On the Road to Aachen #31 – Maria Gabriela Brugal "À mes yeux, je n'ai jamais rencontré une autre personne qui comprenne les chevaux comme lui."

Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !

JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !

Samuel Benibre

8/10/202628 min read

À l'aube des Championnats du Monde 2026 à Aix-la-Chapelle, l'histoire de Maria Gabriela Brugal — que tout le monde surnomme « Gaby » — résonne comme l'une des plus inspirantes du saut d'obstacles international. Première cavalière à porter le drapeau de la République Dominicaine lors d'un Championnat du Monde de saut d'obstacles, la jeune femme incarne une discipline, une résilience et une maturité hors du commun. Basée aux États-Unis après avoir quitté son île natale à l'âge de 17 ans, Gaby a gravi tous les échelons du haut niveau grâce à une éthique de travail irréprochable et des séjours formateurs en Europe aux côtés de légendes comme Michel Robert.

Mais au cœur de cette épopée se trouve une histoire d'amour et de confiance absolue avec un cheval : J'Adore Flamenco (alias « Sparky »). Victime d'une grave infection consécutive à une blessure de transport en 2023 après une 2e place à Live Oak, le hongre AES de 14 ans a passé deux mois hospitalisé et un an loin des terrains de concours. Revenu au sommet à force de patience pour s'imposer dans le Grand Prix Coupe du Monde 4* de Puebla en 2025, le couple s'apprête aujourd'hui à fouler la piste mythique du stade de la Soers. Pour Le Mag'Equestre, Gaby Brugal revient sur ce miracle, sa préparation estivale à Spruce Meadows et l'immense fierté d'inscrire son pays dans l'histoire des grands championnats.

©FEI/Shannon Brinkman

Maria Gabriela, pour commencer, pouvez-vous vous présenter, nous présenter votre fidèle complice J'Adore Flamenco et nous donner un aperçu de l'organisation de votre piquet de chevaux en vue d'Aix-la-Chapelle 2026 ?

Je m'appelle Maria Gabriela Brugal, mais tout le monde m'appelle Gaby ! Je suis née et j'ai grandi en République Dominicaine. Mon partenaire de tête, J’adore Flamenco, est plus communément appelé « Sparky ». Il a rejoint nos écuries il y a près de six ans, alors qu'il n'était qu'un jeune cheval vert de 8 ans. Ensemble, nous avons gravi tous les échelons, depuis son tout premier Grand Prix FEI jusqu'au niveau 5*.

Actuellement, mon piquet se compose de six chevaux de compétition : un très bel équilibre entre jeunes espoirs et chevaux d'expérience, ce qui me permet de rester active sur les terrains de concours une grande partie de l'année. Cet été, j'ai emmené trois chevaux à Spruce Meadows afin de me préparer au mieux pour Aix-la-Chapelle, tandis que les trois autres sont restés à la maison pour profiter d'un petit break bien mérité. Sparky a couru les épreuves 5*, et mes deux autres montures ont tourné entre le label 2* et les épreuves nationales. Choisir Spruce Meadows comme destination estivale a été un élément clé pour nous acclimater aux grands terrains en herbe et aux parcours particulièrement exigeants.

Votre histoire avec J'Adore Flamenco ressemble à un véritable conte de fées. Après une incroyable 2e place à Live Oak en 2023, il a lutté contre une infection potentiellement mortelle après une blessure de transport, restant hospitalisé deux mois et éloigné du sport pendant un an. En repensant à cette longue convalescence, qu'avez-vous ressenti en voyant sa détermination à revenir au plus haut niveau ?

Cela a tout représenté pour moi. C'est un cheval tellement spécial, pas seulement pour moi, mais pour toute ma famille et notre équipe, que le simple fait de le voir revenir a redonné un sens profond à notre quotidien. Nous avons pris énormément de temps pour sa rééducation, en restant constamment à l'écoute de ce qu'il ressentait. Le moment qu'il préfère dans une journée, c'est de pouvoir concourir devant du public. Savoir qu'il pouvait enfin faire son retour après une année entière d'absence m'a donné le plus grand des sourires. Il méritait tellement de sauter dans ce grand stade d'Aix-la-Chapelle ; je me sens extrêmement chanceuse d'être celle qui a le privilège de l'accompagner en piste.

En février 2025, cette résilience a été récompensée de la plus belle des manières lorsque vous avez décroché votre première victoire en Grand Prix Coupe du Monde 4* à Puebla, au Mexique, en signant le seul sans-faute de l'épreuve. Qu'avez-vous ressenti au moment de réaliser que la victoire était acquise sans même avoir besoin de courir un barrage ?

Ce fut un immense soulagement ! Ce Grand Prix était son tout premier parcours à 1,60 m depuis son retour de convalescence. Il a sauté de manière incroyable, ce qui m'a confirmé qu'il était bel et bien revenu au sommet de sa forme, heureux et en parfaite santé pour sauter ce type d'épreuves. C'est rare d'être le seul sans-faute d'un Grand Prix, mais c'est une sensation fantastique, c'est certain !

Vous avez décrit J'Adore Flamenco (un hongre AES de 14 ans par Je T'Aime Flamenco) comme le cheval qui « vous donne des ailes » et que vous avez formé depuis ses huit ans. En quoi la confiance profonde bâtie au fil des ans vous permet-elle d'aborder des parcours techniques à 1,60 m comme la Queen Elizabeth II Cup à Spruce Meadows ?

Quand Sparky est arrivé à l'écurie, il était le seul cheval que je possédais. Je passais donc la majeure partie de mes journées avec lui aux écuries. Il a une personnalité très forte et très expressive : il n'est absolument pas timide et s'assure toujours que je l'écoute quand il a quelque chose à me faire comprendre ! Il a ses petites manies et possède beaucoup de "boutons", mais je les connais tous sur le bout des doigts aujourd'hui. Je pense que c'est l'une des raisons principales de nos réussites. J'ai une confiance absolue en lui dès que j'entre en piste, et il croit en moi encore plus que je ne crois en moi-même. C'est un sentiment unique : il m'a rendue meilleure cavalière en m'incitant à avoir foi en mes capacités.

Gérer une campagne internationale entre l'Amérique du Nord et l'Europe exige une planification rigoureuse. Aux côtés de J'Adore Flamenco, vous avez fait évoluer des chevaux comme Vienna de Laubry Z, Pablo de Laubry Z et Cornet's Fly. Comment structurez-vous leur programme pour garder vos chevaux de tête frais pour les grands championnats ?

Je pense qu'il est primordial d'avoir un système qui a fait ses preuves pour soi en tant que cavalier, même si chacun a sa propre méthode. Au sein de ce système, il faut être capable d'individualiser la préparation de chaque cheval, car ils sont tous différents. Pour moi, l'un des aspects les plus importants pour garder les chevaux frais dans leur tête et dans leur corps est de leur accorder de vrais temps de repos et des breaks loin des terrains de concours.

Cela a été un vrai défi cette année, d'autant plus que je préparais deux chevaux pour deux championnats différents se déroulant à dix jours d'intervalle à l'autre bout du monde. Cela exige une équipe formidable : grooms, vétérinaires, maréchaux-ferrants, amis... la liste est infinie. Je suis profondément reconnaissante d'être soutenue par autant de personnes pour faire de ces deux championnats une réalité.

Vous avez passé des étés décisifs en Europe à vous entraîner auprès du légendaire cavalier français Michel Robert. En quoi sa philosophie de l'équitation et ses conseils techniques ont-ils influencé votre monte et votre approche des grands événements ?

Mon séjour en France avec Michel a eu un impact énorme sur mon équitation. C'était la première fois que je venais en Europe pour concourir, mais aussi la première fois que je m'entraînais dans un autre système. J'ai appris énormément à ses côtés. À mes yeux, je n'ai jamais rencontré une autre personne qui comprenne les chevaux comme lui. C'est une vraie magie qui s'opère sous vos yeux lorsque vous le regardez monter. Je pense que jusqu'alors, j'avais du mal à comprendre comment demander et comment écouter les chevaux — ce qui est pourtant l'un des outils les plus précieux que nous devrions posséder en tant qu'hommes et femmes de cheval. Concernant ses conseils techniques, il prône une approche du "moins c'est mieux" : beaucoup de travail sur le plat et d'exercices aux barres au sol apportent énormément, sans avoir besoin de faire sauter les chevaux à l'excès.

Déménager de la République Dominicaine vers la Floride à l'âge de 17 ans — après des années à faire des allers-retours en avion chaque week-end pour concourir — a exigé un dévouement immense. Comment cette éthique de travail précoce a-t-elle façonné la cavalière 5* que vous êtes aujourd'hui ?

Faire tous ces voyages pendant mes années d'études était incontestablement difficile, d'autant plus que la seule règle imposée par mes parents était de maintenir d'excellentes notes à l'école pour pouvoir continuer à monter. Cet état d'esprit m'a façonnée : j'ai appris la responsabilité et la gestion du temps très jeune. Aujourd'hui, avec le recul, je suis convaincue que cette discipline m'a aidée à me maintenir dans le sport et à faire évoluer mon équitation au fil des ans.

Au-delà de votre carrière sportive, vous vous êtes engagée comme ambassadrice pour des organisations humanitaires comme JustWorld International et la Fondation Step by Step. En quoi le fait d'avoir un engagement en dehors des pistes vous aide-t-il à garder les pieds sur terre lors des semaines de haute compétition ?

Devenir ambassadrice pour ces deux organisations est arrivé très tôt dans ma carrière. Dès mon plus jeune âge, on m'a enseigné l'importance de donner en retour et de soutenir des structures qui œuvrent pour améliorer l'éducation et la qualité de vie des enfants dans le besoin. Comprendre le travail formidable que ces organisations accomplissent me permet de garder les idées claires et de me rappeler qu'il se passe tellement de choses en dehors de notre bulle du saut d'obstacles.

Représenter la République Dominicaine sur la scène internationale — des Jeux Panaméricains aux Jeux d'Amérique Centrale et des Caraïbes — a toujours été une source d'immense fierté. Que représente le fait de porter le drapeau de votre pays lors d'un événement planétaire comme les Championnats du Monde d'Aix-la-Chapelle ?

C'est le plus grand honneur pour moi de parcourir le monde en représentant la République Dominicaine. J'ai eu la chance immense de porter ce drapeau lors de tant d'événements différents depuis mon plus jeune âge. Notre sport n'est pas particulièrement populaire chez moi, c'est pourquoi je ressens un grand sentiment de fierté mais aussi de responsabilité à chaque fois que je pénètre en piste. Ce sera la toute première fois que la République Dominicaine aura un représentant en saut d'obstacles lors d'un Championnat du Monde, et je me sens extrêmement privilégiée que cela se déroule à Aix-la-Chapelle.

La saison 2025/2026 vous a vue évoluer sur les plus belles pistes du monde, des étapes du Global Champions Tour en Europe et au Moyen-Orient jusqu'aux terrains en herbe de Spruce Meadows. Comment ces expériences internationales variées ont-elles affûté votre gestion des parcours et votre force mentale ?

Gardant les Championnats du Monde en ligne de mire depuis le début de l'année dernière, je me suis assurée de monter sur autant de terrains 5* que possible afin de me sentir parfaitement préparée le moment venu. Sauter sur certaines étapes du GCT m'a vraiment aidée à me renforcer mentalement : il y a énormément de facteurs extérieurs sur ces concours, comme la foule nombreuse, la présence des médias et l'élite mondiale des cavaliers, sans oublier des tracés parmi les plus durs au monde. Partir à Spruce Meadows cet été était une suite logique pour rassurer mon équipe et me prouver que Sparky et moi étions capables d'aborder ces épreuves massives sur de grands terrains en herbe très animés. Plus vous êtes exposé à la difficulté, plus vous gagnez en aisance : c'était mon objectif principal, me sentir à l'aise à un niveau où j'avais encore une expérience limitée.

Vos ambitions sportives ont toujours été tournées vers les plus grandes arènes du monde. À l'approche d'Aix-la-Chapelle 2026, quel regard portez-vous sur ce chemin parcouru depuis vos débuts prometteurs en jeunes cavaliers jusqu'aux victoires en Coupe du Monde et ce niveau de Championnat du Monde ?

C'est une sensation folle, pour être tout à fait honnête, et je crois que tant que je ne serai pas arrivée sur place, je ne mesurerai pas pleinement la portée de cet accomplissement dans ma carrière. J'ai toujours eu de grands rêves et de grands objectifs, et j'ai fait de mon mieux pour apprendre de chaque personne qui m'a tendu la main afin de repousser mes limites. Vraiment, à certains moments de ma vie, participer à un Championnat du Monde ou monter au CHIO d'Aix-la-Chapelle me semblait être un rêve qui s'éloignait de plus en plus... et aujourd'hui, j'ai les deux d'un coup ! J'ai hâte de savourer cette opportunité et je serai éternellement reconnaissante envers tous ceux qui m'ont aidée à en arriver là.

Le Stade Principal d'Aix-la-Chapelle (la Soers) est célèbre pour son immense terrain en herbe, son atmosphère électrique et ses 40 000 spectateurs. Comment vous et J'Adore Flamenco vous préparez-vous mentalement et techniquement pour une arène d'une telle ampleur ?

Connaissant tous ces facteurs, et n'ayant jamais mis les pieds à Aix-la-Chapelle, cela a exigé un énorme travail de préparation en amont pour minimiser l'effet de surprise. J'ai commencé à travailler spécifiquement avec mon préparateur mental pour cet événement dès le début de l'année. Pour mon cheval, l'objectif principal était de démarrer la saison en douceur, de montez en puissance jusqu'à Spruce Meadows, puis de axer le travail sur la condition physique. Je pense que la gestion a été le maître-mot de notre préparation, et j'espère que cela portera ses fruits dans quelques semaines. J'ai également fait faire un bonnet insonorisant sur mesure pour Sparky afin de le garder aussi concentré que possible au milieu de cette foule immense.

Pour conclure, Maria Gabriela, au moment de fouler la piste d'Aix-la-Chapelle 2026 sous les couleurs dominicaines aux côtés de J'Adore Flamenco, quel serait le scénario de rêve pour vous et votre équipe au terme de cette semaine ?

Pour être tout à fait honnête, mon objectif principal est d'offrir à Sparky les meilleures montes possibles et de prendre du plaisir. Obtenir une place en Finale Individuelle serait un rêve devenu réalité, mais nous allons prendre les obstacles les uns après les autres et voir ce que cette semaine nous réserve. J'ai une chance inouïe d'avoir un tel cheval pour vivre cela, et ce sera notre tout premier Championnat du Monde ainsi que notre premier Aix-la-Chapelle à tous les deux. Quel que soit le résultat final, ce sera une semaine magique et inoubliable.

©FEI/Rodrigo Ceceña

ENGLISH VERSION !


As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.

In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.

These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.

From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.

On the Road to Aachen #31 – Maria Gabriela Brugal

“In my eyes, I have never met another person who understands horses the way he does.”

On the eve of the 2026 World Championships in Aachen, the story of Maria Gabriela Brugal — known to everyone as "Gaby" — resonates as one of the most inspiring in international show jumping. As the first female rider to carry the flag of the Dominican Republic at a Show Jumping World Championship, the young rider embodies extraordinary discipline, resilience, and maturity. Based in the United States after leaving her home island at the age of 17, Gaby has climbed to the highest levels through an impeccable work ethic and formative stays in Europe alongside legends like Michel Robert.

At the heart of this journey lies a story of love and absolute trust with one horse: J'Adore Flamenco (aka "Sparky"). Suffering from a life-threatening infection following a shipping injury in 2023 after a 2nd place finish at Live Oak, the 14-year-old AES gelding spent two months hospitalized and a full year away from competition grounds. Returning to the top through pure patience to win the 2025 4* World Cup Grand Prix in Puebla, the pair is now preparing to set foot in the legendary arena of the Soers stadium. For Le Mag'Equestre, Gaby Brugal reflects on this miracle, her summer preparation at Spruce Meadows, and the immense pride of writing her country's name into the history of major championships.

©FEI/Shannon Brinkman

Maria Gabriela, to begin, could you introduce yourself, introduce your faithful partner J'Adore Flamenco, and give us an overview of how your string of horses is organized ahead of Aachen 2026?

My name is Maria Gabriela Brugal, but everyone calls me Gaby! I was born and raised in the Dominican Republic. My top partner, J’adore Flamenco, is more commonly known as "Sparky." He joined our stables nearly six years ago when he was just a green 8-year-old horse. Together, we climbed every step of the ladder, from his very first FEI Grand Prix up to the 5* level.

Currently, my string consists of six competition horses: a very good balance between young prospects and experienced horses, which allows me to stay active on the show circuit for a large part of the year. This summer, I took three horses to Spruce Meadows to prepare in the best possible way for Aachen, while the other three stayed at home to enjoy a well-deserved little break. Sparky competed in the 5* classes, and my other two mounts rotated between the 2* level and national classes. Choosing Spruce Meadows as a summer destination was a key element for us to get acclimatized to large grass arenas and particularly demanding courses.

Your story with J'Adore Flamenco reads like a true fairytale. After an incredible 2nd place at Live Oak in 2023, he fought a life-threatening infection following a shipping injury, remaining hospitalized for two months and away from the sport for a year. Looking back at that long recovery, how did you feel seeing his determination to return to the top level?

It meant everything to me. He is such a special horse, not just for me, but for my entire family and team, that simply seeing him come back gave deep meaning to our daily lives. We took a tremendous amount of time for his rehabilitation, constantly listening to how he was feeling. His favorite moment of the day is getting to compete in front of a crowd. Knowing that he could finally make his comeback after an entire year away brought the biggest smile to my face. He so deeply deserved to jump in that big stadium in Aachen; I feel extremely lucky to be the one who has the privilege of accompanying him into the ring.

In February 2025, that resilience was rewarded in the most beautiful way when you secured your first 4 World Cup Grand Prix victory in Puebla, Mexico, posting the only clear round of the class. What was going through your mind when you realized the victory was yours without even needing a jump-off?

It was an immense relief! That Grand Prix was his very first 1.60m course since returning from his recovery. He jumped unbelievably well, which confirmed to me that he was truly back at the top of his form, happy, and in perfect health to jump these types of classes. It's rare to be the clear round winner of a Grand Prix, but it is certainly a fantastic feeling!

You have described J'Adore Flamenco (a 14-year-old AES gelding by Je T'Aime Flamenco) as the horse that "gives you wings" and whom you have developed since he was eight. How does the deep trust built over the years allow you to tackle technical 1.60m courses like the Queen Elizabeth II Cup at Spruce Meadows?

When Sparky arrived at the stable, he was the only horse I owned. So I spent the majority of my days with him at the barn. He has a very strong and expressive personality: he is not shy at all and always makes sure I listen when he has something to make me understand! He has his little quirks and has a lot of "buttons," but I know every single one of them inside out today. I think that is one of the main reasons for our success. I have absolute trust in him as soon as I enter the ring, and he believes in me even more than I believe in myself. It's a unique feeling: he made me a better rider by inspiring me to have faith in my abilities.

Managing an international campaign between North America and Europe requires rigorous planning. Alongside J'Adore Flamenco, you have developed horses like Vienna de Laubry Z, Pablo de Laubry Z, and Cornet's Fly. How do you structure their schedule to keep your top horses fresh for major championships?

I think it is essential to have a system that has proven itself for you as a rider, even if everyone has their own method. Within that system, you have to be able to individualize the preparation for each horse, because they are all different. For me, one of the most important aspects of keeping horses fresh in their minds and bodies is giving them real rest periods and breaks away from competition grounds.

That was a real challenge this year, especially since I was preparing two horses for two different championships taking place ten days apart on opposite sides of the world. That requires a wonderful team: grooms, vets, farriers, friends... the list is endless. I am deeply grateful to be supported by so many people to make these two championships a reality.

You spent decisive summers in Europe training under the legendary French rider Michel Robert. How did his riding philosophy and technical advice influence your riding and your approach to big events?

My stay in France with Michel had a huge impact on my riding. It was the first time I came to Europe to compete, but also the first time I trained in a different system. I learned so much alongside him. In my eyes, I have never met another person who understands horses the way he does. True magic happens right before your eyes when you watch him ride. I think that until then, I struggled to understand how to ask and how to listen to horses — which is nonetheless one of the most valuable tools we should possess as horsemen and horsewomen. Regarding his technical advice, he advocates a "less is more" approach: a lot of flatwork and pole exercises bring so much without needing to overjump the horses.

Moving from the Dominican Republic to Florida at the age of 17 — after years of commuting back and forth by plane every weekend to compete — required immense dedication. How did that early work ethic shape the 5 rider you are today?

Doing all those trips during my school years was undeniably tough, especially since the only rule set by my parents was to maintain excellent grades at school to be able to keep riding. That mindset shaped me: I learned responsibility and time management very young. Today, looking back, I am convinced that this discipline helped me sustain myself in the sport and evolve my riding over the years.

Beyond your sports career, you have committed as an ambassador for humanitarian organizations like JustWorld International and the Step by Step Foundation. How does having an engagement outside the arena help you stay grounded during high-stakes competition weeks?

Becoming an ambassador for these two organizations happened very early in my career. From a young age, I was taught the importance of giving back and supporting structures that work to improve education and the quality of life for children in need. Understanding the great work these organizations do allows me to keep a clear head and reminds me that so much is happening outside our show jumping bubble.

Representing the Dominican Republic on the international stage — from the Pan American Games to the Central American and Caribbean Games — has always been a source of immense pride. What does it mean to carry your country's flag at a global event like the Aachen World Championships?

It is the greatest honor for me to travel the world representing the Dominican Republic. I have been blessed to carry this flag at so many different events since a very young age. Our sport is not particularly popular back home, which is why I feel a great sense of pride but also of responsibility every time I step into the ring. This will be the very first time the Dominican Republic will have a representative in show jumping at a World Championship, and I feel extremely privileged that it will take place in Aachen.

The 2025/2026 season saw you compete in some of the world's finest arenas, from Global Champions Tour legs in Europe and the Middle East to the grass fields of Spruce Meadows. How have these varied international experiences sharpened your course management and mental strength?

Keeping the World Championships in mind since the beginning of last year, I made sure to ride in as many 5* arenas as possible to feel fully prepared when the time came. Jumping in select GCT legs really helped build my mental strength: there are so many external factors at these shows, such as large crowds, media presence, and the world's elite riders, not to mention some of the toughest tracks in the world. Going to Spruce Meadows this summer was a natural next step to reassure my team and prove to myself that Sparky and I were capable of tackling these massive classes in large, lively grass arenas. The more you are exposed to difficulty, the more comfortable you become: that was my main goal, feeling comfortable at a level where I still had limited experience.

Your sporting ambitions have always been set on the world's largest arenas. As Aachen 2026 approaches, how do you look back on the journey from your promising young rider beginnings to World Cup victories and this World Championship level?

It is a crazy feeling, to be completely honest, and I think until I arrive on site, I won't fully grasp the magnitude of this achievement in my career. I have always had big dreams and big goals, and I did my best to learn from every person who reached out a hand to help me push my limits. Truly, at certain moments in my life, competing in a World Championship or riding at the CHIO Aachen felt like a dream drifting further and further away... and today, I have both at once! I can't wait to savor this opportunity and I will be forever grateful to everyone who helped me get here.

Aachen's Main Stadium (the Soers) is famous for its massive grass arena, electric atmosphere, and 40,000 spectators. How are you and J'Adore Flamenco preparing mentally and technically for an arena of such magnitude?

Knowing all these factors, and having never set foot in Aachen, required a huge amount of preparation beforehand to minimize the element of surprise. I started working specifically with my sports psychologist for this event at the beginning of the year. For my horse, the main goal was to start the season smoothly, build up to Spruce Meadows, and then focus on physical fitness. I think management was the keyword of our preparation, and I hope it pays off in a few weeks. I also had a custom noise-cancelling ear bonnet made for Sparky to keep him as focused as possible in the middle of that huge crowd.

In conclusion, Maria Gabriela, as you step onto the track at Aachen 2026 under the Dominican colors alongside J'Adore Flamenco, what would be the dream scenario for you and your team by the end of the week?

To be completely honest, my main goal is to give Sparky the best possible rides and enjoy every moment. Reaching a spot in the Individual Final would be a dream come true, but we are going to take the jumps one by one and see what this week has in store for us. I am incredibly fortunate to have such a horse to experience this with, and this will be our very first World Championship as well as our first Aachen for both of us. Whatever the final result may be, it will be a magical and unforgettable week.

Versión En Español

A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.

En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.

Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.

Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.

On the Road to Aachen #31 – Maria Gabriela Brugal

"En mi opinión, nunca he conocido a otra persona que entienda de caballos como él."

En las vísperas de los Campeonatos del Mundo de 2026 en Aquisgrán, la historia de Maria Gabriela Brugal —a quien todo el mundo apoda «Gaby»— resuena como una de las más inspiradoras del salto de obstáculos internacional. Primera jinete en portar la bandera de la República Dominicana en un Campeonato del Mundo de salto, la joven encarna una disciplina, una resiliencia y una madurez fuera de lo común. Afincada en Estados Unidos tras dejar su isla natal a los 17 años, Gaby ha escalado todos los peldaños del alto nivel gracias a una ética de trabajo impecable y estancias formativas en Europa junto a leyendas como Michel Robert.

Pero en el corazón de esta epopeya se encuentra una historia de amor y confianza absoluta con un caballo: J'Adore Flamenco (alias «Sparky»). Víctima de una grave infección tras una lesión de transporte en 2023 después de un 2.º puesto en Live Oak, el capón AES de 14 años pasó dos meses hospitalizado y un año alejado de las pistas. De vuelta a la cima a base de paciencia para imponerse en el Gran Premio Copa del Mundo 4* de Puebla en 2025, el binomio se dispone ahora a pisar la mítica pista del estadio de la Soers. Para Le Mag'Equestre, Gaby Brugal rememora este milagro, su preparación estival en Spruce Meadows y el inmenso orgullo de inscribir a su país en la historia de los grandes campeonatos.

©FEI/Shannon Brinkman

Maria Gabriela, para comenzar, ¿puede presentarse, presentarnos a su fiel compañero J'Adore Flamenco y darnos una visión general de la organización de su cuadra de cara a Aquisgrán 2026?

¡Me llamo Maria Gabriela Brugal, pero todo el mundo me llama Gaby! Nací y crecí en la República Dominicana. Mi compañero principal, J’adore Flamenco, es más comúnmente conocido como «Sparky». Se unió a nuestras cuadras hace casi seis años, cuando solo era un joven caballo verde de 8 años. Juntos hemos ascendido todos los escalones, desde su primerísimo Gran Premio FEI hasta el nivel 5*.

Actualmente, mi cuadra se compone de seis caballos de competición: un equilibrio muy bueno entre jóvenes promesas y caballos con experiencia, lo que me permite mantenerme activa en las pistas gran parte del año. Este verano me llevé tres caballos a Spruce Meadows para prepararme lo mejor posible para Aquisgrán, mientras que los otros tres se quedaron en casa disfrutando de un merecido descanso. Sparky corrió las pruebas 5*, y mis otras dos monturas alternaron entre el nivel 2* y las pruebas nacionales. Elegir Spruce Meadows como destino de verano fue un elemento clave para aclimatarnos a las grandes pistas de hierba y a trazados particularmente exigentes.

Su historia con J'Adore Flamenco parece un verdadero cuento de hadas. Tras un increíble 2.º puesto en Live Oak en 2023, luchó contra una infección potencialmente mortal tras una lesión de transporte, permaneciendo hospitalizado dos meses y alejado del deporte durante un año. Al pensar en esa larga convalecencia, ¿qué sintió al ver su determinación por volver al máximo nivel?

Lo significó todo para mí. Es un caballo tan especial, no solo para mí, sino para toda mi familia y nuestro equipo, que el simple hecho de verlo volver devolvió un sentido profundo a nuestro día a día. Nos tomamos muchísimo tiempo para su rehabilitación, escuchando constantemente lo que él sentía. El momento que más le gusta del día es poder competir ante el público. Saber que por fin podía hacer su regreso tras un año entero de ausencia me sacó la mayor de las sonrisas. Merecía profundamente saltar en ese gran estadio de Aquisgrán; me siento extremadamente afortunada de ser quien tiene el privilegio de acompañarlo en pista.

En febrero de 2025, esa resiliencia se vio recompensada de la forma más bella cuando logró su primera victoria en un Gran Premio Copa del Mundo 4 en Puebla, México, firmando el único recorrido sin falta de la prueba. ¿Qué sintió al darse cuenta de que la victoria era suya sin necesidad de correr un desempate?

¡Fue un alivio inmenso! Ese Gran Premio era su primerísimo recorrido a 1,60 m desde su regreso de la convalecencia. Saltó de forma increíble, lo que me confirmó que estaba verdaderamente de vuelta en la cima de su forma, feliz y en perfecta salud para saltar este tipo de pruebas. Es raro ser el único sin falta de un Gran Premio, ¡pero sin duda es una sensación fantástica!

Ha descrito a J'Adore Flamenco (un capón AES de 14 años por Je T'Aime Flamenco) como el caballo que «le da alas» y al que ha formado desde sus ocho años. ¿De qué manera la profunda confianza construida a lo largo de los años le permite afrontar recorridos técnicos a 1,60 m como la Queen Elizabeth II Cup en Spruce Meadows?

Cuando Sparky llegó a la cuadra, era el único caballo que yo tenía. Así que pasaba la mayor parte del día con él en las cuadras. Tiene una personalidad muy fuerte y muy expresiva: no es nada tímido y siempre se asegura de que lo escuche cuando tiene algo que hacerme entender. Tiene sus pequeñas manías y posee muchos "botones", pero hoy los conozco todos al dedillo. Creo que es una de las razones principales de nuestros éxitos. Tengo una confianza absoluta en él en cuanto entro en pista, y él cree en mí aún más de lo que yo creo en mí misma. Es un sentimiento único: me ha hecho mejor jinete al incitarme a tener fe en mis capacidades.

Gestionar una campaña internacional entre América del Norte y Europa exige una planificación rigurosa. Junto a J'Adore Flamenco, ha hecho evolucionar a caballos como Vienna de Laubry Z, Pablo de Laubry Z y Cornet's Fly. ¿Cómo estructura su programa para mantener frescos a sus caballos principales para los grandes campeonatos?

Creo que es primordial tener un sistema que haya demostrado su eficacia para uno como jinete, aunque cada uno tenga su propio método. Dentro de ese sistema, hay que ser capaz de individualizar la preparación de cada caballo, porque todos son diferentes. Para mí, uno de los aspectos más importantes para mantener a los caballos frescos en su mente y en su cuerpo es concederles verdaderos tiempos de descanso y pausas alejados de los concursos.

Esto ha sido un verdadero reto este año, sobre todo porque estaba preparando a dos caballos para dos campeonatos diferentes que se celebraban con diez días de diferencia en la otra punta del mundo. Eso exige un equipo formidable: mozos, veterinarios, herradores, amigos... la lista es infinita. Estoy profundamente agradecida de contar con el apoyo de tantas personas para hacer realidad estos dos campeonatos.

Pasó veranos decisivos en Europa entrenando junto al legendario jinete francés Michel Robert. ¿De qué manera su filosofía de la equitación y sus consejos técnicos influyeron en su monta y en su enfoque de los grandes eventos?

Mi estancia en Francia con Michel tuvo un impacto enorme en mi equitación. Era la primera vez que venía a Europa a competir, pero también la primera vez que entrenaba en otro sistema. Aprendí muchísimo a su lado. A mis ojos, nunca he conocido a otra persona que entienda a los caballos como él. Ocurre una verdadera magia ante tus ojos cuando lo ves montar. Creo que hasta entonces me costaba entender cómo pedir y cómo escuchar a los caballos, lo que sin embargo es una de las herramientas más valiosas que deberíamos poseer como hombres y mujeres de campo. Respecto a sus consejos técnicos, defiende un enfoque de "menos es más": mucho trabajo en llano y ejercicios con barras en el suelo aportan muchísimo, sin necesidad de hacer saltar a los caballos en exceso.

Mudarse de la República Dominicana a Florida a los 17 años —tras años viajando en avión cada fin de semana para competir— exigió una dedicación inmensa. ¿Cómo moldeó esa ética de trabajo temprana a la jinete 5 que es hoy?

Hacer todos esos viajes durante mis años de estudio fue indiscutiblemente difícil, sobre todo porque la única regla impuesta por mis padres era mantener excelentes notas en el colegio para poder seguir montando. Ese estado de ánimo me moldeó: aprendí la responsabilidad y la gestión del tiempo muy joven. Hoy, echando la vista atrás, estoy convencida de que esa disciplina me ayudó a mantenerme en el deporte y a hacer evolucionar mi equitación a lo largo de los años.

Más allá de su carrera deportiva, se ha comprometido como embajadora de organizaciones humanitarias como JustWorld International y la Fundación Step by Step. ¿En qué medida tener un compromiso fuera de las pistas le ayuda a mantener los pies en la tierra durante las semanas de alta competición?

Convertirme en embajadora de estas dos organizaciones ocurrió muy pronto en mi carrera. Desde muy joven me enseñaron la importancia de devolver y apoyar a estructuras que trabajan para mejorar la educación y la calidad de vida de los niños necesitados. Comprender el gran trabajo que realizan estas organizaciones me permite mantener las ideas claras y recordarme que ocurren muchísimas cosas fuera de nuestra burbuja del salto de obstáculos.

Representar a la República Dominicana en la escena internacional —desde los Juegos Panamericanos hasta los Juegos Centroamericanos y del Caribe— ha sido siempre una fuente de inmenso orgullo. ¿Qué representa portar la bandera de su país en un evento mundial como los Campeonatos del Mundo de Aquisgrán?

Es el mayor honor para mí recorrer el mundo representando a la República Dominicana. He tenido la inmensa suerte de portar esta bandera en tantos eventos diferentes desde muy joven. Nuestro deporte no es particularmente popular en mi país, por lo que siento un gran sentido de orgullo pero también de responsabilidad cada vez que entro en pista. Será la primera vez en la historia que la República Dominicana tenga un representante en salto de obstáculos en un Campeonato del Mundo, y me siento extremadamente privilegiada de que sea en Aquisgrán.

La temporada 2025/2026 la ha visto competir en las mejores pistas del mundo, desde etapas del Global Champions Tour en Europa y Oriente Medio hasta los campos de hierba de Spruce Meadows. ¿Cómo han afinado estas variadas experiencias internacionales su gestión de los recorridos y su fuerza mental?

Teniendo los Campeonatos del Mundo en el punto de mira desde principios del año pasado, me aseguré de montar en tantas pistas 5* como fuera posible para sentirme perfectamente preparada cuando llegara el momento. Saltaren algunas etapas del GCT me ayudó mucho a fortalecerme mentalmente: hay muchísimos factores externos en esos concursos, como la gran afluencia de público, la presencia de los medios de comunicación y la élite mundial de los jinetes, sin olvidar trazados entre los más duros del mundo. Ir a Spruce Meadows este verano fue un paso lógico para tranquilizar a mi equipo y demostrarme que Sparky y yo éramos capaces de afrontar estas pruebas masivas en grandes pistas de hierba muy animadas. Cuanto más te expones a la dificultad, más soltura ganas: ese era mi objetivo principal, sentirme cómoda a un nivel en el que aún tenía una experiencia limitada.

Sus ambiciones deportivas siempre han estado dirigidas hacia los estadios más grandes del mundo. Ante la proximidad de Aquisgrán 2026, ¿cómo valora el camino recorrido desde sus prometedores inicios en jóvenes jinetes hasta las victorias en Copa del Mundo y este nivel de Campeonato del Mundo?

Es una sensación increíble, para ser del todo sincera, y creo que hasta que no llegue allí no mediré plenamente el alcance de este logro en mi carrera. Siempre he tenido grandes sueños y grandes objetivos, y he dado lo mejor de mí para aprender de cada persona que me ha tendido la mano para superar mis límites. Realmente, en ciertos momentos de mi vida, participar en un Campeonato del Mundo o montar en el CHIO de Aquisgrán me parecía un sueño que se alejaba cada vez más... ¡y hoy tengo los dos de golpe! Tengo muchas ganas de disfrutar de esta oportunidad y estaré eternamente agradecida a todos los que me han ayudado a llegar hasta aquí.

El Estadio Principal de Aquisgrán (la Soers) es famoso por su enorme pista de hierba, su atmósfera eléctrica y sus 40 000 espectadores. ¿Cómo se preparan usted y J'Adore Flamenco mental y técnicamente para un escenario de tal magnitud?

Conociendo todos estos factores, y no habiendo pisado nunca Aquisgrán, esto exigió un enorme trabajo de preparación previa para minimizar el efecto sorpresa. Empecé a trabajar específicamente con mi psicólogo deportivo para este evento desde principios de año. Para mi caballo, el objetivo principal era comenzar la temporada con calma, ir de menos a más hasta Spruce Meadows y luego centrar el trabajo en la condición física. Creo que la gestión ha sido la palabra clave de nuestra preparación, y espero que dé sus frutos en unas semanas. También mandé hacer una orejera insonorizada a medida para Sparky con el fin de mantenerlo lo más concentrado posible en medio de esa multitud enorme.

Para concluir, Maria Gabriela, en el momento de pisar la pista de Aquisgrán 2026 bajo los colores dominicanos junto a J'Adore Flamenco, ¿cuál sería el escenario soñado para usted y su equipo al término de esta semana?

Para ser totalmente sincera, mi objetivo principal es ofrecerle a Sparky los mejores recorridos posibles y disfrutar. Conseguir un puesto en la Final Individual sería un sueño hecho realidad, pero vamos a ir salto a salto y ver qué nos depara esta semana. Tengo una suerte increíble de contar con un caballo así para vivir esto, y será nuestro primerísimo Campeonato del Mundo así como nuestro primer Aquisgrán para los dos. Sea cual sea el resultado final, será una semana mágica e inolvidable.

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Samuel Benibre