On the Road to Aachen #36 – Ibrahim Bisharat "Quand j'étais plus jeune, ma priorité était avant tout axée sur le résultat immédiat."

Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !

JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !

Samuel Benibre

8/13/202618 min read

Légende du saut d'obstacles au Moyen-Orient, Ibrahim Bisharat incarne l'excellence et la longévité au plus haut niveau international. Ayant représenté la Jordanie lors de quatre éditions des Jeux Olympiques et quatre Jeux Équestres Mondiaux, le pilote jordanien fait son grand retour sur la mythique piste de la Soers pour les Championnats du Monde 2026 à Aix-la-Chapelle.

Exactement vingt ans après y avoir concouru en 2006, Ibrahim aborde cet événement avec la sérénité d'un grand maître d'équitation et la complicité de son très prometteur hongre KWPN de 10 ans, Lesther. Patiemment préparé sur l'herbe européenne et les plus belles pistes mondiales, le couple aborde ce rendez-vous majeur avec ambition et humilité. Pour Le Mag'Equestre, Ibrahim Bisharat livre une leçon de Horsemanship, revenant sur son parcours, sa gestion de la carrière de ses montures et sa vision de l'évolution du saut d'obstacles moderne.

©FEI / Liz Gregg

Ibrahim, concourir à Aix-la-Chapelle constitue le sommet de la carrière de tout athlète. Après avoir représenté la Jordanie lors de quatre Jeux Olympiques et quatre Jeux Équestres Mondiaux, que représente pour vous le fait de fouler la piste du stade de la Soers avec la veste aux couleurs jordaniennes ?

J'ai eu la chance de représenter la Jordanie lors des Jeux Olympiques, des Championnats du Monde et des Coupes des Nations à travers le globe, mais Aix-la-Chapelle conserve toujours une saveur à part. C'est l'un des lieux les plus prestigieux de notre sport. L'histoire, l'atmosphère unique et le respect profond que la discipline y reçoit rendent ce concours incomparable. Entrer dans la piste de la Soers ne signifie pas seulement concourir : c'est porter la voix et les couleurs de la Jordanie sur l'une des plus grandes scènes mondiales. C'est une responsabilité que je ne prends jamais à la légère.

Votre complice de 10 ans, le hongre KWPN Lesther (par Glenfiddich VDL), a fait preuve d'une belle régularité en enchaînant les parcours sans faute de Doha à Valkenswaard. Comment décririez-vous sa personnalité et sa progression vers le niveau 5* ?

Lesther possède un mental fantastique. Il est naturellement compétiteur, extrêmement intelligent et cherche toujours à bien faire son travail. Ce qui m'a le plus impressionné chez lui, c'est sa maturité acquise au cours de la dernière année. Il s'est affirmé dans des environnements très variés et se montre désormais beaucoup plus serein sur les gros parcours, ce qui lui permet de libérer tout son potentiel. À dix ans, il continue d'apprendre, et je pense sincèrement que ses meilleures années sont encore devant lui.

Au vu de votre saison 2026, vous avez construit la confiance de Lesther sur une grande variété de terrains — des CSI5* hivernaux indoor et outdoor de Doha aux pistes en herbe européennes comme Valkenswaard, Martofte ou Dinard. Comment cette préparation ciblée l'a-t-elle préparé au défi d'Aix-la-Chapelle ?

Chaque terrain enseigne quelque chose de différent au cheval, et notre préparation pour Aix-la-Chapelle a été très méthodique. Nous avons commencé en octobre dernier à Vejer de la Frontera afin de lui faire accumuler de l'expérience sur l'herbe. À partir de là, l'objectif a été de l'amener très progressivement vers le niveau 5*, en veillant à lui donner confiance sans jamais brûler les étapes. Lors de nos derniers concours, notamment à Valkenswaard et à Dinard, nous nous sommes spécifiquement concentrés sur le saut d'obstacles à ce niveau sur des pistes en herbe, ce qui constitue la meilleure préparation possible pour Aix-la-Chapelle. Le but était que chaque nouveau défi lui paraisse familier. En le confrontant à différents environnements tout au long de la saison, je pense que nous lui avons transmis toute la sérénité nécessaire pour aborder la Soers.

Vous avez fait vos débuts olympiques à Athènes en 2004 alors que vous étiez adolescent avec Qwinto, une monture que vous avez également montée à Aix-la-Chapelle lors des Jeux Équestres Mondiaux de 2006. Vingt ans plus tard, de retour à Aix-la-Chapelle avec Lesther, en quoi votre regard de cavalier chevronné diffère-t-il de cette première expérience ?

L'expérience change absolument tout. Quand j'étais plus jeune, ma priorité était avant tout axée sur le résultat immédiat. Aujourd'hui, je comprends que le succès se bâtit sur des années, grâce à de la patience et une gestion très attentive de chaque cheval. J'apprécie le chemin parcouru de manière beaucoup plus profonde. Chaque cheval vous enseigne une leçon différente, et chaque championnat ajoute une pierre à l'édifice. Revenir à Aix-la-Chapelle vingt ans plus tard me rappelle à quel point j'ai été privilégié de pouvoir évoluer à ce niveau sur une aussi longue période.

Lesther est encore relativement jeune pour ce niveau d'épreuve. Les obstacles emblématiques d'Aix-la-Chapelle — comme le double de bidets ou la rivière massive — testent la confiance aveugle de la monture. Comment instaure-t-on cette confiance absolue avant d'affronter des tracés aussi impressionnants ?

La confiance ne se bâtit pas en une seule séance d'entraînement ; elle se façonne jour après jour. Nous ne forçons jamais un cheval à devenir courageux : nous l'aidons à révéler sa propre assurance. Cela implique de l'exposer très progressivement à des situations variées, de toujours conclure sur une note positive et de veiller à ce qu'il croie en mes décisions. Lorsqu'un cheval vous fait confiance et sait que vous ne lui demanderez jamais quelque chose dépasserait ses capacités du moment, il donnera le meilleur de lui-même lorsque les questions deviendront difficiles.

En tant que l'un des plus éminents ambassadeurs des sports équestres du Moyen-Orient sur la scène mondiale, qu'est-ce qui alimente votre motivation à concourir année après année face à l'élite européenne ?

La motivation découle du désir constant de progresser. Dans notre sport, on n'a jamais fini d'apprendre. Chaque compétition face aux meilleurs cavaliers du monde vous enseigne quelque chose, que ce soit sur vous-même ou sur vos chevaux. C'est ce qui continue de me pousser au quotidien.

Comment gérez-vous l'énergie et la concentration de Lesther au paddock d'échauffement afin qu'il atteigne son pic de forme au moment exact où il entre en piste ?

Comme tout cheval, Lesther a sa propre routine. J'essaie de garder des repères extrêmement constants, aussi bien à la maison qu'en concours. Au moment d'entrer en piste, je veux qu'il soit détendu, concentré et confiant, sans avoir dépensé d'énergie inutile lors du travail au paddock.

Les chefs d'orchestre des parcours à Aix-la-Chapelle, comme Frank Rothenberger, sont réputés pour marier une hauteur technique maximale (1,60 m) à un temps accordé très serré sur de grands espaces en herbe. Quels atouts de la locomotion et du coup de saut de Lesther vous donnent confiance sur ce profil de piste ?

Lesther possède un galop naturellement équilibré, et c'est un avantage colossal car l'équilibre est primordial sur des tracés techniques. Il est également doté d'une immense moyens et se montre extrêmement respectueux des barres. Sur une piste comme celle d'Aix-la-Chapelle, le rythme fait tout. Si vous parvenez à maintenir la même qualité de galop du premier au dernier obstacle, vous donnez à votre cheval toutes les chances de réussir. Je suis convaincu que Lesther réunit toutes ces qualités.

La Jordanie possède un riche patrimoine équestre et vous en êtes le chef de file en saut d'obstacles depuis plus de deux décennies. Comment conciliez-vous vos ambitions personnelles en compétition et votre rôle de mentor pour les jeunes cavaliers jordaniens et arabes ?

Ces deux aspects sont indissociables. En continuant d'évoluer au niveau international, j'espère montrer aux jeunes cavaliers la voie du possible. Si je peux leur transmettre une partie de ce que j'ai appris au fil des ans et leur éviter certaines des erreurs que j'ai pu commettre à mes débuts, alors j'en suis profondément heureux.

Alors que Lesther entre dans la force de l'âge, comment envisagez-vous l'évolution de votre couple en vue des prochaines grandes échéances mondiales ?

La priorité absolue est de continuer à le faire évoluer au bon rythme. Il est facile de céder à l'impatience avec un cheval doué, mais la longévité est infiniment plus précieuse que le succès à court terme. Si nous continuons à le gérer avec soin et à lui offrir des expériences positives au plus haut niveau, je suis persuadé qu'il a toutes les compétences pour devenir un cheval de championnat redoutable.

Quand vous contemplez votre parcours, depuis vos débuts aux Jeux d'Athènes à 19 ans jusqu'aux défis du sport en 2026, quelle valeur fondamentale vous a permis de garder les pieds sur terre à travers les changements de chevaux et les tournants de carrière ?

La patience. Les chevaux ne fonctionnent pas selon notre propre calendrier. Ce sport vous apprend très vite que vous ne valez que ce que vaut le cheval que vous montez ; il faut donc savoir apprécier chaque bon cheval qui croise votre route. Il y a des jours merveilleux et d'autres plus décevants : il faut savoir accueillir les deux avec le même état d'esprit. Si vous restez patient, que vous continuez à travailler dur et que vous faites passer le cheval en premier, les choses finissent toujours par se mettre en place.

Le saut d'obstacles à haut niveau exige des voyages incessants, une pression intense et la gestion de chevaux d'élite. Dans les moments de calme loin de la piste, comment préservez-vous votre fraîcheur mentale et ce lien précieux avec le plaisir pur d'équiter ?

Pour moi, ce sont les chevaux eux-mêmes qui m'apportent cet équilibre. Passer du temps avec eux en dehors de la compétition me rappelle les raisons pour lesquelles j'ai commencé à monter. À ce niveau, il est facile d'être absorbé par les résultats, mais je prends toujours un plaisir immense dans le travail quotidien à la maison. Le lien que l'on tisse avec sa monture, le fait de la voir évoluer et de grandir ensemble comme une équipe ont quelque chose de magique. C'est ce qui me motive à me rendre aux écuries chaque matin.

Chaque cheval d'exception enseigne quelque chose de différent à son cavalier. Qu'est-ce que Lesther vous a appris sur vous-même en tant qu'homme de cheval ?

Il m'a rappelé que la patience est l'une des qualités les plus précieuses chez un cavalier. Chaque cheval se développe à son propre rythme. Parfois, la meilleure chose que vous puissiez faire est de laisser à votre monture le temps de mûrir mentalement. Lesther m'a récompensé de cette approche en devenant plus serein, plus confiant et plus régulier à chaque saison.

Le chef d'imposture des parcours a considérablement évolué au cours de la dernière décennie, vers du matériel plus léger, des cuillères plates et des temps accordés de plus en plus serrés. De votre point de vue de cavalier, pensez-vous que cette tendance favorise la qualité athlétique du cheval ou pénalise-t-elle la puissance naturelle au profit de la vitesse pure ?

Le sport est indiscutablement devenu plus technique. Les chevaux d'aujourd'hui doivent être extrêmement respectueux, rapides et parfaitement dressés, tout en conservant assez de moyens pour franchir les plus gros parcours. C'est la direction qu'a prise la discipline. En tant que cavaliers, nous devons simplement nous adapter. L'essentiel est que le chef de piste continue de récompenser une belle équitation et un Horsemanship irréprochable.

Le saut d'obstacles moderne impose un calendrier mondial de plus en plus dense entre l'Europe, le Moyen-Orient et les Amériques. Quelles évolutions structurelles ou mesures de bien-être la FEI et les organisateurs devraient-ils prioriser selon vous pour préserver la santé des chevaux à long terme ?

Le bien-être du cheval doit passer en tout premier lieu. Le calendrier devient plus chargé chaque année, il est donc essentiel que les cavaliers gardent la flexibilité nécessaire pour planifier la carrière de leurs chevaux et leur accorder le temps de récupération suffisant entre les grands concours. Chaque cheval est unique, c'est pourquoi il ne pourra jamais y avoir une règle universelle applicable à tous. Vous pouvez aborder la saison avec un plan précis, mais ce plan doit très souvent être ajusté selon la forme du cheval et ce dont il a besoin à l'instant T. En tant que cavaliers, il est de notre devoir d'être à l'écoute de nos montures et de nous adapter. Si nous continuons à les gérer de manière individualisée plutôt que de chercher à les faire entrer dans un calendrier rigide, nous leur donnerons toutes les chances de rester en bonne santé, heureux et compétitifs pendant de très nombreuses années.

©FEI/Shannon Brinkman

ENGLISH VERSION !


As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.

In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.

These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.

From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.

On the Road to Aachen #35 – Yessin Rahmouni

“Carrying my country's flag was an immense honor...”

An indispensable pioneer of equestrian disciplines across the African continent and the Arab world, Yessin Rahmouni has written the finest chapters of Moroccan dressage history. As the first rider from his country and continent to set foot on an Olympic stage — in London 2012 —, he has since flown the red and green flag high all the way to the Paris 2024 Olympic Games, where he had the honor of serving as flag bearer for the Moroccan delegation.

On the eve of the 2026 World Championships in Aachen, Yessin opens a brand-new chapter alongside the young and sensitive Kind of Magic. Trained alongside the greatest names in the sport, including Anky van Grunsven, the Moroccan pilot approaches this major fixture with a clear philosophy: patience, absolute respect for the horse, and gratitude for living a dream out loud. For Le Mag'Equestre, Yessin Rahmouni opens up about his special bond with his mount, his role in inspiring the youth, and his vision of modern dressage.

©FEI/Shannon Brinkman

Yessin, you made history by becoming the first Moroccan and African rider to compete in Olympic dressage. More than a decade later, what does representing Morocco at the FEI World Championships in Aachen mean to you?

I am both extremely happy and deeply proud to represent my country for the third time at a World Championship, with a different horse on each occasion. I sincerely hope to inspire the new generation who are working so hard to represent Morocco in the future.

Your journey is unique, from your youth in the Netherlands to becoming the flagship figure of Moroccan dressage after meeting the Royal Family. Looking back, which moments have defined your career the most?

Without hesitation, my first Olympic Games in London back in 2012.

This season, you opened a new chapter with Kind of Magic, earning great results such as your podium in Lier and your qualification for Aachen. How has your partnership evolved over recent months?

I started competing with him in December 2025. He is a very sensitive horse and still quite green in this level of work. At the same time, he is so naturally gifted for all the collected work! I am truly proud of what he has accomplished, as these past six months have featured very major shows. I know he is naturally fearful when facing huge atmospheres, but he gives absolutely all his heart in the arena. That is where you see his generosity: he is a horse of immense goodwill.

Kind of Magic is still a newcomer to major senior championships. What are his greatest strengths, and what makes him so special on the international stage?

He is a horse blessed with three very good paces and a remarkable walk. All the double-coefficient exercises are his strong suits: the piaffe, the walk, and the pirouettes.

Aachen is considered by many riders as the most demanding and prestigious venue in dressage. What makes this showground different from all other championships?

I have actually never ridden in Aachen before! To finally do so, and at a World Championship no less, excites me beyond words. I just hope my horse feels confident and comfortable in that arena.

You have already taken part in three editions of the Olympic Games, World Championships, World Cup Finals, and the biggest European shows. How has that experience changed the way you approach major championships today?

Every "first time" keeps a special flavor, but with experience, I fully measure how lucky I am. I know I am living the dream that thousands of people work toward and invest immense effort in. I feel truly blessed every time I enter the arena.

You have often emphasized the importance of harmony and communication with the horse. How would you describe the relationship you have built with Kind of Magic?

He is a very delicate horse, much like his sire All at Once, whom I also rode. He is the kind of horse with whom you get nothing without immense patience. He needs to have absolute trust in me, which is why I try to do as much as possible myself on a daily basis to consolidate that bond and build a beautiful relationship.

Morocco is increasingly visible on the international equestrian stage. Do you feel a responsibility to inspire the next generation of Moroccan and African riders?

Yes, I feel that responsibility very strongly, and that goes for the entire Arab and African community as well.

After carrying the Moroccan flag at the Paris 2024 Olympic Games, a leadership role has become central in your career. How has that experience influenced you, both on and off the arena?

Carrying my country's flag was an immense honor... I felt as though I had won the Olympic gold medal! (Smiles)

Dressage has evolved significantly since your Olympic debut in London in 2012. In your view, what have been the biggest changes in the discipline over the past decade?

The consideration given to horse welfare, without a doubt. Today, the focus is on presenting great Grand Prix horses without ever pushing past what they can give or exaggerating requests.

You have worked with some of the world's best trainers, including Anky van Grunsven. What lessons continue to guide your daily work with your horses?

Never ask too much of your horse, and work with a mount that actually wants to be there and enjoys this shared game. Doing a tremendous amount of simple basic work to keep a horse supple, happy, and responsive to the lightest possible aids.

Every championship brings its share of the unexpected. What will make Aachen a successful World Championship for you, regardless of the final scoreboard?

If Kind of Magic behaves well and stays calm during the Grand Prix. We all know Aachen is an intimidating stadium: I just hope he won't be too tense and will continue to trust me inside that legendary atmosphere.

Finally, what message would you like to address to your supporters in Morocco and to the international dressage community as you prepare for this major fixture?

Enjoy every moment with your horses... Be grateful to be among those who have the chance to ride at this level, and always remember that you are living the ultimate dream of many others.

Versión En Español

A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.

En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.

Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.

Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.

On the Road to Aachen #35 – Yessin Rahmouni

"Llevar la bandera de mi país fue un inmenso honor..."

Pionero imprescindible de las disciplinas ecuestres en el continente africano y en el mundo árabe, Yessin Rahmouni ha escrito las páginas más hermosas de la doma marroquí. Primer jinete de su país y de su continente en pisar la pista olímpica —en Londres 2012—, ha llevado desde entonces muy alta la bandera roja y verde hasta los Juegos Olímpicos de París 2024, donde tuvo el honor de ser el abanderado de la delegación marroquí.

A las puertas de los Campeonatos del Mundo de 2026 en Aquisgrán, Yessin abre un nuevo capítulo junto al joven y sensible Kind of Magic. Formado al lado de los más grandes nombres, entre ellos Anky van Grunsven, el jinete marroquí afronta esta gran cita con una filosofía clara: la paciencia, el respeto absoluto por el caballo y la gratitud de vivir un sueño despierto. Para Le Mag'Equestre, Yessin Rahmouni se sincera sobre su relación privilegiada con su montura, su papel de inspiración para la juventud y su visión de la doma moderna.

©FEI/Shannon Brinkman

Yessin, hizo historia al convertirse en el primer jinete marroquí y africano en competir en la doma olímpica. Más de una década después, ¿qué representa para usted defender los colores de Marruecos en los Campeonatos del Mundo FEI de Aquisgrán?

Estoy al mismo tiempo extremadamente feliz y muy orgulloso de representar a mi país por tercera vez en un Campeonato del Mundo, con un caballo diferente en cada ocasión. Espero sinceramente inspirar a la nueva generación que está trabajando sin descanso para representar a Marruecos en el futuro.

Su trayectoria es única, desde su juventud en los Países Bajos hasta su condición de líder de la doma marroquí tras su encuentro con la Familia Real. Mirando hacia atrás, ¿cuáles son los momentos que más han definido su carrera?

Sin ninguna duda, mis primeros Juegos Olímpicos en Londres en 2012.

Esta temporada ha abierto un nuevo capítulo junto a Kind of Magic, logrando grandes resultados como su podio en Lier y su clasificación para Aquisgrán. ¿Cómo ha evolucionado su binomio a lo largo de los últimos meses?

Empecé a competir con él en diciembre de 2025. Es un caballo muy sensible y aún verde en este nivel de trabajo. ¡Al mismo tiempo, tiene un talento natural enorme para todos los aires reunidos! Estoy verdaderamente orgulloso de lo que ha logrado, ya que estos últimos seis meses han estado marcados por concursos muy importantes. Sé que por naturaleza es asustadizo ante las grandes atmósferas, pero lo da absolutamente todo con el corazón en la pista. Ahí es donde se ve toda su generosidad: es un caballo con una voluntad enorme.

Kind of Magic es aún novato en el nivel de grandes campeonatos sénior. ¿Cuáles son sus mayores virtudes y qué lo hace tan especial en la escena internacional?

Es un caballo dotado de tres aires muy buenos y de un paso notable. Todos los ejercicios de coeficiente doble son sus puntos fuertes: el piaffé, el paso y las piruetas.

Aquisgrán está considerado por muchos jinetes como el concurso más exigente y prestigioso de la doma. ¿Qué hace que esta pista sea diferente de todos los demás campeonatos?

¡La realidad es que nunca he competido en Aquisgrán! Hacerlo por fin, y además durante un Campeonato del Mundo, me ilusiona al máximo. Solo espero que mi caballo se sienta con confianza y a gusto en esa pista.

Ha participado en tres ediciones de los Juegos Olímpicos, en Campeonatos del Mundo, en finales de la Copa del Mundo y en los concursos europeos más importantes. ¿Cómo ha cambiado esa experiencia su forma de afrontar las grandes citas hoy en día?

Cada «primera vez» conserva un sabor especial, pero con la experiencia mido plenamente lo afortunado que soy. Sé que estoy viviendo el sueño por el que miles de personas trabajan e invierten esfuerzos inmensos. Me siento verdaderamente bendecido cada vez que entro en pista.

Ha destacado a menudo la importancia de la armonía y de la comunicación con el caballo. ¿Cómo describiría la relación que ha construido con Kind of Magic?

Es un caballo muy delicado, al igual que su padre All at Once, al que también monté. Es el tipo de caballo con el que no se consigue nada sin una paciencia infinita. Necesita tener una confianza absoluta en mí, por eso intento hacer la mayor parte de las tareas yo mismo en el día a día para consolidar ese vínculo y construir una bonita relación.

Marruecos es cada vez más visible en la escena ecuestre internacional. ¿Siente la responsabilidad de inspirar a la próxima generación de jinetes marroquíes y africanos?

Sí, siento muy fuertemente esa responsabilidad, y también de cara a toda la comunidad árabe y africana.

Tras ser el abanderado de Marruecos en los Juegos Olímpicos de París 2024, el papel de líder se ha vuelto central en su carrera. ¿Cómo le ha influido esa experiencia, tanto dentro como fuera de la pista?

Llevar la bandera de mi país fue un honor inmenso... ¡Tuve la sensación de ganar la medalla de oro de los Juegos Olímpicos! (Sonríe)

La doma ha evolucionado considerablemente desde sus inicios olímpicos en Londres 2012. A su juicio, ¿cuáles han sido los mayores cambios en la disciplina a lo largo de la última década?

La consideración del bienestar del caballo, sin duda alguna. Hoy en día se busca presentar muy buenos caballos de Gran Premio sin exigir jamás más allá de lo que pueden dar ni exagerar en las peticiones.

Ha trabajado con algunos de los mejores entrenadores del mundo, entre ellos Anky van Grunsven. ¿Qué lecciones siguen guiando su trabajo diario con sus caballos?

Jamás exigir en exceso al caballo y trabajar con una montura que tenga ganas de estar ahí y que disfrute con este juego compartido. Hacer muchísimo trabajo de base sencillo para mantener un caballo flexible, feliz y receptivo a las ayudas más ligeras posibles.

Cada campeonato guarda su cuota de imprevistos. ¿Qué hará que Aquisgrán sea un Campeonato del Mundo con éxito para usted, independientemente del resultado final?

Si Kind of Magic se comporta bien y se mantiene tranquilo durante el Gran Premio. Todos sabemos que Aquisgrán es un estadio impresionante: solo espero que no esté demasiado tenso y que siga confiando en mí dentro de esa atmósfera mítica.

Por último, ¿qué mensaje le gustaría enviar a sus seguidores en Marruecos y a la comunidad internacional de la doma mientras prepara esta gran cita?

Disfruten de cada momento con sus caballos... Estén agradecidos por formar parte de quienes tienen la suerte de montar a este nivel, y recuerden siempre que están viviendo el mayor sueño de muchas otras personas.

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