On the Road to Aachen #5 – Theodore Boris "Notre objectif est de continuer à progresser et d’arriver à Aachen avec un cheval heureux et confiant."

Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !

JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !

Samuel Benibre

8/3/202625 min read

Après avoir découvert les parcours d’Ignacio Maurin, Mark Bluman et Charlie Bays, la série « On the Road to Aachen » du Mag’Équestre poursuit son immersion auprès des cavaliers qui s’apprêtent à vivre l’un des plus grands rendez-vous de leur carrière : les Championnats du monde FEI 2026 à Aix-la-Chapelle.

Pour ce quatrième épisode, direction les Pays-Bas avec Theodore Boris, cavalier professionnel qui représente Israël au plus haut niveau international. Depuis plusieurs saisons, son nom s’inscrit progressivement parmi les talents à suivre du circuit cinq étoiles, porté par un partenariat devenu particulièrement fort avec son étalon Cazan Z.

Fils d’une philosophie basée sur la patience, la formation et le respect du développement du cheval, Theodore Boris n’est pas un cavalier qui cherche la précipitation. Son approche repose sur la construction à long terme : produire de jeunes chevaux, les accompagner dans leur progression et leur permettre d’atteindre leur plein potentiel.

Avec Cazan Z, étalon BWP de 11 ans par Comme Il Faut x Vagabond de la Pomme, il aborde aujourd’hui une nouvelle étape de son parcours avec un objectif majeur : performer à Aachen et tenter d’offrir à Israël une qualification olympique.

Bonjour Theodore. Pour commencer, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs, nous parler de votre étalon de tête Cazan Z et nous expliquer comment votre piquet de chevaux est organisé à l’approche d’Aachen 2026 ?

Je m’appelle Theodore Boris. Je suis cavalier professionnel basé aux Pays-Bas et je représente Israël en compétition.

Mon cheval principal est Cazan Z, un étalon BWP de 11 ans, fils de Comme Il Faut x Vagabond de la Pomme.

Ma philosophie et la manière dont je construis mon piquet reposent beaucoup sur le développement des chevaux dès leur plus jeune âge jusqu’au sport de haut niveau. J’ai toujours aimé accompagner mes chevaux dans leur progression et mon objectif est constamment de rechercher les meilleurs jeunes chevaux possibles afin de les former pour le futur du sport.

Pour moi, il est important de construire une véritable évolution avec chaque cheval. Cela demande du temps, de la patience et une vision à long terme.

Au cours de la dernière année, beaucoup d’observateurs ont remarqué une progression importante entre vous et Cazan Z, notamment depuis les Championnats d’Europe de La Corogne jusqu’à vos performances dans les Grands Prix CSI 5 étoiles, comme Fontainebleau. Comment expliquez-vous cette montée en puissance régulière ?

Tout d’abord, j’apprécie beaucoup que ce soit considéré comme un compliment.

Cependant, nous restons très réalistes dans notre approche. Pour nous, il s’agit davantage de l’évolution naturelle d’un bon partenariat entre Cazan et moi.

Je ne veux pas non plus prendre trop de mérite, car Cazan est véritablement un cheval exceptionnellement intelligent. C’est simplement un privilège d’être son cavalier.

Il y a eu une grande différence depuis les Championnats d’Europe de l’année dernière, notamment dans le travail sur le plat et dans l’amélioration de notre connexion.

Cazan est un étalon très grand et très puissant, donc il m’a fallu trouver la manière de le travailler dans son équilibre naturel et de continuer à améliorer certains détails avec le temps.

Je pense que notre progression vient surtout de cette recherche permanente : comprendre le cheval, améliorer notre communication et construire une relation encore plus solide.


En mai 2025, vous avez décroché une remarquable troisième place dans le Grand Prix CSI 4 étoiles de Montefalco avec Cazan Z, après deux parcours sans-faute. Ce podium a-t-il constitué un tournant dans votre construction au niveau 1,55 m – 1,60 m ?

L’année dernière à Montefalco a effectivement été un très bon résultat.

Ce concours était particulièrement important car nous avions besoin d’une nouvelle qualification pour les Championnats d’Europe. C’était pratiquement ma dernière chance de l’obtenir, donc nous avions préparé cette échéance avec l’objectif d’essayer de réaliser une bonne performance.

Je suis très fier que nous ayons réussi à concrétiser cette semaine-là.

Après Montefalco, Cazan a également continué sur cette dynamique puisqu’il a réalisé un double sans-faute dans la Coupe des Nations de Drammen.

Mais même si cette étape représentait une progression importante, nous savions qu’il restait encore beaucoup de travail.

Après les Championnats d’Europe, nous avons réalisé qu’il existait encore une différence entre être performant sur des parcours à 1,55 m et franchir pleinement le cap du 1,60 m.

Cazan Z possède une génétique exceptionnelle avec Comme Il Faut et Vagabond de la Pomme. Quelles sont selon vous ses qualités principales en piste et pourquoi correspond-il autant à votre manière de monter ?

La première qualité de Cazan est son intelligence.

Il est également extrêmement respectueux et courageux. Il essaye toujours, dans toutes les situations.

Je pense qu’il continue encore à progresser aujourd’hui. Même s’il a 11 ans, je crois sincèrement qu’il lui reste encore beaucoup d’étapes à franchir et beaucoup de choses à améliorer.

Je ne suis pas quelqu’un qui participe à énormément de concours. Je planifie mes engagements avec beaucoup de réflexion.

Entre les concours, nous avons généralement beaucoup de temps pour revenir aux bases, travailler les détails et continuer à progresser.

Je pense que cette manière de fonctionner nous correspond bien, car elle permet de construire quelque chose de solide dans la durée.


Au-delà de Cazan Z, vous développez également une belle génération de chevaux comme Leopard, Call Me Snow White ou encore le jeune Scendro’s Twist Ter Saleghem Z. Comment gérez-vous votre organisation pour préserver Cazan avant les plus grandes échéances ?


Mon piquet actuel est peut-être un peu plus léger qu’auparavant, car j’ai vendu plusieurs chevaux récemment.

J’ai également plusieurs élèves à la maison que j’accompagne et que j’entraîne.

Mais j’ai toujours plusieurs chevaux prometteurs, notamment un étalon de six ans par Cazan auquel nous croyons énormément.

Notre priorité absolue reste de garder Cazan aussi frais et heureux que possible.

Il possède toute une équipe dédiée autour de lui et il a maintenant une routine hebdomadaire très bien établie.

Il apprécie particulièrement sortir en forêt et aller au paddock ou dans les champs. Ce sont des éléments importants pour son équilibre.

Vous évoluez sous le drapeau israélien aux côtés de cavaliers expérimentés comme Daniel Bluman. Comment la dynamique de l’équipe évolue-t-elle à l’approche de cette échéance mondiale ?

Daniel est l’un des meilleurs cavaliers au monde.

Il possède une expérience immense dans ce sport et je l’admire énormément, aussi bien comme cavalier que comme homme de cheval.

J’ai également beaucoup de respect pour mes autres coéquipiers.

Je pense que la dynamique de l’équipe continue encore à se construire. Nous apprenons toujours à mieux fonctionner ensemble.

Mais il y a déjà une excellente communication au sein du groupe, notamment avec notre entraîneur d’équipe Hans Horn.

Depuis les Championnats d’Europe de La Corogne, vous avez découvert de grandes pistes cinq étoiles comme Lyon, Leipzig ou Saint-Gall. Quels ajustements techniques avez-vous réalisés avec Cazan pour devenir plus réguliers au plus haut niveau ?

Ces concours m’ont permis d’accumuler une expérience extrêmement précieuse.

Chaque grand rendez-vous apporte des enseignements et nous donne de nouveaux détails sur lesquels travailler afin de continuer à progresser vers plus de régularité au niveau 1,60 m.

Un élément particulièrement important concerne l’amplitude de la foulée.

À ce niveau, les chevaux doivent galoper davantage et il faut apprendre à travailler avec une vitesse plus élevée.

L’équilibre est également essentiel. Bien sûr, on ne peut pas changer la manière dont un cheval est construit, mais on peut toujours essayer d’améliorer au maximum son équilibre naturel.

C’est souvent dans ces petits détails que l’on trouve les progrès nécessaires pour franchir un nouveau cap.

©collection privée

© Jdi_eqphoto

Lorsque vous affrontez les meilleurs cavaliers du monde dans les Grands Prix CSI 5 étoiles et les Coupes des Nations, comment entretenez-vous votre concentration et votre confiance ?

Une chose importante pour moi est l’entraînement physique.

Je suis très actif concernant mon hygiène de vie. Je ne fume pas, je ne bois pas et j’essaie de rester dans la meilleure condition physique possible.

J’ai également la chance d’être accompagné par une excellente équipe autour de cela, notamment mon entraîneur physique Tim DeJong avec qui je travaille régulièrement.

Au final, mon objectif principal est simplement d’essayer de progresser chaque jour, aussi bien personnellement que professionnellement.


Quelle est votre philosophie générale lorsqu’il s’agit de former des chevaux de haut niveau tout en veillant à ce qu’ils continuent à prendre du plaisir dans leur travail ?


Je pense avoir beaucoup appris sur ce sujet au fil des années.

Bien sûr, on fait tous des erreurs sur notre chemin, et c’est aussi comme cela que l’on progresse. Mais je pense qu’une chose est essentielle : il faut avant tout être honnête avec soi-même concernant la qualité du cheval que l’on a devant soi et ce qu’il est réellement capable d’accomplir.

Il ne faut jamais pousser un cheval jusqu’à sa zone rouge.

Chaque cheval possède ses propres capacités, son propre rythme et ses propres limites. Notre rôle est de les comprendre et de construire un programme qui leur permet de progresser sans aller au-delà de ce qu’ils peuvent donner.

Pour moi, un élément très important est aussi de voir qu’un cheval que j’ai formé peut continuer à réussir avec un autre cavalier lorsqu’il est vendu.

Je considère également cela comme une forme de réussite. Un bon travail de formation ne doit pas uniquement fonctionner avec moi, il doit permettre au cheval d’être performant dans différents environnements et avec différentes personnes.

C’est une vraie satisfaction de voir un cheval que l’on a accompagné continuer son évolution.


Beaucoup considèrent aujourd’hui votre couple avec Cazan Z comme un outsider capable de créer la surprise à Aachen. Comment abordez-vous ce statut avant un rendez-vous aussi exigeant ?


J’ai toujours été quelqu’un qui regarde beaucoup les grands rendez-vous et les formats de championnat.

En tant que personne et en tant que cavalier, j’ai toujours été attiré par ce type d’échéance.

Je n’ai pas énormément de chevaux de compétition et, en parallèle, j’ai également mon activité professionnelle à la maison. Je ne peux donc pas être constamment sur les routes comme certains autres cavaliers.

Cela signifie que chaque concours doit être soigneusement réfléchi et planifié.

Pour Aachen, mon objectif est simplement de continuer à maintenir Cazan dans les meilleures conditions possibles, de le garder heureux et de lui permettre d’arriver avec toute sa confiance.

Ensuite, nous ferons de notre mieux et nous chercherons à obtenir le meilleur résultat et la meilleure expérience possible.


Le stade principal d’Aachen, dans la Soers, est connu pour son immense terrain en herbe, son atmosphère unique et ses dizaines de milliers de spectateurs. Comment prépare-t-on un étalon comme Cazan Z à un environnement aussi impressionnant ?


Je pense que notre préparation restera finalement la même.

Nous allons simplement continuer à faire ce qui fonctionne pour lui : essayer de le garder dans le meilleur état possible et maintenir son niveau de confiance.

Je crois beaucoup au fait de ne pas changer une méthode qui fonctionne.

Cazan connaît maintenant ses routines, il sait ce qu’on attend de lui et notre priorité sera simplement de préserver son bien-être physique et mental avant cette grande échéance.

Après votre expérience des Championnats d’Europe de La Corogne, en quoi votre approche d’Aachen 2026 sera-t-elle différente en tant que cavalier ?


Nous allons utiliser notre expérience précédente pour nous guider vers Aachen.

Les Championnats d’Europe nous ont beaucoup appris. Chaque grande échéance apporte des enseignements, aussi bien sur le plan sportif que dans la manière d’aborder la préparation.

Nous savons davantage à quoi nous attendre, nous connaissons mieux certaines exigences et cela nous permettra d’arriver avec plus de recul.

Mais chaque championnat reste une nouvelle aventure et il faudra également savoir s’adapter au moment présent.


Pour conclure Theodore, alors que vous vous apprêtez à entrer dans le stade d’Aachen sous les couleurs d’Israël avec Cazan Z, quel résultat ferait de ces Championnats du monde une réussite absolue pour vous ?

Nous allons tout faire pour essayer d’obtenir la qualification pour les Jeux olympiques.

C’est notre objectif principal.

Nous savons que le niveau sera extrêmement élevé et que rien ne sera facile, mais nous allons nous préparer au mieux et donner tout ce que nous pouvons.

Pour moi, l’essentiel sera d’arriver à Aachen avec un cheval en confiance, heureux et prêt à donner le meilleur de lui-même.


©Collection Privée

ENGLISH VERSION !


As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.

In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.

These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.

From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.

On the Road to Aachen #5 – Theodore Boris

“Our goal is to keep building and arrive in Aachen with a happy, confident horse.”

Following the journeys of Ignacio Maurin, Mark Bluman, and Charlie Bays, Le Mag’Équestre’s "On the Road to Aachen" series continues its immersion alongside the riders preparing for one of the defining moments of their careers: the FEI World Championships 2026 in Aix-la-Chapelle.

For this fourth installment, we head to the Netherlands with Theodore Boris, a professional rider competing under the Israeli flag at the sport’s peak. Over the past few seasons, his name has steadily joined the list of key talents to watch on the five-star circuit, powered by a remarkably strong partnership with his flagship stallion, Cazan Z.

Guided by a philosophy rooted in patience, careful production, and profound respect for equine development, Boris is not a rider to rush the process. His system centers on long-term development: backing young prospects, guiding them through every tier of their training, and enabling them to fulfill their ultimate potential.

With Cazan Z—an 11-year-old BWP stallion by Comme Il Faut out of a Vagabond de la Pomme mare—he is embarking on a major new chapter with a clear dual ambition: deliver a standout performance in Aachen and help secure an Olympic qualification for Israel.

©Collection Privée

Hello Theodore. To start, could you introduce yourself to our readers, tell us about your lead stallion Cazan Z, and explain how your string is structured as Aachen 2026 approaches?

My name is Theodore Boris. I’m a professional rider based in the Netherlands, representing Israel in competition.

My main horse is Cazan Z, an 11-year-old BWP stallion by Comme Il Faut out of a Vagabond de la Pomme dam.

My philosophy and the way I structure my string are heavily centered around developing horses from a young age all the way to elite sport. I’ve always loved accompanying horses through every step of their development, and my ongoing goal is to source the best young prospects possible and produce them for the future of the sport.

For me, it’s vital to build a genuine progression with every horse. That requires time, patience, and a long-term vision.

Over the past year, many observers noted a significant step up between you and Cazan Z, from the European Championships in A Coruña to strong performances in CSI 5* Grands Prix like Fontainebleau. How do you explain this steady rise in momentum?

First of all, I really appreciate that being seen as a compliment.

However, we remain very grounded in our approach. For us, it’s simply the natural evolution of a solid partnership between Cazan and myself.

I also don't want to take too much credit, because Cazan is truly an exceptionally intelligent horse. It’s simply a privilege to be in his saddle.

There has been a big shift since last year’s European Championships, particularly in our flatwork and the refinement of our connection.

Cazan is a very large, powerful stallion, so I had to find the right key to working him within his natural balance while constantly refining the small details over time.

I believe our progress comes down to that relentless search: understanding the horse, improving our communication, and cementing an even stronger bond.

In May 2025, you secured a remarkable third place in the CSI 4* Grand Prix of Montefalco with Cazan Z after a double-clear performance. Did that podium mark a turning point in establishing yourselves at the 1.55m–1.60m level?

Last year in Montefalco was indeed a very strong result.

That show was especially critical because we needed a new qualification for the European Championships. It was virtually my last opportunity to achieve it, so we built our preparation specifically around delivering a big performance there.

I’m very proud that we were able to bring it all together that week.

Following Montefalco, Cazan kept that positive momentum going with a double-clear in the Nations Cup of Drammen.

Yet, even though that milestone represented a major step forward, we knew there was still plenty of work ahead. After the European Championships, we realized there is still a clear gap between jumping comfortably over 1.55m tracks and truly mastering the 1.60m tier.

Cazan Z boasts world-class genetics through Comme Il Faut and Vagabond de la Pomme. What do you see as his core strengths in the ring, and why does he suit your riding style so well?

Cazan’s foremost quality is his intelligence.

He is also exceptionally respectful and brave. He tries for you in every conceivable situation.

I believe he is still evolving today. Even at 11 years old, I honestly feel he has many more gears to reach and plenty of room to refine his game.

I’m not someone who competes at an overwhelming number of shows. I plan my schedule with a lot of deliberate thought. Between events, we usually have plenty of time to revisit the fundamentals, work on the nuances, and keep progressing.

I think that approach suits us both incredibly well because it allows us to build something solid and enduring over time.

Beyond Cazan Z, you are also developing an exciting pipeline with horses like Leopard, Call Me Snow White, and the young Scendro’s Twist Ter Saleghem Z. How do you manage your setup to protect Cazan ahead of major targets?

My current string is perhaps a bit lighter than before, as I’ve sold a few horses recently.

I also have several students at home whom I coach and mentor.

However, I still have some very exciting prospects coming through, including a six-year-old stallion by Cazan that we believe in enormously.

Our absolute priority remains keeping Cazan as fresh and happy as possible. He has an entire team dedicated exclusively to his well-being, and he now follows a very well-established weekly routine.

He particularly loves hacking in the forest and spending time out in the paddock or fields. Those moments are vital to his mental and physical equilibrium.

You fly the Israeli flag alongside seasoned competitors like Daniel Bluman. How is the team dynamic evolving as this world championship milestone nears?

Daniel is one of the premier riders in the world. He brings immense experience to the sport, and I hold him in the highest regard, both as an athlete and as a horseman.

I also have tremendous respect for my other teammates.

I think our team dynamic is still actively growing. We’re constantly learning how to operate better together as a unit. But there is already fantastic communication across the group, especially with our chef d'équipe, Hans Horn.

Since the European Championships in A Coruña, you’ve stepped into major five-star arenas like Lyon, Leipzig, and St. Gallen. What technical adjustments have you made with Cazan to build consistency at the top level?

Those shows allowed me to bank invaluable experience. Every major event brings key takeaways and highlights specific areas to address so we can keep working toward consistency at the 1.60m mark.

One particularly crucial aspect is stride length and stride adjustment. At this level, horses need to cover more ground, and you have to learn to execute technical elements at a higher rate of speed.

Balance is equally vital. Of course, you cannot alter a horse’s natural conformation, but you can always work to optimize their natural balance. It’s often in these micro-adjustments that you unlock the progress needed to reach the next tier.

When lining up against the world's best in CSI 5* Grands Prix and Nations Cups, how do you maintain your focus and mental edge?

Physical fitness is a huge component for me. I’m very disciplined about my lifestyle: I don’t smoke, I don’t drink, and I make it a point to stay in peak physical condition.

I’m also very fortunate to be supported by a great team in that area, particularly my strength coach, Tim DeJong, with whom I train regularly.

Ultimately, my main objective is simply to try and improve every single day, both personally and professionally.

What is your overarching philosophy when it comes to producing top-level horses while ensuring they maintain their enthusiasm for the work?

I feel I’ve learned a great deal on this subject over the years.

Of course, we all make mistakes along the way—that’s an integral part of growing. But I believe one principle is paramount: you must be completely honest with yourself about the quality of the horse in front of you and what they are truly capable of achieving.

You should never push a horse into their red zone.

Every horse has its own innate ability, pace, and boundaries. Our job is to understand those limits and build a program that allows them to progress without overstepping what they can comfortably give.

For me, another deeply rewarding aspect is seeing a horse I produced continue to succeed with another rider after being sold. I view that as a true measure of success. Quality foundational training shouldn't just work for me; it should set the horse up to thrive in different management systems and under different riders. Seeing a horse you backed continue to flourish is immensely satisfying.

Many observers now view your partnership with Cazan Z as an outsider capable of making a real splash in Aachen. How do you handle that status going into such a demanding event?

I’ve always been someone who follows major events and championship formats closely. As a person and as a rider, I’ve naturally drawn inspiration from these high-stakes dates on the calendar.

I don't keep a massive string of competition horses, and I also run my sales and training business at home, so I can't be on the road constantly like some other riders. That means every single outing has to be carefully considered and strategically planned.

For Aachen, my goal is simply to keep Cazan in optimal condition, keep him happy, and ensure he enters that arena filled with confidence. From there, we will give it everything we have and focus on delivering our best possible performance.

The main stadium at Aachen, in the Soers, is world-famous for its sweeping grass arena, electric atmosphere, and tens of thousands of spectators. How do you prepare a stallion like Cazan Z for such an intimidating venue?

At the end of the day, our preparation will stay unchanged. We are simply going to stick to what works for him: keeping him in top form and maintaining his confidence level.

I’m a firm believer in not changing a winning formula. Cazan knows his routines now, he understands what’s asked of him, and our priority will simply be protecting his physical and mental well-being ahead of the big day.

Reflecting on your experience at the European Championships in A Coruña, how will your personal approach to Aachen 2026 differ as a rider?

We are going to use our previous championship experience to guide us into Aachen.

The European Championships taught us a great deal. Every major championship offers valuable lessons, both in terms of high-performance execution and how to structure the build-up.

We know much more of what to expect now, we understand the exact demands, and that allows us to approach this championship with better perspective. But every championship remains a fresh adventure, and you always have to be ready to adapt in the moment.

To wrap up, Theodore, as you prepare to enter the Aachen stadium under the Israeli flag with Cazan Z, what outcome would make these World Championships an absolute success for you?

We are going to throw everything we have into securing an Olympic qualification for Israel. That is our primary objective.

We know the level of sport will be extraordinary and nothing will come easy, but we are going to prepare to the absolute best of our ability and give it everything.

For me, the true marker of success will be riding into Aachen with a confident, happy horse that is ready to deliver his best.

Versión En Español

A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.

En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.

Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.

Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.

On the Road to Aachen #5 – Theodore Boris

"Nuestro objetivo es seguir progresando y llegar a Aachen con un caballo feliz y confiado."

Tras conocer las trayectorias de Ignacio Maurin, Mark Bluman y Charlie Bays, la serie "On the Road to Aachen" de Le Mag’Équestre prosigue su inmertidura junto a los jinetes que se preparan para vivir uno de los momentos cumbres de sus carreras: el Campeonato del Mundo FEI 2026 en Aquisgrán.

En este cuarto episodio nos trasladamos a los Países Bajos de la mano de Theodore Boris, jinete profesional que defiende los colores de Israel en el máximo nivel internacional. Durante las últimas temporadas, su nombre se ha consolidado entre los talentos a seguir del circuito de cinco estrellas, impulsado por una compenetración excepcional con su semental insignia, Cazan Z.

Fruto de una filosofía guiada por la paciencia, la formación rigurosa y el respeto al desarrollo del caballo, Boris rehúsa cualquier tipo de precipitación. Su metodología se basa en la construcción a largo plazo: desbravar y formar a jóvenes promesas, guiarlas paso a paso en su progresión y permitirles alcanzar su máximo potencial deportivo.

Con Cazan Z —semental BWP de 11 años por Comme Il Faut x Vagabond de la Pomme—, afronta ahora un capítulo decisivo con un objetivo claro: destacar en la pista de Aachen y pelear por dar a Israel la clasificación olímpica.a

©Collection Privée

Hola, Theodore. Para comenzar, ¿podría presentarse a nuestros lectores, hablarnos de su semental principal Cazan Z y explicarnos cómo está estructurada su cuadra ante la cita de Aachen 2026?

Me llamo Theodore Boris. Soy jinete profesional afincado en los Países Bajos y compito representando a Israel.

Mi caballo principal es Cazan Z, un semental BWP de 11 años, hijo de Comme Il Faut y madre por Vagabond de la Pomme.

Mi filosofía de trabajo y la gestión de mi cuadra se centran en el desarrollo del caballo desde sus inicios hasta el deporte de élite. Siempre me ha apasionado acompañar a los caballos en cada etapa de su formación, y mi meta constante es identificar a los mejores jóvenes talentos para prepararlos de cara al futuro de nuestro deporte.

Para mí es fundamental construir una evolución real y sólida con cada caballo. Eso requiere tiempo, paciencia y una clara visión a largo plazo.

Durante el último año, muchos analistas han destacado el salto de calidad entre usted y Cazan Z, desde los Campeonatos de Europa de La Coruña hasta sus actuaciones en Grandes Premios CSI 5* como Fontainebleau. ¿Cómo explica esta progresión constante?

En primer lugar, agradezco enormemente que se valore como un elogio.

Sin embargo, mantenemos un enfoque muy realista. Para nosotros se trata de la evolución natural de un trabajo bien hecho entre Cazan y yo. Tampoco quiero atribuirme un mérito excesivo, porque Cazan es un caballo extraordinariamente inteligente; estar en su montura es un auténtico privilegio.

Ha habido un salto cualitativo desde el Europeo del año pasado, especialmente en el trabajo en llano y en el perfeccionamiento de nuestra sintonía. Cazan es un semental muy grande y potente, por lo que tuve que dar con la clave para trabajar respetando su equilibrio natural e ir puliendo detalles con el tiempo.

Creo que nuestra progresión responde a esa búsqueda constante: comprender al caballo, pulir la comunicación y afianzar un vínculo cada vez más sólido.

En mayo de 2025 logró una destacada tercera posición en el Gran Premio CSI 4* de Montefalco con Cazan Z tras firmar un doble cero. ¿Supuso ese podio un punto de inflexión en su consolidación a 1,55 m – 1,60 m?

El resultado del año pasado en Montefalco fue, en efecto, muy importante para nosotros.

Esa cita era crucial porque necesitábamos asegurar una nueva clasificación para el Campeonato de Europa. Era prácticamente mi última oportunidad para lograrla, por lo que enfocado toda la preparación a dar lo mejor de nosotros esa semana. Me siento muy orgulloso de que lográramos rematar el trabajo.

Tras Montefalco, Cazan dio continuidad a esa buena racha firmando un doble cero en la Copa de Naciones de Drammen. Pero aunque representaba un paso adelante muy significativo, sabíamos que aún quedaba mucho por pulir. Tras el Europeo fuimos conscientes de que sigue existiendo una distancia entre rendir bien a 1,55 m y dominar con solvencia los trazados a 1,60 m.

Cazan Z posee una genética de primer orden con Comme Il Faut y Vagabond de la Pomme. ¿Cuáles considera que son sus principales cualidades en la pista y por qué se adapta tan bien a su equitación?

La cualidad primordial de Cazan es su inteligencia. Es además un caballo sumamente respetuoso y valiente; jamás se rinde, sea cual sea la situación.

Siento que hoy en día continúa evolucionando. Aunque tiene 11 años, creo sinceramente que le quedan aún muchos peldaños por subir y aspectos por perfeccionar.

No soy un jinete que compita de forma masiva. Planifico mis salidas a concurso de forma muy meditada. Entre competición y competición nos reservamos tiempo suficiente para volver a las bases, trabajar los matices y seguir evolucionando. Ese esquema nos beneficia a ambos porque permite construir bases sólidas y duraderas.

Más allá de Cazan Z, cuenta con una prometedora generación de caballos como Leopard, Call Me Snow White o el joven Scendro’s Twist Ter Saleghem Z. ¿Cómo gestiona su estructura para preservar a Cazan antes de las grandes citas?

Mi cuadra actual es quizás algo más reducida que en etapas anteriores, ya que recientemente he vendido algunos caballos. Asimismo, cuento con varios alumnos en casa a los que entreno y dirijo.

No obstante, mantengo varios caballos de gran proyección, entre ellos un semental de seis años hijo de Cazan en el que tenemos depositada una fe enorme.

Nuestra prioridad absoluta sigue siendo mantener a Cazan lo más fresco y motivado posible. Cuenta con un equipo volcado exclusivamente en su cuidado y sigue una rutina semanal perfectamente estructurada. Le encanta pasear por el bosque y salir al paddock o al campo; son momentos clave para su equilibrio mental y físico.

Defiende la bandera de Israel junto a jinetes consagrados como Daniel Bluman. ¿Cómo evoluciona la dinámica del equipo ante la cercanía de este Mundial?

Daniel es uno de los mejores jinetes del mundo. Posee una trayectoria y una experiencia gigantescas en este deporte y lo admiro enormemente, tanto en la pista como por su calidad humana y su faceta de hombre de caballo. Mantengo asimismo un profundo respeto por el resto de mis compañeros.

Siento que la dinámica del equipo sigue consolidándose. Continuamos aprendiendo a funcionar cada vez mejor como grupo. La comunicación interna es excelente, respaldada por la labor de nuestro jefe de equipo, Hans Horn.

Desde el Campeonato de Europa de La Coruña ha competido en escenarios cinco estrellas de la talla de Lyon, Leipzig o St. Gallen. ¿Qué ajustes técnicos ha implementado con Cazan para ganar regularidad en el máximo nivel?

Esos concursos me han aportado un bagaje y una experiencia inestimables. Cada gran cita deja lecciones valiosas y nos señala aspectos concretos sobre los que incidir para ganar regularidad en los 1,60 m.

Un factor determinante ha sido la gestión de la amplitud del galope. A este nivel, los caballos deben cubrir mucho más campo y hay que aprender a coordinar los ejercicios a mayor velocidad. El equilibrio resulta igualmente crítico; si bien no puedes modificar la morfología de un caballo, sí puedes optimizar al máximo su equilibrio natural. A menudo, son esos pequeños matices los que permiten dar el salto definitivo de nivel.

Al enfrentarse a los mejores del mundo en Grandes Premios CSI 5* y Copas de Naciones, ¿cómo trabaja la concentración y la confianza mental?

Para mí, el entrenamiento físico resulta fundamental. Cuido minuciosamente mis hábitos: no fumo, no bebo y procuro mantenerme en la mejor forma física posible.

Tengo además la suerte de contar con un equipo de trabajo fantástico en este ámbito, destacando la labor de mi preparador físico Tim DeJong, con quien entreno regularmente.

En última instancia, mi objetivo central se resume en buscar la mejora continua cada día, tanto en el plano personal como en el profesional.

¿Cuál es su filosofía general a la hora de formar caballos hacia la élite garantizando al mismo tiempo que disfruten de su trabajo?

Es un aspecto sobre el que siento haber aprendido muchísimo con el paso de los años. Por supuesto que todos cometemos errores en el camino —es parte del aprendizaje—, pero considero que hay una premisa ineludible: hay que ser profundamente honesto con uno mismo respecto a la calidad real del caballo que se tiene entre manos y lo que es capaz de dar.

Jamás hay que forzar a un caballo a entrar en su zona roja.

Cada caballo posee sus propios límites, su ritmo y su capacidad. Nuestra misión es entenderlos y diseñar un programa que les permita progresar sin exigirles más de lo que pueden entregar.

Para mí, otra satisfacción enorme es comprobar cómo un caballo formado en nuestra casa sigue cosechando éxitos con otro jinete tras ser vendido. Considero que eso también es una forma de éxito. Un trabajo de formación riguroso no debe funcionar solo conmigo; debe dotar al caballo de las herramientas para rendir en distintos entornos y con distintos jinetes. Ver que un caballo al que has dedicado tanto tiempo sigue brillando es algo sumamente gratificante.

Son muchos los que consideran hoy a su binomio con Cazan Z como un candidato capaz de dar la sorpresa en Aachen. ¿Cómo asume esa condición ante una cita de tal envergadura?

Siempre he sido un gran apasionado de los grandes campeonatos y de sus formatos. Como persona y como jinete, me atraen enormemente este tipo de citas.

No dispongo de una cuadra numerosa de competición y compagino las pistas con la actividad profesional en mi cuadra, por lo que no puedo estar permanentemente en la carretera como otros compañeros. Eso obliga a que cada salida a concurso sea analizada y planificada al detalle.

De cara a Aachen, mi meta es mantener a Cazan en las mejores condiciones físicas y mentales, conservarlo motivado y asegurarme de que llegue a la pista con plena confianza. A partir de ahí, saldremos a dar lo mejor de nosotros mismos en busca del mejor resultado y la mejor experiencia posibles.

El estadio principal de Aquisgrán, en La Soers, destaca por su inmensa pista de hierba, su ambiente único y sus decenas de miles de aficionados. ¿Cómo se prepara a un semental como Cazan Z para un escenario de semejante magnitud?

Nuestra preparación apenas va a variar. Vamos a seguir haciendo exactamente lo que nos ha funcionado hasta ahora: velar por su bienestar óptimo y mantener intacta su confianza.

Soy un firme defensor de no alterar lo que funciona. Cazan conoce a la perfección sus rutinas y sabe lo que se espera de él; nuestra prioridad será preservar su equilibrio físico y mental antes de salir a la pista.

Tras su paso por el Campeonato de Europa de La Coruña, ¿en qué cambiará su enfoque personal al afrontar Aachen 2026?

Utilizaremos la experiencia acumulada en el Europeo para guiar nuestros pasos hacia Aachen.

Aquella competición nos dejó enseñanzas valiosísimas, tanto en el plano puramente deportivo como en el modo de estructurar la preparación. Ahora sabemos mejor qué nos vamos a encontrar, conocemos de cerca la exigencia y eso nos permite llegar con mayor perspectiva. No obstante, cada campeonato es una historia nueva y habrá que saber adaptarse a las circunstancias del momento.

Para concluir, Theodore, cuando se disponga a entrar en el estadio de Aachen representando a Israel junto a Cazan Z, ¿qué resultado convertiría este Campeonato del Mundo en un éxito absoluto?

Vamos a volcarnos al máximo para intentar amarrar la clasificación para los Juegos Olímpicos. Ese es nuestro gran objetivo.

Somos conscientes de que el nivel será altísimo y nada resultará sencillo, pero nos prepararemos a conciencia para dar nuestra mejor versión. Para mí, la clave será entrar en Aachen con un caballo confiado, motivado y listo para darlo todo en la pista.

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Samuel Benibre