On the Road to Aachen #4 – Juan Bautista "Rêver ne coûte rien, alors une médaille serait historique."

Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !

JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !

Samuel Benibre

8/2/202624 min read

Bienvenue dans le quatrième épisode de la série inédite du Mag'Equestre : On the Road to Aachen !

Du cœur de l'Argentine jusqu'à la piste légendaire du Soers, Juan Bautista incarne une nouvelle génération de cavaliers qui avancent avec patience, humilité et une confiance absolue en leurs chevaux. À quelques jours de ses premiers Championnats du Monde Seniors, le cavalier argentin s'apprête à écrire l'un des plus beaux chapitres de sa carrière.

Après plusieurs saisons passées à se construire sur les circuits nord-américains et mexicains, tout en multipliant les expériences face à l'élite internationale, Juan Bautista arrive à Aix-la-Chapelle avec la sérénité de ceux qui savent le chemin parcouru. À seulement quelques jours du rendez-vous le plus prestigieux de la planète, il portera pour la première fois les couleurs de l'Argentine lors d'un Championnat du Monde Seniors, une responsabilité qu'il accueille avec beaucoup de fierté mais également avec une grande humilité.

Aux commandes de Ninvaro PS, son puissant hongre Oldenbourg de 12 ans, Bautista a progressivement franchi toutes les étapes qui mènent au très haut niveau. Derrière cette progression se cache une philosophie simple : construire chaque cheval avec patience, respecter son rythme et préparer minutieusement chaque échéance. Cette approche lui a notamment permis de s'illustrer sur les étapes de la Major League Show Jumping, de participer à la Coupe des Nations de Sopot et désormais de décrocher son billet pour le mythique stade de Soers.

Dans cette interview exclusive accordée à Le Mag'Équestre, Juan Bautista revient sur son parcours, son piquet de chevaux, sa préparation pour Aachen et les ambitions qui animent toute une nation à l'approche de ce rendez-vous historique.

Juan, pour commencer, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs, nous parler de Ninvaro PS, le cheval avec lequel vous disputerez ces Championnats du Monde, ainsi que de Colminda, et nous expliquer comment est organisé votre piquet à quelques jours de l'échéance mondiale ?

Mon cheval de tête est Ninvaro PS, un hongre Oldenbourg de 12 ans, issu de Nintender et d'une mère par Calvaro Z. C'est avec lui que je prendrai le départ des Championnats du Monde.

J'ai également Colminda, une jument de 10 ans par Colmander et une mère par Arpeggio, qui continue elle aussi sa progression au plus haut niveau.

Le reste de mon piquet est basé au Mexique, où je vis actuellement. Il comprend deux autres hongres qui commencent à évoluer sur leurs premiers Grands Prix internationaux ainsi qu'un groupe de jeunes chevaux très prometteurs. Nous essayons de construire chacun d'entre eux progressivement, sans brûler les étapes, afin qu'ils puissent atteindre leur plein potentiel dans les meilleures conditions.

Vous allez participer à votre tout premier Championnat du Monde Senior, qui plus est dans l'écrin mythique d'Aix-la-Chapelle. Que représente pour vous le fait de porter les couleurs de l'Argentine sur cette piste où tant de légendes ont écrit l'histoire du saut d'obstacles ?

Participer à un Championnat du Monde est tout simplement un rêve qui devient réalité. Pendant de nombreuses années, on regarde cette compétition à la télévision en imaginant ce que cela doit représenter. Aujourd'hui, savoir que je vais réellement prendre le départ à Aix-la-Chapelle est encore difficile à réaliser.

Représenter l'Argentine est toujours un immense honneur. C'est une grande fierté, mais également une responsabilité importante. Nous savons que nous portons les couleurs de tout un pays, de tous ceux qui nous soutiennent depuis le début de notre parcours. Cela donne une motivation supplémentaire pour donner le meilleur de nous-mêmes à chaque parcours.

Ninvaro PS s'est affirmé ces derniers mois comme un partenaire particulièrement fiable, notamment sur les étapes de la Major League Show Jumping au Mexique et lors de la Coupe des Nations de Sopot. Selon vous, quelles sont les plus grandes qualités de ce cheval pour évoluer à un tel niveau ?

Même si cela peut surprendre, Ninvaro possède encore relativement peu d'expérience à ce niveau. Il n'a disputé son premier Grand Prix à 1,50 m qu'il y a environ un an.

Pourtant, il n'a jamais laissé ce manque d'expérience devenir un frein. À chaque parcours, il cherche avant tout à trouver une solution. C'est un cheval qui veut toujours franchir les obstacles et qui donne absolument tout ce qu'il possède.

Sa qualité principale est sans aucun doute son mental. Il reste concentré, généreux et toujours prêt à se battre. À cela s'ajoutent énormément de moyens naturels, ce qui fait de lui un partenaire extrêmement agréable à monter dans les grandes échéances.

Votre préparation vous a conduit à évoluer aussi bien sur les plus belles pistes d'Amérique du Nord que sur plusieurs concours européens. En quoi cette expérience internationale constitue-t-elle un véritable atout avant un championnat aussi exigeant qu'Aix-la-Chapelle ?

J'ai la chance de pouvoir participer régulièrement à des concours internationaux tout au long de l'année. Cette continuité est extrêmement importante car elle nous permet de rester confrontés au niveau que nous retrouverons lors d'un grand championnat.

Chaque concours apporte de nouvelles expériences, que ce soit face à des parcours plus techniques, des pistes différentes ou des cavaliers parmi les meilleurs du monde. Tout cela contribue à nous préparer progressivement et à arriver avec davantage de confiance lorsque vient une échéance comme les Championnats du Monde.


L'Argentine possède une longue tradition dans le saut d'obstacles et des passionnés très attachés à leur équipe nationale. Quel soutien recevez-vous de votre fédération mais aussi de toute la communauté équestre argentine avant ce rendez-vous mondial ?


J'ai la chance d'être entouré de nombreuses personnes qui nous soutiennent depuis longtemps.

En Argentine, beaucoup d'amis suivent notre parcours, nous envoient régulièrement des messages d'encouragement et nous souhaitent sincèrement de réussir. Sentir cet enthousiasme derrière nous est toujours très motivant.

Lorsque l'on part représenter son pays, on ne le fait jamais seul. On emporte avec soi le soutien de toutes ces personnes qui croient en nous depuis des années.

Passer des circuits sud-américains et mexicains aux plus grandes pistes européennes demande une véritable capacité d'adaptation. Quelles sont les principales leçons que vous avez tirées de cette transition vers le très haut niveau mondial ?

C'est effectivement une étape importante dans une carrière.

Même si les concours organisés au Mexique offrent déjà un excellent niveau sportif, l'Europe reste un environnement extrêmement compétitif. On y retrouve chaque semaine une concentration exceptionnelle de cavaliers et de chevaux de tout premier plan.

Cette évolution m'a appris qu'il était indispensable de planifier intelligemment la saison de chaque cheval. Il ne s'agit pas uniquement de participer aux plus grands concours, mais surtout de choisir les bonnes échéances, de respecter leur récupération et de construire leur progression sur le long terme.

C'est probablement la leçon la plus importante que j'ai retenue jusqu'à présent.

En juin dernier, vous faisiez partie de l'équipe argentine lors de la Coupe des Nations de Sopot sur des parcours culminant à 1,60 m. En quoi cette expérience collective vous a-t-elle préparé à la pression d'un Championnat du Monde ?

Cette expérience a été extrêmement enrichissante.

Une Coupe des Nations permet de comprendre ce que signifie réellement représenter son pays au sein d'une équipe. On ne saute plus seulement pour soi, mais également pour ses coéquipiers et pour toute une nation.

Bien sûr, je pense que la pression ressentie lors d'un Championnat du Monde sera encore différente et probablement incomparable. Mais avoir déjà vécu ces émotions nous donne des repères précieux et nous permettra d'aborder cette nouvelle étape avec davantage de maturité.

©collection privée

© Jdi_eqphoto

Vous gérez aujourd'hui plusieurs chevaux évoluant sur le circuit international. Comment organisez-vous leur progression tout au long de la saison afin de les maintenir performants sans compromettre leur fraîcheur ?

Nous prenons toutes les décisions en équipe.

Pour chaque cheval, nous analysons les concours les plus adaptés, le niveau de difficulté des épreuves ainsi que les objectifs de la saison. Nous essayons toujours de construire un programme qui corresponde parfaitement à son évolution.

Chaque cheval est différent, et notre priorité est de respecter son développement afin qu'il puisse rester performant tout au long de l'année.


L'Argentine a vu émerger de très grands cavaliers au fil des décennies. Quels sont ceux qui vous ont le plus inspiré dans votre manière de monter et de gérer votre carrière ?


Il y en a beaucoup qui ont marqué notre sport.

Mais si je devais citer quelques grandes références, je parlerais notamment de Martin Dopazo et Martin Mallo. Ce sont des cavaliers que j'ai toujours beaucoup admirés et qui m'ont inspiré, aussi bien par leur équitation que par leur manière de construire leur carrière au plus haut niveau.


À quelques jours d'un championnat composé de plusieurs manches, comment préparez-vous Ninvaro PS, aussi bien physiquement que mentalement ?


Notre priorité absolue est que Ninvaro arrive à Aix-la-Chapelle dans les meilleures conditions possibles.

Nous faisons très attention à sa santé, à son bien-être et à son repos. En parallèle, nous poursuivons son travail quotidien afin qu'il conserve toute sa condition physique sans accumuler de fatigue inutile.

Trouver cet équilibre entre préparation et récupération est essentiel avant un championnat aussi exigeant.


La piste en herbe du Soers est considérée comme l'une des plus impressionnantes au monde, devant plus de 40 000 spectateurs. Comment prépare-t-on un cheval à évoluer dans une telle atmosphère ?


Heureusement, Ninvaro est un cheval qui apprécie ce type d'ambiance.

Il semble même être stimulé par les grands rendez-vous et les grandes pistes. J'ai confiance dans le fait que l'atmosphère d'Aix-la-Chapelle le poussera à donner encore davantage de lui-même.

C'est une qualité très précieuse lorsque l'on aborde des compétitions de cette dimension.

D'un point de vue sportif, quel sera votre principal objectif technique lors des premières épreuves qualificatives ?


Nous définirons notre stratégie définitive au moment opportun avec Vitor Teixeira, l'entraîneur de l'équipe nationale.

Chaque parcours demande une approche différente, mais une chose est certaine : nous entrerons en piste avec l'envie de tout donner afin de défendre au mieux les couleurs de l'Argentine.


Enfin, Juan, lorsque vous regarderez ces Championnats du Monde dans quelques années, qu'est-ce qui vous fera dire que cette aventure aura été une réussite, aussi bien pour vous que pour l'équitation argentine ?

Dans le sport, il faut toujours continuer à rêver.

Alors oui… rêver ne coûte rien.

Si nous pouvions repartir d'Aix-la-Chapelle avec une médaille, ce serait tout simplement historique pour moi, pour mon équipe et pour tout le saut d'obstacles argentin. C'est un objectif immense, mais les plus belles histoires commencent toujours par un rêve.

©Collection Privée

ENGLISH VERSION !


As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.

In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.

These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.

From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.

On the Road to Aachen #4 – Juan Bauiista Pidutti Hortas

“Dreaming costs nothing, so a medal would be historic.”

Welcome to the fourth installment of Le Mag'Équestre’s exclusive series, On the Road to Aachen. From the heart of Argentina to the iconic turf of the Soers, Juan Bautista embodies a new generation of show jumpers who move forward with patience, humility, and absolute faith in their horses. Just days away from his debut at the Senior World Championships, the Argentine rider is preparing to write one of the most compelling chapters of his career.

Following several seasons establishing himself across North American and Mexican circuits, while sharpening his skills against the global elite, Pidutti Hortas arrives in Aachen with the quiet confidence of a rider who knows every step of the path he has carved out. With only days remaining until the world’s most prestigious gathering, he will don the Argentine colors at a Senior World Championship for the first time—a milestone he embraces with immense pride and equal humility.

In the irons of Ninvaro PS, his powerful 12-year-old Oldenburg gelding, Juan Bautista has steadily ascended every rung leading to the sport’s summit. Behind this progression lies a straightforward philosophy: develop every horse with patience, respect their natural timeline, and meticulously prepare every detail. This grounded approach has already paid dividends on the Major League Show Jumping circuit, in the Nations Cup of Sopot, and now, in securing his ticket to the legendary Soers arena.

In this exclusive interview with Le Mag'Équestre, Juan Bautista reflects on his journey, his string of horses, his final preparation for Aachen, and the collective ambition driving a nation on the eve of this historic event.

©Collection Privée

Juan, to kick things off, could you introduce yourself to our readers, tell us about Ninvaro PS—the horse you’ll be riding at these World Championships—as well as Colminda, and explain how your string is structured with the big stage just days away?

My main horse is Ninvaro PS, a 12-year-old Oldenburg gelding by Nintender out of a Calvaro Z mare. He is the partner I will be taking into the World Championships.

I also have Colminda, a 10-year-old mare by Colmander out of an Arpeggio mare, who continues to make great strides at the top level.

The rest of my string is based in Mexico, where I currently live. That group includes two other geldings who are beginning to step up into their first international Grands Prix, alongside a very promising group of young horses. We try to build every horse step by step, never rushing the process, so they can reach their full potential under the best possible conditions.

You are about to compete in your very first Senior World Championship, held in the legendary amphitheater of Aachen. What does it mean to you to wear the Argentine flag on a arena where so many icons have shaped the history of show jumping?

Competing in a World Championship is quite simply a dream come true. For years, you watch this competition on television, imagining what it must feel like to be out there. Today, knowing that I am actually going to enter the ring at Aachen still feels somewhat surreal.

Representing Argentina is always a tremendous honor. It brings a deep sense of pride, but also a significant responsibility. We know we carry the hopes of an entire country—and everyone who has supported us since the beginning. That gives you an extra surge of motivation to give everything you have in every single round.

In recent months, Ninvaro PS has proven to be an exceptionally reliable partner, notably on the Major League Show Jumping tour in Mexico and during the Sopot Nations Cup. In your view, what are his greatest strengths when competing at this level?

Although it might surprise some, Ninvaro actually has relatively little experience at this tier. He jumped his very first 1.50m Grand Prix only about a year ago.

Yet, he has never allowed that lack of mileage to hold him back. In every round, his immediate instinct is to look for a solution. He is a horse that genuinely wants to clear the fence and gives you every ounce of effort he has.

His greatest attribute is undoubtedly his mindset. He stays focused, generous, and ready to fight for you. Combine that with massive scope, and he becomes an absolute joy to ride on the world stage.

Your path to Aachen has taken you from the top arenas in North America to major European venues. How does this international exposure serve as an asset ahead of a championship as demanding as Aachen?

I am fortunate to compete regularly in international events throughout the year. That continuity is crucial because it keeps us attuned to the standard of competition we will face at a major championship.

Every show provides fresh insights—whether it's navigating more technical course designs, adapting to different surfaces, or riding alongside the world's best. All of these experiences build on one another, helping us arrive with far greater composure when a milestone like the World Championships comes around.

Argentina boasts a rich tradition in show jumping and a passionate fanbase devoted to its national team. What kind of support are you receiving from your federation and the broader Argentine equestrian community as the event approaches?

I am very fortunate to have a strong network of people who have stood behind us for a long time.

Back home in Argentina, so many friends follow our progress, send encouraging messages, and genuinely root for our success. Feeling that groundswell of enthusiasm behind us is incredibly energizing.

When you step out to represent your country, you never do it alone. You carry with you the belief and support of everyone who has backed you over the years.

Transitioning from the South American and Mexican circuits to Europe's premier venues requires real adaptability. What are the key lessons you’ve learned from making that jump into top-tier global competition?

It is certainly a pivotal milestone in a rider's career.

While the events in Mexico offer a fantastic level of sport, Europe remains an exceptionally intense environment. Week after week, you are surrounded by an extraordinary concentration of world-class riders and horses.

That transition taught me the absolute necessity of intelligent scheduling. It’s not just about getting entries into the biggest shows; it’s about choosing the right moments, respecting recovery times, and building a horse’s career for the long haul.

That is easily the most valuable lesson I have taken away so far.

Last June, you jumped for the Argentine squad in the Sopot Nations Cup over 1.60m tracks. How did that team experience help prepare you for the pressure of a World Championship?

That experience was immensely rewarding.

A Nations Cup gives you a real taste of what it means to represent your country as part of a collective effort. You aren't just riding for your own record anymore—you’re jumping for your teammates and an entire nation.

Of course, I expect the pressure at a World Championship will be on a different level altogether. But having already navigated those high-stakes team dynamics gives us valuable reference points and allows us to step into this next challenge with greater maturity.

You manage several horses competing internationally. How do you structure their development over the season to keep them performing at their peak without burning them out?

Every decision is made as a team.

For each horse, we carefully analyze which shows suit them best, the difficulty of the classes, and our broader goals for the season. We always aim to tailor a program that aligns seamlessly with their individual stage of development.

No two horses are alike, and our priority is to respect their natural progression so they remain sound, happy, and competitive throughout the year.

Argentina has produced legendary horsemen over the decades. Who has most inspired your riding style and your approach to managing your career?

There are so many iconic figures who have left their mark on our sport.

If I had to single out key influences, I would highlight Martín Dopazo and Martín Mallo. They are riders I have always held in high regard, drawing inspiration not only from their horsemanship in the saddle, but from how they strategically built their careers at the elite level.

With a multi-round championship just days away, how are you fine-tuning Ninvaro PS both physically and mentally?

Our sole priority is ensuring Ninvaro arrives in Aachen in peak condition.

We pay meticulous attention to his health, general well-being, and rest. At the same time, we keep up his daily fitness regime so he maintains his athletic edge without accumulating unnecessary fatigue.

Striking that ideal balance between fitness and freshness is everything ahead of a championship this demanding.

The grass arena at the Soers is celebrated as one of the world's most formidable arenas, set against a crowd of over 40,000 fans. How do you prepare a horse for an atmosphere of that scale?

Fortunately, Ninvaro is a horse that thrives in big environments.

He actually seems to gain energy from large crowds and grand arenas. I trust that the unique atmosphere at Aachen will inspire him to dig even deeper.

That temperament is an invaluable asset when stepping into an event of this magnitude.

From a tactical standpoint, what will be your main technical objective during the opening qualifier rounds?

We will finalize our exact strategy with our national coach, Vitor Teixeira, when the time comes.

Every course demands a tailored approach, but one thing is certain: we will walk into that ring ready to give it everything to honor the Argentine colors.

Finally, Juan, when you look back on these World Championships years from now, what will make you say this journey was an absolute success—for you personally and for Argentine show jumping?

In sport, you must always keep dreaming.

So yes… dreaming costs nothing.

If we could leave Aachen with a medal, it would be nothing short of historic for me, my team, and all of Argentine show jumping. It is a monumental goal, but the greatest stories always begin with a dream.

Versión En Español

A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.

En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.

Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.

Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.

On the Road to Aachen #4 – Juan Bautista

"Soñar no cuesta nada, así que una medalla sería algo histórico."

Bienvenidos al cuarto episodio de la serie exclusiva de Le Mag'Équestre: On the Road to Aachen. Desde el corazón de Argentina hasta la mítica hierba de La Soers, Juan Bautista encarna a una nueva generación de jinetes que avanzan con paciencia, humildad y una confianza absoluta en sus caballos. A solo unos días de disputar sus primeros Campeonatos del Mundo Senior, el jinete argentino se dispone a escribir uno de los capítulos más vibrantes de su carrera.

Tras varias temporadas consolidándose en los circuitos de Norteamérica y México, medirse con la élite internacional de forma constante le ha permitido a Bautista llegar a Aquisgrán con la serenidad de quien conoce bien cada paso del camino recorrido. A escasos días de la cita más prestigiosa del planeta, vestirá por primera vez los colores de Argentina en un Campeonato del Mundo Senior, una responsabilidad que asume con enorme orgullo y una profunda humildad.

A los mandos de Ninvaro PS, su potente castrado Oldenburg de 12 años, Bautista ha ido superando progresivamente cada peldaño hacia la alta competición. Detrás de esta progresión subyace una filosofía clara: formar a cada caballo con paciencia, respetar sus tiempos y cuidar meticulosamente cada detalle de la preparación. Este enfoque le ha llevado a brillar en las etapas de la Major League Show Jumping, a destacar en la Copa de Naciones de Sopot y, finalmente, a certificar su billete hacia el emblemático estadio de La Soers.

En esta entrevista exclusiva para Le Mag'Équestre, Juan Bautista repasa su trayectoria, su cuadra de caballos, su puesta a punto para Aachen y las ilusiones que mueven a todo un país ante esta cita histórica.

©Collection Privée

Para comenzar esta entrevista, ¿podría presentarse a nuestros lectores, hablarnos de su caballo principal Ninety Stone Pullman, de su cuadra actual y de cómo organiza su trabajo diario?

Me llamo Charlie Bays. Soy un jinete sudafricano afincado en Brasil y actualmente me encuentro pasando seis meses en Europa para ultimar los preparativos de cara al Campeonato del Mundo de Aachen.

Mi caballo principal pertenece a un cliente y gran amigo, Alexander Schmidt. Se llama Ninety Stone Pullman, aunque todo el mundo lo conoce simplemente como Ninety. Lleva conmigo desde que estaba recién domado. Hice con él sus primeros saltos, su primer concurso y he tenido la suerte de poder formarlo desde el principio.

Alex ha sido un propietario y un socio extraordinario. Confió en mí plenamente y me dejó desarrollar a Ninety como si fuera mi propio caballo. Es algo que valoro enormemente.

Cuento también con varios caballos jóvenes muy prometedores en la recámara. Gallahad es un caballo que vendí poco después de mi llegada a Europa a un amigo en Brasil, quien sigue compitiéndolo hoy con muchísimo éxito. También fue un caballo al que formé desde sus inicios hasta el nivel Gran Premio.

Tengo además una yegua alazana de ocho años espectacular, Aruba, también propiedad de Alex, en la que tengo muchísima fe. Asimismo, cuento con un castrado castaño de siete años de mi propiedad que me ilusiona enormemente de cara al futuro. Por detrás, varios caballos de cinco, seis y cuatro años continúan su proceso de formación.

Mi día a día es sumamente intenso. Entre el trabajo de mis caballos de competición, las clases y el seguimiento de los caballos de mis alumnos, las jornadas son maratónicas.

Gestionamos una estructura importante y eso implica un volumen de trabajo diario enorme. Tengo la suerte de estar rodeado de mozos y jinetes de primer nivel que me acompañan en esta aventura.

A esto se suma una logística monumental: organizar los desplazamientos, el transporte de los caballos, preparar todo el material para los concursos... En algunas citas nos desplazamos con casi 25 caballos, compaginando las pruebas de mis alumnos con mis propios caballos de competición.

Ha contado una divertida anécdota de su infancia en Brasil relacionada con los pantalones de montar ajustados. ¿Cómo lo llevó finalmente aquella historia familiar a preparar un Campeonato del Mundo en Aachen?

Mi madre siempre sostuvo que todo niño debía saber hacer tres cosas: nadar, andar en bicicleta y montar a caballo.

Por esa razón empezamos a tomar clases de equitación cuando yo tenía 10 años y mi hermano 8. Él solo duró tres meses, ¡básicamente porque odiaba la idea de tener que llevar pantalones ajustados! Pero al menos aprendió los conceptos básicos, así que mi madre quedó satisfecha.

Mirando hacia atrás, resulta curioso pensar que, casi 30 años después, esa misma pasión que empezó con unas simples clases infantiles me vaya a llevar hoy a entrar al galope en el estadio de Aachen.

Es un recorrido que jamás habría imaginado en aquel momento.

¿Qué significa para usted defender los colores de Sudáfrica en el mítico Hauptstadion de La Soers, ante toda la comunidad hípica internacional?

Siempre me han fascinado los colores de Sudáfrica y todo lo que representan.

Tener la oportunidad de representar a mi país ya es algo extraordinario de por sí. Pero hacerlo en Aachen, en todo un Campeonato del Mundo, escala a otro nivel. Para ser honesto, creo que todavía no he asimilado del todo lo que está pasando.

Me siento enormemente afortunado de estar en esta posición. Supera con creces cualquier sueño que haya podido tener.

Estoy muy orgulloso de ser sudafricano y profundamente honrado de formar parte de este equipo junto a compañeros tan extraordinarios.

Ninety Stone Pullman está con usted desde su doma. ¿Cómo describiría la evolución de su relación y de su binomio hasta llegar a la élite mundial?

Ninety es un caballo que siempre ha saltado con el corazón.

Desde el principio supe que podía llegar a ser un caballo especial. Sin embargo, en nuestro deporte nunca sabes realmente hasta dónde puede llegar un caballo hasta que no se enfrenta a las máximas exigencias.

Desde el primer día no ha dejado de evolucionar. Año tras año ha ido superando escalones y, aún hoy, sigue mejorando semana tras semana.

Es un caballo fuera de serie y me siento profundamente agradecido de haber podido compartir toda esta evolución con él desde sus inicios.

Sus últimos resultados en Europa, especialmente sus dobles ceros en la Copa de Naciones de Lisboa (CSIO 3*), así como sus actuaciones en Sopot y Valkenswaard, confirman su regularidad en alturas de 1,55 m y 1,60 m. ¿Cuál es su enfoque cuando compite a este nivel?

Intento simplemente aprender de cada recorrido.

Me pregunto constantemente qué puedo mejorar, porque siempre hay margen de evolución. Incluso tras un buen resultado, siempre existen pequeños detalles pulibles.

Doda, el jinete olímpico brasileño, me dijo en una ocasión: "Intenta ser mejor hoy de lo que fuiste ayer, y mejor mañana de lo que eres hoy".

Con esa mentalidad, creo que el progreso es inevitable.

Es usted graduado en Ciencias Equinas por el Hartpury College y aplica a diario conceptos de fisiología del esfuerzo y biomecánica. ¿De qué manera le ayuda este bagaje científico a mantener a Ninety Stone Pullman en su máximo nivel físico?

Esa formación me ayuda sobre todo a entender cómo minimizar el riesgo de lesiones, aunque en este deporte sabemos que los imprevistos siempre pueden ocurrir.

En el trabajo diario, considero que mi metodología permite mantener a los caballos en forma, sanos y motivados. El objetivo es mantener un enfoque coherente, comprender sus necesidades individuales y diseñar un programa a medida para cada uno.

La variedad en el trabajo es fundamental. Estoy convencido de que un caballo que se encuentra bien física y mentalmente es un caballo con mayor longevidad deportiva.

Concede gran importancia a la variedad en el entrenamiento y a salir con frecuencia de la pista. ¿Por qué es tan decisiva esta filosofía en su preparación, especialmente antes de un gran campeonato?

Considero fundamental que los caballos no pasen su vida encerrados en una pista de entrenamiento.

Hacer siempre lo mismo resulta monótono para ellos y puede incrementar el riesgo de lesiones por sobrecarga. La variedad en el trabajo y la diversidad de terrenos son pilares básicos para mantener a un caballo sano, tanto en lo físico como en lo mental.

Al final, no debemos olvidar algo esencial: los caballos tienen que disfrutar con lo que hacen.

Es una prioridad absoluta para mí. Un caballo feliz, motivado y que disfruta de su trabajo siempre dará ese plus de entrega cuando salga a la pista.

¿Qué lectura hace hoy del bienestar equino y de los estándares de manejo en Sudáfrica? ¿Y cómo influye su experiencia internacional en su propio planteamiento?

Sudáfrica es un país profundamente comprometido con el bienestar del caballo.

Hay profesionales extraordinariamente capacitados, apasionados e implicados que están haciendo avanzar el deporte en la dirección correcta. Durante los últimos meses he tenido el enorme placer de trabajar y aprender junto a varios de ellos.

Es un proceso de aprendizaje continuo. Todos estamos en constante evolución.

Hay que buscar siempre mejorar, profundizar en el conocimiento y encontrar nuevas formas de optimizar el cuidado de nuestros caballos.

Más allá de los datos científicos, suele comentar que selecciona sus caballos "con el ojo y con el corazón". ¿Qué vio en la mirada de Ninety Stone Pullman cuando lo conoció por primera vez?

Vi sencillamente a un gigante noble, con una energía descomunal y una chispa muy especial en la mirada.

Un caballo de su envergadura no suele ser tan ligero ni tan fácil de conducir. Fue lo primero que me impactó de él.

Tenía una combinación idónea: muchísima presencia, una potencia enorme y, al mismo tiempo, una fluidez natural y una entrega absoluta por hacer las cosas bien.

Tras desarrollar gran parte de su carrera en el circuito sudamericano, especialmente en Brasil, ¿cómo ha logrado adaptarse tan rápido a la exigencia y al ritmo de los concursos europeos?

Siempre me he enfocado en sentirme cómodo dentro del tiempo permitido.

Nunca me ha dado miedo arriesgar un derribo por ir a buen ritmo. Esa forma de abordar los recorridos me facilitó mucho las cosas al dar el salto a las pistas europeas.

El tiempo jamás ha sido un obstáculo para mí. Hoy en día se trata más bien de encontrar el equilibrio adecuado y afinar los pequeños detalles.

A este nivel, son esos matices los que marcan la diferencia. Hay que seguir siendo rápido, pero combinándolo con máxima precisión y estrategia.

En agosto de 2025 confió sus propios caballos de competición a las jóvenes amazonas sudafricanas Alexis y Kellen McLaren durante un evento en São Paulo. ¿Por qué le resulta tan importante la transmisión de experiencia a los más jóvenes?

Me encanta trabajar con Alexis y Kellen. Son dos jóvenes talentos excepcionales.

Creo que los jinetes tenemos una responsabilidad que va más allá de la competición. Debemos ser referentes y contribuir en todo lo posible a que nuestro deporte evolucione en la dirección correcta.

Disfruto mucho estando rodeado de compatriotas sudafricanos; me acerca a mis raíces y tiene un significado muy especial para mí.

Pasamos una semana fantástica en São Paulo, disfrutamos muchísimo de la experiencia y espero de corazón que tengamos la oportunidad de repetir iniciativas como esta en el futuro.

La vida de un jinete internacional implica largas temporadas lejos de la familia, los seres queridos y el país de origen. ¿Cómo gestiona esa distancia durante una gira europea prolongada?

Es realmente duro estar separado de los tuyos durante tanto tiempo, pero forma parte del camino que hemos elegido.

Mantenemos un contacto constante. Las videollamadas ayudan a acortar distancias y a sentirnos cerca a pesar de los kilómetros.

Al final, lo que te impulsa a seguir adelante es ver cómo avanzas hacia tus objetivos y sentir que todo el esfuerzo cobra sentido.

Sería mucho más fácil volver a casa, pero no es una opción para mí en este momento. Amo profundamente lo que hago y estoy aprovechando al máximo esta etapa europea.

Solo espero que podamos rematar esta aventura con la guinda del pastel.

Estoy infinitamente agradecido a mi familia y a todo mi equipo por el respaldo incondicional que me han brindado durante todos estos meses. Han estado increíbles.

Quiero agradecer especialmente a Priscilla, mi pareja, que ha sido un pilar fundamental y un apoyo constante en todo este trayecto.

Sudáfrica es una nación en pleno desarrollo dentro del panorama hípico internacional. ¿Qué mensaje le gustaría enviar a los jóvenes jinetes sudafricanos que sueñan con alcanzar la élite mundial?

Trabajen duro.

Mantengan la humildad.

Tengan la mente abierta a nuevas ideas y no dejen nunca de aprender.

No existen los atajos.

El deporte de alto rendimiento exige tiempo, paciencia y una dedicación absoluta. Hay que aceptar el proceso paso a paso y centrarse en ser cada día un poco mejor.

El estadio de Aquisgrán es famoso mundialmente por sus imponentes recorridos y su entregada afición de casi 40.000 espectadores. ¿Qué preparación mental lleva a cabo para gestionar una atmósfera tan única?

Para ser sincero, procuro no darle demasiadas vueltas de momento.

Sé que será una experiencia maravillosa y me emociona mucho la idea de vivirla. Es un verdadero sueño hecho realidad.

Intento concentrarme exclusivamente en lo que está bajo mi control. No puedo controlar el ambiente, el público ni la presión exterior. Lo que sí puedo controlar es mi preparación, mi trabajo diario y la manera de abordar la competición.

Para concluir, Charlie, ¿qué tendría que ocurrir para que el Campeonato del Mundo de Aachen 2026 fuera un éxito rotundo para usted, su equipo y los propietarios que lo respaldan?

Es una pregunta compleja.

Sencillamente quiero poder sentirme orgulloso de todo el camino recorrido y del trabajo realizado en conjunto.

Es muy difícil fijar expectativas objetivas en cuanto a resultados, ya que jamás he competido en un evento de esta magnitud y no sé exactamente qué me voy a encontrar.

De lo que sí me siento orgulloso es de toda la preparación acumulada durante los últimos años y meses. Cada hora de trabajo nos ha traído hasta aquí.

Ahora solo tengo ganas de llegar a Aachen, disfrutar de esta experiencia única y dar lo mejor de nosotros mismos en la pista.

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Samuel Benibre