On the Road to Aachen #6 – Vaclav Stanek "Il faut garder les pieds sur terre et apprécier chaque jour avec les chevaux."

Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !

JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !

Samuel Benibre

8/4/202630 min read

Bienvenue dans ce nouvel épisode de notre série En Route pour Aix-la-Chapelle. Aujourd'hui, nous avons le privilège de donner la parole au cavalier d'obstacles tchèque Vaclav Stanek. Sa trajectoire est sans conteste l'une des histoires les plus inspirantes et fascinantes du sport équestre moderne. Il y a quelques années à peine, loin des projecteurs et des podiums, Stanek foulait la piste en herbe légendaire de Spruce Meadows dans l'ombre, en tant que groom dévoué. En juin 2024, le destin a pris une tournure féerique : il est retourné sur ces mêmes terres sacrées de Calgary, mais cette fois en selle sur le brillant et généreux hongre Quintin, pour y décrocher la toute première victoire en Grand Prix CSI5* de sa carrière. Un conte de fées moderne bâti sur le travail, l'humilité et la passion brute.

En juin 2024, vous avez marqué l'histoire de l'équitation tchèque en remportant votre premier Grand Prix CSI5* à Spruce Meadows avec Quintin. Avec le recul, comment ce moment marquant a-t-il changé votre vision de ce que vous pouvez accomplir au plus haut niveau ?

C'était tout simplement un rêve d'enfant qui devenait réalité sous mes yeux. Quand on franchit la ligne d'arrivée d'une épreuve aussi prestigieuse et que le chrono confirme la victoire, c'est un sentiment indescriptible. Gagner ce Grand Prix CSI5* à Spruce Meadows m'a fait réaliser une chose fondamentale : j'avais réellement ma place aux côtés des meilleurs cavaliers du monde et je pouvais concourir avec succès au plus haut niveau de notre sport.

Tant que l'on n'a pas signé une telle performance, on peut espérer en être capable, on peut y croire au fond de soi, mais on ne le sait jamais vraiment avec certitude. C'est exactement la même chose pour les chevaux : ils doivent passer ce cap pour prouver leur potentiel. Et le fait d'avoir réitéré l'expérience en remportant un autre Grand Prix 5* la saison dernière a été une confirmation cruciale. Cela a définitivement prouvé à tout le monde – et à moi-même le premier – que cette victoire à Calgary n'était absolument pas un accident ou un coup de chance isolé, mais bien le fruit d'un travail solide.

Votre histoire est remarquable : quelques années seulement avant de remporter ce Grand Prix 5* à Calgary, vous travailliez comme groom à Spruce Meadows. Comment cette expérience de terrain a-t-elle façonné votre approche en tant que cavalier et compétiteur ?

En Europe, j'avais un parcours plus classique : je travaillais principalement comme cavalier maison, montant de jeunes chevaux ou évoluant au sein d'écuries de commerce. Lorsque j'ai décidé de traverser l'Atlantique pour venir en Amérique du Nord, je suis parti de zéro. Je ne connaissais absolument personne dans le milieu équestre local. J'ai donc naturellement accepté un poste de groom. C'était pour moi le meilleur moyen de découvrir cette partie du monde, d'observer le système américain et de saisir la moindre opportunité qui se présenterait.

Aujourd'hui, je suis immensément reconnaissant d'être passé par là. En réalité, s'occuper des chevaux n'était pas nouveau pour moi : depuis mes tout débuts à poney, j'ai toujours pansé, soigné et géré mes propres montures. Avoir ce regard d'homme de cheval avant d'être un simple pilote change absolument tout. J'aime passer du temps aux écuries chaque jour, panser mes chevaux, observer leur état de forme, déceler le moindre changement dans leur comportement et construire une vraie relation. Faire partie intégrante de leur évolution quotidienne rend les victoires en piste infiniment plus savoureuses.


Vous partagez la monte de Quintin avec la star irlandaise Daniel Coyle. Comment gérez-vous le partage d'un cheval au plus haut niveau, et pourquoi votre système fonctionne-t-il si bien ?

Daniel et moi avons la chance de travailler tous les deux pour Ariel Grange, la propriétaire de Lothlorien Farms, qui nous accorde une confiance incroyable. Daniel a un talent exceptionnel et il a lui-même monté Quintin avec d'immenses succès sur le circuit 5*. Cependant, lorsqu'il a dû s'installer en Europe pour préparer les Jeux Olympiques avec sa jument de tête Legacy, Quintin est resté basé au Canada. À ce moment-là, c'est moi qui le montais à la maison, en parallèle de mon piquet de jeunes chevaux. C'est de cette manière naturelle que l'opportunité de le sortir en compétition s'est présentée à moi.

Aujourd'hui, c'est principalement moi qui présente Quintin sur les pistes de concours, mais Daniel reste un pilier essentiel dans notre organisation : il m'entraîne énormément, m'apporte son œil expert depuis le bord de piste, et il lui arrive encore de remonter Quintin à l'entraînement. Nous continuons également à nous partager d'autres montures de l'écurie, en particulier les jeunes promesses. Si ce système fonctionne aussi bien, c'est parce qu'il n'y a pas d'égo entre nous. Nous nous connaissons parfaitement, nous communiquons quotidiennement, et surtout, Ariel Grange établit une planification sur mesure pour chaque cheval afin de préserver leur moral et leur santé sur le long terme.

Spruce Meadows est réputé pour ses pistes en herbe immenses et ses obstacles délicats et massifs. Comment le fait de concourir régulièrement à Calgary vous a-t-il préparé pour d'autres pistes en herbe légendaires, comme celle d'Aix-la-Chapelle ?

J'ai une affection toute particulière pour Spruce Meadows. C'est un endroit magique et véritablement unique au monde pour quiconque aime le grand sport. Les obstacles y sont imposants, le terrain est exigeant, les parcours dessinés par les chefs de piste demandent de la précision, et les barrages nécessitent d'aller très vite tout en conservant une trajectoire parfaite.

À mes yeux, courir régulièrement à Calgary constitue la meilleure école possible. C'est la préparation ultime pour aborder n'importe quel grand championnat international ou des concours mythiques comme le CHIO d'Aix-la-Chapelle. Quand vous et votre cheval avez sauté des parcours de 1,60 m à Spruce Meadows face aux briques massives et aux grands spas, plus aucune piste au monde ne peut vous faire peur.


Quintin a été un partenaire clé de votre ascension. Quelles sont ses plus grandes qualités physiques et mentales face à un parcours exigeant à 1,60 m ?


Quintin est tout simplement le cheval d'une vie. Il a une place très spéciale dans mon cœur. Sur le plan physique, il possède une force athlétique hors du commun et une puissance à l'appel de l'obstacle qui vous donne l'impression que rien n'est trop haut ni trop large pour lui.

Mais ce qui le distingue vraiment, c'est son mental d'acier. Il est d'un courage exemplaire et d'une générosité sans limite. Quand vous entrez en piste sur un parcours technique à 1,60 m, il vous transmet une confiance absolue. En selle, la sensation est magique : on a le sentiment qu'il est prêt à se dépasser et à tout donner pour vous sortir d'une mauvaise foulée. C'est un vrai guerrier au grand cœur.

Vous avez passé un temps précieux au sein de la Young Riders Academy. Quelles ont été les leçons ou l'encadrement les plus importants de ce programme pour vous aider à passer en douceur aux compétitions 5* seniors ?

La Young Riders Academy a été un tremplin fantastique dans ma carrière. Cela m'a ouvert des portes incroyables et m'a permis de rencontrer, d'échanger et de travailler au quotidien avec les plus grands professionnels de notre industrie, qu'il s'agisse de cavaliers, d'entraîneurs, de vétérinaires ou de managers.

Dans le cadre de ce programme, j'ai eu la chance de passer six mois en immersion totale aux Pays-Bas, au sein des écuries BWG Schröders. Vivre et s'entraîner aux côtés de cavaliers du niveau de Wim, Ben et Gerco Schröder a été une expérience d'une valeur inestimable. J'y ai appris la rigueur du travail quotidien, la gestion d'une écurie de haut niveau et la patience nécessaire pour former des chevaux. C'est une période de ma vie que je n'oublierai jamais et sur laquelle je pose toujours un regard très reconnaissant.

La République Tchèque a connu une dynamique croissante en saut d'obstacles international. Que signifie pour vous le fait de représenter votre pays et de contribuer à propulser le sport équestre tchèque sur la scène mondiale ?

Porter la veste aux couleurs de mon pays et entendre l'hymne tchèque sur les plus belles pistes du monde, c'était le rêve absolu du petit garçon que j'étais quand j'ai commencé à monter à poney. Représenter la République Tchèque au plus haut niveau est à la fois un honneur immense et un privilège que je ne prends jamais pour acquis.

Voir notre nation gagner en crédibilité et s'imposer progressivement sur la scène équestre internationale est une grande source de fierté. Mais je reste très lucide : rien de tout cela ne serait possible sans le soutien inconditionnel de ma propriétaire Ariel Grange, l'aide de Daniel Coyle et le travail acharné de toute notre équipe à la maison. Je leur dois une fière chandelle.

©Mark Spowart & Mette Holm

Outre Quintin, vous avez formé des chevaux comme Langley, Jameson et Calippo 57 sur des épreuves allant de 1,45 m à 1,55 m. Comment structurez-vous votre piquet de chevaux pour équilibrer les objectifs de Grand Prix avec le développement des jeunes talents ?

J'accorde autant d'importance au travail des jeunes chevaux qu'à la compétition avec mes chevaux d'expérience. Pour moi, les deux aspects sont indissociables si l'on veut construire une carrière pérenne. Langley et Jameson ont un statut particulier puisqu'ils sont tous les deux nés directement à Lothlorien Farms. Les voir grandir, franchir les étapes une à une et progresser dans le travail est une satisfaction incroyable.

Voir par exemple Jameson évoluer jusqu'à remporter un Grand Prix 2* et devenir un cheval extrêmement compétitif grâce au programme que nous avons mis en place est presque aussi gratifiant que de gagner un Grand Prix 5*. Cela valide notre méthodologie de formation.


Calippo 57 a franchi un cap sur des parcours à 1,55 m–1,60 m. Comment évaluez-vous son potentiel en tant que futur cheval de Grand Prix 5* aux côtés de Quintin ?


Calippo est un cheval d'exception avec un moyen colossal. Il a une envergure formidable et une vraie facilité au-dessus des barres. Le voir signer un superbe parcours sans-faute dans le Grand Prix 5* RBC du Canada durant la saison estivale a été une immense confirmation de tout ce que nous pensions de lui.

Prendre une classée dans une épreuve aussi massive et exigeante prouve qu'il a les épaules pour épauler Quintin au plus haut niveau. De plus, réaliser cette performance devant ses anciens propriétaires, qui étaient présents en bord de piste, a rendu ce moment encore plus fort et émotionnel pour toute l'équipe.

Langley a été dans une forme éblouissante en 2026. Quel rôle joue une jument fiable sur 1,45 m–1,50 m comme elle pour maintenir votre confiance à son maximum ?


Langley est une jument tout simplement fantastique. C'est le genre de monture que chaque cavalier rêve d'avoir dans son piquet. Elle est d'un respect absolu des barres, extrêmement généreuse et elle donne systématiquement 100 % d'elle-même dès qu'elle entre en piste.

Avoir une jument aussi régulière sur les épreuves intermédiaires à 1,45 m–1,50 m est un atout inestimable pour un cavalier. Elle me permet de rester dans un rythme victorieux, d'accumuler les sans-faute et de maintenir un niveau de confiance maximal avant d'aborder les gros Grands Prix du dimanche. Le fait qu'elle soit si compétitive et qu'elle ramène autant de classements est un bonus formidable pour toute l'écurie.

Monter dans des lieux emblématiques exige de gérer une pression extrême. Quelle est votre routine mentale avant d'entrer en piste pour une épreuve majeure à 1,60 m ?


Pour être tout à fait honnête, je n'ai pas de rituel superstitieux ou de routine mentale complexe. J'essaie de garder les choses aussi simples et naturelles que possible. Quand la pression monte avant une grosse épreuve à 1,60 m, je me concentre à 100 % sur mon cheval et sur ses besoins du moment.

Pendant la reconnaissance, je mémorise le parcours dans les moindres détails, je planifie mes contrats de foulées et mes trajectoires, puis je me remets dans ma bulle. Mon seul objectif est de bien monter, d'être juste dans mes aides et d'aborder mon parcours dans le calme. Conserver une attitude détendue et sereine est essentiel, car les chevaux épongent immédiatement notre stress.

Passer des circuits d'Europe centrale au circuit nord-américain implique des styles de chefs de piste différents. Comment cela a-t-il élargi votre capacité d'adaptation en tant que cavalier ?


La transition a effectivement demandé un temps d'adaptation. Les chefs de piste en Amérique du Nord ont une philosophie parfois différente de ce que l'on croise en Europe centrale. La plus grande différence réside sans doute dans le temps accordé : sur le circuit nord-américain, il est souvent extrêmement serré.

Il ne suffit pas de sauter sans faute, il faut galoper du numéro 1 au dernier obstacle sans perdre une seule seconde, tout en conservant un saut parfait. Même s'il m'arrive encore à l'occasion de prendre un petit point de temps dépassé, je sens que j'ai énormément progressé sur ce point et que j'ai pris le coup de main nécessaire pour monter vite et sans faute.


Ayant représenté la République Tchèque aux Championnats d'Europe 2025 à La Corogne avec Quintin, comment l'atmosphère d'un championnat se compare-t-elle à celle des Grands Prix 5* hebdomadaires ?

La Corogne restera gravée dans ma mémoire : c'était mon tout premier grand championnat senior et ma première sélection officielle sous la veste de l'équipe nationale tchèque. L'atmosphère y est très différente de celle d'un CSI5* classique. En Grand Prix hebdomadaire, on monte avant tout pour soi et sa propriétaire ; en championnat, on porte la responsabilité de toute une équipe, d'un chef d'équipe et d'une nation derrière soi. La tension est palpable tout au long de la semaine, chaque parcours compte pour le collectif. J'ai absolument adoré cette expérience, vivre cette cohésion d'équipe et baigner dans cette ambiance si particulière.

Si vous deviez donner un conseil aux jeunes cavaliers ou grooms qui travaillent dur en coulisses et rêvent d'atteindre le niveau Grand Prix 5*, quel serait-il ?

Mon conseil le plus sincère serait : n'abandonnez jamais vos rêves, peu importe d'où vous partez ou la lenteur apparente de votre progression. Le travail acharné, la rigueur et la persévérance finissent toujours par payer dans ce milieu.

Et surtout, n'oubliez jamais d'apprécier chaque journée passée aux écuries. Travailler avec les chevaux, prendre soin d'eux, créer un lien au quotidien et les voir évoluer est un privilège extraordinaire. Si vous gardez cette passion intacte au fond de votre cœur, les sacrifices n'en seront plus vraiment.

En prévision des grands événements estivaux comme le CHIO d'Aix-la-Chapelle, à quoi ressemblerait une semaine réussie pour vous et votre équipe ?

Une semaine réussie commence bien avant le jour J. Elle consiste à préparer nos montures dans le calme, en veillant à ce que Quintin et le reste du piquet arrivent sur place dans la meilleure forme physique et mentale possible, frais et heureux de sauter.

Une fois sur le concours, le but est simplement de dérouler mon équitation du mieux que je peux, parcours après parcours, sans brûler les étapes et en restant fidèle à notre système. Si le cheval se sent bien, que je monte juste et que toute l'équipe prend du plaisir en piste comme aux écuries, alors la semaine sera réussie. Pour le reste du résultat, nous verrons bien où le sport nous mène !

©Mark Spowart & Mette Holm

ENGLISH VERSION !


As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.

In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.

These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.

From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.

On the Road to Aachen #6 – Vaclav Stanek

“Keep your feet on the ground and appreciate every single day with the horses.”

Welcome to this new episode of our On the Road to Aachen series. Today, we have the privilege of speaking with Czech show jumper Vaclav Stanek. His journey is undoubtedly one of the most inspiring and fascinating stories in modern equestrian sport. Just a few years ago, far from the spotlight and podiums, Stanek was walking the legendary grass arena of Spruce Meadows behind the scenes as a dedicated groom. In June 2024, fate took a fairytale turn: he returned to those very same hallowed grounds in Calgary, but this time in the saddle of the brilliant and generous gelding Quintin, to capture the very first CSI5 Grand Prix victory of his career. A modern-day story built on hard work, humility, and raw passion.

©Mark Spowart & Mette Holm

In June 2024, you made Czech equestrian history by winning your first CSI5* Grand Prix at Spruce Meadows with Quintin. Looking back, how has this milestone moment changed your perspective on what you can achieve at the highest level?

It was quite simply a childhood dream coming true right before my eyes. Crossing the finish line of such a prestigious class and seeing the clock confirm the win is an indescribable feeling. Winning that CSI5* Grand Prix at Spruce Meadows made me realize one fundamental thing: I truly belonged alongside the best riders in the world and could successfully compete at the highest level of our sport.

Until you deliver a performance like that, you might hope you can do it, you might believe deep down that you're capable, but you never truly know until you’ve done it. It’s the exact same thing with horses: they need to cross that threshold to prove their potential. Winning another 5* Grand Prix last season was a crucial confirmation. It definitively proved to everyone—and to myself first—that the victory in Calgary was by no means an accident or a fluke, but the result of solid, consistent work.

Your story is remarkable: just a few years before winning that 5* Grand Prix in Calgary, you were working as a groom at Spruce Meadows. How has that hands-on experience shaped your approach as a rider and competitor?

In Europe, I had a more traditional path: I worked mainly as a home rider, producing young horses or working in sales yards. When I decided to cross the Atlantic and move to North America, I started from scratch. I didn't know a single person in the local horse community. So, I naturally took a job as a groom. For me, it was the best way to see that part of the world, observe the American system, and seize any opportunity that might come up.

Looking back, I’m immensely grateful I did it. Taking care of horses wasn't new to me: since my early pony days, I had always groomed, cared for, and managed my own mounts. Having that horsemanship perspective before thinking of yourself as a pilot changes everything. I love spending time in the barn every day, grooming my horses, monitoring their fitness, spotting the slightest shift in their behavior, and building a genuine bond. Being an integral part of their daily development makes the victories in the ring infinitely sweeter.

You share the ride on Quintin with Irish star Daniel Coyle. How do you manage sharing a top-level horse, and why does your system work so well?

Daniel and I are fortunate to both work for Ariel Grange, the owner of Lothlorien Farms, who places incredible trust in us. Daniel is exceptionally talented and had tremendous success with Quintin at the 5* level himself. However, when he moved to Europe to prepare for the Olympic Games with his lead mare Legacy, Quintin stayed behind in Canada. At that time, I was riding him at home alongside my string of young horses. That’s how the opportunity to compete him naturally came about for me.

Today, I’m the main one presenting Quintin in competition, but Daniel remains a vital pillar in our program: he trains me extensively, gives expert guidance from the ringside, and still rides Quintin occasionally in training. We also continue to share other horses, especially the younger prospects. The reason this system works so well is that there are no egos involved. We know each other inside out, communicate daily, and above all, Ariel Grange establishes a tailored plan for each horse to preserve their mind and soundness over the long haul.

Spruce Meadows is famous for its massive grass arenas and delicate, imposing obstacles. How has competing regularly in Calgary prepared you for other legendary grass arenas, like Aachen?

I have a very special place in my heart for Spruce Meadows. It’s a magical venue and truly unique in the world for anyone who loves top-tier sport. The fences are huge, the ground is demanding, the course designs require extreme precision, and the jump-offs demand high speed while keeping perfect lines.

In my eyes, competing regularly at Calgary is the ultimate school. It’s the best preparation imaginable for any major international championship or iconic shows like CHIO Aachen. When you and your horse have jumped 1.60m courses at Spruce Meadows over massive planks and wide oxers, no arena in the world can intimidate you.

Quintin has been a key partner in your rise. What are his greatest physical and mental qualities when facing a demanding 1.60m course?

Quintin is simply the horse of a lifetime. He holds a very special place in my heart. Physically, he possesses extraordinary athletic power and a scope at takeoff that makes you feel like nothing is too high or too wide for him.

But what truly sets him apart is his mental toughness. He is exceptionally brave and unconditionally generous. When you enter the ring for a technical 1.60m track, he instills absolute confidence in you. Under saddle, the feeling is incredible: you genuinely feel like he’s ready to dig deep and do whatever it takes to help you out if you get into a spot. He’s a true warrior with a heart of gold.

You spent valuable time with the Young Riders Academy. What were the most important lessons or mentorship moments from that program in helping you transition smoothly to senior 5* competition?

The Young Riders Academy was a fantastic stepping stone in my career. It opened incredible doors and allowed me to meet, exchange ideas with, and work alongside the top professionals in our industry—whether riders, trainers, vets, or team managers.

As part of the program, I had the opportunity to spend six months fully immersed in the Netherlands at BWG Schröders. Living and training alongside riders of the caliber of Wim, Ben, and Gerco Schröder was an invaluable experience. I learned the daily discipline, top-tier stable management, and patience required to produce horses for the long term. It’s a period of my life I will never forget and look back on with deep gratitude.

The Czech Republic has seen growing momentum in international show jumping. What does it mean to you to represent your country and help propel Czech equestrian sport onto the global stage?

Wearing my country’s jacket and hearing the Czech national anthem on the world’s finest arenas was the ultimate dream of the little boy I was when I started riding ponies. Representing the Czech Republic at the highest level is both a immense honor and a privilege I never take for granted.

Seeing our nation gain credibility and establish itself on the international show jumping scene is a huge source of pride. But I remain grounded: none of this would be possible without the unwavering support of my owner Ariel Grange, Daniel Coyle’s guidance, and the hard work of our whole team back home. I owe them a huge debt of gratitude.

Alongside Quintin, you’ve produced horses like Langley, Jameson, and Calippo 57 at 1.45m–1.55m levels. How do you structure your string to balance Grand Prix targets with developing young talent?

I place just as much importance on working with young horses as I do on competing with my experienced top-level mounts. To me, the two aspects are inseparable if you want to build a sustainable career. Langley and Jameson are particularly special because they were both born right at Lothlorien Farms. Watching them grow, step up tier by tier, and progress through training is unbelievably rewarding.

Seeing a horse like Jameson develop to the point of winning a 2* Grand Prix and becoming an outstanding competitor through our system is almost as gratifying as winning a 5* Grand Prix. It validates our training philosophy.

Calippo 57 has stepped up significantly over 1.55m–1.60m tracks. How do you evaluate his potential as a future 5* Grand Prix horse alongside Quintin?

Calippo is an exceptional horse with unbelievable scope. He has immense presence and real ease over big fences. Seeing him post a brilliant clear round in the RBC 5* Grand Prix at Canada during the summer season was a huge confirmation of everything we believed he could do.

Placing in such a massive and demanding class proves he has the shoulders to support Quintin at the very top level. On top of that, delivering that performance in front of his former owners, who were ringside, made the moment even more meaningful and emotional for the whole team.

Langley was in dazzling form in 2026. What role does a reliable 1.45m–1.50m horse like her play in keeping your confidence at its peak?

Langley is simply a fantastic mare. She is the kind of mount every rider dreams of having in their string. She is incredibly careful, extremely generous, and consistently gives 100% every single time she steps into the arena.

Having such a consistent horse in the 1.45m–1.50m classes is an invaluable asset for a rider. She allows me to stay in a winning rhythm, rack up clear rounds, and keep my confidence at its absolute peak before heading into Sunday’s major Grand Prix classes. The fact that she is so competitive and wins so much is a fantastic bonus for the whole barn.

Riding at iconic venues requires managing extreme pressure. What is your mental routine before stepping into the ring for a major 1.60m class?

To be completely honest, I don't have any superstitious rituals or complex mental routines. I try to keep things as simple and natural as possible. When the pressure builds before a big 1.60m class, I focus 100% on my horse and what he needs in that moment.

During the course walk, I memorize the track down to the smallest detail, plan my stride counts and lines, and then get back into my bubble. My sole focus is to ride well, execute my aids accurately, and keep everything as relaxed as possible. Staying calm and composure is essential because horses absorb our stress instantly.

Transitioning from Central European circuits to North America involves different course designing styles. How has this broadened your adaptability as a rider?

The transition definitely required an adaptation period. Course designers in North America often have a different philosophy compared to what you encounter in Central Europe. The biggest difference is undoubtedly the time allowed: on the North American circuit, it is often extremely tight.

It’s not enough to just jump clear; you have to gallop from fence one to the finish without losing a second, all while maintaining perfect jumping form. Even though I still pick up a time fault occasionally, I feel I’ve improved tremendously on that front and gotten the hang of riding fast while staying clear.

Having represented the Czech Republic at the 2025 European Championships in A Coruña with Quintin, how does the atmosphere of a championship compare to weekly 5* Grands Prix?

A Coruña will always stay with me: it was my very first senior championship and my first official call-up to the Czech national team. The atmosphere is completely different from a regular 5* Grand Prix. In a weekly Grand Prix, you are riding primarily for yourself and your owner; at a championship, you carry the responsibility of an entire team, a chef d'équipe, and a country behind you. The tension is palpable all week long, and every single round matters for the team result. I absolutely loved the experience, living that team spirit, and being immersed in such a special atmosphere.

If you had one piece of advice for young riders or grooms working hard behind the scenes who dream of reaching the 5* Grand Prix level, what would it be?

My most heartfelt advice would be: never give up on your dreams, no matter where you start or how slow your progress might seem. Hard work, discipline, and perseverance always pay off in this sport.

And above all, never forget to enjoy every single day spent in the barn. Working with horses, taking care of them, building a connection, and watching them develop is an extraordinary privilege. If you keep that passion alive in your heart, the sacrifices won't feel like sacrifices at all.

Looking ahead to major summer events like CHIO Aachen, what would a successful week look like for you and your team?

A successful week starts long before competition day. It means preparing our horses in peace, ensuring that Quintin and the rest of the string arrive on-site in the best possible physical and mental shape—fresh and happy to jump.

Once at the show, the goal is simply to execute my riding to the best of my ability, round after round, without rushing steps, and staying true to our system. If the horse feels good, I ride accurately, and the whole team enjoys the experience both in the ring and back in the stables, then the week will be a success. As for the results on the board, we’ll see where the sport takes us!

Versión En Español

A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.

En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.

Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.

Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.

On the Road to Aachen #6 – Vaclav Stanek

"Hay que mantener los pies en la tierra y disfrutar de cada día con los caballos."

Bienvenidos a este nuevo episodio de nuestra serie En Ruta hacia Aquisgrán. Hoy tenemos el privilegio de dar la palabra al jinete de salto checo Vaclav Stanek. Su trayectoria es sin duda una de las historias más inspiradoras y fascinantes del deporte ecuestre moderno. Hace apenas unos años, lejos de los focos y los podios, Stanek recorría la legendaria pista de hierba de Spruce Meadows entre bambalinas, como mozo de cuadra dedicado. En junio de 2024, el destino dio un giro de cuento de hadas: regresó a esas mismas tierras sagradas de Calgary, pero esta vez a lomos del brillante y generoso capón Quintin, para alzarse con la primera victoria de su carrera en un Gran Premio CSI5. Una historia moderna forjada a base de trabajo, humildad y pura pasión

©Mark Spowart & Mette Holm

En junio de 2024, hizo historia en la hípica checa al ganar su primer Gran Premio CSI5* en Spruce Meadows con Quintin. Mirando hacia atrás, ¿cómo cambió ese momento decisivo su perspectiva sobre lo que puede lograr al más alto nivel?

Fue sencillamente un sueño de la infancia hecho realidad ante mis ojos. Cruzar la línea de meta en una prueba tan prestigiosa y ver que el cronómetro confirma la victoria es una sensación indescriptible. Ganar ese Gran Premio CSI5* en Spruce Meadows me hizo darme cuenta de algo fundamental: realmente tenía mi lugar junto a los mejores jinetes del mundo y podía competir con éxito en la élite de nuestro deporte.

Hasta que no logras una actuación así, puedes esperar ser capaz, puedes creer en el fondo de ti que lo vas a conseguir, pero nunca lo sabes con certeza. Pasa exactamente lo mismo con los caballos: necesitan dar ese salto para demostrar su potencial. Y el hecho de haber ganado otro Gran Premio 5* la temporada pasada fue una confirmación crucial. Demostró definitivamente a todo el mundo —y a mí el primero— que esa victoria en Calgary no fue en absoluto un accidente o un golpe de suerte, sino el fruto de un trabajo sólido.

Su historia es extraordinaria: solo unos años antes de ganar este Gran Premio 5* en Calgary, trabajaba como mozo de cuadra en Spruce Meadows. ¿Cómo ha moldeado esa experiencia sobre el terreno su enfoque como jinete y competidor?

En Europa tuve un recorrido más tradicional: trabajaba principalmente como jinete de casa, montando caballos jóvenes o trabajando en cuadras de comercio. Cuando decidí cruzar el Atlántico para ir a Norteamérica, empecé desde cero. No conocía a absolutamente nadie en el mundo hípico local. Así que, de manera natural, acepté un trabajo de mozo. Para mí era la mejor forma de descubrir esa parte del mundo, observar el sistema americano y aprovechar cualquier oportunidad que surgiera.

Hoy estoy inmensamente agradecido de haber pasado por ahí. En realidad, cuidar de los caballos no era algo nuevo para mí: desde mis inicios en ponis, siempre he cepillado, curado y gestionado mis propios caballos. Tener esa perspectiva de hombre de campo antes de verte únicamente como un piloto lo cambia todo. Me encanta pasar tiempo en las cuadras cada día, limpiar a mis caballos, observar su estado de forma, detectar el más mínimo cambio en su comportamiento y construir una relación real. Ser parte integrante de su evolución diaria hace que las victorias en la pista sean infinitamente más gratificantes.

Comparte la monta de Quintin con la estrella irlandesa Daniel Coyle. ¿Cómo gestionan el compartir un caballo al máximo nivel y por qué funciona tan bien su sistema?

Daniel y yo tenemos la suerte de trabajar para Ariel Grange, la propietaria de Lothlorien Farms, quien deposita una confianza increíble en nosotros. Daniel tiene un talento excepcional y él mismo ha montado a Quintin con grandísimo éxito a nivel 5*. Sin embargo, cuando tuvo que instalarse en Europa para preparar los Juegos Olímpicos con su yegua principal Legacy, Quintin se quedó en Canadá. En ese momento, era yo quien lo montaba en casa, en paralelo a mi grupo de caballos jóvenes. Así fue como se presentó de forma natural la oportunidad de salir a competir con él.

Hoy en día soy principalmente yo quien compite con Quintin, pero Daniel sigue siendo un pilar fundamental en nuestra organización: me entrena muchísimo, me da su visión experta desde el pie de pista y a veces vuelve a montar a Quintin en los entrenamientos. También seguimos compartiendo otros caballos, especialmente las jóvenes promesas. Si este sistema funciona tan bien es porque no hay egos de por medio. Nos conocemos a la perfección, nos comunicamos a diario y, sobre todo, Ariel Grange establece una planificación a medida para cada caballo para preservar su mente y su salud a largo plazo.

Spruce Meadows es famoso por sus inmensas pistas de hierba y sus obstáculos masivos y delicados. ¿Cómo le ha preparado el competir regularmente en Calgary para otras pistas de hierba legendarias, como Aquisgrán?

Tengo un cariño muy especial por Spruce Meadows. Es un lugar mágico y verdaderamente único en el mundo para cualquiera que ame el gran deporte. Los obstáculos son imponentes, el terreno es exigente, los recorridos diseñados por los jefes de pista requieren una precisión extrema y los desempates exigen ir muy rápido manteniendo una línea perfecta.

A mis ojos, competir con regularidad en Calgary es la escuela definitiva. Es la preparación perfecta para afrontar cualquier gran campeonato internacional o concursos míticos como el CHIO de Aquisgrán. Cuando tú y tu caballo habéis saltado recorridos de 1,60 m en Spruce Meadows sobre muretes masivos y triples barras gigantescas, ya no hay ninguna pista en el mundo que pueda imponerte miedo.

Quintin ha sido un compañero clave en su ascenso. ¿Cuáles son sus mayores cualidades físicas y mentales ante un recorrido exigente de 1,60 m?

Quintin es sencillamente el caballo de mi vida. Tiene un lugar muy especial en mi corazón. En el plano físico, posee una fuerza atlética fuera de lo común y una potencia en la batida que te hace sentir que no hay nada demasiado alto ni demasiado ancho para él.

Pero lo que realmente lo distingue es su mente de acero. Es de una valentía ejemplar y de una generosidad sin límites. Cuando entras en pista para un recorrido técnico de 1,60 m, te transmite una confianza absoluta. En la montura la sensación es mágica: sientes que está dispuesto a darlo todo por ti para sacarte de un compromiso si te equivocas de distancia. Es un verdadero guerrero con un corazón de oro.

Pasó un tiempo muy valioso en la Young Riders Academy. ¿Cuáles fueron las lecciones o tutorías más importantes de este programa para ayudarle a dar el salto con fluidez a las competiciones 5* sénior?

La Young Riders Academy fue un trampolín fantástico en mi carrera. Me abrió puertas increíbles y me permitió conocer, intercambiar ideas y trabajar a diario con los mejores profesionales de nuestra industria, ya fueran jinetes, entrenadores, veterinarios o gestores de cuadra.

Como parte del programa, tuve la oportunidad de pasar seis meses en inmersión total en los Países Bajos, en las cuadras BWG Schröders. Vivir y entrenar junto a jinetes del nivel de Wim, Ben y Gerco Schröder fue una experiencia de un valor incalculable. Allí aprendí la disciplina del trabajo diario, la gestión de una cuadra de alto nivel y la paciencia necesaria para formar caballos. Es una etapa de mi vida que nunca olvidaré y que recuerdo siempre con enorme gratitud.

La República Checa ha experimentado un impulso creciente en el salto de obstáculos internacional. ¿Qué significa para usted representar a su país y contribuir a impulsar el deporte ecuestre checo en la escena mundial?

Llevar la chaqueta con los colores de mi país y escuchar el himno checo en las mejores pistas del mundo era el sueño absoluto del niño que era cuando empecé a montar en ponis. Representar a la República Checa al más alto nivel es tanto un honor inmenso como un privilegio que nunca doy por sentado.

Ver que nuestra nación gana credibilidad y se impone progresivamente en la escena hípica internacional es una gran fuente de orgullo. Pero me mantengo muy realista: nada de esto sería posible sin el apoyo incondicional de mi propietaria Ariel Grange, la ayuda de Daniel Coyle y el trabajo constante de todo nuestro equipo en casa. Les debo una gratitud enorme.

Además de Quintin, ha formado a caballos como Langley, Jameson y Calippo 57 en pruebas de 1,45 m a 1,55 m. ¿Cómo estructura su cuadra para equilibrar los objetivos de Gran Premio con el desarrollo de jóvenes talentos?

Doy la misma importancia al trabajo con caballos jóvenes que a la competición con mis caballos con experiencia. Para mí, ambos aspectos son indisociables si se quiere construir una carrera duradera. Langley y Jameson tienen un carácter especial, ya que ambos nacieron directamente en Lothlorien Farms. Verlos crecer, subir escalón a escalón y progresar en el trabajo es una satisfacción increíble.

Ver, por ejemplo, a un caballo como Jameson evolucionar hasta ganar un Gran Premio 2* y convertirse en un gran competidor gracias a nuestro programa es casi tan gratificante como ganar un Gran Premio 5*. Valida por completo nuestra metodología de entrenamiento.

Calippo 57 ha dado un salto cualitativo en recorridos de 1,55 m–1,60 m. ¿Cómo evalúa su potencial como futuro caballo de Gran Premio 5* junto a Quintin?

Calippo es un caballo excepcional con un medio colosal. Tiene una envergadura fantástica y una soltura real sobre los saltos. Verlo firmar un magnífico recorrido sin falta en el Gran Premio 5* RBC de Canadá durante la temporada de verano fue una confirmación enorme de todo lo que pensábamos que podía hacer.

Clasificarse en una prueba tan masiva y exigente demuestra que tiene la capacidad suficiente para acompañar a Quintin en el máximo nivel. Además, lograr esa actuación ante sus antiguos propietarios, que estaban presentes en el borde de la pista, hizo que ese momento fuera aún más emotivo e importante para todo el equipo.

Langley estuvo en una forma deslumbrante en 2026. ¿Qué papel juega una yegua fiable en 1,45 m–1,50 m como ella para mantener su confianza al máximo?

Langley es una yegua sencillamente fantástica. Es el tipo de montura que todo jinete sueña con tener en su cuadra. Es enormemente respetuosa con los palos, extremadamente generosa y da sistemáticamente el 100 % de sí misma cada vez que entra en pista.

Tener una yegua tan regular en las pruebas intermedias de 1,45 m–1,50 m es un activo incalculable para un jinete. Me permite mantener un ritmo ganador, acumular recorridos sin falta y conservar un nivel de confianza máximo antes de afrontar los grandes Grandes Premios del domingo. El hecho de que sea tan competitiva y gane tanto es un premio fantástico para toda la cuadra.

Montar en escenarios emblemáticos exige gestionar una presión extrema. ¿Cuál es su rutina mental antes de entrar en pista para una prueba importante de 1,60 m?

Para ser totalmente honesto, no tengo ningún ritual de superstición ni rutina mental compleja. Intento mantener las cosas lo más simples y naturales posible. Cuando la presión sube antes de una gran prueba de 1,60 m, me concentro al 100 % en mi caballo y en lo que necesita en ese momento.

Durante el reconocimiento de la pista, memorizo el recorrido hasta el más mínimo detalle, planifico mis distancias de zancadas y mis líneas, y luego me vuelvo a meter en mi burbuja. Mi único objetivo es montar bien, ser preciso con mis ayudas y mantener la calma. Conservar una actitud relajada y serena es esencial, porque los caballos absorben nuestro estrés de inmediato.

Pasar de los circuitos de Europa Central al circuito norteamericano implica estilos de jefes de pista diferentes. ¿Cómo ha ampliado esto su capacidad de adaptación como jinete?

La transición requirió sin duda un tiempo de adaptación. Los diseñadores de recorridos en Norteamérica suelen tener una filosofía diferente a la que te encuentras en Europa Central. La mayor diferencia reside sin duda en el tiempo permitido: en el circuito norteamericano suele ser extremadamente ajustado.

No basta con saltar sin falta; hay que galopar del número 1 al último obstáculo sin perder un solo segundo, manteniendo una técnica de salto perfecta. Aunque a veces todavía me cae algún punto por exceso de tiempo, siento que he mejorado muchísimo en ese aspecto y que le he cogido el truco a montar rápido y sin falta.

Habiendo representado a la República Checa en el Campeonato de Europa de 2025 en La Coruña con Quintin, ¿cómo se compara la atmósfera de un campeonato con la de los Grandes Premios 5* semanales?

La Coruña se quedará siempre grabada en mi memoria: fue mi primer gran campeonato sénior y mi primera convocatoria oficial con el equipo nacional checo. La atmósfera es completamente diferente a la de un Gran Premio 5* habitual. En un Gran Premio semanal montas principalmente para ti y para tu propietario; en un campeonato llevas la responsabilidad de todo un equipo, un jefe de equipo y un país entero detrás. La tensión se siente durante toda la semana y cada recorrido cuenta para el resultado colectivo. Me encantó la experiencia, vivir ese espíritu de equipo y sumergirme en una atmósfera tan especial.

Si tuviera que dar un consejo a los jinetes jóvenes o mozos de cuadra que trabajan duro entre bambalinas y sueñan con llegar al nivel Gran Premio 5*, ¿cuál sería?

Mi consejo más sincero sería: nunca renunciéis a vuestros sueños, no importa de dónde vengáis ni lo lenta que parezca vuestra progresión. El trabajo duro, la disciplina y la perseverancia siempre dan sus frutos en este deporte.

Y sobre todo, no olvidéis jamás disfrutar de cada día en las cuadras. Trabajar con caballos, cuidarlos, crear un vínculo diario y verlos evolucionar es un privilegio extraordinario. Si mantenéis esa pasión viva en el corazón, los sacrificios dejarán de sentirse como tales.

De cara a los grandes eventos de verano como el CHIO de Aquisgrán, ¿cómo sería una semana exitosa para usted y su equipo?

Una semana exitosa empieza mucho antes del día de la competición. Consiste en preparar a nuestras monturas con tranquilidad, asegurándonos de que Quintin y el resto de la cuadra lleguen en la mejor forma física y mental posible, frescos y contentos de saltar.

Una vez en el concurso, el objetivo es simplemente ejecutar mi equitación lo mejor que sé, recorrido tras recorrido, sin saltarme etapas y manteniéndonos fieles a nuestro sistema. Si el caballo se siente bien, yo monto con precisión y todo el equipo disfruta de la experiencia tanto en la pista como en los boxes, entonces la semana habrá sido un éxito. En cuanto a los resultados finales, ¡ya veremos a dónde nos lleva el deporte!

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Samuel Benibre