Bramham, 4th at Boekelo). How do you adapt the preparation between a rising talent and a 5 winner?

In reality, preparing "Moss" and D. Day for major events is fairly similar. Neither of them needs to be worked hard in the final stretch. I like to ease off a bit before heading to a competition so their bodies feel at peak fitness on the big day.

You are also competing in 4 classes with Lester CKV (Avenches, Bramham). What role does he play in your string and your daily riding?

Lester CKV is completely different from my other two horses, and it is a great exercise for me to ride a profile so opposite. He has a massive stride and quite an anxious nature. He forces me to develop my riding with sympathy and a lot of empathy. He helps me tremendously to keep my eye sharp on the biggest tracks.

The British team benefits from an impressive pool of riders. What does it mean to you to be selected under the Great Britain banner at Aachen?

Being selected for the national team is a massive spotlight and a huge point of pride for my entire team and myself. We all work relentlessly at the yard, and it is a wonderful reward for everything we invest on a daily basis. It drives me to become better and to keep producing horses toward the top level.

The final phase takes place in front of thousands of roaring fans in the main show jumping stadium. How do you manage the pressure in such an atmosphere?

I am very lucky because D. Day loves the crowd! The public makes him grow; he transforms and loves to put on a show. As a result, I take it as a massive positive: I try to soak it all in, enjoy the moment, and savor every second in that arena.

Modern course design relies on straight lines, angles, and frangible devices. Which obstacle in your view demands the highest degree of mutual trust with D. Day?

In the beginning, my horse was a bit anxious over ditches and water complexes. He is gaining tremendous confidence now, but for me, those types of obstacles are truly the ones that demand the highest level of trust and partnership between D. Day and me.

You have produced young horses like Tailor Made Z from Le Lion d'Angers up to the 4 level. What principles do you prioritize in producing the next generation for the top level?

For me, training a young horse is first and foremost about making sure they are completely happy and confident at each level before stepping up a notch. I try to give them rock-solid confidence on tracks that suit them perfectly before introducing them to courses they might find more challenging. Some prefer twisting, technical courses, while others thrive on big galloping tracks. It’s all about making them ultra-confident on what they like before stepping up the difficulty.

Eventing is a sport of extreme emotions, swinging between highs and sudden setbacks (like at the 2025 European Championships in Blenheim). How do you handle these contrasts mentally?

Our sport is made of huge highs and big lows. I work extensively with a sports psychologist who has helped me analyze and process poor performances to become more resilient. It is all about regrouping after a failure and setting proper goals. You also have to maintain unwavering faith in your team and your system. One disappointment does not define who you are.

Every lead horse requires tailored riding. What has D. Day taught you about your own riding and the compromises you have to make?

D. Day is small and extremely respectful. Because of that, I’ve had to be very careful in choosing the competitions I take him to. He has always said "yes" to absolutely everything I’ve ever asked him to jump, but I’ve never wanted to take advantage of his generosity at the risk of scaring him. That’s why I haven’t taken him to Badminton or Burghley yet: he might be ready later when his confidence is at its peak, but if I feel it’s pushing him too far, I will never go. I never want to push him to the point where he ends up saying "no" to me, when he has already given me so much.

Stripping away the trophies and world rankings, what pure passion makes you get up every morning to ride?

What keeps me passionate and dedicated is simply that I love my horses and I love working with them. Mentally, they bring me incredible balance and make me so happy. So, on those really tough days where you sometimes think about quitting, the mere thought of not being by their side every day is what has always kept me moving forward.

Between fast-paced 4-S tracks and endurance-focused 5-L events, how do you analyze the physical and mental demands of a championship course like Luhmühlen compared to Badminton or Burghley?

Every 5* in the world presents distinct challenges. Luhmühlen feels more like a championship track: it’s twisting, very intense, and technical. Badminton and Burghley are completely different and sometimes require a horse with a totally different profile than a top championship horse. That said, there are sometimes "aliens" like Lordships Graffalo who are capable of winning everything!

It's often said that modern eventing is won on Friday on the dressage arena. Do you think a course like Aachen retains its power to shake everything up?

I really don't think everything is decided on Friday. Yes, you obviously need to have a very good dressage horse today, but I find course designers are getting better and better at making the jumping phases (cross-country and show jumping) extremely influential. There is always room to move up the leaderboard if you aren’t in the lead after day one!

Versión En Español

A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.

En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.

Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.

Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.

On the Road to Aachen #30 – Caroline Harris

"Todos trabajamos muchísimo en los establos."

En el despiadado universo del concurso completo internacional, donde los desenlaces se deciden por fracciones de segundo y el nivel de competición no perdona la menor duda, Caroline Harris se ha consolidado como una de las figuras más fascinantes del circuito mundial. Apenas unas semanas después de inscribir su nombre en el palmarés del mítico CCI5*-L de Luhmühlen con una actuación magistral terminada con su puntuación de doma de 31,1, la amazona británica afronta el templo de Aquisgrán impulsada por un impulso incomparable. Tras imponerse ya en Pau en 2024, Caroline disipó todas las dudas: el éxito de este binomio no es cuestión de terreno pesado o de un golpe de suerte, sino la materialización de un trabajo de orfebrería, cimentado en una confianza absoluta y una escucha constante.

En el corazón de este éxito se encuentra D. Day, un capón AES de 12 años por D'Amour con un corazón enorme. Sin ser el más impresionante por tamaño ni el más deslumbrante en el papel, este pequeño caballo ágil y generoso lo da todo por su amazona en cada salida a pista. A su alrededor gravitan otros compañeros de talento —como el prometedor Cooley Mosstown o el grande y ansioso Lester CKV—, componiendo una cuadra variada que moldea diariamente la sensibilidad y la adaptabilidad de la jinete británica. Desde la gestión de la presión en la electrizante pista del Soers hasta la resiliencia mental ante los inevitables altibajos de la disciplina, pasando por el trabajo detallado con un preparador mental, Caroline Harris encarna una equitación moderna y profundamente humana. Antes de pisar el césped sagrado de Aquisgrán con los colores de Gran Bretaña, se ha sincerado para Le Mag'Équestre sobre esta aventura guiada por el amor incondicional hacia sus caballos.

©Libby Law Photography

Llega a Aquisgrán recién coronada con una victoria extraordinaria en el CCI5-L de Luhmühlen con D. Day (31,1). ¿De qué manera el hecho de conseguir un segundo título 5 cambia su mentalidad antes de entrar en la mítica pista de Aquisgrán?

Conseguir esa victoria en Luhmühlen me dio un impulso de confianza enorme. Tras nuestro triunfo en Pau, tenía un poco la sensación de que había sido un golpe de suerte, de que todo se había alineado a nuestro favor debido al terreno pesado. Pero la forma en que se comportó D. Day y su nivel de excelencia en Luhmühlen me demostraron realmente que lo logramos gracias a nuestra complicidad, ¡y no solo porque el suelo estuviera empapado!

D. Day encadena actuaciones excepcionales (Pau, Lignières, Luhmühlen). ¿Qué hace que este capón de 12 años sea tan temible en las tres pruebas, y en qué aspecto ha madurado más su binomio?

D. Day es un caballo con un corazón enorme que no deja de darlo todo por mí. Quizá no sea el más dotado de forma natural, pero se entrega al 100 % en cada ocasión. Además, ¡le encantan las grandes citas! Siento que hemos progresado muchísimo con respecto al año pasado. Ambos estamos mucho más seguros de nuestra compenetración y nos tenemos una confianza ciega. Eso es exactamente lo que nos permite salir a buscar ese punto extra de velocidad.

En la edición de 2025 en Aquisgrán firmó un magnífico 7.º puesto en el CCIO4-S. ¿Qué lecciones clave del año pasado utiliza para ajustar sus tiempos de paso en el cross este año?

Tengo suerte con D. Day porque es pequeño, extremadamente ágil y le encanta ir rápido. También es muy respetuoso y educado a la hora de montarlo, lo que nos hace ganar un tiempo valioso, ya que no perdemos ni un segundo reajustando el equilibrio innecesariamente antes de los obstáculos.

El recorrido de Aquisgrán es famoso por ser rápido, sinuoso y exigente. ¿Cómo equilibra la búsqueda del tiempo óptimo y el respeto al ritmo natural de su caballo?

Es precisamente su cortesía en el esfuerzo y su reactividad lo que me permite mantener ese ritmo sin forzarlo. Como responde de inmediato y no lucha, conservamos toda la fluidez en los encadenamientos cerrados del Soers.

Junto a D. Day, su cuadra cuenta con elementos como Cooley Mosstown (2.º en el CCI4-L de Bramham, 4.º en Boekelo). ¿Cómo adapta la preparación entre un joven talento y un ganador de 5?

En realidad, la preparación de "Moss" y de D. Day para los grandes compromisos es bastante similar. Ninguno de los dos necesita un trabajo duro en la recta final. Me gusta aflojar un poco la intensidad antes de ir a un concurso para que sus cuerpos se sientan en la cima de su forma el día señalado.

También compite en 4 con Lester CKV (Avenches, Bramham). ¿Qué papel desempeña en su cuadra y en su equitación diaria?

Caroline Harris: Lester CKV es totalmente diferente a mis otros dos caballos, y es un excelente ejercicio para mí montar un perfil tan opuesto. Tiene un galope enorme y un carácter bastante ansioso. Me obliga a desarrollar mi equitación con empatía y mucha comprensión. Me ayuda muchísimo a mantener la vista bien afilada sobre los trazados más grandes.

El equipo británico cuenta con un grupo de jinetes impresionante. ¿Qué representa para usted ser seleccionada bajo la bandera de Gran Bretaña en Aquisgrán?

Ser seleccionada para el equipo nacional es un enorme escaparate y un orgullo gigantesco para todo mi equipo y para mí. Todos trabajamos de forma incansable en las cuadras, y es una recompensa maravillosa para todo lo que invertimos a diario. Me empuja a ser mejor y a seguir formando caballos hacia el máximo nivel.

La última prueba se disputa ante miles de espectadores eufóricos en el gran estadio de salto. ¿Cómo gestiona la presión en un ambiente así?

¡Tengo mucha suerte porque a D. Day le encanta el público! La gente lo hace crecer; se transforma y le chifla dar espectáculo. Por tanto, me lo tomo como algo muy positivo: intento absorberlo todo, disfrutar del momento y paladear cada segundo en esa pista.

El diseño de recorridos moderno apuesta por obstáculos rectos, ángulos y elementos deformable (frangibles). ¿Qué obstáculo exige a su juicio el mayor grado de confianza mutua con D. Day?

Al principio, mi caballo se mostraba un poco ansioso sobre los fosos y los pasos de agua. Ahora gana muchísima confianza, pero para mí, este tipo de obstáculos son realmente los que exigen la mayor dosis de confianza y complicidad entre D. Day y yo.

Ha formado a caballos jóvenes como Tailor Made Z desde Le Lion d'Angers hasta el nivel 4. ¿Qué principios prioriza en la formación de la cantera para apuntar a lo más alto?

Para mí, formar a un caballo joven consiste ante todo en asegurarse de que esté plenamente feliz y confiado en cada nivel antes de subir un escalón. Intento darles una confianza a prueba de bombas en recorridos que les convengan perfectamente antes de introducirlos en trazados que puedan parecerles más difíciles. Algunos prefieren los recorridos sinuosos y técnicos, mientras que otros se crecen en grandes pistas galopantes. Se trata de volverlos ultraconfiados en lo que les gusta antes de complicar las cosas.

El concurso completo es un deporte de emociones extremas, alternando grandes éxitos y decepciones repentinas (como en el Campeonato de Europa de Blenheim en 2025). ¿Cómo gestiona mentalmente estos contrastes?

Nuestro deporte está hecho de altísimos picos y profundos baches. Trabajo mucho con un preparador mental que me ha ayudado a analizar y asimilar los malos resultados para ser más resiliente. Todo es cuestión de rearmarse tras un fracaso y fijarse buenos objetivos. También hay que mantener una fe inquebrantable en tu equipo y tu sistema. Un tropiezo no define quién eres.

Cada caballo principal exige un pilotaje a medida. ¿Qué le ha enseñado D. Day sobre su propia equitación y sobre las concesiones que hay que hacer?

D. Day es pequeño y extremadamente respetuoso. Por eso he tenido que ser muy prudente a la hora de elegir los concursos a los que lo llevaba. Siempre ha dicho "sí" a absolutamente todo lo que le he pedido saltar, pero nunca he querido aprovecharme de su generosidad con el riesgo de asustarlo. Esa es la razón por la que aún no lo he llevado a Badminton o Burghley: tal vez esté listo más adelante cuando su confianza esté al máximo, pero si considero que eso lo fuerza demasiado, nunca iré. No quiero presionarlo jamás hasta el punto de que termine diciéndome "no", cuando ya me ha dado tanto.

Si quitamos los trofeos y el ranking mundial, ¿cuál es la pura pasión que la hace levantarse cada mañana para montar a caballo?

Lo que me mantiene apasionada y entregada es simplemente que amo a mis caballos y me encanta trabajar con ellos. En el plano mental me aportan un equilibrio increíble y me hacen plenamente feliz. Así que, en esos días realmente difíciles en los que a veces se piensa en dejarlo todo, la sola idea de no estar a su lado a diario es lo que siempre me ha permitido seguir adelante.

Entre los recorridos 4-S muy intensos y los 5-L enfocados en la resistencia pura, ¿cómo analiza las exigencias físicas y mentales de un trazado de campeonato como Luhmühlen frente a Badminton o Burghley?

Cada 5* en el mundo plantea desafíos muy distintos. Luhmühlen se parece más a un recorrido de campeonato: es sinuoso, muy intenso y técnico. Badminton y Burghley son totalmente diferentes y exigen a veces un perfil de caballo completamente distinto al de un gran caballo de campeonato. Dicho esto, ¡a veces existen "extraterrestres" como Lordships Graffalo capaces de ganarlo todo!

Se oye a menudo que el completo moderno se gana desde el viernes en la pista de doma. ¿Cree que un recorrido como el de Aquisgrán conserva su poder de dar un vuelco a la clasificación?

Realmente no creo que todo esté decidido el viernes. Sí, obviamente hoy en día hay que contar con un caballo de doma excelente, pero me parece que los diseñadores de recorridos consiguen cada vez mejor que las pruebas de salto (cross y salto en pista) sean extremadamente determinantes. ¡Siempre hay margen para remontar en la clasificación si uno no está en cabeza tras el primer día!

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Samuel Benibre