On the Road to Aachen #9 – Denielle Gallagher-Legriffon "Le succès se construit dans les milliers de journées ordinaires."
Français/English/Español --------------- À l’approche des Championnats du monde FEI 2026 d’Aix-la-Chapelle, Le Mag’Équestre part à la rencontre des cavaliers qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport équestre. À travers cette série exclusive, découvrez les parcours, les chevaux, les philosophies et les ambitions de ceux qui porteront leurs couleurs sur la mythique piste de la Soers. Des témoignages authentiques où se mêlent passion, travail, émotions et quête de performance au plus haut niveau mondial. De l’expérience des grands rendez-vous aux rêves de gloire, chaque cavalier nous ouvre les portes de son quotidien avant le grand défi d’Aachen. Bienvenue dans « On the Road to Aachen », au cœur de l’aventure des Championnats du monde 2026. Bonne Lecture !
JEUX EQUESTRES MONDIAUX D'AIX-LA-CHAPELLE 2026 !
Samuel Benibre
8/6/202639 min read
À l'approche des Championnats du monde FEI d'Aix-la-Chapelle 2026, Le Mag'Équestre poursuit sa série « On the Road to Aachen » en donnant la parole à celles et ceux qui s'apprêtent à vivre l'un des plus grands rendez-vous de leur carrière.
Après les entretiens consacrés à Ignacio Maurin, Mark Bluman, Charlie Bays, Theodore Boris ou Bekzod Kurbanov, nous partons cette fois à la rencontre de Denielle Gallagher-Legriffon, figure reconnue du dressage canadien et première cavalière de dressage de la série.
Après plus de quarante années passées auprès des chevaux, la Canadienne s'apprête à découvrir les Championnats du monde seniors sous les couleurs de son pays. À ses côtés, Come Back de Massa, un étalon lusitanien avec lequel elle a bâti une relation fondée sur la confiance, la patience et une recherche permanente d'harmonie.
Dans cet entretien exclusif, Denielle revient sur son parcours, les enseignements des plus grands cavaliers qui ont jalonné sa carrière, sa philosophie du bien-être équin et les émotions qui l'attendent à Aachen.

Bonjour Denielle. Pour commencer, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs et nous expliquer ce que représente votre qualification pour les Championnats du monde FEI 2026 d'Aix-la-Chapelle, les premiers de votre carrière chez les Seniors ?
Je m'appelle Denielle Gallagher-Legriffon et j'ai l'immense fierté de représenter le Canada en dressage international.
Les chevaux occupent une place centrale dans ma vie depuis toujours. Cela fait maintenant plus de quarante ans que je leur consacre chaque journée, et pouvoir participer aujourd'hui aux Championnats du monde FEI représente sans aucun doute l'un des plus grands accomplissements de toute ma carrière.
Sur le plan personnel, cette qualification symbolise toute une vie de travail, de sacrifices et de persévérance.
Comme beaucoup de cavaliers, j'ai connu des moments extraordinaires, mais aussi des périodes beaucoup plus difficiles. Pourtant, un rêve n'a jamais changé : celui de porter un jour les couleurs du Canada lors d'un grand championnat international.
Cette qualification appartient également à toute mon équipe.
Elle est le résultat du travail de ma famille, de mes propriétaires, de mes entraîneurs, de mon groom, de nos vétérinaires, de notre maréchal-ferrant, de nos partenaires et de toutes les personnes qui ont cru en notre projet, même lorsque ce rêve semblait encore très lointain.
Enfin, j'espère pouvoir représenter mon pays avec professionnalisme, intégrité et beaucoup de fierté.
Le dressage canadien continue de progresser sur la scène internationale, et si je peux contribuer, à mon échelle, à cette évolution, ce sera déjà une immense satisfaction.
Aachen est considéré comme l'un des temples mondiaux des sports équestres. Que ressentez-vous à l'idée d'y évoluer avec Come Back de Massa ?
Pour tous les cavaliers, Aachen représente un rêve.
C'est notre Wimbledon, notre Masters, notre stade olympique.
Depuis l'enfance, nous imaginons ce moment où nous franchirons l'entrée de cette immense arène.
Pouvoir vivre cette expérience avec Come Back de Massa rend cette aventure encore plus particulière.
Il n'est pas seulement mon cheval de compétition.
Il est mon partenaire.
Toutes les étapes importantes que nous avons franchies, nous les avons construites ensemble.
Lorsque nous entrerons dans cette enceinte mythique, je sais que je repenserai à tout le chemin parcouru, aux heures de travail, à la confiance qui s'est construite au fil des années et à toute la patience qu'il a fallu pour arriver jusque-là.
Je pense que ce sera un moment chargé d'émotion, précisément parce que je connais chaque étape qui nous a conduits jusqu'à Aachen.
Vous avez grandi dans une famille profondément ancrée dans le monde du cheval. En quoi cette enfance a-t-elle façonné la cavalière que vous êtes aujourd'hui ?
J'ai eu énormément de chance de grandir dans une famille où les chevaux faisaient naturellement partie du quotidien.
Mon père, Michael Gallagher, était très impliqué dans le sport équestre canadien.
Très tôt, il m'a entraînée aussi bien en concours complet qu'en saut d'obstacles.
Mais surtout, il m'a transmis une philosophie qui m'accompagne encore aujourd'hui : le succès n'est jamais le fruit d'un raccourci.
Il repose sur le travail, la préparation et le respect du cheval.
Ma mère, de son côté, m'a offert quelque chose d'aussi précieux.
Elle m'a toujours rappelé que les chevaux devaient rester une source de bonheur.
Elle voulait que je profite simplement de leur présence, que je m'amuse avec eux et que je garde cette joie d'enfant au contact des animaux.
Aujourd'hui encore, même si mon père n'est malheureusement plus parmi nous, je ressens sa présence dans chacune de mes journées auprès des chevaux.
Participer à Aachen représente aussi une manière d'honorer ce rêve que nous avions commencé à construire ensemble il y a de très nombreuses années.
Avant de vous consacrer pleinement au dressage, vous avez pratiqué plusieurs disciplines. Qu'ont-elles apporté à votre équitation ?
Je suis convaincue que chacune des disciplines que j'ai pratiquées a fait de moi une meilleure femme de cheval.
Le saut d'obstacles m'a appris le courage, le sens du timing et la capacité à prendre des décisions en une fraction de seconde.
Le concours complet m'a enseigné quelque chose d'encore plus profond : la confiance absolue entre le cavalier et son cheval.
Dans cette discipline, votre partenaire doit croire en vous sans hésitation.
Le dressage est finalement venu rassembler toutes ces qualités.
Il m'a appris la patience, la précision et cette recherche permanente d'harmonie qui me passionne aujourd'hui.
Je ne crois pas qu'une bonne équitation puisse être enfermée dans une seule discipline.
Chaque expérience vécue avec un cheval apporte quelque chose de précieux, et je pense que c'est cette diversité qui a construit la cavalière que je suis devenue.
Au fil de votre carrière, vous avez travaillé auprès de plusieurs figures majeures des sports équestres. Comment ces rencontres ont-elles influencé votre parcours ?
J'ai eu la chance immense d'apprendre auprès de femmes et d'hommes de chevaux extraordinaires.
Travailler aux côtés d'Eric Lamaze et de Juergen Vonbutler m'a permis de découvrir ce qu'était réellement le très haut niveau international.
J'adorais l'atmosphère des concours, les longues journées de travail et toutes les rencontres que ce milieu permet.
Juergen est un véritable homme de chevaux.
Il m'a appris que les moindres détails des soins quotidiens pouvaient faire toute la différence dans la performance d'un cheval.
Je lui serai toujours reconnaissante, tout comme à son épouse Martina, de m'avoir offert cette opportunité.
Plus tard, travailler avec Ashley Holzer a profondément transformé ma vision du dressage.
Elle m'a fait comprendre que l'excellence ne se construit jamais le jour du concours.
Elle naît chaque matin à la maison, grâce à une immense régularité, une attention permanente aux détails et une répétition presque infinie des gestes les plus simples.
Toutes ces expériences ont façonné la cavalière que je suis aujourd'hui.
Quel est le plus grand enseignement qu'Ashley Holzer vous ait transmis ?
Sans hésiter : la patience.
Ashley répétait souvent que la patience constituait un véritable avantage compétitif.
Elle m'a également appris que chaque séance compte.
Pas uniquement celles où tout semble parfait, mais surtout ces journées ordinaires où l'on progresse de quelques millimètres seulement.
Ce sont ces petites améliorations, répétées jour après jour, qui finissent par produire de grandes performances.
Une phrase d'elle me revient très souvent à l'esprit : « Every transition counts », chaque transition compte, même celles que personne ne remarque.
Je continue à me répéter ces mots chaque jour lorsque je travaille mes chevaux.
Ils résument parfaitement la manière dont je conçois notre sport.
Le bien-être du cheval est au cœur de votre philosophie. Comment parvient-on à préserver cette priorité lorsqu'on évolue au plus haut niveau mondial ?
Pour moi, la réponse est très simple.
Le cheval passe toujours avant tout le reste.
Les championnats vont et viennent.
Les médailles aussi.
En revanche, le lendemain matin, mon cheval doit se réveiller en bonne santé, heureux et avec l'envie de continuer à travailler.
Si protéger son bien-être signifie renoncer à un résultat, alors je choisirai toujours le cheval.
Et paradoxalement, je suis persuadée que cette philosophie permet justement d'obtenir de meilleures performances.
Un cheval qui se sent bien, qui est respecté et qui prend du plaisir dans son travail donnera toujours le meilleur de lui-même lorsque le moment sera venu d'entrer en piste.
Comment savez-vous qu'un cheval a besoin d'être davantage stimulé... ou, au contraire, qu'il est temps de lui laisser davantage de temps ?
En réalité, le cheval nous le dit.
Toute la difficulté consiste à apprendre à l'écouter.
Chaque cheval communique d'une manière différente.
Certains ont besoin d'être poussés légèrement hors de leur zone de confort pour révéler leur potentiel.
D'autres ont avant tout besoin de patience, de confiance ou simplement d'une journée plus tranquille.
Je ne crois pas qu'il existe une méthode universelle.
L'entraînement ne consiste pas à appliquer le même système à tous les chevaux.
Il consiste à s'adapter à celui que l'on a devant soi ce jour-là.
C'est cette capacité d'écoute qui fait, selon moi, toute la différence entre un cavalier et un véritable homme — ou une véritable femme — de chevaux.
Au-delà de leurs qualités sportives, quelle importance accordez-vous à la personnalité de vos chevaux ?
Pour moi, elle est absolument essentielle.
On ne peut pas dissocier le sportif de l'individu.
Chaque cheval possède son propre caractère.
Certains trouvent leur équilibre dans une routine très précise.
D'autres ont besoin de variété pour conserver leur motivation.
Certains affichent une confiance naturelle, tandis que d'autres sont beaucoup plus sensibles.
Plus je comprends la manière dont un cheval pense, plus je suis capable de l'aider à exprimer pleinement son potentiel.
C'est cette compréhension mutuelle qui permet ensuite de créer une véritable harmonie en compétition.
Vous formez aujourd'hui un couple très complice avec Come Back de Massa. Comment décririez-vous votre relation avec lui ?
Come Back est un cheval extrêmement intelligent.
Il possède énormément de générosité, une vraie fierté et un cœur immense. Chaque jour, lorsqu'il entre dans la carrière, il cherche sincèrement à donner le meilleur de lui-même.
Comme tous les grands chevaux, il possède aussi une personnalité très affirmée, et c'est précisément ce que j'aime chez lui.
Il a ses opinions, ses préférences, ses réactions, et je ne cherche jamais à les effacer. Au contraire, j'essaie de préserver cette indépendance qui fait sa force. J'aime même entretenir ce petit côté fier, presque arrogant parfois, car il fait partie de son identité.
Il affiche une grande confiance dans certaines situations, alors que d'autres peuvent encore l'impressionner.
Au fil des années, nous avons construit une relation fondée sur une confiance réciproque. Cette confiance devient inestimable lorsque nous entrons sur un rectangle de compétition.
Elle continue encore de grandir aujourd'hui.
Mon souhait est que, dans l'immense stade d'Aachen, lorsqu'il se retrouvera face à cette atmosphère unique, il se tourne naturellement vers moi pour trouver ses repères et sa sérénité.
Come Back de Massa est un Lusitanien. Qu'appréciez-vous particulièrement dans cette race au plus haut niveau du dressage ?
Les Lusitaniens possèdent des qualités vraiment remarquables.
Ils disposent naturellement d'une formidable aptitude au rassembler, d'une très grande sensibilité et d'une réelle volonté de travailler avec leur cavalier.
Come Back réunit toutes ces qualités.
Mais il y ajoute également un athlétisme exceptionnel et une éthique de travail qui me surprennent encore chaque jour.
C'est un cheval généreux dans tous les sens du terme.
Il aime réellement son travail.
Et lorsqu'un cheval prend autant de plaisir à faire ce qu'on lui demande, cela change profondément la relation que l'on construit avec lui.
Je pense que cette envie permanente de bien faire constitue l'une de ses plus grandes qualités.
À quel moment avez-vous compris que Come Back de Massa possédait le potentiel pour devenir un cheval de championnat ?
Il n'y a pas eu de moment magique.
Pas un concours, ni une reprise particulière où tout serait soudainement devenu évident.
Tout s'est construit progressivement.
Année après année, Come Back est devenu plus fort, plus expressif et plus sûr de lui.
Chaque saison, il franchissait une nouvelle étape dans son évolution.
Puis, presque sans m'en rendre compte, j'ai compris qu'il ne se contentait plus de progresser.
Il appartenait désormais réellement au niveau des meilleurs chevaux du monde.
C'est une prise de conscience qui s'est faite naturellement, au fil du travail quotidien et des nombreuses heures passées ensemble.
©Astrid Appels

À quelques jours des Championnats du monde, quels sont les principaux axes de travail sur lesquels vous concentrez votre préparation ?
Aujourd'hui, nous ne cherchons plus à transformer profondément les choses.
À ce niveau, les grandes évolutions ne viennent plus de changements spectaculaires.
Elles naissent du perfectionnement des détails.
Nous travaillons donc sur tout ce qui peut encore être affiné : l'harmonie, la décontraction, la force, la précision et surtout la qualité de notre communication.
Notre priorité est également d'arriver à Aachen avec un cheval aussi frais que possible, aussi bien physiquement que mentalement.
Chaque séance, chaque journée est pensée dans cette optique.
Nous voulons simplement que Come Back arrive dans les meilleures dispositions possibles afin qu'il puisse exprimer tout son potentiel le moment venu.
Qu'est-ce qui vous motive lorsque vous vous retrouvez face aux meilleurs cavaliers du monde ?
Ce qui me motive le plus, c'est la possibilité d'apprendre.
Concourir face aux meilleurs cavaliers de la planète pousse naturellement chacun d'entre nous à progresser.
C'est une occasion unique d'observer leur manière de travailler, leur approche de la compétition et tous ces petits détails qui font souvent la différence.
Pour moi, partager une même piste avec des cavaliers que j'admire depuis de nombreuses années représente déjà un immense privilège.
Cette proximité avec l'excellence est une source de motivation quotidienne.
Elle me donne constamment envie de continuer à apprendre et à m'améliorer.
Les Championnats du monde génèrent une pression considérable. En quoi votre philosophie de travail peut-elle faire la différence dans un tel contexte ?
Les championnats créent naturellement une pression particulière.
Mais je suis convaincue qu'un cheval heureux supporte beaucoup mieux cette pression.
Un cheval qui fait confiance à son cavalier, qui aime son travail et qui évolue dans un environnement rassurant a beaucoup plus de chances de rester détendu lorsque l'intensité augmente.
C'est toujours ce que je recherche.
Bien sûr, il ne faut jamais oublier que les chevaux sont des êtres extrêmement sensibles.
Même lorsque l'on pense avoir parfaitement préparé chaque détail, certains environnements peuvent malgré tout les impressionner ou les submerger.
Si cela arrive, notre rôle est de rester calmes.
Il faut prendre le temps de les rassurer, de retrouver leur confiance et de les accompagner jusqu'à ce qu'ils retrouvent leur sérénité.
C'est aussi cela, être un partenaire digne de leur confiance.
Vous dites souvent que le véritable travail se construit loin des projecteurs. Pourquoi le succès commence-t-il, selon vous, en dehors de la carrière de compétition ?
Parce que la performance se construit bien avant que le cheval n'entre sur le rectangle.
Le concours ne fait finalement que révéler tout le travail accompli auparavant.
L'alimentation, la qualité du sommeil, les sorties au paddock, la récupération, le suivi vétérinaire, le travail du maréchal-ferrant, l'adaptation de la selle, la gestion quotidienne…
Tous ces éléments ont une importance capitale.
Aucun détail n'est secondaire.
Lorsqu'un cheval arrive en compétition, tout ce travail invisible est déjà derrière lui.
La reprise n'est finalement que l'aboutissement de centaines de décisions prises chaque jour à l'écurie.
L'alimentation occupe aujourd'hui une place essentielle dans la préparation des chevaux de haut niveau. Quels changements avez-vous observés grâce à une nutrition optimisée ?
Des chevaux en meilleure santé récupèrent beaucoup plus rapidement.
Ils conservent plus facilement leur musculature, restent plus confortables dans leur corps et affichent également un meilleur équilibre mental.
Une bonne alimentation ne remplace évidemment jamais un entraînement de qualité.
En revanche, elle lui permet d'exprimer tout son potentiel.
C'est un élément fondamental de notre préparation.
Aujourd'hui, chaque décision concernant l'alimentation est pensée dans le but d'aider le cheval à rester performant, en bonne santé et heureux tout au long de la saison.
Pour moi, il est impossible de dissocier la performance du bien-être.
Vous insistez souvent sur l'importance de continuer à apprendre, quel que soit son niveau. Pourquoi cette philosophie est-elle si importante dans votre parcours ?
Je pense que l'on n'a jamais fini d'apprendre.
Les chevaux nous enseignent quelque chose de nouveau chaque jour, à condition de rester suffisamment humble pour les écouter.
C'est aussi ce qui rend ce sport si passionnant.
Même après plusieurs décennies passées en selle, je continue à suivre des formations, à échanger avec d'autres cavaliers, des entraîneurs, des vétérinaires ou encore des spécialistes de la locomotion.
Chaque personne apporte un regard différent et permet de progresser.
Je suis convaincue que, dès l'instant où l'on pense tout savoir, on cesse d'évoluer.
Pour moi, progresser signifie rester curieuse, remettre régulièrement son travail en question et chercher constamment à devenir une meilleure cavalière… mais aussi une meilleure femme de chevaux.
Au fil de votre carrière, votre approche semble avoir évolué vers une relation toujours plus fine avec le cheval. Comment définiriez-vous aujourd'hui votre philosophie du dressage ?
Pour moi, le dressage ne consiste pas à obtenir des mouvements parfaits.
Il s'agit avant tout de construire une véritable relation avec son cheval.
La technique est évidemment indispensable, mais elle ne peut jamais remplacer la confiance.
J'essaie toujours de travailler avec le cheval plutôt que contre lui.
Mon objectif est qu'il comprenne ce que je lui demande, qu'il conserve son envie de collaborer et qu'il prenne du plaisir dans son travail.
Lorsque cette relation existe réellement, les exercices deviennent beaucoup plus fluides et plus naturels.
Je crois profondément que les plus belles reprises sont celles où l'on sent une véritable harmonie entre le cavalier et son partenaire.
Qu'espérez-vous retirer personnellement de cette première participation aux Championnats du monde ?
Bien sûr, comme tous les compétiteurs, j'espère réaliser la meilleure performance possible.
Mais, au-delà du résultat, je souhaite avant tout vivre pleinement cette expérience.
Participer à un championnat du monde est une formidable occasion d'apprendre.
Nous allons évoluer au milieu des meilleurs cavaliers et des meilleurs chevaux de la planète, dans un environnement unique.
Chaque journée, chaque reprise, chaque échange sera une source d'enseignement.
Je suis persuadée que cette expérience nous permettra, à Come Back et à moi, de continuer à progresser et d'aborder l'avenir avec encore davantage de confiance et de maturité.
Quel message aimeriez-vous transmettre aux jeunes cavaliers canadiens qui rêvent, un jour, de suivre votre chemin jusqu'à Aachen ?
Je voudrais leur dire de ne jamais perdre de vue leurs rêves.
Les objectifs les plus ambitieux demandent du temps, énormément de travail et parfois beaucoup de patience.
Il faut accepter que le chemin ne soit pas toujours linéaire.
Il y aura des moments de doute, des difficultés, des déceptions… mais chacune de ces étapes permet aussi de grandir.
Je les encouragerais à rester curieux, à apprendre de chaque cheval qu'ils rencontreront et à ne jamais oublier que notre plus grand partenaire est justement le cheval.
Si l'on respecte les chevaux, que l'on travaille avec passion et que l'on continue à croire en ses objectifs, alors les plus beaux rêves peuvent devenir réalité.
J'en suis aujourd'hui la preuve vivante.
Pour conclure, Denielle, qu'est-ce qui ferait de ces Championnats du monde d'Aix-la-Chapelle une véritable réussite pour vous et pour Come Back de Massa ?
Pour moi, la réussite ne se résume pas uniquement à une place au classement.
Bien sûr, nous irons à Aachen avec l'ambition de réaliser notre meilleure performance.
Mais ce qui comptera avant tout, ce sera de sortir de la piste avec le sentiment d'avoir donné le meilleur de nous-mêmes.
Je veux que Come Back termine ce championnat en pleine confiance, fier de son travail et toujours heureux d'entrer sur un rectangle de dressage.
Si nous parvenons à produire une reprise fidèle à notre niveau, à notre préparation et à la relation que nous avons construite au fil des années, alors je considérerai déjà que nous avons réussi notre championnat.
Car, au fond, c'est cela qui compte le plus : repartir avec un cheval en bonne santé, une expérience qui nous fera progresser et l'envie de continuer à avancer ensemble.
C'est cette vision du sport qui m'accompagne depuis le début de ma carrière, et c'est avec cet état d'esprit que nous entrerons dans le stade mythique d'Aix-la-Chapelle.
©Astrid Appels
ENGLISH VERSION !
As the 2026 FEI World Championships in Aachen draw near, Le Mag’Équestre sits down with the riders poised to write the next chapter of equestrian history.
In this exclusive series, discover the journeys, the horses, the philosophies, and the ambitions of those set to fly their national colors on the legendary Soers arena.
These authentic accounts reveal the raw passion, unrelenting work ethic, emotion, and drive for top-tier world performance.
From seasoned championship veterans to those chasing glory, each rider opens the door to their daily life ahead of Aachen's ultimate showdown.
On the Road to Aachen #9 – Denielle Gallagher-Legriffon
“Success is built over thousands of ordinary days.”


As the 2026 FEI World Championships in Aachen approach, Le Mag'Équestre continues its "On the Road to Aachen" series by giving a voice to those preparing for one of the biggest events of their careers.
Following interviews with Ignacio Maurin, Mark Bluman, Charlie Bays, Theodore Boris, and Bekzod Kurbanov, we now meet Denielle Gallagher-Legriffon—a renowned figure in Canadian dressage and the first dressage rider featured in the series.
After more than forty years working with horses, the Canadian rider is preparing to compete in the senior World Championships representing her country. Alongside her is Come Back de Massa, a Lusitano stallion with whom she has built a relationship based on trust, patience, and a constant pursuit of harmony.
In this exclusive interview, Denielle reflects on her journey, the lessons learned from the top riders who have shaped her career, her philosophy on equine welfare, and the emotions awaiting her in Aachen.
©Astrid Appels
Hello Denielle. To start, could you introduce yourself to our readers and explain what qualifying for the 2026 FEI World Championships in Aachen—the first Senior championships of your career—means to you?
My name is Denielle Gallagher-Legriffon, and I am immensely proud to represent Canada in international dressage.
Horses have been central to my life for as long as I can remember. I have dedicated every single day to them for over forty years now, and being able to compete in the FEI World Championships today is without a doubt one of the greatest achievements of my entire career.
On a personal level, this qualification symbolizes a lifetime of hard work, sacrifices, and perseverance.
Like many riders, I have experienced extraordinary moments, but also much tougher periods. Yet, one dream never changed: to one day wear the Canadian colors at a major international championship.
This qualification also belongs to my entire team.
It is the result of the hard work of my family, my owners, my trainers, my groom, our veterinarians, our farrier, our partners, and everyone who believed in our project, even when this dream still felt very distant.
Finally, I hope to represent my country with professionalism, integrity, and great pride.
Canadian dressage continues to progress on the international stage, and if I can contribute to that growth in my own way, that will already be a source of immense satisfaction.
Aachen is considered one of the global temples of equestrian sports. How do you feel about competing there with Come Back de Massa?
For any rider, Aachen is a dream.
It is our Wimbledon, our Masters, our Olympic stadium.
Since childhood, we imagine the moment we will walk through the entrance of that massive arena.
Being able to live this experience with Come Back de Massa makes this journey even more special.
He is not just my competition horse.
He is my partner.
Every major milestone we have reached, we built together.
When we enter that legendary arena, I know I will look back on the entire journey, the hours of work, the trust built over the years, and all the patience required to get to this point.
I think it will be an incredibly emotional moment, precisely because I know every step that led us all the way to Aachen.
You grew up in a family deeply rooted in the horse world. How did that childhood shape the rider you are today?
I was extremely fortunate to grow up in a family where horses were naturally part of daily life.
My father, Michael Gallagher, was very involved in Canadian equestrian sport.
Early on, he trained me in both eventing and show jumping.
Above all, he passed down a philosophy that stays with me to this day: success is never the result of a shortcut.
It relies on hard work, preparation, and respect for the horse.
My mother, on her end, gave me something just as precious.
She always reminded me that horses should remain a source of happiness.
She wanted me to simply enjoy their presence, have fun with them, and keep that childhood joy in contacting animals.
Today, even though my father is sadly no longer with us, I feel his presence every day around the horses.
Competing at Aachen is also a way to honor the dream we started building together so many years ago.
Before devoting yourself entirely to dressage, you practiced several disciplines. What did they bring to your riding?
I am convinced that every discipline I practiced made me a better horsewoman.
Show jumping taught me courage, timing, and the ability to make split-second decisions.
Eventing taught me something even deeper: absolute trust between rider and horse.
In that discipline, your partner must believe in you without hesitation.
Dressage ultimately brought all these qualities together.
It taught me patience, precision, and that constant pursuit of harmony that fascinates me today.
I don't believe good riding can be boxed into a single discipline.
Every experience with a horse brings something valuable, and I think that diversity built the rider I have become.
Throughout your career, you have worked alongside several major figures in equestrian sports. How have these encounters influenced your path?
I have been immensely fortunate to learn from extraordinary horsemen and horsewomen.
Working alongside Eric Lamaze and Juergen Vonbutler allowed me to discover what the highest international level truly meant.
I loved the atmosphere at competitions, the long working days, and all the connections this community enables.
Juergen is a true horseman.
He taught me that the smallest details in daily care could make all the difference in a horse's performance.
I will always be grateful to him, as well as to his wife Martina, for giving me that opportunity.
Later on, working with Ashley Holzer deeply transformed my vision of dressage.
She made me understand that excellence is never built on competition day.
It is born every morning at home, through tremendous consistency, constant attention to detail, and near-infinite repetition of the simplest movements.
All these experiences shaped the rider I am today.
What is the greatest lesson Ashley Holzer passed on to you?
Without hesitation: patience.
Ashley often repeated that patience was a genuine competitive advantage.
She also taught me that every session counts.
Not just the ones where everything feels perfect, but especially those ordinary days where you progress by only a few millimeters.
Those small improvements, repeated day after day, ultimately produce great performances.
A phrase of hers comes back to mind very often: "Every transition counts"—even the ones nobody notices.
I continue to repeat those words to myself every day when working my horses.
They perfectly summarize how I view our sport.
Horse welfare is at the heart of your philosophy. How do you maintain this priority when competing at the world's highest level?
For me, the answer is very simple.
The horse always comes before everything else.
Championships come and go.
Medals do as well.
On the other hand, the next morning, my horse needs to wake up healthy, happy, and willing to keep working.
If protecting his well-being means giving up a result, then I will always choose the horse.
Paradoxically, I am convinced this philosophy is precisely what leads to better performances.
A horse that feels good, is respected, and enjoys its work will always give its absolute best when the time comes to enter the arena.
How do you know when a horse needs more stimulation... or, on the contrary, when it is time to give them more time?
In reality, the horse tells us.
The whole difficulty lies in learning to listen to them.
Every horse communicates differently.
Some need to be pushed slightly out of their comfort zone to reveal their potential.
Others primarily need patience, trust, or simply a quieter day.
I don't believe a universal method exists.
Training is not about applying the same system to every horse.
It is about adapting to the one in front of you that day.
That ability to listen is, in my opinion, what makes all the difference between a rider and a true horseman or horsewoman.
Beyond their athletic qualities, how much importance do you place on your horses' personalities?
For me, it is absolutely essential.
You cannot separate the athlete from the individual.
Every horse has its own character.
Some find their balance in a very precise routine.
Others need variety to stay motivated.
Some display natural confidence, while others are much more sensitive.
The more I understand how a horse thinks, the better equipped I am to help them fully express their potential.
It is that mutual understanding that allows us to create true harmony in competition.
Today, you and Come Back de Massa form a very close partnership. How would you describe your relationship with him?
Come Back is an extremely intelligent horse.
He possesses immense generosity, real pride, and a huge heart. Every day, when he enters the ring, he genuinely strives to give his best.
Like all great horses, he also has a very strong personality, and that is precisely what I love about him.
He has his opinions, his preferences, his reactions, and I never try to erase them. On the contrary, I try to preserve that independence which makes him strong. I even like keeping that little proud, almost arrogant side at times, because it is part of his identity.
He shows great confidence in certain situations, while others can still intimidate him.
Over the years, we have built a relationship based on mutual trust. That trust becomes invaluable when we enter a competition rectangle.
It continues to grow even today.
My wish is that, in the huge Aachen stadium, when he faces that unique atmosphere, he will naturally turn to me for guidance and composure.
Come Back de Massa is a Lusitano. What do you particularly appreciate about this breed at the highest level of dressage?
Lusitanos possess truly remarkable qualities.
They naturally have a formidable aptitude for collection, incredible sensitivity, and a genuine desire to work with their rider.
Come Back combines all these qualities.
However, he also adds exceptional athleticism and a work ethic that still surprises me every day.
He is a generous horse in every sense of the word.
He truly loves his work.
And when a horse takes so much pleasure in doing what is asked of him, it profoundly changes the relationship you build with him.
I think that constant desire to do well is one of his greatest qualities.
At what moment did you realize Come Back de Massa had the potential to become a championship horse?
There was no single magical moment.
No single competition or test where everything suddenly became obvious.
Everything built up gradually.
Year after year, Come Back grew stronger, more expressive, and more confident.
Every season, he reached a new milestone in his progression.
Then, almost without realizing it, I understood he was no longer just making progress.
He truly belonged at the level of the best horses in the world.
It was an awareness that came naturally, through daily work and the many hours spent together.
With just a few days to go before the World Championships, what are the main focus areas of your preparation?
At this stage, we are no longer looking to make fundamental changes.
At this level, major developments no longer come from dramatic alterations.
They come from refining the details.
We are working on everything that can still be polished: harmony, relaxation, strength, precision, and above all, the quality of our communication.
Our priority is also to arrive in Aachen with a horse that is as fresh as possible, both physically and mentally.
Every training session, every day is designed with this in mind.
We simply want Come Back to arrive in the best possible condition so he can express his full potential when the time comes.
What motivates you when you find yourself competing against the best riders in the world?
What motivates me most is the opportunity to learn.
Competing against the world's top riders naturally pushes each of us to improve.
It is a unique opportunity to observe how they work, their approach to competition, and all those small details that often make the difference.
For me, sharing an arena with riders I have admired for many years is already an immense privilege.
This proximity to excellence is a daily source of motivation.
It constantly drives me to keep learning and improving.
The World Championships generate considerable pressure. How can your training philosophy make a difference in such a context?
Championships naturally create a unique kind of pressure.
However, I am convinced that a happy horse handles that pressure much better.
A horse that trusts its rider, loves its work, and thrives in a reassuring environment is far more likely to stay relaxed when the intensity rises.
That is always what I strive for.
Of course, we must never forget that horses are extremely sensitive beings.
Even when you think you have prepared every detail perfectly, certain environments can still intimidate or overwhelm them.
If that happens, our role is to remain calm.
We must take the time to reassure them, rebuild their trust, and guide them until they regain their serenity.
That, too, is what it means to be a partner worthy of their trust.
You often say that real work is done away from the spotlight. Why do you believe success begins outside the competition ring?
Because performance is built long before the horse enters the arena.
The competition ultimately only reveals all the work accomplished beforehand.
Nutrition, quality of sleep, turnouts in the paddock, recovery, veterinary care, farrier work, saddle fitting, daily management...
All these elements are of paramount importance.
No detail is secondary.
When a horse arrives at a show, all this invisible work is already behind him.
The test is ultimately just the culmination of hundreds of decisions made every day at the barn.
Nutrition now plays a vital role in preparing elite horses. What changes have you observed through optimized nutrition?
Healthier horses recover much faster.
They maintain their muscle mass more easily, stay more comfortable in their bodies, and display better mental balance.
Good nutrition obviously never replaces quality training.
However, it allows the horse to express its full potential.
It is a fundamental element of our preparation.
Today, every decision regarding nutrition is made with the goal of helping the horse stay performant, healthy, and happy throughout the season.
For me, it is impossible to separate performance from well-being.
You often emphasize the importance of continuous learning, regardless of your level. Why is this philosophy so crucial in your journey?
I believe we are never done learning.
Horses teach us something new every day, provided we stay humble enough to listen to them.
That is also what makes this sport so thrilling.
Even after several decades in the saddle, I continue taking clinics, exchanging ideas with other riders, trainers, veterinarians, and locomotion specialists.
Every person brings a different perspective and helps you progress.
I am convinced that the moment you think you know everything, you stop evolving.
To me, progressing means remaining curious, regularly questioning your work, and constantly seeking to become a better rider... but also a better horsewoman.
Over your career, your approach seems to have evolved toward an ever-finer connection with the horse. How would you define your dressage philosophy today?
To me, dressage is not about obtaining perfect movements.
It is first and foremost about building a genuine relationship with your horse.
Technique is obviously essential, but it can never replace trust.
I always try to work with the horse rather than against him.
My goal is for him to understand what I am asking, retain his desire to cooperate, and take pleasure in his work.
When that relationship truly exists, movements become much more fluid and natural.
I deeply believe that the most beautiful tests are those where you feel a true harmony between the rider and their partner.
What do you personally hope to take away from this first participation in the World Championships?
Of course, like all competitors, I hope to deliver the best possible performance.
Beyond the result, however, I above all want to fully experience it.
Participating in a World Championship is a fantastic learning opportunity.
We will be competing alongside the best riders and horses on the planet, in a unique environment.
Every day, every test, every conversation will be a source of insight.
I am convinced this experience will allow Come Back and me to continue progressing and face the future with even greater confidence and maturity.
What message would you like to pass on to young Canadian riders who dream of one day following your path to Aachen?
I would tell them to never lose sight of their dreams.
The most ambitious goals require time, immense hard work, and sometimes a lot of patience.
You have to accept that the road is not always linear.
There will be moments of doubt, difficulties, disappointments... but each of these steps also allows you to grow.
I would encourage them to stay curious, learn from every horse they meet, and never forget that our greatest partner is the horse itself.
If you respect horses, work with passion, and continue believing in your goals, then the most beautiful dreams can come true.
I am living proof of that today.
To conclude, Denielle, what would make these World Championships in Aachen a true success for you and Come Back de Massa?
For me, success is not defined solely by a place on the scoreboard.
Of course, we are going to Aachen with the ambition to deliver our best performance.
However, what will matter most is coming out of the arena with the feeling that we gave our absolute best.
I want Come Back to finish this championship full of confidence, proud of his work, and still happy to step onto a dressage arena.
If we manage to produce a test faithful to our level, our preparation, and the relationship we built over the years, then I will already consider our championship a success.
Because deep down, that is what matters most: leaving with a healthy horse, an experience that will make us grow, and the desire to keep moving forward together.
That is the vision of the sport that has guided me since the beginning of my career, and it is with that mindset that we will enter the legendary stadium of Aachen.
Versión En Español
A medida que se aproximan los Campeonatos del Mundo FEI 2026 de Aquisgrán, Le Mag’Équestre conversa con los jinetes preparados para escribir el próximo capítulo en la historia del deporte ecuestre.
En esta serie exclusiva, descubra los recorridos, los caballos, las filosofías y las ambiciones de quienes se disponen a defender los colores de sus países en el legendario estadio de Soers.
Relatos auténticos donde se entrelazan la pasión pura, la disciplina inquebrantable, las emociones y la búsqueda del máximo rendimiento mundial.
Desde consagrados veteranos de grandes campeonatos hasta quienes persiguen su sueño de gloria, cada jinete nos abre las puertas de su día a día antes del desafío definitivo en Aquisgrán.
On the Road to Aachen #9 – Denielle Gallagher-Legriffon
"El éxito se construye en miles de días ordinarios."


A medida que se acercan los Campeonatos Mundiales FEI 2026 en Aquisgrán, Le Mag'Équestre continúa su serie "Camino a Aquisgrán", dando voz a quienes se preparan para uno de los eventos más importantes de sus carreras.
Tras entrevistar a Ignacio Maurin, Mark Bluman, Charlie Bays, Theodore Boris y Bekzod Kurbanov, ahora conocemos a Denielle Gallagher-Legriffon, una figura destacada de la doma clásica canadiense y la primera amazona de doma clásica que aparece en esta serie.
Después de más de cuarenta años con caballos, la canadiense se prepara para vivir la experiencia de los Campeonatos Mundiales Senior representando a su país. La acompaña Come Back de Massa, un semental lusitano con quien ha forjado una relación basada en la confianza, la paciencia y la búsqueda constante de la armonía.
En esta entrevista exclusiva, Denielle rememora su trayectoria, las lecciones aprendidas de los grandes jinetes que han marcado su carrera, su filosofía sobre el bienestar equino y las emociones que la esperan en Aquisgrán.
©Astrid Appels
Hola Denielle. Para comenzar, ¿podría presentarse a nuestros lectores y explicarnos qué representa su clasificación para el Campeonato del Mundo FEI de 2026 en Aquisgrán (Aachen), el primero de su carrera en la categoría Senior?
Mi nombre es Denielle Gallagher-Legriffon y me siento enormemente orgullosa de representar a Canadá en la doma clásica internacional.
Los caballos han ocupado un lugar central en mi vida desde siempre. Llevo más de cuarenta años dedicándoles cada día, y poder participar hoy en el Campeonato del Mundo FEI representa sin lugar a dudas uno de los mayores logros de toda mi carrera.
A nivel personal, esta clasificación simboliza toda una vida de trabajo, sacrificios y perseverancia.
Como muchos jinetes, he vivido momentos extraordinarios, pero también etapas mucho más difíciles. Sin embargo, un sueño nunca cambió: el de vestir algún día los colores de Canadá en un gran campeonato internacional.
Esta clasificación pertenece también a todo mi equipo.
Es el resultado del trabajo de mi familia, de mis propietarios, entrenadores, mozo de cuadra, veterinarios, herrador, patrocinadores y de todas las personas que creyeron en nuestro proyecto, incluso cuando este sueño parecía aún muy lejano.
Por último, espero poder representar a mi país con profesionalismo, integridad y mucho orgullo.
La doma canadiense sigue progresando en la escena internacional y, si puedo contribuir a esa evolución a mi escala, ya será una inmensa satisfacción.
Aachen es considerado uno de los templos mundiales de los deportes ecuestres. ¿Qué siente ante la idea de competir allí con Come Back de Massa?
Para cualquier jinete, Aachen representa un sueño.
Es nuestro Wimbledon, nuestro Masters, nuestro estadio olímpico.
Desde la infancia, imaginamos el momento en que cruzaremos la entrada de esa enorme pista.
Poder vivir esta experiencia con Come Back de Massa hace que esta aventura sea aún más especial.
Él no es solo mi caballo de competición.
Es mi compañero.
Todas las etapas importantes que hemos superado, las hemos construido juntos.
Cuando entremos en ese recinto mítico, sé que recordaré todo el camino recorrido, las horas de trabajo, la confianza construida a lo largo de los años y toda la paciencia que hizo falta para llegar hasta aquí.
Creo que será un momento lleno de emoción, precisamente porque conozco cada paso que nos ha conducido hasta Aachen.
Usted creció en una familia profundamente arraigada en el mundo del caballo. ¿De qué manera moldeó esa infancia la amazona que es hoy?
Tuve la enorme suerte de crecer en una familia donde los caballos formaban parte natural del día a día.
Mi padre, Michael Gallagher, estaba muy involucrado en el deporte ecuestre canadiense.
Desde muy joven, me entrenó tanto en concurso completo como en salto de obstáculos.
Pero, sobre todo, me transmitió una filosofía que me acompaña hasta hoy: el éxito nunca es fruto de un atajo.
Se basa en el trabajo, la preparación y el respeto hacia el caballo.
Mi madre, por su parte, me brindó algo de igual valor.
Siempre me recordó que los caballos debían seguir siendo una fuente de felicidad.
Quería que disfrutara simplemente de su presencia, que me divirtiera con ellos y que conservara esa alegría infantil al contacto con los animales.
Hoy en día, aunque lamentablemente mi padre ya no está entre nosotros, siento su presencia en cada jornada junto a los caballos.
Participar en Aachen representa también una forma de honrar ese sueño que empezamos a construir juntos hace muchísimos años.
Antes de dedicarse por completo a la doma, practicó varias disciplinas. ¿Qué le aportaron a su equitación?
Estoy convencida de que cada una de las disciplinas que practiqué me convirtió en una mejor mujer de caballos.
El salto de obstáculos me enseñó valentía, sentido del tiempo y la capacidad de tomar decisiones en una fracción de segundo.
El concurso completo me enseñó algo aún más profundo: la confianza absoluta entre el jinete y su caballo.
En esa disciplina, tu compañero debe creer en ti sin vacilar.
La doma clásica vino finalmente a reunir todas esas cualidades.
Me enseñó paciencia, precisión y esa búsqueda constante de armonía que me apasiona hoy.
No creo que la buena equitación pueda encerrarse en una sola disciplina.
Cada experiencia vivida con un caballo aporta algo valioso, y creo que esa diversidad ha construido la amazona en la que me he convertido.
A lo largo de su carrera, ha trabajado con varias figuras destacadas de los deportes ecuestres. ¿Cómo influyeron esos encuentros en su trayectoria?
He tenido la inmensa suerte de aprender de mujeres y hombres de caballos extraordinarios.
Trabajar junto a Eric Lamaze y Juergen Vonbutler me permitió descubrir lo que realmente significaba el máximo nivel internacional.
Me encantaba la atmósfera de los concursos, las largas jornadas de trabajo y todos los contactos que este entorno permite.
Juergen es un verdadero hombre de caballos.
Me enseñó que los más mínimos detalles de los cuidados diarios podían marcar la diferencia en el rendimiento de un caballo.
Le estaré siempre agradecida, al igual que a su esposa Martina, por haberme brindado esa oportunidad.
Más tarde, trabajar con Ashley Holzer transformó profundamente mi visión de la doma.
Me hizo comprender que la excelencia nunca se construye el día del concurso.
Nace cada mañana en casa, gracias a una enorme constancia, una atención permanente a los detalles y una repetición casi infinita de los gestos más sencillos.
Todas estas experiencias han moldeado la amazona que soy hoy.
¿Cuál es la mayor enseñanza que le transmitió Ashley Holzer?
Sin dudarlo: la paciencia.
Ashley repetía a menudo que la paciencia constituía una verdadera ventaja competitiva.
También me enseñó que cada sesión cuenta.
No solo aquellas en las que todo parece perfecto, sino sobre todo esos días ordinarios en los que se avanza apenas unos milímetros.
Son esas pequeñas mejoras, repetidas día tras día, las que terminan produciendo grandes actuaciones.
Una frase suya me viene a la mente con mucha frecuencia: «Every transition counts», cada transición cuenta, incluso aquellas que nadie nota.
Sigo repitiéndome esas palabras todos los días cuando trabajo con mis caballos.
Resumen perfectamente la manera en que concibo nuestro deporte.
El bienestar del caballo está en el centro de su filosofía. ¿Cómo se logra preservar esta prioridad cuando se compite al más alto nivel mundial?
Para mí, la respuesta es muy sencilla.
El caballo siempre está por encima de todo lo demás.
Los campeonatos van y vienen.
Las medallas también.
En cambio, a la mañana siguiente, mi caballo debe despertarse sano, feliz y con ganas de seguir trabajando.
Si proteger su bienestar significa renunciar a un resultado, siempre elegiré al caballo.
Y paradójicamente, estoy convencida de que esta filosofía es la que permite obtener mejores rendimientos.
Un caballo que se siente bien, que es respetado y que disfruta de su trabajo dará siempre lo mejor de sí mismo cuando llegue el momento de entrar a la pista.
¿Cómo sabe cuando un caballo necesita más estimulación... o, por el contrario, cuando es momento de darle más tiempo?
En realidad, el caballo nos lo dice.
Toda la dificultad reside en aprender a escucharlo.
Cada caballo se comunica de una manera diferente.
Algunos necesitan que los empujen ligeramente fuera de su zona de confort para revelar su potencial.
Otros necesitan ante todo paciencia, confianza o simplemente un día más tranquilo.
No creo que exista un método universal.
El entrenamiento no consiste en aplicar el mismo sistema a todos los caballos.
Consiste en adaptarse al que tienes delante ese día.
Es esa capacidad de escucha la que, en mi opinión, marca toda la diferencia entre un jinete y un verdadero hombre —o mujer— de caballos.
Más allá de sus cualidades deportivas, ¿qué importancia le concede a la personalidad de sus caballos?
Para mí es absolutamente esencial.
No se puede separar al atleta del individuo.
Cada caballo posee su propio carácter.
Algunos encuentran su equilibrio en una rutina muy precisa.
Otros necesitan variedad para mantener la motivación.
Algunos muestran una confianza natural, mientras que otros son mucho más sensibles.
Cuanto más entiendo la manera en que piensa un caballo, mejor capacitada estoy para ayudarlo a expresar todo su potencial.
Es esa comprensión mutua la que permite crear una verdadera armonía en competición.
Usted forma hoy un binomio muy compenetrado con Come Back de Massa. ¿Cómo describiría su relación con él?
Come Back es un caballo extremadamente inteligente.
Posee una enorme generosidad, un orgullo real y un corazón inmenso. Cada día, cuando entra a la pista, busca sinceramente dar lo mejor de sí mismo.
Como todos los grandes caballos, tiene también una personalidad muy marcada, y eso es precisamente lo que me gusta de él.
Tiene sus opiniones, sus preferencias, sus reacciones, y nunca intento borrarlas. Al contrario, procuro preservar esa independencia que constituye su fuerza. Me gusta incluso mantener ese pequeño lado orgulloso, casi arrogante a veces, porque forma parte de su identidad.
Muestra una gran confianza en ciertas situaciones, mientras que otras aún pueden impresionarlo.
A lo largo de los años, hemos construido una relación basada en la confianza mutua. Esa confianza se vuelve inestimable cuando entramos a un cuadrilátero de competición.
Y sigue creciendo hoy en día.
Mi deseo es que, en el enorme estadio de Aachen, cuando se encuentre ante esa atmósfera única, busque de manera natural mi mirada para encontrar sus puntos de referencia y su serenidad.
Come Back de Massa es un Lusitano. ¿Qué aprecia particularmente de esta raza en el más alto nivel de la doma?
Los Lusitanos poseen cualidades verdaderamente destacables.
Tienen de forma natural una capacidad formidable para la reunión, una sensibilidad enorme y una auténtica voluntad de trabajar con su jinete.
Come Back reúne todas estas cualidades.
Pero además le añade un atletismo excepcional y una ética de trabajo que me sorprende cada día.
Es un caballo generoso en todos los sentidos de la palabra.
Le gusta realmente su trabajo.
Y cuando un caballo disfruta tanto haciendo lo que se le pide, eso cambia profundamente la relación que construyes con él.
Creo que ese deseo permanente de hacer las cosas bien constituye una de sus mayores virtudes.
¿En qué momento comprendió que Come Back de Massa tenía el potencial para convertirse en un caballo de campeonato?
No hubo un momento mágico.
Ni un concurso ni una reprise en particular donde todo se volviera evidente de repente.
Todo se construyó de forma progresiva.
Año tras año, Come Back se hizo más fuerte, más expresivo y más seguro de sí mismo.
Cada temporada superaba una nueva etapa en su evolución.
Luego, casi sin darme cuenta, comprendí que ya no se limitaba a progresar.
Pertenecía realmente al nivel de los mejores caballos del mundo.
Fue una toma de conciencia que llegó de forma natural, a través del trabajo diario y de las muchas horas compartidas.
A pocos días del Campeonato del Mundo, ¿cuáles son los principales ejes en los que concentra su preparación?
A estas alturas ya no buscamos transformar las cosas profundamente.
A este nivel, las grandes evoluciones ya no provienen de cambios espectaculares.
Nacen del perfeccionamiento de los detalles.
Por lo tanto, trabajamos en todo lo que aún pueda pulirse: la armonía, la relajación, la fuerza, la precisión y, sobre todo, la calidad de nuestra comunicación.
Nuestra prioridad es también llegar a Aachen con un caballo lo más fresco posible, tanto física como mentalmente.
Cada sesión y cada día están pensados con esa meta.
Queremos simplemente que Come Back llegue en las mejores condiciones posibles para que pueda expresar todo su potencial cuando llegue el momento.
¿Qué la motiva cuando se encuentra compitiendo ante los mejores jinetes del mundo?
Lo que más me motiva es la oportunidad de aprender.
Competir contra los mejores jinetes del planeta nos empuja de forma natural a mejorar.
Es una oportunidad única para observar su forma de trabajar, su enfoque de la competición y todos esos pequeños detalles que a menudo marcan la diferencia.
Para mí, compartir pista con jinetes a los que he admirado durante muchos años representa ya un inmenso privilegio.
Esta cercanía con la excelencia es una fuente de motivación diaria.
Me da ganas constantemente de seguir aprendiendo y mejorando.
El Campeonato del Mundo genera una presión considerable. ¿De qué manera su filosofía de trabajo puede marcar la diferencia en un contexto así?
Los campeonatos crean de forma natural una presión particular.
Sin embargo, estoy convencida de que un caballo feliz soporta mucho mejor esa presión.
Un caballo que confía en su jinete, que disfruta de su trabajo y que se desenvuelve en un entorno tranquilizador tiene muchas más probabilidades de mantenerse relajado cuando la intensidad aumenta.
Eso es siempre lo que busco.
Por supuesto, nunca hay que olvidar que los caballos son seres extremadamente sensibles.
Incluso cuando crees haber preparado cada detalle a la perfección, ciertos entornos pueden impresionarlos o abrumarlos a pesar de todo.
Si eso ocurre, nuestro papel es mantener la calma.
Hay que tomarse el tiempo de tranquilizarlos, recuperar su confianza y acompañarlos hasta que recobren la serenidad.
Eso también es ser un compañero digno de su confianza.
Suele decir que el verdadero trabajo se construye lejos de los focos. ¿Por qué cree que el éxito comienza fuera de la pista de competición?
Porque el rendimiento se construye mucho antes de que el caballo entre al cuadrilátero.
El concurso en el fondo solo revela todo el trabajo realizado previamente.
La alimentación, la calidad del sueño, las salidas al césped, la recuperación, el seguimiento veterinario, el trabajo del herrador, el ajuste de la montura, la gestión diaria...
Todos estos elementos tienen una importancia capital.
Ningún detalle es secundario.
Cuando un caballo llega a la competición, todo ese trabajo invisible ya ha quedado atrás.
La prueba es finalmente el resultado de cientos de decisiones tomadas cada día en la cuadra.
La alimentación ocupa hoy un lugar esencial en la preparación de los caballos de alto nivel. ¿Qué cambios ha observado gracias a una nutrición optimizada?
Los caballos más sanos se recuperan mucho más rápido.
Conservan su musculatura con mayor facilidad, se sienten más cómodos en su cuerpo y muestran también un mejor equilibrio mental.
Una buena alimentación nunca sustituye, evidentemente, a un entrenamiento de calidad.
En cambio, le permite expresar todo su potencial.
Es un elemento fundamental de nuestra preparación.
Hoy en día, cada decisión respecto a la nutrición se toma con el fin de ayudar al caballo a mantenerse competitivo, sano y feliz a lo largo de toda la temporada.
Para mí es imposible separar el rendimiento del bienestar.
Insiste a menudo en la importancia de seguir aprendiendo, sea cual sea el nivel. ¿Por qué es tan importante esta filosofía en su trayectoria?
Creo que uno nunca termina de aprender.
Los caballos nos enseñan algo nuevo cada día, siempre que seamos lo suficientemente humildes para escucharlos.
Eso es también lo que hace que este deporte sea tan apasionante.
Incluso después de varias décadas en la montura, sigo asistiendo a clínicas, intercambiando ideas con otros jinetes, entrenadores, veterinarios o especialistas en locomoción.
Cada persona aporta una mirada diferente y permite avanzar.
Estoy convencida de que, desde el momento en que uno cree saberlo todo, deja de evolucionar.
Para mí, progresar significa mantener la curiosidad, cuestionar regularmente el propio trabajo y buscar constantemente ser una mejor amazona... pero también una mejor mujer de caballos.
A lo largo de su carrera, su enfoque parece haber evolucionado hacia una relación cada vez más fina con el caballo. ¿Cómo definiría hoy su filosofía de la doma?
Para mí, la doma no consiste en obtener movimientos perfectos.
Se trata ante todo de construir una verdadera relación con el caballo.
La técnica es evidentemente indispensable, pero nunca podrá sustituir a la confianza.
Intento siempre trabajar con el caballo en lugar de contra él.
Mi objetivo es que comprenda lo que le pido, que conserve sus ganas de colaborar y que disfrute de su trabajo.
Cuando esa relación existe de verdad, los ejercicios se vuelven mucho más fluidos y naturales.
Creo profundamente que las pruebas más bonitas son aquellas en las que se percibe una verdadera armonía entre el jinete y su compañero.
¿Qué espera llevarse personalmente de esta primera participación en el Campeonato del Mundo?
Por supuesto, como todos los competidores, espero realizar el mejor papel posible.
Pero, más allá del resultado, deseo ante todo vivir plenamente esta experiencia.
Participar en un Campeonato del Mundo es una oportunidad extraordinaria para aprender.
Vamos a competir rodeados de los mejores jinetes y los mejores caballos del planeta, en un entorno único.
Cada día, cada prueba y cada conversación será una fuente de aprendizaje.
Estoy convencida de que esta experiencia nos permitirá, a Come Back y a mí, seguir progresando y afrontar el futuro con aún más confianza y madurez.
¿Qué mensaje le gustaría transmitir a los jóvenes jinetes canadienses que sueñan con seguir algún día su camino hasta Aachen?
Me gustaría decirles que nunca pierdan de vista sus sueños.
Los objetivos más ambiciosos requieren tiempo, muchísimo trabajo y a veces mucha paciencia.
Hay que aceptar que el camino no siempre es lineal.
Habrá momentos de duda, dificultades, decepciones... pero cada una de esas etapas permite también crecer.
Los animaría a mantener la curiosidad, a aprender de cada caballo que encuentren y a no olvidar nunca que nuestro mayor compañero es precisamente el caballo.
Si respetamos a los caballos, trabajamos con pasión y seguimos creyendo en nuestros objetivos, los sueños más bonitos pueden hacerse realidad.
Yo soy hoy la prueba viviente de ello.
Para concluir, Denielle, ¿qué haría de este Campeonato del Mundo de Aquisgrán un verdadero éxito para usted y para Come Back de Massa?
Para mí, el éxito no se reduce únicamente a un puesto en la clasificación.
Por supuesto, iremos a Aachen con la ambición de lograr nuestra mejor actuación.
Pero lo que más importará será salir de la pista con la sensación de haber dado lo mejor de nosotros mismos.
Quiero que Come Back termine este campeonato con absoluta confianza, orgulloso de su trabajo y contento de volver a entrar a un cuadrilátero de doma.
Si logramos realizar una prueba fiel a nuestro nivel, a nuestra preparación y a la relación que hemos construido a lo largo de los años, consideraré que ya hemos triunfado.
Porque, en el fondo, eso es lo que más importa: marcharte con un caballo sano, una experiencia que te haga crecer y las ganas de seguir avanzando juntos.
Esa es la visión del deporte que me ha acompañado desde el principio de mi carrera, y con ese espíritu entraremos en el estadio mítico de Aquisgrán.
