On the Road to Aachen #8 – Bekzod Kurbanov "Je veux montrer aux jeunes Ouzbeks que tout est possible."
Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !
JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !
Samuel Benibre
8/6/202632 min read
Après avoir découvert les parcours de Juan Bautista, Vaclav Stanek et Ali Aziznia, la série « On the Road to Aachen » du Mag'Équestre poursuit son immersion auprès des cavaliers qui s'apprêtent à vivre l'un des plus grands rendez-vous de leur carrière: les Championnats du monde FEI 2026 à Aix-la-Chapelle.
Pour ce nouvel épisode, direction l'Ouzbékistan avec Bekzod Kurbanov, cavalier professionnel qui représente son pays avec éclat au plus haut niveau international. Depuis plusieurs saisons, son nom s'inscrit progressivement parmi les talents à suivre du circuit cinq étoiles, porté par un partenariat devenu particulièrement fort avec son hongre Matts V.G.
Fils d'une philosophie basée sur la patience, la formation et le respect du développement du cheval, Bekzod Kurbanov n'est pas un cavalier qui cherche la précipitation. Son approche repose sur la construction à long terme: comprendre ses chevaux, les accompagner dans leur progression et leur permettre d'atteindre leur plein potentiel.
Avec Matts V.G., hongre BWP de 14 ans par Emerald x Chellano Z, il aborde aujourd'hui une nouvelle étape de son parcours avec un objectif majeur: performer à Aachen et offrir à l'Ouzbékistan une visibilité inédite sur la plus grande scène mondiale

Bonjour Bekzod. Pour commencer, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Vous incarnez aujourd'hui l'une des figures de la nouvelle génération du saut d'obstacles ouzbek sur la scène internationale. Comment expliquez-vous l'évolution spectaculaire de notre sport dans votre pays ces dernières années ?
Mon histoire avec le cheval a commencé grâce à mon père.
Près de chez nous se trouvait l'École républicaine d'excellence sportive en équitation, où il travaillait comme groom. Très jeune, mon frère et moi l'accompagnions régulièrement pour l'aider à s'occuper des chevaux. J'ai grandi dans les écuries, au contact des cavaliers, des entraîneurs et des chevaux. C'est là que ma passion est née.
Ce qui n'était au départ qu'un simple souvenir d'enfance est progressivement devenu ma profession, mais surtout une véritable manière de vivre.
Aujourd'hui, je peux dire avec conviction que le sport équestre connaît un développement considérable en Ouzbékistan, particulièrement au cours des cinq ou six dernières années.
Nous voyons arriver de plus en plus de chevaux de grande qualité, le niveau sportif progresse constamment et, surtout, une nouvelle génération très prometteuse est en train d'émerger.
Il existe aujourd'hui de nombreux enfants, juniors et jeunes cavaliers particulièrement talentueux qui progressent rapidement et démontrent déjà un potentiel très encourageant.
Voir l'Ouzbékistan prendre progressivement sa place sur la scène internationale est une immense satisfaction. Je suis convaincu que notre pays possède un avenir extrêmement prometteur dans le sport équestre.
Vous avez réalisé un exploit inédit pour votre pays en vous qualifiant la même année pour la Finale de la Coupe du monde FEI au Texas et pour les Championnats du monde d'Aachen. Que représente cette double qualification, aussi bien pour vous que pour l'équitation ouzbèke ?
Obtenir les qualifications pour ces deux grands championnats représente une étape extrêmement importante de ma carrière.
Réussir à décrocher les minima nécessaires pour participer à deux des plus grands événements mondiaux demande énormément de travail tout au long de la saison. Rien n'est acquis facilement.
Mais avant tout, je considère que cette réussite appartient à toute mon équipe.
J'ai la chance d'être entouré de personnes qui me soutiennent chaque jour, qui préparent les chevaux avec une implication totale et qui font tout leur possible pour que nous puissions atteindre nos objectifs.
Dans notre discipline, personne ne réussit seul. Chaque performance est le résultat d'un travail collectif, et je vois ces qualifications comme une victoire partagée.
Sur le plan personnel, cette qualification représente également une immense responsabilité.
À chaque fois que j'entre sur une piste internationale, je ne représente pas uniquement Bekzod Kurbanov : je représente également l'Ouzbékistan.
J'espère sincèrement que voir un cavalier ouzbek évoluer lors de ces grandes compétitions donnera envie à d'autres jeunes de croire en leurs rêves et de viser eux aussi le plus haut niveau.
Si mon parcours peut inspirer la nouvelle génération, alors tous les efforts consentis prennent une dimension encore plus forte.
Votre saison a été marquée par plusieurs performances majeures, notamment une médaille d'argent dans le Grand Prix d'Abu Dhabi avec Santos Hippica ainsi que votre participation à la Finale de la Coupe du monde avec Matts V.G. Quels enseignements retenez-vous de ces confrontations face aux meilleurs cavaliers de la planète ?
Cela fait maintenant plusieurs années que je participe régulièrement à des compétitions internationales, et cette expérience a énormément contribué à ma progression.
Lorsque vous affrontez semaine après semaine les meilleurs cavaliers du monde, vous gagnez progressivement en confiance.
Vous apprenez à gérer vos émotions, à prendre les bonnes décisions en quelques secondes et à rester pleinement concentré, quelle que soit l'importance de l'événement ou la pression qui l'entoure.
Chaque grand concours apporte quelque chose de nouveau.
Observer les meilleurs, analyser leur manière d'aborder les parcours et avoir la possibilité de concourir à leurs côtés constitue une source d'apprentissage permanente.
Pour moi, c'est un immense privilège de faire partie de ces compétitions, mais aussi une motivation supplémentaire pour continuer à progresser et à me fixer des objectifs toujours plus ambitieux.
Aix-la-Chapelle est souvent considérée comme la cathédrale mondiale du saut d'obstacles. Dans quel état d'esprit abordez-vous ces Championnats du monde et comment avez-vous construit votre préparation afin d'arriver au meilleur de votre forme ?
Pour n'importe quel cavalier de saut d'obstacles, participer à Aachen représente quelque chose d'unique.
C'est l'un des concours les plus prestigieux au monde, et participer aux Championnats du monde a toujours figuré parmi mes plus grands objectifs sportifs.
Bien sûr, il existe une certaine nervosité avant un rendez-vous de cette importance.
Mais j'essaie toujours de maîtriser mes émotions et de concentrer toute mon attention sur ce que j'ai à accomplir.
Je suis convaincu que plus le cavalier est calme et confiant, plus cette sérénité est transmise naturellement à son cheval.
Nous avons préparé ce championnat avec énormément de rigueur.
Toute la saison a été organisée afin d'arriver à Aachen dans les meilleures conditions possibles, tant physiquement que mentalement.
Mon cheval principal possède déjà une solide expérience internationale. Il est habitué aux grandes pistes, aux stades impressionnants et à l'atmosphère des grands championnats.
Savoir qu'il évolue avec autant de sérénité dans ce type d'environnement me donne beaucoup de confiance.
J'espère que nous saurons montrer le meilleur de nous-mêmes lorsque nous entrerons sur la piste de la Soers.
Votre piquet s'appuie notamment sur l'expérience de Matts V.G. (Emerald x Chellano Z), mais aussi sur Santos Hippica et Quintus HB. Pourriez-vous nous présenter ces chevaux et nous expliquer comment vous gérez leur calendrier afin de les amener au meilleur niveau tout au long de la saison ?
Chaque cheval possède une personnalité différente et demande donc une approche qui lui est propre.
Matts V.G. est un partenaire extrêmement expérimenté. C'est un cheval calme, doté d'une grande puissance et d'une solide expérience sur les parcours les plus exigeants du circuit international. C'est naturellement autour de lui que nous construisons notre saison, notamment lorsqu'il s'agit des grands concours internationaux et des championnats. Son expérience représente un véritable atout dans ce type d'épreuves.
Santos Hippica, à l'inverse, possède un profil très différent. C'est un cheval particulièrement rapide et très réactif. Je ne pourrais pas imaginer un meilleur partenaire sur les épreuves comprises entre 1,40 m et 1,45 m. Il excelle aussi bien dans les parcours classiques que dans les barrages de vitesse, où son agilité et sa rapidité font réellement la différence.
Quant à Quintus HB, il se trouve actuellement à l'écurie, où il est confié à mes élèves. Je le monte principalement sur le circuit asiatique et beaucoup plus rarement en Europe.
C'est précisément pour cette raison que toute notre saison est planifiée avec beaucoup d'attention.
Notre priorité est de conserver chaque cheval frais, motivé et prêt à performer lors des échéances importantes, sans jamais les surcharger. Nous adaptons leur calendrier en fonction de leurs qualités et de leurs objectifs respectifs.
Jusqu'à présent, cette organisation fonctionne très bien et je suis particulièrement satisfait de l'évolution de chacun de mes chevaux.
©David Pertenava

Après avoir dominé la Sous-Ligue d'Asie centrale puis la Ligue Eurasienne, vous évoluez désormais régulièrement sur les circuits du Moyen-Orient et d'Europe. Quelles ont été les principales adaptations nécessaires pour franchir ce nouveau cap ?
Accéder au plus haut niveau international représente un véritable défi pour n'importe quel cavalier.
Ce n'est pas uniquement une question de hauteur d'obstacles. Les parcours deviennent plus rapides, beaucoup plus techniques, la concurrence est plus dense et les exigences en matière de préparation sont considérablement plus élevées.
Pour les cavaliers de notre région, une autre difficulté vient s'ajouter à tout cela : la logistique.
Acheminer des chevaux vers les grands concours européens est extrêmement complexe. Chaque déplacement demande une préparation très importante, aussi bien sur le plan administratif que logistique.
Les passages de frontières sont parfois longs et compliqués, et le contexte international actuel rend ces démarches encore plus exigeantes.
Cela nécessite énormément d'organisation, de temps et un véritable travail d'équipe.
Malgré toutes ces difficultés, nous continuons d'avancer.
Je suis profondément reconnaissant envers toutes les personnes qui travaillent quotidiennement à nos côtés ainsi qu'envers mon sponsor, Gaziev Bakhromjon Valievich, dont le soutien rend une grande partie de cette aventure possible.
Grâce à cet effort collectif, nous continuons à progresser, à acquérir de l'expérience au plus haut niveau et à représenter fièrement l'Ouzbékistan sur la scène internationale.
Entrer dans un stade aussi mythique qu'Aachen, devant des milliers de spectateurs, demande une maîtrise mentale exceptionnelle. Quelles sont vos routines pour rester concentré avant un grand parcours ?
Pour moi, le plus important est de rester calme.
Bien sûr, à un tel niveau de compétition, il est impossible de faire totalement disparaître le stress. Mais au fil des années et des nombreuses compétitions internationales, j'ai appris à mieux contrôler mes émotions et à me concentrer uniquement sur ce qui compte réellement.
J'essaie toujours de ne pas penser au résultat avant d'entrer en piste.
À cet instant précis, il n'existe plus que deux choses : mon cheval et le parcours.
L'expérience de mon partenaire m'aide énormément. Il a déjà participé à de nombreuses compétitions internationales et il reste très serein face aux grands stades, au public ou à l'ambiance particulière de ces événements.
Cette confiance qu'il dégage me permet, moi aussi, d'aborder le parcours avec davantage de sérénité.
Lorsqu'un cavalier et son cheval se font totalement confiance, il devient beaucoup plus facile de rester concentré, même dans les moments où la pression est la plus forte.
Entre le Moyen-Orient, la Finale de la Coupe du monde aux États-Unis et désormais les grands rendez-vous européens, vos chevaux parcourent des milliers de kilomètres chaque saison. Comment votre équipe veille-t-elle à préserver leur récupération et leur bien-être pendant ces longs déplacements ?
C'est probablement l'un des aspects les plus complexes de notre métier.
Pour nous, le transport des chevaux est presque aussi important que leur préparation sportive.
Chaque voyage est organisé avec énormément de précision et d'attention.
Le passage des frontières internationales représente souvent la partie la plus difficile. Certaines procédures prennent beaucoup de temps et demandent une préparation administrative particulièrement rigoureuse.
Tout cela peut représenter une charge supplémentaire, aussi bien pour l'équipe que pour les chevaux.
Heureusement, je suis entouré de personnes extrêmement compétentes qui connaissent parfaitement leurs responsabilités.
Grâce à leur professionnalisme, nous faisons tout notre possible pour que les chevaux voyagent dans les meilleures conditions, arrivent reposés et puissent retrouver rapidement toutes leurs capacités physiques avant la compétition.
À l'heure actuelle, nous poursuivons notre préparation en Allemagne.
J'ai également la chance de pouvoir compter sur le soutien de nombreux collègues européens, et plus particulièrement de mon entraîneur Andrei Shaloxin, qui m'accompagne quotidiennement dans ce travail.
La Fédération équestre d'Ouzbékistan nous apporte également un soutien très important, qui nous permet de préparer cette saison et ces Championnats du monde dans les meilleures conditions possibles.
Vous êtes aujourd'hui l'un des visages du saut d'obstacles ouzbek sur la scène internationale. Que ressentez-vous lorsque vous entrez en piste avec le drapeau de votre pays sur la veste, face aux plus grandes nations du monde ?
Représenter son pays est probablement l'un des plus grands honneurs qu'un sportif puisse connaître.
À chaque fois que j'entre sur une piste internationale, je ressens une immense fierté de porter les couleurs de l'Ouzbékistan. Voir notre drapeau présent aux côtés des plus grandes nations du saut d'obstacles est quelque chose de très spécial.
J'espère sincèrement que notre présence au plus haut niveau donnera envie à de nombreux jeunes cavaliers de croire en leurs ambitions.
Notre pays possède énormément de talents.
Je suis convaincu qu'avec davantage d'opportunités, d'expérience internationale et de soutien, de nombreux cavaliers ouzbeks pourront, eux aussi, évoluer un jour sur les plus grandes pistes du monde.
Si mon parcours peut contribuer, même modestement, au développement de notre sport, alors j'en serai extrêmement heureux.
Le sport évolue constamment, tout comme les exigences du très haut niveau. Comment adaptez-vous aujourd'hui votre méthode de travail pour permettre à vos chevaux de rester performants tout au long d'une saison internationale ?
Le saut d'obstacles évolue chaque année.
Les parcours deviennent plus techniques, les chevaux toujours plus performants et la préparation doit suivre cette évolution.
Aujourd'hui, rien ne peut être laissé au hasard.
Nous travaillons énormément sur la condition physique des chevaux, leur récupération, leur alimentation et leur bien-être général.
Chaque détail compte.
Notre objectif est de construire un programme adapté à chacun d'eux afin qu'ils arrivent en pleine forme lors des grands rendez-vous de la saison.
Au plus haut niveau, ce ne sont souvent que de petits détails qui font la différence entre une bonne performance et un très grand résultat.
C'est pourquoi nous essayons en permanence d'améliorer notre manière de travailler et d'apprendre auprès des meilleurs.
Je pense que cette recherche constante de progression est indispensable pour continuer à évoluer sur la scène internationale.
À titre personnel, qu'espérez-vous retirer de cette première participation aux Championnats du monde d'Aix-la-Chapelle ?
Bien sûr, comme tous les cavaliers, j'espère réaliser le meilleur résultat possible.
Mais participer à un championnat du monde représente bien davantage qu'un simple classement.
C'est l'occasion de se mesurer aux meilleurs cavaliers de la planète, d'observer leur manière de travailler, de continuer à apprendre et d'acquérir une expérience qui sera précieuse pour la suite de ma carrière.
Chaque championnat apporte quelque chose.
On découvre de nouvelles situations, on progresse, on apprend à mieux gérer la pression et à évoluer dans des environnements exceptionnels.
Je suis convaincu que cette expérience me permettra de revenir encore plus fort lors des prochaines grandes échéances internationales.
Dans notre sport, on n'arrête jamais d'apprendre.
C'est précisément ce qui rend le saut d'obstacles aussi passionnant.
Pour conclure cette interview, quel message aimeriez-vous adresser aux jeunes cavaliers ouzbeks qui vous regarderont évoluer à Aachen et rêvent, eux aussi, d'atteindre un jour ce niveau ?
Je voudrais leur dire de ne jamais renoncer à leurs rêves.
Le chemin est long, parfois difficile, et il demande énormément de travail, de patience et de sacrifices.
Mais rien n'est impossible lorsque l'on croit réellement en son objectif.
Moi aussi, lorsque j'ai commencé à monter à cheval, je rêvais simplement d'un jour participer à des compétitions comme les Championnats du monde.
Aujourd'hui, ce rêve devient une réalité.
J'espère sincèrement que mon parcours montrera aux jeunes cavaliers ouzbeks que tout est possible avec de la détermination, du travail et les bonnes personnes autour de soi.
Je tiens également à remercier toutes celles et ceux qui m'ont accompagné jusqu'ici : mon équipe, mes entraîneurs, mes propriétaires, mes partenaires, la Fédération équestre d'Ouzbékistan ainsi que tous ceux qui continuent à croire en notre projet.
Sans eux, cette aventure n'aurait jamais été possible.
Aujourd'hui, nous allons à Aachen avec une immense fierté et avec l'envie de représenter notre pays de la plus belle des manières.
©David Pertenava
ENGLISH VERSION !
As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.
In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.
These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.
From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.
On the Road to Aachen #7 – Ali Aziznia
“My goal is to learn alongside them, gain valuable experience, and continue to improve so that I can come back even stronger in the years to come.”


After exploring the journeys of Juan Bautista, Vaclav Stanek, and Ali Aziznia, Mag'Équestre’s "On the Road to Aachen" series continues its deep dive into the lives of riders preparing for one of the biggest milestones of their careers: the 2026 FEI World Championships in Aachen.
In this latest episode, we head to Uzbekistan to meet Bekzod Kurbanov, a professional rider who has been brilliantly representing his country at the highest international level. Over the past few seasons, he has steadily established himself as a talent to watch on the five-star circuit, driven by a remarkably strong partnership with his gelding, Matts V.G.
Guided by a philosophy rooted in patience, training, and respect for the horse's development, Bekzod Kurbanov is not a rider who rushes things. His approach is built on long-term progress: understanding his horses, supporting their development, and enabling them to reach their full potential.
With Matts V.G.—a 14-year-old BWP gelding by Emerald out of a Chellano Z mare—he is now embarking on a new chapter of his career with a major goal: to perform at Aachen and bring unprecedented visibility to Uzbekistan on the world's biggest stage.
©David Pertenava
Hello Bekzod. To start, could you introduce yourself to our readers? Today, you represent one of the leading figures of the new generation of Uzbek show jumping on the international stage. How do you explain the dramatic progress of our sport in your country in recent years?
My story with horses began thanks to my father.
Near our home was the Republican School of Sports Excellence in Equestrian Sports, where he worked as a groom. When my brother and I were very young, we regularly accompanied him to help look after the horses. I grew up in the stables, surrounded by riders, trainers, and horses. That is where my passion was born.
What started as a simple childhood memory gradually turned into my profession, but above all, into a true way of life.
Today, I can say with conviction that equestrian sport is experiencing considerable growth in Uzbekistan, particularly over the last five or six years.
We are seeing more and more high-quality horses arrive, the sporting level is constantly improving, and above all, a very promising new generation is emerging.
There are currently many particularly talented children, juniors, and young riders who are progressing rapidly and already showing very encouraging potential.
Seeing Uzbekistan gradually take its place on the international stage is a source of immense satisfaction. I am convinced that our country has an extremely bright future in equestrian sport.
You achieved an unprecedented feat for your country by qualifying in the same year for the FEI World Cup Final in Texas and the World Championships in Aachen. What does this double qualification represent, both for you and for Uzbek equestrianism?
Qualifying for these two major championships represents an extremely important milestone in my career.
Securing the required minimum scores to participate in two of the world’s biggest events requires an incredible amount of hard work throughout the season. Nothing comes easily.
First and foremost, I consider this achievement to belong to my entire team.
I am fortunate to be surrounded by people who support me daily, prepare the horses with total dedication, and do everything possible to help us reach our goals.
In our discipline, no one succeeds alone. Every performance is the result of collective effort, and I see these qualifications as a shared victory.
On a personal level, this qualification also carries a huge responsibility.
Every time I enter an international arena, I am not just representing Bekzod Kurbanov; I am also representing Uzbekistan.
I sincerely hope that seeing an Uzbek rider competing at these major events will inspire other young people to believe in their dreams and aim for the highest level as well.
If my journey can inspire the next generation, then all the effort put in takes on an even greater meaning.
Your season was marked by several major performances, including a silver medal in the Abu Dhabi Grand Prix with Santos Hippica and competing in the World Cup Final with Matts V.G. What lessons do you take away from competing against the world's best riders?
I have been competing regularly on the international circuit for several years now, and that experience has contributed immensely to my progression.
When you compete week after week against the best riders in the world, you gradually build confidence.
You learn to manage your emotions, make the right decisions in split seconds, and stay fully focused, regardless of the size of the event or the surrounding pressure.
Every major show brings something new.
Observing the best, analyzing how they approach courses, and having the opportunity to compete alongside them is a continuous learning process.
For me, it is an immense privilege to be part of these competitions, as well as an added motivation to keep improving and setting even more ambitious goals.
Aachen is often referred to as the cathedral of world show jumping. In what mindset are you approaching these World Championships, and how did you build your preparation to arrive in peak form?
For any show jumper, competing at Aachen is a unique experience.
It is one of the most prestigious shows in the world, and riding in the World Championships has always been one of my biggest career goals.
Of course, there is a certain amount of nerves before an event of this magnitude.
However, I always try to control my emotions and focus all my attention on what I have to do.
I believe that the calmer and more confident the rider is, the more naturally that serenity transfers to the horse.
We approached our preparation for this championship with great discipline.
The entire season was structured to ensure we arrived in Aachen in the best possible condition, both physically and mentally.
My main horse already has solid international experience. He is used to big arenas, impressive stadiums, and the atmosphere of major championships.
Knowing that he performs with such composure in this type of environment gives me a lot of confidence.
I hope we will show our best when we enter the Soers arena.
Your string of horses relies heavily on the experience of Matts V.G. (Emerald x Chellano Z), but also on Santos Hippica and Quintus HB. Could you introduce these horses and explain how you manage their schedules to keep them performing at their best throughout the season?
Each horse has a unique personality and therefore requires its own approach.
Matts V.G. is an extremely experienced partner. He is a calm horse with immense power and solid experience on the most demanding courses of the international circuit. We naturally build our season around him, especially when it comes to major international shows and championships. His experience is a genuine asset in these types of events.
Santos Hippica, on the other hand, has a very different profile. He is a particularly fast and highly responsive horse. I couldn't imagine a better partner for 1.40m to 1.45m classes. He excels in both standard rounds and speed jump-offs, where his agility and quickness make a real difference.
As for Quintus HB, he is currently at the stable, entrusted to my students. I ride him mainly on the Asian circuit and much less frequently in Europe.
This is precisely why our entire season is planned with great care.
Our priority is to keep every horse fresh, motivated, and ready to perform at key moments without overworking them. We tailor their schedules according to their specific qualities and targets.
So far, this system has worked very well, and I am particularly pleased with the development of each of my horses.
After dominating the Central Asian Sub-League and then the Eurasian League, you now compete regularly on the Middle Eastern and European circuits. What were the main adjustments needed to make this step up?
Reaching the highest international level is a real challenge for any rider.
It isn't just about the height of the jumps. The courses are faster, far more technical, the competition is fiercer, and the preparation requirements are significantly higher.
For riders from our region, there is an additional challenge: logistics.
Transporting horses to major European shows is extremely complex. Every trip requires extensive administrative and logistical planning.
Border crossings can be long and complicated, and the current international context makes these procedures even more demanding.
It takes a massive amount of organization, time, and true teamwork.
Despite all these challenges, we keep moving forward.
I am deeply grateful to everyone who works alongside us daily, as well as to my sponsor, Gaziev Bakhromjon Valievich, whose support makes a large part of this journey possible.
Thanks to this collective effort, we continue to progress, gain experience at the top level, and proudly represent Uzbekistan on the international stage.
Entering a legendary arena like Aachen in front of thousands of spectators requires exceptional mental discipline. What are your routines for staying focused before a big round?
For me, the most important thing is staying calm.
Naturally, at this level of competition, it is impossible to eliminate stress entirely. But over the years and through many international competitions, I have learned to control my emotions better and focus strictly on what matters.
I always try not to think about the result before going into the arena.
At that exact moment, only two things exist: my horse and the course.
My partner’s experience helps me enormously. He has already taken part in many international events and remains very calm in large stadiums, surrounded by crowds and big-event atmosphere.
The confidence he exudes allows me to approach the course with greater serenity as well.
When rider and horse trust each other completely, staying focused becomes much easier, even under the intense pressure.
Between the Middle East, the World Cup Final in the United States, and now major European events, your horses travel thousands of kilometers each season. How does your team ensure their recovery and well-being during long journeys?
It is probably one of the most complex aspects of our job.
For us, transporting the horses is almost as important as their athletic training.
Every journey is organized with tremendous precision and care.
Crossing international borders is often the hardest part. Certain procedures are very time-consuming and require meticulous administrative preparation.
All of this can place extra strain on both the team and the horses.
Fortunately, I am surrounded by highly competent people who know their responsibilities inside out.
Thanks to their professionalism, we do everything possible to ensure the horses travel in the best conditions, arrive rested, and quickly regain their full physical condition before competing.
Right now, we are continuing our preparation in Germany.
I am also fortunate to count on the support of many European colleagues, especially my trainer Andrei Shaloxin, who guides me daily in this work.
The Equestrian Federation of Uzbekistan also provides vital support, allowing us to prepare for this season and these World Championships under optimal conditions.
Today you are one of the faces of Uzbek show jumping on the international stage. How does it feel to enter the ring with your country's flag on your jacket, competing against the greatest nations in the world?
Representing your country is probably one of the greatest honors an athlete can experience.
Every time I enter an international arena, I feel immense pride wearing the colors of Uzbekistan. Seeing our flag alongside the leading show jumping nations is something truly special.
I sincerely hope that our presence at the top level will encourage many young riders to believe in their ambitions.
Our country has so much talent.
I am convinced that with more opportunities, international experience, and support, many Uzbek riders will one day compete in the world’s greatest arenas.
If my journey can contribute, even modestly, to the growth of our sport, I will be extremely happy.
The sport is constantly evolving, as are the demands of elite competition. How do you adapt your training methods today to keep your horses performing throughout an international season?
Show jumping evolves every year.
Courses are getting more technical, horses are becoming more athletic, and training methods must keep pace.
Today, nothing can be left to chance.
We focus heavily on the horses' physical fitness, recovery, nutrition, and overall well-being.
Every detail matters.
Our goal is to build a tailored program for each horse so they reach peak fitness for the season's major events.
At the top level, it is often small details that separate a good round from an outstanding result.
That is why we constantly strive to refine our methods and learn from the best.
I believe this relentless drive to improve is essential to remaining competitive on the international stage.
On a personal level, what do you hope to gain from your first participation in the Aachen World Championships?
Of course, like every rider, I hope to achieve the best possible result.
However, participating in a World Championship represents far more than just a place on the leaderboard.
It is an opportunity to measure yourself against the world’s top riders, observe how they work, continue learning, and gain invaluable experience for the rest of my career.
Every championship teaches you something.
You encounter new situations, progress, learn to manage pressure better, and compete in extraordinary environments.
I am confident that this experience will allow me to return even stronger for future international events.
In our sport, learning never stops.
That is precisely what makes show jumping so thrilling.
To conclude this interview, what message would you like to send to the young Uzbek riders watching you compete in Aachen who dream of reaching this level one day?
I would tell them to never give up on their dreams.
The path is long, sometimes difficult, and demands immense work, patience, and sacrifice.
However, nothing is impossible when you truly believe in your goal.
When I first started riding, I also dreamed of one day competing in events like the World Championships.
Today, that dream is becoming a reality.
I sincerely hope my journey shows young Uzbek riders that anything is achievable with determination, hard work, and the right team around you.
I also want to express my deepest gratitude to everyone who has supported me along the way: my team, my trainers, my owners, my partners, the Equestrian Federation of Uzbekistan, and everyone who continues to believe in our project.
Without them, this journey would never have been possible.
Today, we go to Aachen with immense pride and the desire to represent our country in the best possible way.
Versión En Español
A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.
En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.
Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.
Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.
On the Road to Aachen #7 – Ali Aziznia
"Mi objetivo es aprender junto a ellos, adquirir una valiosa experiencia y seguir progresando para poder regresar aún más fuerte en los años venideros."


Tras explorar las trayectorias de Juan Bautista, Vaclav Stanek y Ali Aziznia, la serie de Mag'Équestre "Camino a Aquisgrán" continúa su recorrido por los jinetes que se preparan para uno de los eventos más importantes de sus carreras: el Campeonato Mundial FEI 2026 en Aquisgrán.
En este nuevo episodio, viajamos a Uzbekistán con Bekzod Kurbanov, un jinete profesional que representa brillantemente a su país al más alto nivel internacional. Durante varias temporadas, su nombre ha ido ascendiendo entre los talentos a seguir en el circuito de cinco estrellas, gracias a una conexión especialmente sólida con su caballo castrado, Matts V.G.
Con una filosofía basada en la paciencia, el entrenamiento y el respeto por el desarrollo del caballo, Bekzod Kurbanov no es un jinete que se precipite. Su enfoque se basa en el desarrollo a largo plazo: comprender a sus caballos, apoyar su progreso y permitirles alcanzar su máximo potencial.
Con Matts V.G., un castrado BWP de 14 años, hijo de Emerald y Chellano Z, se embarca ahora en una nueva etapa de su trayectoria con un objetivo principal: actuar en Aquisgrán y ofrecer a Uzbekistán una visibilidad sin precedentes en el escenario más importante del mundo.
©David Pertenava
Hola Bekzod. Para comenzar, ¿podría presentarse a nuestros lectores? Usted encarna hoy una de las figuras de la nueva generación del salto de obstáculos uzbeko en la escena internacional. ¿Cómo explica la espectacular evolución de nuestro deporte en su país en los últimos años?
Mi historia con los caballos comenzó gracias a mi padre.
Cerca de nuestra casa se encontraba la Escuela Republicana de Excelencia Deportiva en Equitación, donde él trabajaba como mozo de cuadra. Cuando éramos muy jóvenes, mi hermano y yo lo acompañábamos regularmente para ayudarlo a cuidar a los caballos. Crecí en las cuadras, en contacto con jinetes, entrenadores y caballos. Ahí fue donde nació mi pasión.
Lo que al principio era un simple recuerdo de infancia se convirtió paulatinamente en mi profesión, pero sobre todo en un verdadero estilo de vida.
Hoy puedo decir con convicción que el deporte ecuestre está experimentando un desarrollo considerable en Uzbekistán, especialmente en los últimos cinco o seis años.
Vemos llegar cada vez más caballos de gran calidad, el nivel deportivo progresa constantemente y, sobre todo, está emergiendo una nueva generación muy prometedora.
Actualmente hay muchos niños, juveniles y jinetes jóvenes especialmente talentosos que están progresando rápidamente y ya demuestran un potencial muy alentador.
Ver a Uzbekistán tomar gradualmente su lugar en la escena internacional es una inmensa satisfacción. Estoy convencido de que nuestro país tiene un futuro extremadamente prometedor en el deporte ecuestre.
Usted ha logrado una hazaña inédita para su país al clasificarse en el mismo año para la Final de la Copa del Mundo FEI en Texas y para el Campeonato del Mundo de Aquisgrán (Aachen). ¿Qué representa esta doble clasificación, tanto para usted como para la hípica uzbeka?
Obtener la clasificación para estos dos grandes campeonatos representa una etapa extremadamente importante en mi carrera.
Lograr las marcas mínimas necesarias para participar en dos de los eventos más grandes del mundo exige muchísimo trabajo durante toda la temporada. Nada se consigue fácilmente.
Pero antes que nada, considero que este logro pertenece a todo mi equipo.
Tengo la suerte de estar rodeado de personas que me apoyan día a día, que preparan a los caballos con absoluta dedicación y que hacen todo lo posible para que podamos alcanzar nuestros objetivos.
En nuestra disciplina, nadie triunfa solo. Cada actuación es el resultado de un trabajo colectivo, y veo estas clasificaciones como una victoria compartida.
A nivel personal, esta clasificación representa también una enorme responsabilidad.
Cada vez que entro a una pista internacional, no solo represento a Bekzod Kurbanov: también represento a Uzbekistán.
Espero sinceramente que ver a un jinete uzbeko competir en este tipo de grandes eventos anime a otros jóvenes a creer en sus sueños y a aspirar también a lo más alto.
Si mi trayectoria puede inspirar a la nueva generación, todo el esfuerzo realizado cobra un sentido aún más fuerte.
Su temporada ha estado marcada por varias actuaciones destacadas, entre ellas una medalla de plata en el Gran Premio de Abu Dhabi con Santos Hippica y su participación en la Final de la Copa del Mundo con Matts V.G. ¿Qué enseñanzas se lleva de estos enfrentamientos contra los mejores jinetes del planeta?
Llevo varios años participando regularmente en competiciones internacionales, y esta experiencia ha contribuido enormemente a mi progresión.
Cuando te enfrentas semana tras semana a los mejores jinetes del mundo, ganas confianza gradualmente.
Aprendes a gestionar tus emociones, a tomar las decisiones correctas en cuestión de segundos y a mantenerte plenamente concentrado, independientemente de la importancia del evento o de la presión que lo rodee.
Cada gran concurso aporta algo nuevo.
Observar a los mejores, analizar su forma de abordar los recorridos y tener la oportunidad de competir a su lado constituye una fuente de aprendizaje continuo.
Para mí es un inmenso privilegio formar parte de estas competiciones, pero también una motivación adicional para seguir mejorando y fijarme objetivos cada vez más ambiciosos.
Aquisgrán (Aachen) es considerada a menudo la catedral mundial del salto de obstáculos. ¿Con qué mentalidad afronta este Campeonato del Mundo y cómo ha estructurado su preparación para llegar en su mejor forma?
Para cualquier jinete de salto, participar en Aachen representa algo único.
Es uno de los concursos más prestigiosos del mundo, y competir en el Campeonato del Mundo siempre ha estado entre mis mayores objetivos deportivos.
Por supuesto, existe cierta tensión antes de una cita de esta magnitud.
Sin embargo, siempre intento controlar mis emociones y centrar toda mi atención en lo que debo hacer.
Estoy convencido de que cuanto más tranquilo y seguro esté el jinete, más naturalmente se transmite esa serenidad al caballo.
Hemos preparado este campeonato con muchísima rigurosidad.
Toda la temporada se ha organizado para llegar a Aachen en las mejores condiciones posibles, tanto física como mentalmente.
Mi caballo principal cuenta ya con una sólida experiencia internacional. Está acostumbrado a las pistas grandes, a los estadios impresionantes y a la atmósfera de los grandes campeonatos.
Saber que se desenvuelve con tanta serenidad en este tipo de entorno me da mucha confianza.
Espero que sepamos dar lo mejor de nosotros mismos cuando entremos a la pista del Soers.
Su cuadra se apoya especialmente en la experiencia de Matts V.G. (Emerald x Chellano Z), pero también en Santos Hippica y Quintus HB. ¿Podría presentarnos a estos caballos y explicarnos cómo gestiona su calendario para mantenerlos al máximo nivel durante toda la temporada?
Cada caballo tiene una personalidad diferente y requiere, por tanto, un enfoque propio.
Matts V.G. es un compañero extremadamente experimentado. Es un caballo tranquilo, dotado de gran potencia y con una sólida trayectoria en los recorridos más exigentes del circuito internacional. Es alrededor de él que planificamos nuestra temporada, especialmente en lo que respecta a los grandes concursos internacionales y campeonatos. Su experiencia representa un verdadero activo en este tipo de pruebas.
Santos Hippica, por el contrario, tiene un perfil muy distinto. Es un caballo particularmente rápido y muy reactivo. No podría imaginar un mejor compañero para pruebas de entre 1,40 m y 1,45 m. Sobresale tanto en recorridos clásicos como en desempates de velocidad, donde su agilidad y rapidez marcan la diferencia.
En cuanto a Quintus HB, actualmente se encuentra en la cuadra, a cargo de mis alumnos. Lo monto principalmente en el circuito asiático y con mucha menos frecuencia en Europa.
Es precisamente por esta razón que planificamos toda la temporada con gran cuidado.
Nuestra prioridad es mantener a cada caballo fresco, motivado y listo para rendir en las citas importantes, sin sobrecargarlos jamás. Adaptamos su calendario en función de sus cualidades y objetivos respectivos.
Hasta ahora, esta organización ha funcionado muy bien y estoy muy satisfecho con la evolución de cada uno de mis caballos.
Tras haber dominado la Subliga de Asia Central y posteriormente la Liga Euroasiática, ahora compite con frecuencia en los circuitos de Oriente Medio y Europa. ¿Cuáles han sido las principales adaptaciones necesarias para dar este nuevo salto de nivel?
Acceder al más alto nivel internacional representa un verdadero reto para cualquier jinete.
No es solo una cuestión de la altura de los obstáculos. Los recorridos se vuelven más rápidos, mucho más técnicos, la competencia es más densa y las exigencias en materia de preparación son considerablemente mayores.
Para los jinetes de nuestra región, se suma otra dificultad: la logística.
Trasladar caballos a los grandes concursos europeos es extremadamente complejo. Cada desplazamiento requiere una preparación administrativa y logística enorme.
Los pasos fronterizos son a veces largos y complicados, y el contexto internacional actual hace que estos trámites sean aún más exigentes.
Esto requiere una gran organización, tiempo y un verdadero trabajo en equipo.
A pesar de todas estas dificultades, seguimos adelante.
Estoy profundamente agradecido con todas las personas que trabajan a nuestro lado diariamente, así como con mi patrocinador, Gaziev Bakhromjon Valievich, cuyo apoyo hace posible gran parte de esta aventura.
Gracias a este esfuerzo colectivo, continuamos progresando, adquiriendo experiencia al más alto nivel y representando con orgullo a Uzbekistán en la escena internacional.
Entrar en un estadio tan mítico como Aachen, ante miles de espectadores, requiere un dominio mental excepcional. ¿Cuáles son sus rutinas para mantenerse concentrado antes de un gran recorrido?
Para mí, lo más importante es mantener la calma.
Por supuesto, a este nivel de competición es imposible eliminar el estrés por completo. Pero a lo largo de los años y tras muchas competiciones internacionales, he aprendido a controlar mejor mis emociones y a concentrarme únicamente en lo que realmente importa.
Siempre intento no pensar en el resultado antes de salir a la pista.
En ese preciso instante, solo existen dos cosas: mi caballo y el recorrido.
La experiencia de mi caballo me ayuda muchísimo. Ya ha participado en numerosas citas internacionales y se mantiene muy sereno ante los grandes estadios, el público o el ambiente especial de estos eventos.
Esa confianza que transmite me permite abordar el recorrido con mayor serenidad.
Cuando el jinete y el caballo confían plenamente el uno en el otro, resulta mucho más fácil mantener la concentración, incluso en los momentos de mayor presión.
Entre Oriente Medio, la Final de la Copa del Mundo en Estados Unidos y ahora las grandes citas europeas, sus caballos recorren miles de kilómetros cada temporada. ¿Cómo vela su equipo por su recuperación y bienestar durante estos largos desplazamientos?
Es probablemente uno de los aspectos más complejos de nuestro trabajo.
Para nosotros, el transporte de los caballos es casi tan importante como su preparación deportiva.
Cada viaje se organiza con enorme precisión y atención.
El paso de fronteras internacionales suele ser la parte más difícil. Algunos trámites llevan mucho tiempo y exigen una preparación administrativa especialmente rigurosa.
Todo esto puede suponer una carga adicional, tanto para el equipo como para los caballos.
Afortunadamente, estoy rodeado de personas extremadamente competentes que conocen perfectamente sus responsabilidades.
Gracias a su profesionalismo, hacemos todo lo posible para que los caballos viajen en las mejores condiciones, lleguen descansados y puedan recuperar rápidamente todas sus capacidades físicas antes de competir.
Actualmente continuamos nuestra preparación en Alemania.
También tengo la suerte de contar con el apoyo de muchos colegas europeos, y en particular de mi entrenador Andrei Shaloxin, quien me acompaña diariamente en este trabajo.
La Federación Ecuestre de Uzbekistán nos brinda asimismo un apoyo fundamental que nos permite afrontar esta temporada y este Campeonato del Mundo en las mejores condiciones posibles.
Usted es hoy una de las caras visibles del salto ecuestre uzbeko en el ámbito internacional. ¿Qué siente cuando entra a la pista con la bandera de su país en la chaqueta, compitiendo contra las potencias más grandes del mundo?
Representar a tu país es probablemente uno de los mayores honores que puede experimentar un deportista.
Cada vez que entro a una pista internacional, siento un orgullo inmenso de llevar los colores de Uzbekistán. Ver nuestra bandera presente junto a las grandes naciones del salto de obstáculos es algo muy especial.
Espero sinceramente que nuestra presencia en el más alto nivel motive a muchos jóvenes jinetes a creer en sus aspiraciones.
Nuestro país tiene muchísimo talento.
Estoy convencido de que con más oportunidades, experiencia internacional y apoyo, muchos jinetes uzbekos podrán también competir algún día en las mejores pistas del mundo.
Si mi trayectoria puede contribuir, aunque sea de forma modesta, al desarrollo de nuestro deporte, me sentiré extremadamente feliz.
El deporte evoluciona constantemente, al igual que las exigencias del máximo nivel. ¿Cómo adapta hoy su método de trabajo para permitir que sus caballos mantengan un rendimiento óptimo durante toda una temporada internacional?
El salto de obstáculos evoluciona cada año.
Los recorridos son más técnicos, los caballos cada vez más competitivos y la preparación debe ir a la par de esa evolución.
Hoy en día no se puede dejar nada al azar.
Trabajamos muchísimo en la condición física de los caballos, su recuperación, su alimentación y su bienestar general.
Cada detalle cuenta.
Nuestro objetivo es estructurar un programa adaptado a cada uno de ellos para que lleguen en plena forma a los grandes compromisos de la temporada.
En la élite, a menudo son pequeños detalles los que marcan la diferencia entre una buena actuación y un gran resultado.
Por eso intentamos mejorar continuamente nuestra forma de trabajar y aprender de los mejores.
Creo que esta búsqueda constante de progreso es indispensable para seguir evolucionando en la escena internacional.
A título personal, ¿qué espera llevarse de esta primera participación en el Campeonato del Mundo de Aquisgrán?
Por supuesto, como todos los jinetes, espero lograr el mejor resultado posible.
Sin embargo, participar en un Campeonato del Mundo representa mucho más que una simple clasificación.
Es la oportunidad de medirse con los mejores jinetes del planeta, observar su forma de trabajar, seguir aprendiendo y adquirir una experiencia que será valiosísima para el resto de mi carrera.
Cada campeonato aporta algo nuevo.
Descubres situaciones inéditas, progresas, aprendes a gestionar mejor la presión y a competir en entornos excepcionales.
Estoy convencido de que esta experiencia me permitirá volver aún más fuerte en las próximas grandes citas internacionales.
En nuestro deporte nunca se deja de aprender.
Eso es precisamente lo que hace que el salto de obstáculos sea tan apasionante.
Para concluir esta entrevista, ¿qué mensaje le gustaría enviar a los jóvenes jinetes uzbekos que lo verán competir en Aachen y sueñan con alcanzar algún día este nivel?
Me gustaría decirles que nunca renuncien a sus sueños.
El camino es largo, a veces difícil, y exige muchísimo trabajo, paciencia y sacrificio.
Pero nada es imposible cuando uno cree verdaderamente en su objetivo.
Yo también, cuando empecé a montar a caballo, simplemente soñaba con participar algún día en competiciones como el Campeonato del Mundo.
Hoy, ese sueño se está convirtiendo en realidad.
Espero sinceramente que mi experiencia demuestre a los jóvenes jinetes uzbekos que todo es posible con determinación, trabajo y las personas adecuadas alrededor.
Aprovecho también para agradecer a todos los que me han acompañado hasta aquí: a mi equipo, entrenadores, propietarios, patrocinadores, a la Federación Ecuestre de Uzbekistán y a todos los que siguen creyendo en nuestro proyecto.
Sin ellos, esta aventura nunca habría sido posible.
Hoy vamos a Aachen con un inmenso orgullo y con el deseo de representar a nuestro país de la mejor manera posible.
